Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /Jan /2007 23:52

N'Eo Ket  Echu (c'est pas fini)

 

Tel est le titre de ce premier cd paru chez Coop Breizh.

 

Nolwenn Korbell, qu'il ne faut pas confondre avec Nolwen (qui chante « Sel Marin ») ni avec Nolwenn Leroy (de la Starac.) est une chanteuse bretonne de grand talent.

 

Originaire de Rennes où elle a suivi des cours d'art dramatique, Nolwenn a rapidement su qu'elle se dirigerait vers les « planches ».

 

Comédienne au théatre, elle a également fait du cinéma et de la télévision.

Comme elle chante également depuis qu'elle est toute jeune, elle s'est depuis quelques années, lancée dans la chanson.

 

A raison car elle possède une très jolie voix.

 

Doublée de grandes qualités d'interprétation car son registre est très varié et on sent qu'elle « vit » très fort ce qu'elle chante.

 

Rapidement, Nolwenn Korbell va se faire remarquer sur la scène bretonne.

En 2002, elle participe au concert des « Tombées de la Nuit » à Rennes en compagnie d'autres chanteurs bretons comme Gilles Servat, Melaine Favennec, Marthe Vassallo...

En 2004 elle est invitée à la fête de la St.Patrick à Paris-Bercy.

En 2005, Gilles Servat lui propose de chanter en duo sur deux titres de son nouvel album...

 

Elle enregistre « N'eo ket echu » en 2003.

Auteur-compositeur, elle signe la plupart des titres de ce disque vraiment étonnant.

 

Six musiciens l'entourent sur ce premier album :

 

Frédérique Lory : piano,

Tangui le Doré  (Diaouled ar Menez, Menestra...) : basses,

Itud le Doré  (Menestra) : dabourka, caisses claires,

Antonin Volson : percussions,

Hugo le Hénan : marimbas,

Sylvain Barou : bansouri, flûte chinoise.

Mais tous ces musiciens ne jouent pas nécessairement en même temps.

On entend plûtot piano et percussions ou piano et basses... ou rien qu'un instrument.

 

C'est donc assez dépouillé mais suffisant pour mettre en valeur les mots et les intonnations de Nolwen.

Toutes les chansons sont en Breton sauf « Y Byd Newydd » qui est en Gallois.

Ayant vécu une dizaine d'années au Pays de Galles, Nolwenn Korbell a eu l'occasion d'apprendre cette langue qui a des racines communes avec la langue bretonne.

 

Même pour ceux qui ne comprennent pas le breton, c'est agréable à écouter car il y a une grande musicalité dans ces paroles.

En lisant les traductions des textes on est aussi charmé par la poésie de ceux-ci.

 

Vraiment un cd envoûtant qui par moments swingue comme du jazz très bien harmonisé par Frédérique Lory qui est une pianiste de très grand talent.


Alors, laissez-vous donc envoûter par le charme et la voix de Nolwenn Korbell en écoutant des titres comme « Ur wech e vo » ou « Deuit ganin-me »... vous ne le regretterez pas !

 

Vous pouvez  vous procurer les disques de Nolwenn (un nouveau cd vient de sortir en 2006) chez Coop Breizh ( à Spezet).


En Belgique, à Liège, il y a aussi « Ludos » un comptoir très sympa où l'on trouve toute une série de produits bretons et notamment d'excellents cds.

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /Nov /2006 00:21
Le bouzouki irlandais :

 

Instrument d’origine grecque, le bouzouki compte quatre  fois (ou trois fois) 2 cordes.


Il est principalement accordé en sol- ré- la-mi ou en sol- ré- la –ré soit comme le fiddle ou le banjo ténor.


En Grèce l’instrument est accordé autrement et a le dos bombé (cf.la mandoline).


Les luthiers irlandais ont fabriqué des bouzoukis à dos plats (plus pratiques pour jouer assis mais moins sonores).

 


De 1966 à 1968 Johnny Moynihan et Andy Irvine (alors membres du groupe irlandais


« Sweeney’s men ») ont voyagé un certain temps dans les Balkans.


D’une part, ils ont cultivé un goût pour ce style de musique, d’autres part ils ont

importé le bouzouki grec en Irlande.


Estimant que l’introduction de celui-ci serait d’un grand intérêt pour la musique irlandaise.


Plus tard, faisant partie du groupe «  Planxty » nos deux compères décidèrent Donal Lunny (Bothy Band & Planxty) et Alec Finn (De Dannan) à s’y intéresser.

 

Derrière des groupes mythiques comme les « Chieftains » et les « Dubliners » on peut dire que dans les années ’70 ces trois groupes (Planxty, Bothy Band, De Dannan) étaient les plus importants dans le paysage du folk irlandais.

Leur musique eut donc une influence considérable sur les générations de musiciens et les groupes qui vinrent ensuite.

 

A tel point qu’il est rare à présent de trouver un groupe de musique traditionnelle qui ne compte pas un joueur de bouzouki.

 

Il faut dire que, d’une façon très différente de la guitare, l’instrument (au son assez clair) convient parfaitement pour l’accompagnement.


