Petit clin d'oeil pour un groupe de jeunes bien sympas qui se firent connaître dans les années '90.
Tristan Nihouarn (Stan) et Cédric Floc'h (Sammy) formaient un duo (les Tricards Twins) lorsqu'ils rencontrèrent Eric Digaire et Jean-François Paillard (Fanch) à Brest.
Ils décident alors de former un groupe qu'ils appellent "Matmatah" (qui le nom d'un village en Tunisie).
Benoît Fournier remplace ensuite Jean-François Paillard à la batterie.
La musique de Matmatah est à la fois très rock mais aussi teintée de musique traditionnelle bretonne.
En 1997, ils sortent un single avec les titres "Lambé An Dro" et "Les Moutons" qui remporte un très grand succès.
Matmatah va poursuivre sur cette lancée en enregistrant plusieurs cd et en faisant de très nombreuses tournées en France et en Europe jusqu'à sa séparation en 2008.
Je voulais rendre hommage au titre "Les Moutons" que j'apprécie beaucoup.
Construite dans un style de gavotte chantée en kan ha diskan, cette chanson est remplie d'humour.
J'ai beaucoup d'admiration pour leur faculté à trouver autant de rimes en "en".
Du grand art !
Chanson très entraînante, "les Moutons" restera un titre référence pour ce groupe qui aura participé à la vague bretonne des années '90.
Révélée en 2002 par la Star Academy, Nolwenn Leroy n'avait jamais caché ses affinités pour la musique Bretonne.
Née à Saint-Renan dans le Finistère, Nolwenn a grandi en Bretagne et a été bercée par la culture Bretonne.
La musique Celtique et la musique Bretonne en particulier font partie des styles qui ont influencé sa formation musicale.
Avec des possibilités vocales largement au dessus de la moyenne, la jeune femme a suivi une formation classique avant de se lancer dans la musique de variétés.
Du moins c'était le cas de son premier album "Nolwenn" qui était un prolongement de sa victoire à la Star Ac'.
Dans ses deux albums suivants, on note déjà beaucoup plus d'envie de sortir des sentiers battus avec un style qui se fait encore plus personnel.
Sorti en décembre 2010, "Bretonne " est le quatrième disque de Nolwenn Leroy.
La chanteuse qui n'a pas oublié ses racines bretonnes a décidé de revisiter le répertoire de sa région natale.
Un projet qu'elle avait en tête depuis longtemps.
Dans une interview datant d'il y a plusieurs années, Nolwenn avait déjà confié vouloir un jour chanter en Breton.
J'ai été très intrigué en apprenant la sortie de ce cd.
Curieux et impatient de découvrir comment la musique des celtes allait être valorisée par une aussi jolie voix.
Vraiment, je n'ai pas été déçu car Nolwenn a réalisé là un bien joli opus.
Entourée par une solide équipe et guidée par Jon Kelly qui n'est autre que le producteur de Paul McCartney et de kate Bush.
Ingénieur du son et arrangeur, Jon Kelly a livré là un superbe travail.
Matt Johnson et Fabien Wattmann (programmations et claviers) ainsi que Emre Ramazanoglu (batterie, percussions, programmations) se chargent de la rythmique et des instrumentations modernes.
A côté de cela, Nolwenn et Jon Kelly ont tenu à incorporer des instruments acoustiques dans les chansons.
John Parricelli est donc aux guitares et au bouzouki.
Ruth Wall est à la harpe,
et Eddie Ession à l'accordéon.
Plus deux invité de marque : John Mc Cusker (Ecosse) aux violons et Mike Mc Goldrick (Irlande) aux whistles (sifflets), à l'uilleann pipe (cornemuse irlandaise) et à la flûte.
A noter que Nolwenn a également participé aux arrangements.
Une seule chanson ("Je ne serai jamais ta Parisienne") a été composée par Christophe Miossec pour cet album. Toutes les autres sont des reprises de chansons traditionnelles (bretonnes et
irlandaises) ou de chansons françaises.
Le cd démarre avec Tri Martolod (trois marins).
Tri Martolod acte III pourrait-on-dire.
En effet, c'est en 1972 qu'Alan Stivell fit connaître cette chanson au grand public.
D'abord en France puis dans le reste de l'Europe, cette chanson traditionnelle remporta un très grand succès.
Harpe celtique et orchestrations électro-acoustiques avaient rendu une seconde jeunesse à cette histoire de matelots.
L'acte II se situe en 1997 quand le groupe Manau enregistre le titre "La Tribu de Dana" qui reprend partiellement la même mélodie.
Les années '90 furent marquées par un nouvel engouement pour la musique celtique.
