Musique Bretonne


Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /Jan /2008 15:09
Premier prix de conservatoire à Brest à la flûte traversière, Youenn Le Berre est de

formation classique.

gwendal8.jpg
Youenn à droite d'Hugues de Courson

Il va cepandant très jeune s'intéresser à la musique bretonne et à la musique celtique en général.
En compagnie du guitariste Jean-Marie Renard, il fonde "Gwendal" en 1972.

"Irish Jig" leur premier album sort en 1974. gwendal1.jpg
Le groupe est composé de Roger Schaub (basse), Patrice Grupallo (mandoline et percussions),Bruno Barre (violon) et de Youenn et Jean-Marie.
Groupe instrumental, Gwendal impose rapidement son propre style c'est à dire une interprétation assez jazz de la musique traditionnelle.
Il apparait très vite que Bruno Barre est un viloloniste d'exception (ici il ne s'agit pas de fiddle irlandais mais bien de violon joué de manière classique ou bien jazz).
Que dire alors de Youenn Le Berre qui passe de la flûte traversière à la flûte à bec ou au whistle avec une facilité déconcertante.
Youenn joue aussi très bien de la bombarde et du saxophone.
En fait, c'était la première fois que j'entendais de la flûte traversière métallique en musique trad. D'habitude, c'est plutôt la flûte traversière en bois qui est utilisée.
Ce premier album plein d'enthousiasme est une réussite avec des titres comme"Planxty-birke" ou "Deu tu ganeme" qui valent le détour.

Deuxième opus en 1976 avec "Joe Cant's reel" et la très belle pochette de Claire Brétercher. gwendal5.jpg

C'est principalement la musique irlandaise qui est revisitée par     notre quintet.
Bien des années plus tard, j'apprécie toujours autant des titres comme "Galway Bay" ou "Chrystal Palace" qui me fait un peu penser à de la musique classique.
"Douze degrés" est un morceau où une large place est laissée à l'improvisation des musiciens qui se déchaînent sur ce titre où le "delirium tremens" n'est pas pas loin.
Un bon disque en tout cas !


Arnaud Rogers (batterie) est venu complèter le groupe. Ricky Caust (guitare & Mandoline) remplace Patrice Grupallo sur le troisième album.
Gwendal4.jpg
La suite de reels "Rainy Day" démarre le disque de très belle manière.
Bruno et Youenn, une fois de plus démontrent tout leur talents sur des thèmes irlandais remis à la sauce Gwendal.
Pareil dans "The walls of Liscarroll" un morceau décoiffant.
A l'époque des trente-trois tours, il y avait deux faces et sur la face B le titre "Mon joli scooter" est une suite de sept morceaux qui s'enchaînent sans interruption.
Certains sont des traditionnels, d'autres des compositions du groupe.
Du grand art !

A noter pour la petite histoire que "Rainy Days" (au pluriel) est aussi le nom du site d'une émission sur radio Béton qui diffuse de la musique celtique.
Basée à Tours, cette radio propose un choix très éclectique de musiques folk.
Avis aux amateurs.

rainy.days.free.fr/

Nouveau disque en 1979 "Les mouettes s'battent".
Cette fois Gwendal se lance dans la composition tout en mélangeant encore avec des airs traditionnels.
Olivier Pedron qui joue aussi de l'orgue remplace presque totalement Arnaud Rogers à la batterie et Ricky Caust joue un peu plus de guitare électrique.
Le groupe montre son goût pour les jeux de mots dans des titres comme "Je pars à Noyac"
ou "Bee New" ou encore "le reggae gai du Gueret". Un titre bizarre qui est au départ un reel irlandais mais joué sur un rythme de reggae !


En 1981, disque live de Gwendal enregistré en Espagne.

gwendal9.jpg

Ce qui n'est pas surprenant car depuis des années ce groupe est plus populaire dans ce pays qu'en Bretagne ou dans le reste de la France.
François Ovide (un super guitariste) a rejoint le groupe.
Des reprises et quelques nouveautés sur ce disque "En concert" dans lequel il y a pas mal d'improvisations et des versions longues un peu déjantées.
Youenn le Berre y est une fois de plus souverain à la flûte, la bombarde et la cornemuse.
Après ce disque, Jean-Marie Renard décide de quitter le groupe pour en devenir le manager.

