Samedi 29 novembre 2008

Cette chanson qui était sur l'album "Alan Stivell à l'Olympia" est une de celles qui m'a fait découvrir la musique irlandaise.



J'adorais ce titre avec la jolie voix d'Alan, les vocaux de Gabriel Yacoub et le fiddle de René Werneer.

Avec la partie instrumentale et les whistles, c'était tout simplement envoûtant...

Au fil du temps, je me suis rendu compte que cette chanson était très populaire et avait été reprise par de nombreux interprètes.


Je fus très étonné de voir qu'Angelo Branduardi, le talentueux chanteur italien, l'avait reprise en français.


Dans un tempo un peu différent, "Les arbres ont grandi" donnait d'autres belles couleurs et sonorités à ce très beau texte.

Puis j'ai découvert qu'Angelo était fan d'Alan Stivell et qu'Alan avait participé à un de ses disques en 1983.





Beaucoup plus tard, et grâce au site Harpographielink  )  j'ai découvert cette vidéo de You Tube.




EN 1982, le Grand Echiquier de Jacques Chancel recevait Angelo Branduardi.

Et le barde d'Italie avait invité son ami Alan pour interpréter cette chanson ainsi qu'un instrumental.

Emotion pour moi en découvrant cette vidéo. Dix ans après le concert à L'Olympia, Alan la chantait encore avec la même douceur.

Deux grands artistes unis par une même passion.



Dans les années '90, grâce à une compilation de la revue "Celtics", j'ai vu que d'autres Italiens (du groupe FBA) l'avaient reprise sous le titre "I alber a ie olt".

Une très jolie voix féminine sur cette version en italien sur une mélodie très proche de celle d'Alan.



Bien entendu, les Irlandais ne pouvaient pas être en reste par rapport à cette chanson.

Sur l'album "The Blue Idol" le groupe Altan nous en offre une splendide version  avec le titre "Daily Growing".

Invité sur ce morceau, Pau Brady vient répondre à la voix douce de Mairead Ni Mhaonaigh.

Un duo superbe !


The trees they grow hig (Daily Growing)


The trees they grow high

The leaves they do grow green

Many is the time my true love I've seen

Many an hour I have watched him all alone

He's young

but he's daily growing


Father dear father

you've done me great wrong

You have married me to a boy who is too young

I'm twice twelve and he is but fourteen

He's young 

but he's daily growing.


Daughter my daughter

I' ve done you no wrong

I have married you to a great lord's son

He'll be a man for you when I am dead and gone

He's young

but he's daily growing.


Father dear father, if you see fit

We'll send him to college for another year yet

I'll tie blue ribbons all around his head

To let the maidens know that he's married.


One day I was looking o'er my father's castle wall

I spied all the boys playing at the ball

My own true love was the flower of them all

He's young

but he's daily growing.


At the age of fourteen, he was a married man

At the age of fifteen, the father of a son

At he age of sixteen, his grave it was green

And death had put an end to his growing.


I' ll buy my love some flanel

and I will make a shroud

With every stich I put in it,

the tears they will pour down

With every stich I put in it,

how the tears will flow.


Crual fate has put an end to his growing.




Traduction :


Les arbres deviennent grands

Les feuilles poussent vertes

Cela fait longtemps que j'ai vu mon véritable amour.

Nombreuses les heures que je l'ai observé toute seule.

Il est jeune

Mais il grandit tous les jours.


Père, cher père

Tu m'as fait un grand tort

Tu m'as mariée à un garçon qui est trop jeune.

J'ai deux fois douze et il n'en a que quatorze

Il est jeune

Mais il grandit tous les jours.


Fille chère fille

je ne t'ai pas fait de tort.

Je t'ai mariée au fils d'un grand seigneur.

Il sera un homme pour toi quand je serai mort et parti.

Il est jeune

Mais il grandit tous les jours.


Père, cher père, si cela te convient

Nous l'enverrons au collège un an de plus encore.

