Jeudi 17 mai 2007 4 17 /05 /Mai /2007 22:39

Un renfort en plus

Après trois albums «  rock » les membres du groupe « Moving Hearts » décident de changer de style.

Après le départ du chanteur Christy Moore et du guitariste Declan Sinnot ils s’orientent vers une musique plus folk.

Donal Lunny décide alors d’engager un deuxième piper pour épauler Davy Spillane.

Declan Masterson rejoint donc le groupe en 1985 pour enregistrer l’album « The Storm ».

Ce disque, mélange de folk traditionnel, de rock et même de jazz reste pour moi un sommet de la musique irlandaise.

Declan Masterson en a sa part de mérites.

Né à Dublin, Declan est un musicien complet.

Maître de l’ullieann pipe il joue aussi des whistles et low whistles comme la majorité des pipers.

En plus, il apprend également la guitare, le bouzouki, le bodhran et les claviers !

Cette polyvalence lui permet de s’accompagner dans ses divers enregistrements.

Et ces enregistrements vont être nombreux car Declan va devenir un artiste très demandé sur la scène irlandaise.

Remarqué par Bill Whelan, celui-ci va l’engager pour jouer (durant neuf ans !) avec le show « Riverdance ».

Bill Whelan également compositeur pour le cinéma va lui demander de jouer sur plusieurs musiques de films dont « In the name of the father » ou « Some mother’s son ».

Declan Masterson va collaborer avec de très nombreux artistes comme Bono, Bryan Adans, Van Morisson, Christy Moore...

Il jouera aussi avec le London Symphony Orchestra. 

Au début des années ’90, il devient membre de « Patrick Street » et enregistre avec eux le disque « Irish Times » dans le plus pur style traditionnel.

Entre ces diverses collaborations, Declan trouve le temps de faire ses propres disques.

Après « Fair Water » il enregistre « End of the Harvest » en 1995.

Ce cd est à la fois le reflet de son talent de musicien traditionnel mais aussi de ses capacités de compositeur et d’arrangeur.

Ce qui est nécessaire puisqu’il joue parfois de sept instruments dans le même morceau !


End of the harvest est un mélange très varié de styles.

Il y a des titres (An husar leonta ; An buachaill dreoite) où Declan est seul à l’ullieann pipe.

Les régulateurs de l’instrument font un peu penser à un clavier qui sert d’accompagnement à la mélodie.

Il y a des suites de reels ou de jigs dans lesquelles Declan accompagne les pipes avec son bouzouki et (ou) sa guitare.

Ces instruments marquent très bien le rythme et donnent du relief aux notes « rebondissantes » de la cornemuse irlandaise.

C’est vrai que la façon de jouer de Declan Masterson me fait parfois penser au style de Liam O’ Flynn.

Conor Tully au fiddle vient également prêter main forte à Declan dans certains morceaux.

Les titres « Deireadh an Fhomhair » (End of the harvest) et « Cois imeall an uisce » ((By the waters edge) sont des suites musicales composées par Declan.

Pour l’enregistrement de ces titres il a fait appel à des musiciens supplémentaires.

Keith Donald au saxophone, Eoghan O’Neill à la basse et Noël Eccles aux percussions ;

soit trois anciens collègues de « Moving Hearts ».

Imagination novatrice et inspiration traditionnelle caractérisent ces suites en trois parties.

Keith Donald au sax s’en donne à cœur joie comme dans sa meilleure époque avec les « Hearts » et les autres ne sont pas en reste pour ajouter leur touche personnelle.

S’il en impose avec ses pipes, Declan Masterson est tout aussi efficace au bouzouki (qui semble chanter sous ses doigts) et aux synthés dont les accords appuient parfaitement les notes d’ uilleann pipe.

Ces deux titres sont de grands moments de « new irish music ».

En 1998, Declan enregistre son troisième album solo « Drifting trough the hazel woods ».

Dans la suite, il continuera à collaborer avec divers artistes tout en se produisant toujours avec “Riverdance”.

Declan Masterson, un renfort de plus pour la musique irlandaise.

 

 


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /Mars /2007 12:13

L’imagination au pouvoir


Depuis sa  « re-création » au début des années ’50, la harpe celtique a attiré beaucoup de musiciens.

Sous l’impulsion d’Alan Stivell la passion pour cet instrument a « contaminé » de très nombreux artistes.

Depuis les années ’70,  Myrdhin,  Pol et Hervé Queffeleant (du groupe Triskell),  Kristen Noguès,  Mairianig Lar’hantec,  Kirjuhel ont caressé de leurs doigts experts les cordes de nylon ou de métal de ces fabuleux instruments.

