Musique Irlandaise


Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /2009 01:30
Superbe soirée pour moi que celle de ce samedi 14/03 dernier.
Pour la St.Patrick, le Centre Culturel de Dison (Belgique) accueillait le groupe "Snakes in Exile".
Venu de Flandre (Hasselt), ce groupe est spécialisé dans la musique irlandaise.

En 1992, Luc Baillieul (chant,guitare) , Peter Van Aken (chant, accordéon) et Gert Meulemans (chant, basse) ,tous trois animés par la même passion pour le celtique, décident d'unir leurs talents.
Une réussite car nos trois gaillards sont à la fois doués musicalement et vocalement.
Ils vont alors entamer une suite interminable de concerts qui les verra jouer dans des petites salles ainsi que dans de grands festivals (Dranouter, Cambridge, Folkwoods (NL)...).

Durant toutes ces années, il ont aussi trouvé le temps d'enregistrer quatre cd.
Une série de musiciens (violoniste, flûtiste...) sont venus les épauler pour enregistrer ces disques.
Depuis 2000, le trio est devenu un quatuor avec l'arrivée du batteur Gette De Deken. Et en 2006, c'est Kristiaan Malisse qui a pris place derrière les drums.

Snakes in Exile me fait un peu penser au style des Dubliners ou des Pogues.
C'est à dire des chansons entraînantes (chansons de marins, chansons d'amour, chansons à boire...) dans un style caractéristique de ce qui se fait sur la côte Est de l'Irlande.
C'est l'aspect plus anglo-saxon, plus festif de la musique irlandaise.
Sur la côte Ouest, la musique est plus influencée par la culture gaélique.
Une musique plus introvertie, plus mélancolique aussi.
Même si, depuis une trentaine d'annés, vu la plus grande mobilité des musiciens et les courants d'influences divers, ces deux catégories sont moins distinctes qu'autrefois.



J'avais eu l'occasion de découvrir Snakes in exile en 1999 (Green space folk festival).
A l'époque, ils étaient accompagnés par un jeune violoniste que j'avais beaucoup apprécié.
A ce moment, je n'avais pas encore de site internet mais j'avais noté une appréciation où j'insistais sur les qualités vocales de ce groupe.

Dix ans plus tard, j'étais donc curieux de voir ce que ce band était devenu.
J'ai de suite été sous le charme car Luc Baillieul est vraiment très dynamique. Il a une très belle voix et est un bon guitariste.
Bien que Flamand, il a fait l'effort de présenter les chansons dans un français très correct.
Lorsqu'il butait sur un mot, l'un ou l'autre spectateur lui soufflait le terme en français.
Le tout se passait dans la bonne humeur et Luc faisait preuve de beaucoup d'humour.

Peter Van Aken est formidable également. Grand et costaud, cet ancien joueur de rugby s'était familiarisé avec le chant polyphonique après les matchs. Il n'était pas rare en effet que les joueurs se mettent à chanter dans la plus grande fraternité.
Peter à une voix superbe et prend régulièrement le relais de Luc dans les chansons.
Le fait qu'ils chantent parfois en alternance rend ces chansons plus entraînantes encore.
Peter Van Aken est aussi un grand accordéoniste. Son registre ne se limite pas au style irlandais car il exploite de nombreuses possibilités de son accordéon à touches.
Son jeu dynamise la musique de Snakes in exile.

Gert Meulemans lui se charge des notes basses.
Il alterne avec brio la guitare basse et la contre-basse électrique.
Et vocalement, il est aussi doté d'une voix grave et profonde qui complète à merveille celle de ses deux compères.
Un peu plus calme que les deux autres, son jeu sur scène ne manque pas d'humour non plus.

Derrière eux, Kristiaan Malisse alterne batterie et percussions. Il chante également.
Jeune musicien doué, Kristiaan marque bien le rythme et nous gratifiera de quelques bons solos durant le concert.
Tout à la fin du spectacle, il déserta ses drums pour montrer qu'il joue aussi de la guitare acoustique.