A cette époque, on reparla beaucoup des Tri Yann, de Gilles Servat, d'Alan Stivell et bien sûr de
Dan ar Braz et l'Héritage des Celtes.
Dans les années qui suivirent, cette vague celtique s'estompa sensiblement.
Pourtant chaque années on dénombre de plus en plus de festivals celtes.
Les nuits celtiques remplissent le stade de France tous les ans.
Et l'Interceltique ce Lorient accueille chaque années plusieurs centaines (!) de milliers de visiteurs.
Tri Martolod, donc acte III par Nolwenn.
Vraiment une très bonne interprétation de cette chanson mythique.
Dès les premières mesures, la harpe de Ruth Wall tisse une toile sur laquelle vient se poser la voix d'or de Nolwenn.
Du grand art !
Tri martolod yaouank...la la la... Trois jeunes marins...la la la...
Tri martolod yaouank o vonet da veajin. Trois jeunes marins qui voulaient voyager
O vonet da veajin,
gè
Qui voulaient voyager
O vonet da
veajin.
bis
Gant 'n avel bet kaset...la la
la... par le vent furent
emportés...la la la...
Gant 'n avel bet kaset beteg an Douar Nevez... par le vent furent emportés jusqu'à Terre Neuve...
"La jument de Michao" est le deuxième titre.
Popularisée par les Tri Yann....j'entends le loup, le renard et la belette, fut aussi reprise par Manau fin des années '90.
Même énergie pour la chanter de la part de Nolwenn Leroy.
Une chanson à décompter qui est toujours bien présente dans les esprits.
Vient ensuite la "Suite Sudarmoricaine" qui est l'autre très grand succès d'Alan Stivell.
"Suite" puisque composée d'une partie instrumentale à la flûte et de la chanson "Pardon Spezet".
E pardon Spezed e oa bet, Au pardon de Spezet je suis allé,
Ur plac'h yaouank en deus kavet. Une jeune fille j'ai rencontré.
La la la la le lo, la la la la le lo...
Nolwenn la chante avec beaucoup de ferveur en se débrouillant bien avec la langue bretonne.
Un petit détour par l'Irlande avec la chanson "Greensleeves".
Très belle mélodie que celle-là.
La voix de Nolwenn est bien mise en valeur par les accompagnements assez soft du piano et du violoncelle.
Vient ensuite "Brest", la très belle chanson de Christophe Miossec.
Des paroles superbes qui conviennent bien au style de Nolwenn.
Des orchestrations assez denses qui donnent un côté majestueux à ce titre.
Une de mes chansons préférées de l'album.
"Bro Gozh va zadoù" (vieux pays de mes pères).
Qui est un peu l'hymne national Breton et qui est aussi chanté par Tri Yann.
Les accompagnements un peu particuliers donnent un côté moins solennel à ce morceau.
"Mna na H Eireann" (femmes d'Irlande) fut composée à l'origine par Sean O' Riada et Peadar O'Domin.
Ce titre fut chanté par de très nombreux interprètes dont kate Bush.
Nolwenn a choisi de le chanter en Gaélique et c'est plutôt réussi.
Un titre où violons, cornemuse et whistles s'en donnent à coeur joie sur une musique envoûtante.
Nolwenn nous chante ensuite "Ma Bretagne quand elle pleut" qui fut popularisée par Jean-Michel Caradec.
Un texte plein de poésie et de fraîcheur qui raconte une enfance en Bretagne.
Cela me fait très plaisir de ré-entendre cette chanson car Jean-Michel Caradec (trop tôt disparu) était un artiste que j'appréciais beaucoup.
Puis deuxième titre de Christophe Miossec avec "Je ne serai jamais ta Parisienne".
Une chanson qui colle bien à la personnalité de Nolwenn qui une fois de plus fait apprécier tout son registre vocal.
A noter que la musique est de Didier Squiban, un pianiste Breton...surdoué.
Autre titre en Breton, "Karantez Vro" (amour du pays).
De très belles paroles d'Angela Duval sur une toute aussi belle musique de Véronique Autret.
Très bel hommage à la Bretagne et magnifique interprétation.
Presque incontournable aussi dans un tel cd :"Le bagad de Lann-Bihoué".
Chanson légendaire d'Alain Souchon et Laurent Voulzy qui (comme le dit Nolwenn) sont des Bretons de coeur.
Sans être de la musique celtique, cette chanson parlait de la Bretagne dans les années '70.
Bien avant l'Héritage des Celtes, elle fit découvrir au grand public ce qu'était un bagad.
