Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /Fév /2007 15:50

Paroles de celtes


En 1993, le festival de Cornouaille à Quimper donne lieu à un spectacle haut en couleurs.

Une série de musiciens venus des divers « pays » celtes vont se produire ensembles.

La réussite de rassemblement autour du guitariste et chanteur Dan Ar Braz va donner l’idée aux producteurs de prolonger l’expérience.

Idée de génie car le groupe a entousiasmé durant les années ’90 la majorité des amateurs de musique celtique.

Remportant au passage deux « Victoires de la Musique » et représantant la France à l’Eurovision en 1996.

La virtuosité de tous ces musiciens et le répertoire très varié des morceaux explique le succès remporté par le groupe tant dans ses ventes de disques que dans ses concerts.

Un ensemble vraiment celtique puisque mélangeant (parfois dans un mêmes morceau) des sonorités écossaises, irlandaises ou bretonnes.


Au lieu d’une critique musicale systématique, je voulais cette fois présenter ce groupe à travers le témoignage de certains de ses membres.

J’avais eu l’occasion de voir sur la chaine « Escales » un reportage consacré à Dan Ar Braz dans lequel il était abondemment question de l’Héritage des Celtes.


Donald Shaw (Ecossais, accordéoniste et claviériste)


 « Le mot « kelt » est germanique et signifie « secret ».

Quand les Germains ont découvert les Celtes au Vème siècle ils furent étonnés de voir à quel point ce peuple était intelligent.

Ils connaissaient plein de choses à propos d’architecture et de la nature... sans jamais avoir rien écrit.

Ils transmettaient tout de bouche à oreille pour ne pas que leur savoir... tombe dans de mauvaises mains... ».


Donal Lunny (Irlandais, bouzouki, guitare et bodhran)


«La musique est le lien entre le coeur et l’esprit. 

J’ai toujours pensé que la musique irlandaise (comme les autres musiques) avait le pouvoir de toucher le coeur.

Jouer un air datant de 1000 ou 2000 ans dans son style propre crée un lien avec des gens qui étaient aussi informés, aussi évolués qu’aujourd’hui.

C’est ça la magie de la musique de l’Héritage et de la musique en général.

...Ce n’est pas la musique qui compte mais l’effet qu’elle a sur vous ».



Dan Ar Braz (Breton, guitares électriques et acoustiques)


« Karen Matheson  et Donald Shaw sont tellement gentils !

Vivre des moments comme ça, c’est des moments inoubliables... il faudrait faire un polaroid.

C’est vraiment bien de vous connaître !

Il faut dire ces choses là quand on est vivant...

Et quand on partage ça au niveau de la musique et qu’on se retrouve avec ces mêmes personnes sur scène... c’est grandiose ! ».


Merci à vous pour ces témoignages !

Et merci également pour ces beaux moments de musique... pour ces instants de rêves et d’éternité !





Discographie :

Dan Ar Braz – Heritage des Celtes  (1994)

Héritage des Celtes en concert (1995)

Diwanit Bugale (single Eurovision 1996)

Finisterres (1997)

Zénith (1998)

Bretagnes à Bercy  (avec Armens, Tri Yann, Gilles Servat, Alan Stivell)


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Celtique - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /Jan /2007 15:54

La part de l’ange

 

Une des caractéristiques principales de la musique celtique est sa diversité.

C’est en Bretagne que cette diversité est la plus marquée.

Depuis plusieurs décennies une multitude d’artistes en tous genres s’efforcent de créer dans toutes les directions pour notre plus grand plaisir.

Louis-Jacques Suignard est de ceux-là.

 

Louis-Jacques Suignard a d’abord pratiqué le chant traditionnel durant un certain nombre d’années.

S’inscrivant et remportant toute une série de concours car il était doué.

En 2001, il gagne le Trophée Création (Kan ar Bobl).

 

 Il veut cependant aller au-delà de la tradition et compose de plus en plus ses propres chansons.