Ainsi des instruments comme la whistle, le flûte, le fiddle ressortent parfaitement quand ils sont soutenus par un bouzouki.


En Grèce, le bouzouki sert d’avantage à jouer la mélodie.


En Irlande on en joue parfois aussi en solo mais sa fonction principale est de marquer le rythme.

 

Cette utilisation a depuis longtemps dépassé les frontières de l’Irlande puisque de nombreux groupes Ecossais ainsi que d’autres groupes de musique folk emploient des bouzoukis ou des instruments similaires (mandoles, sistres, cittern…).


Et c’est un bien car l’adoption de tels instruments (comme la mandoline) a constitué un enrichissement pour la musique celtique en général.

 

Prêtez donc l’oreille aux notes de bouzoukis quand vous écouterez un cd de musique irlandaise…c’est étonnant !


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /Nov /2006 00:12

Les origines du folk irlandais sont à la fois lointaines et multiples.


Parmi celles-ci bien sûr il y a de nombreuses influences celtiques parfois très anciennes.


Peut-être en Irlande le besoin de jouer de « pratiquer » cette musique est -il plus fort qu’ailleurs ?
























Est-ce la pauvreté des gens, la mélancolie des paysages, les multiples variations de climat…toujours est-il que pour de nombreux irlandais la musique fait partie intégrante de la vie.


Cette musique se décline sous toutes les formes que ce soit du rock, de la pop, du jazz ou…du folk.


Jouer d’un instrument est courant pour de nombreux irlandais que ce soit en amateurs ou en professionnels.


Et on dénombre de multiples fratries de musiciens comme les Corrs, la famille Brennan (Clannad, Enya), la famille O’ Domnhail (Bothy Band, Relativity, Nightnoise) ,the Black family…

 

Pour beaucoup d’Irlandais, que ce soit au pub ou en famille, la pratique de la musique traditionnelle est comme une « religion » qui attire de plus en plus de fidèles.


Tous ne sont pas musiciens, mais le plaisir de se réunir pour écouter un air ou une chanson (parfois à capella) est quelque chose de bien encré chez les Irlandais.

 

Et c’est vrai que cette musique vaut le détour !

 

Depuis les dernières décennies, cette musique a beaucoup évolué.

Tant en Irlande qu’aux U.S.A., il y a une multitude de chanteurs et de musiciens qui jouent un répertoire très varié allant du style très traditionnel jusqu’aux compositions les plus originales.

Tous contribuent à l’enrichissement de cette musique et chacun à sa part de mérites quant à son expansion et à sa diffusion depuis des années.

 

Quatre d’entre eux ont cependant eu une influence plus déterminante depuis bientôt un demi-siècle.

 

1) Paddy Moloney :


Au début des années soixante, le compositeur classique Sean O’Riada, convaincu de l’importance de la musique traditionnelle incita Paddy Moloney à créer un groupe qui allait devenir les « Chieftains ».

Paddy (uilleann pipe & whistles) entouré de Martin Fay (fiddle), Sean Keane (fiddle) , Sean Potts (whistle), Michael Turbidy (flûte) et David Fallon (bodhran) allait bientôt conquérir la scène irlandaise avec son groupe.

Les Chieftains s’inscrivaient dans la lignée de musiciens jouant de la musique instrumentale comme  la famille Mac Peakes, Tomas O’Canainn…un peu à l’opposé d’un autre courant musical qui était celui des chanteurs de ballades comme les Clancy Brothers ou les Furey Brothers ou encore des la tendance « pub-songs » comme les Wolfe Tones et bien sûr les Dubliners.


Petit à petit, les Chieftains vont devenir une institution en Irlande.


Tant leur interprétation de la musique traditionnelle est à la fois rigoureuse et enthousiasmante.


Le harpiste Derek Bell est venu se joindre au groupe apportant encore une touche musicale supplémentaire.


Au fil des années, certains musiciens sont partis, d’autres comme Matt Moloy et Kevin Connef sont arrivés mais l’ensemble a gardé une très grande homogénéité dans sa manière de jouer.


Grâce à leur virtuosité ces musiciens ont atteint un tel degré de perfection que les Chieftains ont acquis une renommée mondiale.


Renommée qui leur a permis de tourner tant en Europe qu’aux Etats-Unis et même…en Chine !

 

Ce diable d’homme de Paddy Moloney a toujours aussi eu envie de mélanger la musique irlandaise avec d’autres musiques.


Ainsi les Chieftains ont joué avec des musiciens classiques comme le flûtiste James Galway et des orchestres symphoniques.


Ils ont aussi enregistré avec des tas d’artistes rock comme Van Morisson, Sting, Mark Knopfler, les Rolling Stones, Sinead O’Connor…


Ils se sont aussi intéressés à d’autres musiques traditionnelles comme la musique bretonne, celle de Galice (avec Carlos Nunes) ou même la musique chinoise !


Jamais en fait, Paddy et sa bande ne se lassent de nouvelles expériences.