Je nouerai des rubans bleus tout autour de sa tête

Pour que les jeunes filles sachent qu'il est marié.


Un jour, je regardais par au-dessus du mur du château de mon père

J'espionnais tous les garçons jouant au ballon

Mon véritable amour était la fine fleur parmi eux tous

Il est jeune mais il grandit tous les jours.


A l'âge de quatorze ans, c'était un homme marié.

A l'âge de quinze ans, le père d'un fils.

A lâge de seize ans, sa tombe était verte

Et la mort avait mis un terme à sa croissance.


J'achèterai à mon amour quelque flanelle

Et je ferai un linceul.

Avec chaque point que je coudrai dessus

Mes larmes se déverseront.

A chaque point que je coudrai dessus

Que de larmes vont couler.

Cruel destin qui a mis un terme à sa croissance.




La version d'Altan est vraiment très jolie elle aussi !



De très nombreux autres artites l'on également chantée.

Parmi eux :


Le fameux guitariste anglais John Renbourn


link


Autre vision avec le groupe britanique Pentangle :


link


Enfin la version de Sylvain à la harpe celtique


link


Quelle est la plus belle ?

A vous de choisir.



Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique
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Mercredi 19 novembre 2008


Je vous ai déjà parlé de Claude dans deux articles précédents


Comment j'ai découvert Claude Besson 


Claude Besson






L'Argoat, la Bretagne intérieure, est parsemée de chemins creux. Des sentiers où la nature a repris le dessus et qui sont parfois source d'inspiration de l'imaginaire de ceux qui les empruntent.

Un peu comme des chemins creux, les sillons de Claude Besson nous conduisent dans un univers teinté de poésie et de mélodies très agréables.


Hormis le titre "Kenavo Prizon Paris" entendu à la radio, la première chanson que j'ai écoutée fut "Mon ami Pierre du Québec". J'ai directement accorché à ce titre.
Une superbe musique ornementée par le piano, un texte posé à propos de l'amitié avec des mots qui sonnent tellement juste, qui sonnent tellement vrai.
Après tant d'années, ce texte reste un de mes préférés.
J'avais envie de le partager avec vous.


Mon ami Pierre du Québec


Mon ami Pierre du Québec
Je ne te connais pas.
Mais j'ai dans ma bibliothèque
Tant de lettres de toi.
Que s'il fallait que je raconte ton visage
Crois-moi je n'aurais pas bien honte du voyage
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit,
Comme ces lettres, Pierre que tu m'écris.

Si ton pays n'en est pas un
Il n'en existe aucun,
A le chanter son doux parfum
Chatouille tant mes reins
Que s'il fallait que je raconte ses rivages
Le Saint-Laurent n'aurait pas honte du voyage
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres Pierre, que tu m'écris.

Parfois mon pigeon voyageur
Ne joue pas au facteur
Et mon ami Pierre se meurt
Le temps de quelques fleurs,
Mais c'est une amitié si forte et sans ombrage
Que très souvent le vent me porte son image
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces letttres, Pierre que tu m'écris.

Etre une outarde ou un dauphin
Qu'importe le moyen
Un jour je prendrai le chemin
Partagerai ton pain.
Et l'île aux Coudres et les Sorel et les Erables
On en fera des aquarelles incomparables
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres, Pierre que tu m' écris.

Celui qui a fait la chanson
Il est bien loin de toi.
Il est dans le pays breton
Entre océans et bois.
Et si tu quittes un jour ta rue Adélaïde
Viens je te dirais les talus couverts de rides.
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres Pierre, que tu m'écris.