En 2004, il enregistre l’album «  Lodenn An Ael » (La part de l’ange) édité par Coop Breizh.

A la fois auteur et compositeur, il chante en Breton avec une étonnante maîtrise les 13 titres de ce disque.

Pour le réaliser, Louis-Jacques Suignard s’est entouré d’une solide équipe de musiciens :

Patrick Boileau (batterie, percussions)

Hilaire Rama (basse)

Jean-Michel Veillon (flûtes)

Bernard Le Dreau (saxophones)

Ronan Le Bars (uilleann pipes)

Claude Ziegler (guitares)

Ludo Mesnil (guitare électrique)

Nicolas Quemener (guitare acoustique)

JC Normand (claviers)

Eric Goellaen (accordéons)

Philippe Bizais (piano).

Soit une série de musiciens très connus sur la scène bretonne (certains ont travaillé avec Gilles Servat ).

 

« Suignard » ça fait un peu penser à swing...

Et c’est vrai que ce terme convient très bien à ce cd.

Tant il y a une ambiance agréable dans ce disque très varié.

D’une plage à l’autre Louis-Jacques alterne des chansons plus rock ou plus jazz avec des airs plus doux.

Il y a vraiment toute une série de couleurs dans ce disque.

« A bep eil » une chanson bien rythmée suivie de « ar wagennou dre zindan » sur un rythme plus lent harmonisé par les pipes et le piano.

Le piano de Philippe Bizais qui revient sur « Bered seiz Gwenc’lan » est une pure merveille.

Il faut dire que (pour l’avoir vu sur scène et souvent écouté ) ce pianiste au style tout en souplesse est un terrible accompagnateur !

 

Etonnant aussi ce titre « Bro an eoged » chanté à capella dans lequel Louis-Jacques Suignard fait apprécier tout le registre de ses possibilités vocales.

Et les titres qui s’enchainent comme « Ar miz trist » avec les très belles notes de saxophone.

Comme « Ar gazeg » ou Louis-Jacques semble improviser avec sa voix.

Dans « An tri bleiz » Jean-Michel Veillon joue de la flûte de façon très audacieuse.

L’avant dernier titre « Lodenn an Ael » laisse une large place aux guitares acoustiques sur une très jolie musique qui change de rythme.

Enfin retour au piani-voix sur « Plik ha plik » pour une dernière chanson à la fois émouvante et calme. Belle musique qui fait un peu penser à « Maro ma mestrez ».

 

Le disque est fini... il n’y a plus qu’à le ré-écouter !

 

 

    


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Mardi 16 janvier 2007 2 16 /01 /Jan /2007 23:47

Super duo !

Dans les années ’80, le chanteur écossais Andy M.Stewart croise la route du musicien irlandais Manus Lunny.

Andy (toujours membre de « Silly Wizard ») et Manus (fils de Donal Lunny) vont rapidement se lier d’amitié et entamer une collaboration musicale très fructueuse.

S’il est écossais, Andy s’intéresse également de très près à la musique d’Irlande et a un certain nombre de chansons irlandaises à son répertoire.

Virtuose du bouzouki et de la guitare, Manus chante aussi en gaélique et est attiré par l’Ecosse.

A partir de 1989, il va même devenir membre à part entière de « Capercaillie » (un des groupes écossais les plus connus).

Donc deux « pointures » de la musique celtique dont les disques ne vont pas passer inaperçus.

En 1985, ils enregistrent « Fire in the Glen » en compagnie de Phil Cunningham (autre membre de Silly Wizard).

Andy chante et joue du banjo tenor.

Manus chante sur un titre et joue de la guitare et du bouzouki.

Phil lui est à l’accordéon, aux synthés, au piano et au whistles.

Excellent album... ou comment faire à trois de la terrible musique !

Alternance de ballades mélodieuses ou de chansons plus ryhtmées.

Des morceaux supers avec un ou deux instruments pour démarrer puis les autres qui viennent en appui.