Autre chanson très connue "Dans les prisons de Nantes" qui fut interprétée par de nombreux musiciens folk et bien entendu les Tri Yann.
Un titre bien présent dans la mémoire collective et qui est toujours agréable à écouter.
Et pour clôturer ce magnifique cd, Nolwenn reprend "Rentrer en Bretagne" une superbe chanson d'Alan Stivell.
Une des rares chansons d'Alan en Français qui n'est peut-être pas très connue mais que j'ai toujours adorée.
Une chanson très apaisante où la harpe de Ruth Wall est très présente.
Le low whistle de Mike McGoldrick et fiddle de John McCusker rendent cette musique encore plus mélodieuse.
Comme Alan, Nolwenn a , pour un moment, décidé de rentrer en Bretagne.
Une idée géniale !
Aux côtés de Nolwenn, Robert Le Gall (mandoline puis violon) musicien dont je vous parle dans un article précédent.
Comme annoncé il y a peu, les Tannahill Weavers se sont produits à Dison ce vendredi 26 novembre dernier.
Un évènement pour moi car c'est la première fois que j'avais l'occasion d'applaudir ce groupe qui est
mon préféré en musique écossaise.
Les Tannahill Weavers, je les ai découvert en 1978.
Je me souviens très bien qu'à l'époque j'étais un étudiant de 21 ans.
En pleine session d'examens, je me revois encore avec mon costume bleu ciel, rentrant à Verviers en faisant un détour par le disquaire du coin.
Au milieu des disques de musique classique il y avait là une pochette amusante avec une vieille dame en train de danser entourée de musiciens.
"The old woman's dance" tel était le titre de ce 33 tours et le nom du groupe : The Tannahill Weavers".
Alan MacLeod-Hudson Swan- Roy Gullane- Phil Smilie-Mike Ward
J'ai directement acheté ce vinyle, très curieux de découvrir cette musique écossaise dont je ne connaissais rien excepté quelques titres d'Alan Stivell.
Directement, j'ai été séduit par ces voix magnifiques et ces instrumentaux super-rythmés.
Je ne comprenais pas grand chose aux paroles mais ces chansons étaient tellenent entraînantes que je les chantais en même temps que le disque.
Pas étonnant donc que j'aie voulu renouveler ce plaisir en essayant de me procurer tous leurs disques.
En Belgique à l'époque, ce n'était pas toujours évident de les trouver mais mes voyages en Bretagne, mes commandes aux U.S.A. et l'apparition des magasins FNAC dans les années '80 m'ont
permis de n'en manquer aucun.
Un disque des Tannahill, c'est un plaisir sans cesse renouvelé car ils n'ont guère changé de style depuis 1976 (mis à part leur album "Passage" un peu plus électrique) mais pourquoi changer
quand on est excellent, quand on est au sommet ?
J'espère pouvoir encore acheter de nombreux disques des "Tannies".
C'est en effet en 1976 que Roy Gullane (guitare et chant), Phil Smilie (flûtes), Hudson Swan (bouzouki) et Dougie Mac Lean (fiddle,mandoline) fondent le groupe en s'inspirant du nom de Robert
Tannahill un poète écossais du 18 ème siècle auteur de nombreux textes et chansons.
Leur premier disque "Ar ye sleeping Maggie" sortira la même année.
Les Tannahill Weavers vont rapidement connaître le succès.
D'abord en Ecosse puis dans le reste de l'Europe et aux U.S.A.
C'est à partir du deuxième album qu'ils vont incorporer la cornemuse dans leurs enregistrements lorsque le jeune sonneur Alan Macleod rejoint le groupe.
Un peu plus tard, d'autres groupes comme "Ossian" ou le "Battlefield Band" feront de même, prouvant que la grande cornemuse pouvait être utilisée en dehors des pipe-bands.
Depuis 1976, une série de musiciens sont devenus membres puis ont quitté les "Tannies" mais ils ont toujours gardé la même ligne musicale.
Pour mon plus grand plaisir d'ailleurs.
je parlais de chansons très rythmées mais il y a aussi les ballades et les chansons plus calmes dont les musiques sont particulièrement mélodieuses.
Il y a aussi des titres chantés à capella à quatre ou cinq voix avec des arrangements très poussés qui me font dire que les Tannahill sont sûrement un des meilleurs groupes celtes au niveau
vocal.
Et au niveau instrumental, ils assurent très bien également.
En 2007, les Tannies ont sorti leur quinzième album (Live & in Session) qui a été enregistré en partie en public et en partie en studio.
Des reprises en concert et aussi sept nouveaux titres.
Une fois de plus un excellent cd que je conseille à tous les amateurs de bonne musique écossaise.