(Claude Besson, 1980)

Après avoir entendu ce titre, j'étais on ne peut mieux disposé pour découvrir le restant de cet album N° 3 de Claude. Je fus vraiment sous le charme en passant de titre en titre.
Des chansons comme "Kenavo Prizon Paris " (à propos de son retour en Bretagne) ou "La Bienvenue, la Malvenue" sont restées mes préférées. Mais ce disque dans son entièreté vaut vraiment le détour.
"Ile de Sein", "Quel Fléau ce fléau", "Plus de mari pour Marie"...autant de petits bijoux qui brillent tant par leur poésie que par leur musique.
Certains font des comparaisons avec Brassens (son idole). Un Brassens de Bretagne qui de sa belle voix nous raconte des histoires parfois avec humour (Le Paysagiste de St.Denis) et surtout avec tendresse.

Vu qu'il n'est pas toujours évident en Belgique de se procurer les disques de chanteurs moins biens distribués, j'ai dû me contenter de ce vinyl durant une vingtaine d'années.
Depuis 2005, grâce à internet, j'ai pu prendre contact avec lui et acheter ses cd via son site.
J'ai découvert également son parcours.

Après ses études en électronique, Claude Besson s'est installé comme luthier à Paris dans le quartier St. Denis.
Virtuose du dulcimer et du pasaltérion il apprend à jouer d'autres instruments de musique.
Et quand il n'en joue pas...il les fabrique.
C'est à cette époque qu'il écrit ses premières chansons et commence à se produire dans des maisons de jeunes.
Il fréquente le Hootnany (célèbre salle de Lionel Rocheman où on donne sa chance à de jeunes artistes) et se fait remarquer par un producteur, Nicolas Péridès.
C'est à partir de 1972 que sa carrière va donc démarrer et que les Productions Péridès vont l'aider à produire ses disques.

Six disques entre 1972 et 1992.
Deux instrumentaux qui mettent à l'honneur le dulcimer et le psaltérion (le premier recevra d'aileurs le grand prix de l'Académie Charles Cros).
Quatre 33 tours avec des chansons.

Des extraits des trois premiers albums seront regroupés sur le cd "20 chansons" paru en 1993.
En plus de sept titres de l'album chansons N°3, l'occasion pour moi d'en découvrir treize autres tout aussi beaux.
"Kerouze", une chanson très mélodieuse à propos du village de Bretagne où il est venu vivre à son retour de Paris.
"Damdidalididam", qui est son premier 45 tours, une version personnelle des "Prisons de Nantes" où le dulcimer est très présent.
Autre titre que j'aime bien "Menez Du" sur une musique un peu envoûtante.
"Les amours d'artisan" évoquant le savoir-faire et avec un regard dans le rétro pour son travail de luthier.
"Les chansons de nos veillées" qui nous rappelle quelques chansons traditionnelles.
"N'oubliez-pas l'Armor" sur une très belle mélodie. On y entend quelques mots de breton ce qui est peu fréquent dans les chansons de Claude.



En 1994, Nicolas Péridès édite une compilation des deux disques instrumentaux en un seul cd.
Ce "Besson instrumental' met donc à l'honneur le dulcimer et le psaltérion.

Instrument diatonique à cordes pincées, le dulcimer se tient sur les genoux.
De la même famille que l'épinette des Vosges, il possède quatre cordes et peut se jouer en arpèges (picking) ou avec un médiator.

Depuis le Moyen-Age, le psaltérion est de forme triangulaire et se joue avec un archet.
Celui dont joue Claude Besson possède 26 cordes.
Mais la taille de l'instrument et le nombre de cordes varie selon qu'il est soprano, alto, ténor ou basse.
Jean-Louis Jossic (des Tri Yann) en joue également.

Claude joue aussi du dulspinet qui est une sorte de dulcimer avec des cordes supplémentaires pour faire des effets de réverbération.

Une série de morceaux intéressants sur ce disque comme "Viviane", "La ronde des korrigans", "Passe-moi ta godasse" ou "Kan ar Soazig".
Claude nous fait admirer ses qualités d'instrumentiste, bien épaulé par Mikael Maosan (fiddle, mandoline), Hamadi Ali (guitare acoustique), Hubert Varron (violoncelle) et Emile Mayousse (cor anglais).