Trasmettant le virus à d’autres générations dont font partie Cécile Korbell, Marie Jean, Dominig Bouchaud,  Jakez François, Christine Mérienne et Elisa Vellianti (du groupe Sedrenn).

Il s sont très nombreux en Bretagne ou allieurs à perpétuer la tradition.

Gwenaël Kerléo est de ceux-là.

Elle raconte que, étant petite, ses parents lui faisaient écouter du Stivell pour s’endormir.

Est-ce cela qui fut à l’origine de sa passion pour la harpe ?

Toujours est-il qu’elle se met très tôt à la musique.

Elle sera l’élève de Hervé Queffeleant puis appronfondira son écolage au conservatoire avec Muriel Chamard.

Après avoir terminé ses études en 1992 elle forme le duo « An Delenn » avec une amie violoniste et donne quelques concerts.

Plus tard elle enregistre une première cassette dans laquelle elle joue des airs traditionnels et quelques compositions personnelles.


A partir de 1994, elle donne ses premiers concerts en solo.

Dès ce moment, la jeune femme privilégie la création.

En 1996, elle sort son premier disque « Terre Celte ».

Xavier Leconte (violon), Mikael Cozien (cornemuse), Fabrice Humeau (whistles) et Yves Loréc (percussions) l’accompagnent de façon très douce.

Soutenant à merveille la harpe en apportant ça et là leur petite touche personnelle.

Le disque se vend à 10.000 exemplaires !

Le jeu tout en douceur de Gwenaël nous plonge dans une musique qui est à la fois envoûtante mais qui tient en éveil.

Car toutes ses compositions font preuve d’une très grande imagination musicale.

Des titres comme « Tears of Willow », « L’appel de l’Océan », « The soul release » sont très évocateurs à ce sujet.

Dans « Dawning » Gwénaël Kerléo fait aussi apprécier sa voix qui est très douce.

Un disque très mélodieux !

En 1999, elle se plonge peu à peu dans l’univers du jazz.

Forte de ces nouvelles expériences, elle sort en 2000 son deuxième cd « Chemin de brume ».

Quatre nouveaux accompagnateurs pour ce disque où se mélangent des sonorités de guitare (Sébastien Martres) de saxophone (François Martres) d’accordéon (Jérôme Soulas) et de percussions (Yves-Marie Berthou).

De très bons musiciens qui soutiennent la harpiste en ajoutant de temps à autre des improvisations un peu jazz.

Outre la reprise de « Soul release » il y a dans cet album quelques petits bijoux comme « Elle dormait », « Tu me diras » ou le splendide « « Une histoire ».

Ce titre est tellement beau qu’on aurait envie d’y ajouter des paroles pour pouvoir le chanter !

Dans sa façon de composer, Gwenaël raconte qu’elle met parfois bout à bout une série d’extraits musicaux qui lui viennent à l’esprit.

On remarque ça dans une série de titres.

Le rythme est parfois lent puis il s’accélère puis se calme à nouveau.

Parfois un thème musical très simple puis qui se développe petit à petit au gré de l’imaginaire de l’artiste.

Du début à la fin, « Chemin de brume » est un disque captivant.

Devenue professionnelle depuis 2000, la jeune femme va augmenter le nombre de ses concerts faisant découvrir son talent au public italien.

En 2003, elle sort son troisième album « Yelen ».


Cette suite musicale de 15 titres est une composition en trois tableaux pour harpe celtique et voix.

En effet, dans certains morceaux, Gwenaël accompagne la harpe de sa voix douce et profonde.

Ce n’est jamais évident de produire un cd dans lequel on entend qu’un seul instrument.

En 1985, Alan Stivell avait enregistré « Harpes du Nouvel Age » un disque dans lequel on entendait que des harpes celtiques (mais il y en avait parfois plusieurs).

En Bretagne il y a aussi Didier Squiban qui sort d’excellents disques seul au piano.

Il y en a d’autres aussi...

Mais je trouve que c’est toujours une performance de faire ce genre de chose.

Et Gwenaël Kerléo y parvient avec beaucoup de maîtrise.

Grâce à sa douceur et sa subtilité elle fait de « Yelen » un disque plein de nuances dans lequel on ne s’ennuie jamais.

Comme dans ses autres disques des rythmes plus lents font place aux plus rapides.

Des morceaux semblent se construirent progressivement.

« Kenunanet », « Gwriziou » et « Dousaat » sont parmi mes titres préférés.

A présent, la notoriété de Gwenaël a largement dépassé les frontières de Bretagne puisqu’elle donne de plus en plus de concerts à l’étranger.

Les publics de Suisse, d’ Italie, d’Allemagne et de Hongrie ont déjà pu l’applaudir.

Gwenaël Kerléo s’est même produite en Russie !