Quatre très bons musiciens donc pour entamer le concert avec "Yarmouth town" une chanson de Planxty, le ton est donné.
Et bien sûr, ils vont continuer sur cette lancée alternant les traditionnels (ex.The raggle taggle gypsy) avec des chansons composées par d'autres ou leurs propres chansons.
Luc Baillieul nous donnant chaque fois des précisions sur le contexte de la chanson.
Ils vont nous chanter un nombre incalculable de titres durant les deux parties de ce spectacle.
La première partie dura une heure trente, la seconde approcha les deux heures !
S'il n'avait pas été si tard, je crois bien que les Snakes auraient encore prolongé leurs rappels.
Ils avaient l'air de très bien se plaire parmi nous.
Toute une série de découvertes (St.Patrick was a gentleman...) pour moi ce soir là et le plaisir de réentendre des morceaux comme "I tell my Ma" ou "Wiskey in the jar" popularisés par les Dubliners.
Surprise aussi de voir par moment Peter et Luc déposer leurs instruments pour s'accompagner au bodhran. Ils manient plutôt bien le tambourin irlandais qui met leur chant encore plus en valeur.
Dans les temps forts de ce concert, je retiendrai "The City of Chicago" qui est également chantée par une de mes idoles Christy Moore.
Assez inatendu, la très bonne reprise de "Fields of Gold" une chanson de Sting que Luc présenta comme une chanson...celtique.
J'ai été aussi impressionné par leur version de "Loch Lomond". J'adore la version rock du groupe écossais Runrig.
Snakes in exile a choisi une version à capella où l'arrangement polyphonique est tout simplement grandiose !
Grand moment de musique celtique, chapeau les gars !



Pour conclure, Snakes in exile va nous offrir une dernière surprise.
La chanson "The parting glass".
Bartje, leur ingénieur du son les rejoint pour ce titre.
Tous les cinq, assis sur le bord de la scène et sans micro, se mettent à chanter cette chanson légèrement mélancolique superbement harmonisée une fois encore.
Un moment inoubliable !

Et cette soirée se termina par le verre de l'amitié avec pour moi l'occasion d'un peu parler avec un Luc Baillieul vraiment très sympathique.
Le public, bien que peu nombreux était ravi par ce show.
Il en fut de même pour la personne qui m'accompagnait.
Une ambiance très conviviale qui me permit d'échanger avec Wilfrid et Paul (organisateur), des amis celtes de toujours.
Egalement de faire la connaissance d'un couple de Bruxellois qui sont fans des Snakes depuis de nombreuses années et assistent à tous leurs concerts.
Et comme ils ont raison !

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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Samedi 13 décembre 2008 6 13 /12 /2008 00:13
Depuis très longtemps, les bons musiciens sont légion dans la musique traditionnelle irlandaise.
Les années '70 et '80 avaient fait découvrir des groupes mythiques comme Planxty, Bothy Band, De Dannan...
D'autres groupes dans les années '90 avaient marché sur leurs traces comme Altan, Lunasa, Solas, Dervish...
Depuis les années 2000, les nouvelles générations ne sont pas en reste avec une floppée de jeunes musiciens tous plus talentueux les uns que les autres.
Ronan O' Flaherty et Edel Fox sont de ceux-là.

J'avais déjà évoqué Edel Fox dans mon article consacré aux concertinas ces curieux petits accordéons.  Concertinas

Native du Conté de Clare, la jeune Edel a commencé à jouer dès l'âge de sept ans.
Noël Hill fut son profeseur et elle allait rapidement progresser au point de devenir une virtuose.
Elle se fait d'abord connaître par de nombreux passages à la radio irlandaise et aussi à la BBC.
Puis participe à de nombreux festivals dont celui de Miltown Malbay sa ville natale.



En 1991, j'avais eu l'occasion d'aller à ce festival.
Un fameux souvenir avec tous ces pubs bondés de musiciens et d'amateurs de folk.
J'avais échangé quelques mots avec un joueur de "bones" qui m'avait demandé si j'étais également musicien. 
Il y avait une telle communion dans ce pub qu'on avait l'impression qu'il s'agissait d'un culte.



Edel jouera lors de nombreux concerts en Irlande et fera des tounées musicales qui la conduiront jusqu'aux U.S.A. et même en Asie. 
Très jeune elle rencontre Ronan O' Flaherty avec qui elle va jouer de plus en plus souvent au point de former un duo très performant.

En 2004, elle remporte le prix décerné au "Meilleur Jeune Musicien Irlandais".

 

Edel est aussi professeur de musique traditionnelle à l'école Willie Clancy (Miltown Malbay).
Tout en continuant à étudier la musique à l'université de Limerick.