En 1985, Claude sort son quatrième album de chansons (Espérance, espérance) qui sera réédité en cd en 1998.
De très bon titres dans cet album où Claude est un peu plus contestataire au niveau de ses textes comme dans "La fille de Lorient", dans "Espérance, espérance" ou dans "Faut pas rêver".
"Les deux arbres à chanson " est également très bien écrite et fait clairement penser à Georges Brassens. 
Dans ce disque Claude joue de la guitare et un peu de claviers.
Jean-Paul Battailley, Hubert Varron, Bernard Wystreate, Sauveur Malia, Serge Eymard, Hubert Guillo, France Bihannic et Louis Capart participent à cet enregistrement.

Pas de version vinyl pour "Baladin, Baladine" qui sortira directement en cd en 1995.
Style un peu différent au niveau des orchestrations pour ce nouvel opus.
Mais Claude Besson y reste égal à lui-même c'est à dire excellent.
De nouveau, je suis sous le charme d'une série de chansons tant pour leurs musiques que pour la magie de leurs textes.
Poésies souvent imprégnées d'humour ou de contestation mais sans démesure.
"Mon inspecteur des impôts", "Chanson pour Jean-marie Koltès", "Mon père", "Adieu nos espérances", "Les deux quais" sont celles que je préfère.



En 2003, Claude décide de réenregistrer chez lui une série d'anciennes chansons.
"Made in Kerouze" est donc un double cd contenant 35 titres.
Sur le livret, il n'est pas précisé si Claude Besson s'est fait accompagner par des musiciens.
Mais sur ce disque, on entend une série d'instruments (guitares, claviers, dulcimer, psaltérion, basse, percussions). Notre diable d'homme serait capable d'avoir tout joué lui-même !

J'aime bien aussi ces nouvelles versions.
Une série de découvertes ("Marine", "Le grand-père","L'automne"...) parce que je ne connais pas les deux premiers albums.
Puis le plaisir de redécouvrir les chansons plus anciennes avec d'autres arrangements, d'autres instruments.
Sans les citer tous, c'est sûr que "Ile de Sein", "Le chiffonnier", "Mères noires", "Je te donne le droit" sont particulièrement bien réussis.
Une mention spéciale enfin pour "La bienvenue, la malvenue" qui reste pour moi un sommet tant par sa musique que par ces paroles.
Ce magnifique poème avec ça et là des séries de quatre rimes, c'est tout simplement du grand art !
...Moi je n'ai cure
   Des guipures
   Des ceintures
   Des parures
   Y'a des amours
   Qui durent toujours
   Même sans velours
   Toi tes hardes
   Bien qu'elles gardes
   Leurs lézardes
   Je les garde   
   Y'a des amours
   Qui durent toujours
   Même sans velours...

Ecoutez plutôt !



Merci à "You Tube" pour cette série de vidéos qui permettent à ceux qui n'ont jamais vu Claude en concert de le voir un peu en live.


A noter enfin qu'en 2005, Claude Besson a participé à un concert avec divers artistes (dont Yvon Etienne et Louis Capart) qui rendaient hommage à Jean-Michel Caradec en interprétant ses chansons.

Bonne promenade sur les sillons de Claude Besson !


 Pour d'autres infos ou pour commander ses disques cliquez donc sur le lien ci-dessous.
link



Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique
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Lundi 10 novembre 2008
Quelques lignes à propos d'un instrument assez méconnu.


Issu du santûr perse cet instrument à cordes frappées par de petits marteaux (hammer) en bois porte divers noms en Europe.
Le hackbrett (en Allemagne) , le tympanon, le cymbalum ou le salterio.
L'appelation "hammered dulcimer" ne viendra qu' au XIXème siècle pour le distinguer du dulcimer aux cordes pincées.
Une caisse de résonnance en bois d'érable ou de cerisier et une quinzaine de chevalets soutenant 90 à 120 cordes en métal.
Le cordes sont frappées par les marteaux et les vibrations résonnent à travers la table d'harmonie.
Le son est cristallin et fait parfois penser à de la harpe.