"Locomo" sort en 1983
 

Patrice Guillaumat est le nouveau batteur et Robert Le Gall le nouveau bassiste.
Uniquement des compositions et une inclination plus électrique pour ce nouvel enregistrement.

Ici aussi quelques titres remarquables comme "Sacra matao" (avec la cornemuse de Patrick Molard) ou "Basquette".
Youenn semble avoir toujours plus d'assurance à la flûte et jouer de façon très imaginative.





Petite révolution en 1985 avec l'album "Danse la musique"
Gwendal3.jpg
D'abord au niveau des membres.
L'excellent Bruno Barre a quitté le groupe et est remplacé par deux violonistes.
Patrick Tillman et Robert Le Gall (qui lui joue en plus de la basse et de la guitare électrique). Bertrand Binet est le second guitariste.
Ensuite il y a une chanson (chantée par Bertrand) pour la toute première fois dans l'histoire du groupe.
Enfin, ce disque a d'avantage une coloration rock.
De très beaux titres comme "Celtic break"ou "L'homme à fables" et bien entendu la chanson "Danse la musique".


Et à propos de break, voici une petite vidéo du groupe (version 2005) avec un Youenn Le Berre toujours aussi magistral à la flûte.





A suivre...

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /Jan /2008 14:53
Notre virtuose n'allait bien sûr pas s'arrêter en si bon chemin.
Sortie en 1989 du cd "Glen River" qui recevra en 1990 le prix de l'Académie Charles Cros.

gwendal6.jpg

Paul Faure aux claviers et Patrice Guillaumat aux percussions pour seconder le duo infernal de Robert Le Gall et Youenn Le Berre.
Un disque uniformément beau qui démarre avec "Glen River" où la cornemuse écossaise fait merveille.
"Jigger Jig" où Youenn est de nouveau très inventif à la flûte.
"Glaz Noz" sorte de poursuite endiablée entre la flûte et le violon dans laquelle nos deux compères y vont de terribles improvisations jazz.
Dans "Uilean Mandinga" Robert Le Gall démontre tout son talent à la guitare électrique.
Beaucoup de bonnes percussions et de bons claviers dans le titre "Colombaneon".

"Noces de granit" est pour moi le sommet de ce cd.
Composé par Pierre et François Daniel cette magnifique mélodie est un dialogue entre bombarde et cornemuse (tous deux joués par Youenn).
Un morceau qui fait un peu penser à la musique des bagadou.

"la Tarentule" évoque une folle danse de cette "sympatique" araignée, un air dominé par la guitare électrique. "Steren" avec ses nombreux changements de rythmes fait référence à la musique irlandaise où whistle et guitare acoustique se mélangent gaiement.
Enfin "les chants Bothorel" termine tout en douceur le disque par un dialogue entre une flûte basse et une flûte traversière classique.

Il faudra attendre cinq ans avant que Gwendal ne sorte "Pan ha Diskan" en 1994.

gwendal7.jpg Si Paul Faure, Marc Hazon, Michel Valy (ex.Stivell), François Ovide et quelques autres participent à cet enregistement, "Pan ha Diskan" est avant tout une réalisation de Youenn et Robert.
Presque toutes les compositions, tous les arrangements sont de nos deux complices qui se complètent à la perfection.
Robert Le Gall est omniprésent aux guitares, basses, mandoles, violons et à la programmation des claviers.
Youenn lui prend en charge tous les instruments à vent.

Un disque aux couleurs très variées.
La Bretagne bien sûr avec la bombarde dans "Pan ha Diskan" où le très beau titre "Menez Avel".
L'Irlande bien représentée aussi par des titres comme "Data prisa" ou "Erwan O'Clock".
Un morceau comme "Aber drach" assez calme fait un peu penser à L'Italie.
Tandis que des titres comme "N'Douagad" ou "N'Douar" ont eux des consonnances carrément africaines.
Un disque donc très universel.