Ronan O' Flaherty est né dans le Conté de Galway qui est voisin du Conté de Clare sur la côte Ouest de L'Irlande.
Galway est une sorte de porte d'entrée avant le Connemara.
Son père tenant un pub à Galway city et le jeune Ronan a donc été bercé dans la musique traditionnelle dès son plus jeune âge.
Il étudie le fiddle tout en fréquentant toute une série de musiciens professionnels ou amateurs.
Adolescent, il va écouter des disques de musiciens des années '30 et '40 comme James Morrison et Michael Coleman et s'inspirer de leur styles.
Très vite, il va déveloper une exellente technique au violon et sera reconnu par ses pairs.
Malgré son jeune âge, Ronan va collaborer avec beaucoup de bons musiciens et donner une série de concerts tant en Irlande que dans le reste de l'Europe.
Lui aussi aura l'occasion de se produire en Chine !



En 2006, Edel et Ronan décident d'enregistrer leur premier cd.
En compagnie de Michael McCague (bouzouki et guitare) et Brian McGrath (claviers) ils vont revisiter toute une série de classiques du répertoire irlandais.
Et de quelle manière !
Dès le premier titre "Martin Wynne's" on est frappé par leur brillante interprétation.
Le "découpage" précis du bouzouki, les claviers pour les notes basses, le concertina qui sonne plus grave à partir du deuxième reel.

"The maid on the green", subtile suite de gigues où fiddle et concertina jouent à l'unisson.
Idem dans les reels du troisième titre "The bag of spuds" où le concertina joue plus de notes basses bien soutenu par le bouzouki.

Une interprétation tout en finesse sur le medley "Boys of Ballyosadare" fait de temps forts dans lesquels Edel vient si bien appuyer le rythme.
J'aime bien aussi le jeu de guitare dans la suite de Hornpipe "Poll ha Penny".
Une terrible rythmique dans un style très irlandais.

Autre classique, "The Chicago reel" avec un très bon fiddle qui souligne à merveille les notes de concertina, le tout bien mis en valeur par la guitare et le bouzouki.
"An Coileach..." sont des slides, la deuxième était également jouée par le Bothy Band dans les années '70.

Ronan O'Flaherty est seul au fiddle pour "The Connacht Man's rambles" une gigue puis un reel.
Son jeu est à la fois très accrocheur et très souple. Une fois de plus, il est très bien accomagné par les claviers de Brian McGrath et la guitare de Michael McCague.
J'aime beaucoup aussi la suite "Gan Aimn" pour leur originalité dans la manière de jouer le dernier reel (Morning dew).

Rythme un peu plus lent pour les reels "The Sligo" où le piano fait de nouveau office de basse.
"The Iron Man" est une danse d'origine écossaise (strathspey), un rythme plus irrégulier que Ronan et Edel jouent seuls.
"Na Ceannabhain Bana" est la version instrumentale d'une chanson en gaélique.
Une slip-jig bien soutenue par les claviers et la guitare.

Et le disque se termine sur un autre classique, "The Fisherman's lilt".
Michael McCague (qui dit avoir été influencé par Alec Finn de De Dannan) utilise toutes les possibilités de son bouzouki pour ornementer ce morceau.
Grande originalité du fiddle dans le reel suivant (The musical priest). Un dernier titre où Edel est une fois de plus très brillante.

Cette rencontre entre Edel Fox et Ronan O'Flaherty est donc une réussite.
Un témoignage très vivant de ce qu'est la musique traditionnelle irlandaise au 21ème siècle.
A découvrir au plus vite, à savourer lentement !
 



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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /2008 22:32

Cette chanson qui était sur l'album "Alan Stivell à l'Olympia" est une de celles qui m'a fait découvrir la musique irlandaise.

link



J'adorais ce titre avec la jolie voix d'Alan, les vocaux de Gabriel Yacoub et le fiddle de René Werneer.

Avec la partie instrumentale et les whistles, c'était tout simplement envoûtant...

Au fil du temps, je me suis rendu compte que cette chanson était très populaire et avait été reprise par de nombreux interprètes.


Je fus très étonné de voir qu'Angelo Branduardi, le talentueux chanteur italien, l'avait reprise en français.


Dans un tempo un peu différent, "Les arbres ont grandi" donnait d'autres belles couleurs et sonorités à ce très beau texte.