Je connaissais le  "dulcimer" parce que Gabriel Yacoub en jouait avec Alan Stivell et Malicorne.
Jean-Louis Jossic des Tri Yann en joue également.
Plus tard, j'en ai entendu chez le groupe Ossian joué par le chanteur Billy Ross et bien sûr par Claude Besson qui
en est un interprète de grand talent.

Dans les année '90, j'ai eu l'occasion d'écouter du hackbrett joué par Gilles Hirsch avec le groupe Meghan.
J'avais été sous le charme de cet instrument au son si clair et aux possibilités étonnantes.
Méghan (un groupe belge) interprétait une musique celtique très intéressante.

Si non, je n'ai pas souvent lu l'appelation "hammered dulcimer" sur des disques celtiques avant de découvrir
ces vidéos sur You Tube.


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Celtique
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Dimanche 12 octobre 2008
Didier Squiban est né en 1959 à St. Renan près de Portsall et pas très loin de l'île de Molène.
Il commence à apprendre le piano dès l'âge de neuf ans auprès du curé du village.
Puis Pierre-Yves  Moign sera son premier professeur.



Didier aura aussi la chance de disposer d'un piano à queue à la maison.
Après avoir charché sa voie, il s'orientera tout naturellement vers des études de musicologie.
Il sait à ce moment qu'il sera musicien et rien d'autre.
De formation classique, il va découvrir le jazz vers l'âge de 18 ans.
Quelques grands noms comme Duke Ellington, Bill Evans... feront partie de ses références; au même titre que Debussy ou Eric Satie pour le classique.
Devenu professeur de musique, il fait partie d'une série de groupes comme "Jazz Forum" ou "Sirius".

Amoureux de la Bretagne et de ses paysages, il s'intéresse beaucoup à la culture musicale de son pays.
Peu à peu, son style sera à la fois influencé par le classique, le jazz et le celtique.

Le fait d'être enrôlé dans l'Héritage des Celtes" de Dan Ar Braz le fera entrer par la grande porte sur la scène bretonne.
C'est dans ce spectacle qu'il va renconter Yann-Fanch Kemener et cette rencontre sera capitale pour Didier.
Car Yann-Fanch lui fera découvrir en profondeur toutes les nuances de la musique traditionnelle.
Leur collaboration débouchera d'ailleurs sur trois albums.
Yann Fanch Kemener ne cessera d'encourager Didier à travailler dans cette direction.

Un peu plus tard, Didier rencontre Gilles Lozac'hmeur à la fois passionné de jazz et directeur de "LOZ" qui produit des disques bretons.
Didier signe alors pour cette maison de disques.
Didier Squiban crée alors "An Tour Tan", un rassemblement qui regoupe divers musiciens comme Jean-Michel Veillon, Alain Genty, Gilles Le Bigot...qui produisent leur premier album "Pen-Ar-Bed" en 1996.
Ensuite, Didier décide de s'embarquer sur l'île de Molène là où vivaient ses grand-parents.
Et c'est sur ce magnifique îlot de la mer d'Iroise qu'il va trouver l'inspiration pour composer les dix-huit titres de l'album "Molène".

C'est aussi grâce à l'Héritage des Celtes que j'ai découvert Didier Squiban.
Sur le deuxième album, il accompagnait Gilles Servat dans la célèbre chanson "Eleanor".
Voulant en savoir d'avantage, je me suis procuré deux disques du duo "Kemener-Squiban" et j'ai très vite été sous le charme.



Un peu plus tard, un ami m'a alors prêté "Molène".
Au départ, j'étais un peu réticent car un disque, avec rien que du piano, je craignais un peu la monotonie.
J'ai très vite changé d'avis !
Dès les premières mesures, j'ai de suite accroché à la musique de Squiban !
Il y a une telle densité dans ses morceaux que le piano à lui seul parvient à remplir tout mon "'espace auditif".
En plus, un instrument d'une sonorité magnifique qui donne un relief incroyable à toutes les notes qu'il joue.