John Martin- Roy Gullane- Phil Smilie- Les Wilson- Colin Melville
Et puisque je parle de "live", il serait peut-être temps d'en venir au concert de Dison.
Trente deux ans après avoir acheté "The old woman's dance" j'allais enfin voir les Tannahill Weavers !
Leslie Wilson (chant et bouzouki) a malheureusement quitté le groupe mais Roy Gullane, Phil Smilie, John Martin et Colin Melville sont bien là devant nous.
Inutile de dire que j'ai été ému en voyant "en vrai" des idoles de ma jeunesse.
Roy et Phil sont là depuis le début, tandis que je connaissais aussi John Martin qui fut d'abord membre du groupe "Ossian".
La petite salle du centre culturel est pleine comme un oeuf et les organisateurs ont même dû refuser du monde.
D'emblée Roy Gullane se montre très chaleureux avec le public.
Il présente les titres avec beaucoup d'humour et nous invite à participer.
John Martin est un brillant violoniste.
Une valeur sûre qui arpente les scènes d'Europe et du monde depuis 1976.
Son jeu est d'avantage marqué par les coups d'archets bien dans le style de ce qui se pratique en Ecosse. John est aussi choriste dans la plupart des chansons.
Phil Smilie est un terrible flûtiste. La flûte traversière en bois et aussi les whistles n'ont plus de secrets pour lui. Phil est aussi un fameux joueur de bodhran. C'est fou le rythme qui se
dégage de son "tambourin".
En plus, Phil Smilie est un choriste très doué qui ose beaucoup de choses avec sa voix haut perchée.
Il est pour beaucoup dans la qualité des harmonies vocales.
Colin Melville est le petit jeune de la bande. Après Alan Macleod, plusieurs "pipers" ses sont succédés au sein du groupe.
Colin Melville est un très bon musicien. Il alterne la grande cornemuse avec le small pipe (qui est une petite cornemuse à soufflet) et ausssi les whistles. Parfois, il enchaîne les trois
instruments dans un même morceau !
Et enfin Roy Gullane qui est vraiment l'âme des Tannies.
J'ai toujours adoré sa voix grave et prenante.
A la guitare, il se charge de toute la rythmique (depuis le départ de Les Wilson) et il a du mérite car il doit équilibrer les accompagnements par rapport aux trois solistes.
Pour qu'il y aie une bonne "balance" entre les notes basses et les notes aïgues du fiddle, de la flûte et de la cornemuse.
Roy accomplit cette tâche avec enthousiasme et conviction, un musicien très complet !
Au programme, des titres choisis ça et là dans l'ensemble de leurs albums.
Les Tannies ont une préférence pour les gigues ( comme "The geese in the Bog , The Athole Highlanders...) qu'ils maîtrisent à la perfection.
Des chansons plus mélodieuses les unes que les autres (Are ye sleeping Maggie, Jamie Raeburn's Farewell...)
Ce soir là, un public de tous âges fut très vite conquis par la qualité musicale et le dynamisme des Tannahill Weavers.
Y compris des gens qui ne connaissaient pas une note de leur répertoire et qui tombèrent de suite sous le charme.
Un public en symbiose totale avec le groupe.
Participant aux instrumentaux en tapant des mains et aux chansons en répétant les phrases apprises par Roy Gullane.
Comme dans " The Plooboy Laddies"
Doon in yonder den there's a plooboy lad
An' summers day he'll be a' my ane
Chorus:
And sing laddie aye, and sing laddie oh
The plooboy laddies are a' the go...
ou dans "The final Trawl"
...Now it's three lang years since we made her pay
Heave away my laddie o
And the owners say that she's had her day
And sing haul away my laddie o...
Instrumentaux décoiffants, chansons prenantes, tout était au rendez vous pour un inoubliable concert.
Vraiment j'ai été comblé.
Après une série de rappels, il fallu bien prendre congé des Tannies.
A regret car l'assemblée aurait volontiers signé pour une troisième partie...
Mais ce sera pour une autre fois.
A la fin du spectacle, j'ai pu m'entretenir quelques instants avec Roy Gullane et le féliciter pour toute sa carrière.
Roy est vraiment quelqu'un de très sympathique et de très gentil.
En fait quelqu'un qui aura marqué ma jeunesse et qui m'enchante toujours...un certain nombre
:
La musique celtique est ma Passion. Partagez-la avec moi. Présentation d'artistes : Alan Stivell, Donal Lunny, Claude Besson et bien d'autres. Critiques musicales : harpe, bouzouki, cornemuse, bombarde, flûtes, ...
Commentaires