 

Plus que jamais, alors que ses membres ont tous largement dépassé la soixantaine ou plus, les Chieftains restent La référence en matière de musique irlandaise.

Merci à Paddy Moloney !

 

2)  Johnny Moynihan & Andy Irvine :


















Indissociables puisqu’ils ont importé le bouzouki dans la musique irlandaise à la fin des années’60.


Voir à ce sujet mon article sur « la révolution du bouzouki » dans lequel j’explique combien cet instrument au son si clair convient si bien pour l’accompagnement.


Par leur virtuosité, ces deux pionniers ont convaincu toute une série d’autres musiciens d’utiliser le bouzouki.


Et cet instrument est à présent très répandu dans la musique folk en général.


Merci donc à Johnny et à Andy dont la carrière de musicien et de chanteur continue d’enchanter la scène irlandaise et internationale.


3)  Bill Whelan :




Compositeur, producteur, arrangeur, claviériste et percussionniste, Bill Whelan a dynamisé la musique irlandaise.


Compositeur tous azimuts, il collabore avec de nombreux artistes (Planxty,  Davy Spillane, Patrick Street…) et ses arrangements et sa manière de jouer des claviers (parfois comme des percussions !) font de lui un musicien respecté.


En 1989, Andy Irvine (dont on connaît la passion pour la musique de l’Est de l’Europe) lui demande de participer à un disque sur la musique de ces pays.


Entourés de Davy Spillane et d’autres musiciens prestigieux ils donneront naissance à ce projet et l’album « East Wind » deviendra un enregistrement magique fait de rythmes endiablés et de mélodies époustouflantes.


Il écrit des musiques de film (Some mother’s Son entre autre) et travaille pour la télévision.


Il se spécialise dans les suites musicales dans lesquelles il mélange chanteurs, instruments traditionnels et orchestres (The spirit of Mayo, The Seville Suite…)


En 1994 la télévision irlandaise lui demande de composer une musique pour une chorégraphie devant servir d’entracte à l’Eurovision.


Ce mini spectacle donnera naissance en 1995 à « Riverdance ».


Et ce show va connaître un succès énorme partout dans le monde.


Bien sûr, ce spectacle, c’est d’abord la danse qui a révélé le talent de surdoués de la step-dance comme Mikaël Flatley, Jean Butler , Colin Dunne et tous les autres.


Mais ce show aurait-il eu autant d’envergure sans la musique de Bill Whelan ?

 

Dans Riverdance, Bill a mélangé des musiques d’inspiration traditionnelle irlandaise à d’autres musiques du monde.


Le tout interprété sur des rythmes incroyables, de temps à autre entrecoupés par des mélodies plus calmes  chantées par la chorale Anuna.


Succès mondial donc pour ce show qui a inspiré d’autres compositeurs et d’autres chorégraphes qui créèrent ensuite des spectacles du même style comme « Lord of the dance » ou « Spirit of the dance »…

 

Plus de dix ans après sa création, Riverdance est toujours à l’affiche et l’engouement du public pour ce type de danses et pour ce style de musique est toujours bien réel.


Bill Whelan est pour beaucoup dans tout cela !


4)  Donal Lunny :

 

 

Lui aussi a eu (et a toujours) une influence considérable sur la musique folk irlandaise contemporaine.


L’homme aux mille casquettes car il est tout à la fois multi-instrumentiste, choriste, arrangeur, producteur, compositeur, ingénieur du son…


De U2 à Moving Hearts en passant par Planxty , Bothy Band, Altan et bien d’autres.


On trouve son nom partout sur les pochettes de cd en Irlande.

 


Si bien qu’il est peut-être plus facile de citer les musiciens et chanteurs irlandais avec qui il n’a jamais collaboré que les autres.


Ayant  la soixantaine aujourd’hui, on se demande si ce gars n’a pas en réalité au moins 150 ans tant sa production discographique est énorme !



Et cela ne s’arrête pas à son Irlande natale puisqu’il a produit le groupe écossais « Capercaillie », qu’il a collaboré avec le groupe « Orion » en Belgique.


De 1993 à 1999 il a fait partie de « l’Héritage des Celtes » avec Dan ar Braz en Bretagne.


Cet ensemble regroupant des musiciens bretons, écossais, galiciens et irlandais a connu un très grand succès en France et en Europe de l’ouest.


Par la suite , Donal a aussi travaillé avec le chanteur Gilles Servat.


On peut être sûr que chaque fois qu’il participe à un disque celui-ci sera d’une très grande qualité.


Et c’est pour cela d’ailleurs que tant d’artistes le réclament.

 

Au départ guitariste, Donal Lunny a adopté le bouzouki et en a fait son instrument de prédilection.


Il joue aussi très bien de la mandoline, du bodhran (tambourin irlandais) ou des claviers.


Et encore d’autres instruments car on a l’impression que tout ce qu’il touche devient magique entre ses mains.


Par l’originalité de ses arrangements, par la beauté de ses accompagnements il donne à ses interprétations une qualité exceptionnelle.


Sans lui, la musique irlandaise ne serait pas ce qu’elle est.

 

Bravo à cet immense talent !



































Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

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