Si vous aimez la harpe celtique, si vous aimez les musiques pleines de couleurs... suivez donc les chemins de brume...

link


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 18 février 2007 7 18 /02 /Fév /2007 21:33

De cordes en cordes

 

En 1994, Peter Gabriel invite le harpeur breton Myrdhin à venir enregistrer avec le Sénégalais  Baaba Maal au studio Realworld.

En 1995 il lui demande de devenir membre du groupe « Afro Celts Sound System » aux côtés de Kauw Cissokho, N’Faly Kouyaté, James Mc Nelly et Simmon Emerson.

Nominé en 2000 au Grammy Awards, ce groupe est plusieurs fois disque d’or en Irlande.

La musique d’Afro Celts est une fusion des musiques traditionnelles celtiques et africaines avec des sonorités actuelles.

Ainsi, synthés, processeurs... se mélangent aux basses, guitares électriques, percussions et aussi aux koras, harpes celtiques ou uilleann pipes.

Un mélange très étonnant !

 

Mais Myrdhin, ce n’est pas seulement cela.

Né en 1950, Rémi Chauvet est originaire de Dinan en Haute-Bretagne.

Il apprend le piano à l’âge de 7 ans et est d’abord influencé par la musique classique et par le jazz.

A 14 ans, il va s’orienter vers la musique traditionnelle bretonne.

Au début des annés ’50, Jord Cochevelou (père d’Alan Stivell) recrée la harpe celtique instrument qui fera de nombreux émules en Bretagne puis en dehors de celle-ci.

Rémi Chauvet est de ceux-là.

En 1970, il prend le pseudonyme de « Myrdhin » et commence sa carrière professionnelle

 

A ses débuts, il accompagne entre autre la poétesse Angèle Vannier.

Il est lauréat de Jeunesses Musicales à paris en 1977.

Outre la musique traditionnelle, Myrdhin va aussi composer ses propres musiques inspirées par la culture celte.

 

Il formera un trio « An Delen Dir » avec le flûtiste Pol Huellou.

Et jouera aussi avec le percussionniste David Hopkins.

Pour jouer, Myrdhin pince les cordes de ses harpes qui sont cordées en bronze ou en acier.

Les cordes en métal sont à la fois plus sonores et vibrent plus que les cordes en nylon.

 

Il enregistre également avec Zil sa compagne (également harpeuse) dans le « Duo Ars Celtica ».

Celte convaincu, il a un jour déclaré : «  être celte, c’est privilégier l’irrationnel, l’inconscient, le relatif, l’illimité ».

 

En  1984, il crée les « Rencontres Internationales de la Harpe Celtique » à Dinan, véritable festival européen de la harpe.

 

Très éclectique, Myrdhin compose aussi pour le cinéma et est également écrivain et poète.

 

Parrallèlement à sa carrière de musicien, Myrdhin est Druide du collège druidique d’Hyperborée.

Il déclare : « les druides d’aujourd’hui témoignent de la spiritualité occidentale pré-chrétienne. Ils témoignent qu’on peut conjuger nature et culture, penser fabuleusement plutôt que rationnellement, qu’on peut préférer le relatif à l’absolu, l’abstrait au réalisme... ».

 

La musique de Myrdhin colle assez bien à tout ce qui précède.

Depuis 1971, Myrrdhin a déjà enregistré 28 albums (y compris ceux avec Afro Celts).

En ce qui me concerne, j’ai seulement deux de ses cd, je me limiterai donc à parler de ceux-là.

 

Le disque « Harpe Celtique » sort en 1992.

Notre barde y est accompagné dans certains titres par Zil à la harpe irlandaise et par Pol Huellou aux flûtes.

La musique de ce disque uniquement instrumental est très douce et très envoûtante.

Il y a des traditionnels et des compositions.

« An Cailin Rua », « War hentou Gwervaen », « Suite Gaélique » et « Ar Baradoz » sont parmi mes préférés.

 

L’album « Hapsody » est le premier du Duo Ars Celtica.

Myrdhin et ses harpes au son métallique dialogue avec Zil dont les harpes sont cordées boyaux.

Sonorités qui se marient et s’enrichissent avec ça et là d’autres instruments comme le violon la basse ou le saxophone qui viennent en soutien.

Quelques titres très mélodieux dans cet opus comme « Kevin », « Ballynure » ou « Hep Mal ».

A noter qu’on les entend aussi chanter et réciter dans le morceau « « Gwenlan ».

 

La musique de Myrdhin est vraiment source d’imaginaire, de rêverie.

Le métaphysique n’est pas loin.

Il y a dans ces disques toute une ambiance de légendes et de personnages merveilleux.

Au-delà de la musique, si vous êtes de ceux que ce « Merveilleux » interpelle alors cliquez vite sur raconte.forumactif.com


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

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