Dès les premières notes de "Ar Baradoz" on est étonné par la recherche qu'il ya dans son interprétation.
Cela se confirme dans la "Suite d'An Dro" où le style est à la fois fouillé et ornementé.
"Ledenez" est pour moi très émouvant avec ses envolées de notes et ses improvisations.
Vient alors "Kost ar Ch'oat" (morceau que j'avais entendu sur Stivell à L'Olympia").
C'est pour moi le sommet de ce disque !
Cette danse bertonne interprété en jazz avec la main gauche qui maintient un rythme implacable et la main droite qui y va d'innombrables variations autour du thème central.

Et le disque se poursuit sur un niveau très élevé.
Avec une successions de morceaux de grandes qualités, tantôt plus lents, tantôt rapides.
Nouvelles envolées (Tri Men), cascades  de notes (Enez Euza), émotions (ker Eon), majestueux (An Oed), apaisant (Bannec).
"Molène" est un disque vraiment très raffiné.

A noter enfin que ce cd (et les suivants) est très richement illustré par un livret de photos de Michel Tersiquel. Photographe remarquable qui nous offres de superbes images de la Bretagne.


link
Un petit lien pour un très beau site consacré à l'île de Molène et dans lequel on parle aussi de Didier Squiban


En 1999, Didier enregistre "Porz Gwenn", un nouvel album de variations pour piano solo mais
il s'agit d'un disque que je ne connais pas.

En 2001, troisième album de cette trilogie avec "Rozbras".



Douze images pour piano, des compositions teintées ça et là de colorations bretonnes.
Toujours en osmose avec le jazz (Chanson du pays de Redon, Ridées...), Didier démontre une fois de plus la souplesse de son jeu.
Avec parfois des appuis au milieu du temps comme en musique traditionnelle.
Un jeu toujours aussi imaginatif, riche en improvistions comme dans l'image N°12 en hommage à Alain Pennec.
Evocation aussi de la chanson de Glenmor "Princes entendez bien" dans laquelle Didier y va de nombreux accords.
Rozbras, un splendide voyage.

Au fil du temps, la renommée de Didier Squiban ne s'est pas limitée à la Bretagne.
Depuis de nombreuses années, il a entammé une carrière internationale avec des destinations aussi exotiques que l'Asie et le Moyen-Orient.
Une douzaine de disques déjà à son actif auxquels il faut ajouter les enregistrements avec d'autres artistes (Yann-Fanch Kemener, Manu Lann Huel...)

Autre disque en 2003 "Ballades".



La Bretagne bien sûr pour influencer ses compositions mais aussi des destinations plus longtaines comme Marrake'h, Istamboul, Pékin ou l'Indonésie.
Influences musicales particulièrement présentes dans "An dro an Douar".
Dans ce titre, Didier Squiban fait aussi allusion à une certaine "Suite Sud Armoricaine"...

Dans "Gwerz pour Julien", une évocation de danses traditionnelles, un chapelet de notes joué par une main droite...diabolique.
Dans "Dublin" des accords majeurs et une interprétation très solennelle de "Eleanor" de Gilles Servat.
Dans "Angelus", le jazz se fait plus rythmé pour revisiter quelques danses bretonnes.
Enfin, toujours le même balancement animé par une terrible main gauche dans le titre "Glasgow".
Neuf titres, neuf "ballades" qui nous emmènent dans un univers musical...divin et infini.

Et pourtant...

Mon père avait été pianiste de jazz dans un groupe amateur.
Il ne s'était jamais intéressé à la musique celtique.
Pourtant, quand je lui ai fait découvrir Didier Squiban, il a de suite été sous le charme.
"Quel pianiste !" me disait-il souvent.
Cette passion commune était un lien supplémentaire entre nous.
A tel point que, après son décès en 2006, j'ai eu très difficile de ré-écouter la musique de Squiban.
Et cela a duré de très longs mois...