Puis j'ai découvert qu'Angelo était fan d'Alan Stivell et qu'Alan avait participé à un de ses disques en 1983.

 

 



Beaucoup plus tard, et grâce au site Harpographielink  )  j'ai découvert cette vidéo de You Tube.

 

 

 

EN 1982, le Grand Echiquier de Jacques Chancel recevait Angelo Branduardi.

Et le barde d'Italie avait invité son ami Alan pour interpréter cette chanson ainsi qu'un instrumental.

Emotion pour moi en découvrant cette vidéo. Dix ans après le concert à L'Olympia, Alan la chantait encore avec la même douceur.

Deux grands artistes unis par une même passion.



Dans les années '90, grâce à une compilation de la revue "Celtics", j'ai vu que d'autres Italiens (du groupe FBA) l'avaient reprise sous le titre "I alber a ie olt".

Une très jolie voix féminine sur cette version en italien sur une mélodie très proche de celle d'Alan.



Bien entendu, les Irlandais ne pouvaient pas être en reste par rapport à cette chanson.

Sur l'album "The Blue Idol" le groupe Altan nous en offre une splendide version  avec le titre "Daily Growing".

Invité sur ce morceau, Paul Brady vient répondre à la voix douce de Mairead Ni Mhaonaigh.

Un duo superbe !

 

The trees they grow high (Daily Growing)

 

The trees they grow high

The leaves they do grow green

Many is the time my true love I've seen

Many an hour I have watched him all alone

He's young

but he's daily growing


Father dear father

you've done me great wrong

You have married me to a boy who is too young

I'm twice twelve and he is but fourteen

He's young 

but he's daily growing.


Daughter my daughter

I' ve done you no wrong

I have married you to a great lord's son

He'll be a man for you when I am dead and gone

He's young

but he's daily growing.


Father dear father, if you see fit

We'll send him to college for another year yet

I'll tie blue ribbons all around his head

To let the maidens know that he's married.


One day I was looking o'er my father's castle wall

I spied all the boys playing at the ball

My own true love was the flower of them all

He's young

but he's daily growing.


At the age of fourteen, he was a married man

At the age of fifteen, the father of a son

At he age of sixteen, his grave it was green

And death had put an end to his growing.


I' ll buy my love some flanel

and I will make a shroud

With every stich I put in it,

the tears they will pour down

With every stich I put in it,

how the tears will flow.


Crual fate has put an end to his growing.

 


Traduction :


Les arbres deviennent grands

Les feuilles poussent vertes

Cela fait longtemps que j'ai vu mon véritable amour.

Nombreuses les heures que je l'ai observé toute seule.

Il est jeune

Mais il grandit tous les jours.


Père, cher père

Tu m'as fait un grand tort

Tu m'as mariée à un garçon qui est trop jeune.

J'ai deux fois douze et il n'en a que quatorze

Il est jeune

Mais il grandit tous les jours.


Fille chère fille

je ne t'ai pas fait de tort.

Je t'ai mariée au fils d'un grand seigneur.

Il sera un homme pour toi quand je serai mort et parti.

Il est jeune

Mais il grandit tous les jours.


Père, cher père, si cela te convient

Nous l'enverrons au collège un an de plus encore.

Je nouerai des rubans bleus tout autour de sa tête

Pour que les jeunes filles sachent qu'il est marié.


Un jour, je regardais par au-dessus du mur du château de mon père

J'espionnais tous les garçons jouant au ballon

Mon véritable amour était la fine fleur parmi eux tous

Il est jeune mais il grandit tous les jours.


A l'âge de quatorze ans, c'était un homme marié.

A l'âge de quinze ans, le père d'un fils.

A lâge de seize ans, sa tombe était verte

Et la mort avait mis un terme à sa croissance.


J'achèterai à mon amour quelque flanelle

Et je ferai un linceul.

Avec chaque point que je coudrai dessus

Mes larmes se déverseront.

A chaque point que je coudrai dessus

Que de larmes vont couler.

Cruel destin qui a mis un terme à sa croissance.



 

La version d'Altan est vraiment très jolie elle aussi !



De très nombreux autres artites l'on également chantée.

Parmi eux :


Le fameux guitariste anglais John Renbourn

 

link

 

Autre vision avec le groupe britanique Pentangle :

 

link

 

Enfin la version de Sylvain à la harpe celtique

 

link


Quelle est la plus belle ?

A vous de choisir.

 

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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

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