Par exemple : « Watkins’wee red whiskers... » une suite de reels avec d’abord le banjo solo puis l’accordéon, le bouzouki et les claviers qui prennent le relais.

Ou encore une chanson pleine d’émotion comme « Ni Si nGra » (she’s not in love) parfaitement interprètée par Manus.

Tout ce disque est d’une égale beauté.

Et nos amis ne vont pas en rester là.

En 1987, ils s’enferment en studio à Edimbourg pour enregistrer « Dublin Lady ».

En plus de Phil Cunningham, Aly Bain (un des plus grands violonistes écossais) , Sean Og Potts (uilleann pipes & whistles) et Kathy Stewart (vocaux) sont venus les rejoindre.

Neuf titres pour un autre super album !

Avec quelques bijoux comme « Bogie’s Bonnie Bell » chanson dans laquelle les pipes font merveille.

« Freedom is like gold », chanson très rythmée chantée avec conviction par Andy.

Ou encore « Dublin Lady » chantée en alternance par Andy et Manus sur une mélodie de toute beauté.

Une fois de plus aussi, des accompagnateurs qui sont d’un très bon niveau et qui ajoutent ça et là leur touche personnelle aux musiques de ce cd.

Le disque suivant « At it Again » sort en 1990.

Cette fois, nos deux compères ont fait appel à Damian Quinn (bodhran), Ronan Browne (uilleann pipes, whistles), Charlie McKerron (fiddle) et Donald Shaw (claviers,accordéon) pour les accompagner.

Les mots « superbe » ou « excellent » sont trop faibles pour qualifier ce disque extra-ordinaire !

Pour moi le meilleur opus de ce duo.

Tous les titres sont d’un très bon niveau.

La voix d’Andy M.Stewart, à la fois puissante et riche fait merveille dans chaque chanson.

Manus Lunny est au moins aussi doué que son père (Donal Lunny) pour jouer de la guitare ou du bouzouki.

Difficile en fait de les différencier (peut-être Manus a-t-il un jeu plus « sonore » que son paternel ?)

En tout cas, ce doit être un réel bonheur pour un chanteur d’être soutenu par un tel musicien.

Pas évident de sortir un ou l’autre titre du lot.

Mais « My heart it belongs to she » composée par Andy est une chanson d’amour aussi belle pour sa musique que pour la poésie de ses paroles.

« The exile of Erin » composée et chantée par Manus est terriblement émouvante... les pipes de Ronan Browne feraient verser des larmes à une pierre !

Que dire enfin de « Beid Og Ni Mhaille » (Bridget O’Malley) traditionnel dans lequel Andy répond en anglais aux paroles gaéliques de Manus.

Une chanson exceptionnelle !

Après la séparation du groupe Silly Wizard, Andy M.Stewart continue sa carrière solo.

En 1990, il décide de rendre hommage à Robert Burns (poète écossais du 18 ème siècle).

Et il lui consacre tout un cd.

Il faut dire qu’il y a de la matière puisque Robert Burns était très prolifique et que sa poésie a inspiré de très nombreux artistes en Ecosse.

Une fois de plus, Andy a fait appel à Manus Lunny pour l’accompagner.

Sur ce disque, Donald Shaw et Charlie McKerron (deux autres musiciens de Capercaillie) sont également présents.

Si ce cd est plus « dépouillé » que les précédents il n’en est pas moins très agréable à écouter.

Une série de titre assez connus comme “ It was a’for our rightfull king », “ To the weaver’s gin ye go”, “A red red rose”...sont une fois de plus très bien mis en valeur par nos deux artistes.

Ce cd marquera la fin de leur brillante collaboration qui restera importante pour la musique écossaise et la musique celtique en général.

Manus a poursuivi son expérience au sein de Capercaillie.

Andy a continué sa carrière solo, travaillant entre autre avec Gerry O’Beirne (un autre talentueux guitariste irlandais).

Ne passez pas à côté de leurs cd !

 


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Écossaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

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