Cette année, j'ai pourtant acheté "La Plage" qui était sorti en 2006.



Nouvel enchantement !
Changement radical puisque cette fois, Didier est accompagné par Bernard Le Dréau (saxophones), Simon Mary (contrebasse) et Jean Chevalier (percussions, batterie).
Petite formation jazz donc pour ce cd qui n'est pas une première dans ce style.
Didier avait déjà enregistré trois ou quatre autre disques avec ses amis jazzmen.

Douze nouvelles compositions pour ce cd aux couleurs estivales et marines.
D'emblée, on constate que Didier s'est entouré d'accompagnateurs hors pair.
Déjà dans "Kostan", le saxo de Bernard Le Dréau est très présent.
Et dans "Enez Plat" la contebasse de Simon Mary est tout aussi remarquable.
J'aime beaucoup aussi le jeu de batterie de Jean Chevalier dans "le café de l'ancre".

"Ar zer du, ar zer vras" est une composition pleine de variations où se mèlent joie et nostalgie.
Là aussi le saxophone est particulièrement brillant.
L'air de "Enez Melban" me fait un peu penser à "Maro ma mestrez" qu'il joue d'ailleurs plus tard sur le disque. Coup de chapeau à Jean Chevalier pour les percus.

"Riouzig" est une sorte d'aboutissement, une composition brillante interprétée avec grande maîtrise par Didier.
"La Plage" est inspiré par les danses bretonnes.
Deux saxos endiablés qui dialoguent avec le piano très bien soutenus par la conterbasse et les drums. Ou, comment transposer de la musique bretonne vers le jazz selon la recette d'un certain Squiban.
Comment ne pas être charmé par l'imaginaire véhiculé dans "Petit air marin" ou avoir envie de bouger grâce au swing d'un morceau comme "Da lech all" ?

"la Plage", un tout bon disque que je ne puis que recommander à tous les amateurs piano, à tous les amateurs de jazz, à tous les amateurs de musique.
Un disque qui me donne également l'envie de m'en procurer d'autres car quatre c'est bien... mais ce n'est pas assez !
 

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne
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Lundi 6 octobre 2008
Petit hommage à une jeune chanteuse que beaucoup considèrent comme une des plus belles voix de la chanson irlandaise.


Native du Conté de Londonderry (Irlande du Nord), Cara Dillon sera dès son plus jeune âge bercée dans la musique irandaise car sa mère l'enmenait très régulièrement assister à des concerts.
Au fil du temps elle deviendra musicienne (fiddle et Whistle) et une chanteuse de grand talent.
Je trouve qu'il y a dans sa voix quelque chose de très doux et d'émouvant.
Dans son regard et son sourire, il semble y avoir quelque chose de très gentil.



Au fil du temps, elle va collaborer avec de nombreux artistes dont Phil Coulter et le groupe De Dannan.
Plus tard avec Sam Lakeman qui deviendra aussi son mari.

Je l'avais découverte sur une compil et j'avais voulu en savoir plus.
J'ai donc réussi à me procurer un de ses cd "Sweet Liberty" et je suis vraiment tombé sous le charme.

Engegistré avec Sam Lakeman (claviers) et quelques très bons musiciens comme le flûtiste Brian Finningan (Flook) ce disque est d'emblée très plaisant à écouter.

Une série de chansons spendides comme "High Tide", "There Were Roses", "Were are you"... qui sont chantées avec une étonnante maîtrise.
Des orchestrations qui oscillent sans cesse entre la variété irlandaise et la musique folk.

Cara Dillon apporte encore d'autres dimensions au répertoire irlandais.
A ne rater sous aucun prétexte.


Deux petites vidéos pour illuster son immense talent.
D'abord une chanson dans le plus pur "irish style".



Puis une autre chanson traditionnelle mais cette fois avec grand orchestre.




Lovely no ?
Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique
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