Après cela, Youenn Le Berre va prendre un peu de distance par rapport à Gwendal.
Robert Le Gall lui va rejoindre pour cinq ans le groupe d'Alan Stivell.

En 1996, Youenn va participer à une création musicale du piper irlandais Liam O' Flynn (Planxty).
En 1997, c'est Niam Parsons, une autre irlandaise qui l'invitera sur un de ses albums.

En 1997, Youenn rencontre les flûtistes Nasredine Dalil et Michel Sikiotatis qui pratiquent
la musique berbère.
Dans une interview, Youenn déclare qu'il a été tré étonné par les similitudes qui existent entre la musique bretonne et la musique berbère.
Nos trois flûtistes forment alors le groupe "Mugar" avec quelques autres musiciens.
Et cette musique est un curieux mélange de traditionnels berbères, de traditionnels bretons et de compositions.
Puis en 1998, formation du groupe "Iguan" avec François Ovide et Robert le Gall.

En 2000, Thomas Bouchérifi-Kadiou, Tony Bonfils et Claude Samard créent le groupe "Krozal" et demandent à Youenn et Robert de venir les épauler.
Krozal propose une musique assez rock en poussant un cri de révolte suite à la marée noire de l' Erika.
Ce groupe qui avait de belles idées musicales et des textes bien sentis se séparera pourtant après un premier disque prometteur.

Hughes de Courson (que l'on a bien connu avec Malicorne dans les années '70 & '80) s'est depuis longtemps reconverti dans la production d'artistes.
Lui aussi cultive un goût particulier pour les mélanges ethniques.
En musique, il a déjà créé "Mozart L'Egyptien" qui mixte allègrement des musiques apparement aux antipodes.
En 2001, il décide de recommencer l'expérience avec "O' Stravaganza" (Vivaldi l'Irlandais !)
Il invite donc une formation classique de musiciens italiens qu'il fait jouer avec des musiciens irlandais. Et invite Youenn Le Berre à jouer du low whistle sur ce disque.
Un résultat assez étonnant !

Après ces expériences multiples, Youenn va revenir à Gwendal en 2005.

gwendal.2.jpg  

"War Raog" (en avant) est le titre de ce dixème cd qui parait 33 ans après la formation du groupe.
Si Robert Le Gall (présent sur quatre titres) a encore un "pied" dans le groupe, tous les autres membres sont nouveaux.
Jean-Claude Philippe est au violon, Ludo Mesnil aux guitares, Jérôme Guéguen aux claviers, David Rusaouën à la batterie et Pascal Sarton (ex. Stivell aussi) à la basse.
Donc une formation assez rock.
Pratiquement toutes les musiques ont été composées par Youenn.

"Joke" est une jig au style bien irlandais. "Gave Hot" est encore un dialogue entre bombarde et guitare électrique. "Gigue O' Low" un air où flûte, guitare et violon dominent.

Puis vient "la Nina del Norte" (la fille du Nord) une chanson très douce qui est la deuxième chanson de Gwendal en 33 ans !
Chanson très bien interprétée par Bénédicte Lécroart qui crée une parenthèse de tendresse dans un disque très rythmé.
La chanson a été écrite en espagnol par Hugues de Courson peut-être pour rendre hommage au public d'Espagne dans lequel Gwendal compte de très nombreux fans ?

Après, le cd reprend de plus belle avec des morceaux très rythmés où tous les membres du groupe y vont de grandes envolées.
Mélange de reel et de rock avec "Skai reel" . Fameuse batterie de david Rusaouën dans "Stand all".  "Suite d'Arrée", une série diabolique d'airs irlandais avec beaucoup de claviers, de violons, de guitares et de whistles.

"War Raog" termine le disque dans une forme de complainte avec de nombreuses variations de la cornemuse et de la guitare de Robert Le Gall.
Pour leur retour, Gwendal proposent vraiment un disque très abouti.

Et pour terminer, une autre petite vidéo de ce TRES grand monsieur de la musique bretonne.





Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Dimanche 30 décembre 2007 7 30 /12 /Déc /2007 22:36
Après avoir lu mes articles sur "Ys" et sur "les groupes d'Alan Stivell", des amis Bretons m'ont appris l'existence du groupe "Keris".
Ils ont aussi eu la gentillesse de m'envoyer une version cd de cet ancien 33 tours.

Il faut dire qu'en la matière, ils s'y connaissent plutôt bien puisqu'ils ont réalisé un site formidable consacré à Alan Stivell : Harpographie   
l
www.harpographie.fr
Dans ce site sont rassemblés une quantité incroyable de documents sur Alan.
Tout ce que vous désirez connaître en matière de discographie, bibliographie, articles de presse, photos...vous le trouverez dans ce site réalisé avec grande passion.

C'est donc avec beaucoup de curiosité que j'ai écouté ce disque avec trente ans (!) de retard.
Le groupe Ys se sépare après un an d'existence.
En fait, René Werneer décide de faire cavalier seul et enregistre deux nouveaux disques de musique traditionnelle (Habit de plumes, puis un autre consacré au violon).

Pascal Stive (claviers) forme alors "Keris" (la cité d' Ys) toujours avec Michel Santageli (batterie), Jacky Thomas (basse) et Pierre Chereze (guitares).
Le disque "Avel Vor" (le vent de la mer) sort en 1977.
Patrick Molard (pipes, flûtes, whistles), David Rose (violon) et Serge Derrien (vocaux) participent à cet enregistrement.

  keris.jpg

Au niveau sonorités, on est bien sûr proche du disque précédent.
Chacun de nos quatre compères apportant son talent à la confection de chaque morceau.
Quelques différences cependant, cette fois les chansons sont en français.
La coloration musicale fait plus penser au rock-variétés car l'absence de René Werneer (qui était d'avantage enraciné dans la musique traditionnelle) se fait sentir au niveau des arrangements.
Et ce malgré la présence du talentueux Patrick Molard qui ajoute ça et là des sonorités de cornemuses et de bombardes.

Il n'empêche que ce cd est intéressant à écouter.
Pascal Stive en a composé le majorité des titres.

"Avel Vor" est un instrumental bien rytmé par la basse et la batterie qui soutiennent une discussion entre cornemuse et bombardes.
"la fille de l'Aberdom" est une chanson entraînante à propos d'une jeune fille difficile à séduire. Pascal Stive chante et s'accompagne au clavecin bien entouré par l'uilleann pipe, le violon et la guitare électrique.
Pierre Chereze a écrit "Comme la vérité" qui est une sorte de Laridé et de chanson à répondre. La guitare acoustique et la basse sont bien présentes sur ce titre.
"Looking trough the past" est aussi interprété au clavecin.
Il s'agit d'un traditionnel irlandais dans le style d'O'Carolan.

Jacky Thomas a créé "Keris" d'après une danse bretonne dont une partie est lente et l'autre rapide. Puis la danse s'arrête pour laisser place à un terrible solo de guitare électrique renforcé par les claviers et la batterie.
La musique de "Notre amour est une légende" s'inspire d'une autre chanson trad.
Jean-Pierre Lang et Pascal Stive en sont les auteurs.

"ça doit être un étranger" est une sorte de gavotte chantée en kan ha diskan un peu comme "Ar Gohoni". Belles interventions de la bombarde et de la guitare électrique qui joue en saturation.
"Petite fille dorée" est un titre chanté par Michel Santageli. une fois de plus, il nous fait apprécier son jeu à la batterie avec des sons parfois "redoublés".
La partie chantée ressemble un peu à du blues puis le rythme change complètement pour devenir un reel écossais où la cornemuse de Patrick fait merveille.

"O' Keefe's Place" traditionnel Irlandais termine l'album.
Pascal au piano accompagne flûte et uilleann pipe dans une ambiance de pub.

Keris restera donc une expérience éphémère.
Mais ce disque aura une nouvelle fois donné l'occasion à des musiciens sympatiques et talentueux de s'exprimer en musique celtique.
Merci les gars !

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

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