Musique Irlandaise


Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 00:29
Né d'un père Irlandais et d'une mère Espagnole, Cormac Juan Breatnach fait partie de ces instrumentistes surdoués que l'on rencontre  de plus en plus dans la musique folk irlandaise.

Cormac Breatnach a commencé à apprendre le tin whistle à l'âge de cinq ans.
Son premier professeur fut Piaras O' Greagain (un multi-instrumentiste de son village) qui remarqua très vite que cet enfant était prometteur.
Il faut dire que le père de Cormac était également musicien amateur (whistle, harmonica, concertina).
Lorsqu'il entendit le Bothy Band et son terrible flûtiste Matt Molloy, ce fut pour Cormac une véritable révélation.
Il voulut absolument s'offrir une flûte traversière en bois (une Thurgood) et se mit rapidement à apprendre les techniques de cet instrument.
A l'école, les enfants étaient fortement encouragés à pratiquer un instrument de musique.
C'est là qu'il rencontre Niall O' Callanain (joueur de bouzouki) qui deviendra à la fois un ami et un partenaire durant de longues années.



Bien après les compétitions musicales scolaires, Cormac Breatnach va continuer à progresser au point de se faire remarquer par un certain Donal Lunny.
En 1985, il est engagé dans le "Celtic Orchestra" dirigé par Donal himself.
Fort d'une vingtaine de musiciens (principalement des jeunes) cet orchestre regroupe des flûtistes, des joueurs de bodhran, des violonistes et des joueurs d'uilleann pipe.
Leur répertoire est constitué de traditionnels irlandais.
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En 1987, Donal Lunny est commandité par la télévision irlandaise pour rendre hommage au compositeur irlandais Sean O'Riada.Il crée alors un band avec Nollaig Casey, Arty Mc Glynn, Sean O' Potts...et demande au jeune Cormac d'en être le flûtiste.
Ce concert sera télévisé et un cd sera enregistré à cette occasion.
C'est grâce à ce disque que j'ai découvert Cormac Breatnach.
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Ensuite Cormac va collaborer avec toute une série d'artistes dont Sonny Condell, Brendan Power ou Alan Stivell (sur l'album Brian Boru).

Fin des années '80, il forme un premier groupe "Meristem" avec le joueur de bouzouki Niall O' Callanain, le percussionniste Steve Whiste et la violoniste Maire Breatnach (aucune parenté).

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Petit à petit, Cormac va délaisser la flûte au profit des whistles au point de devenir un grand spécialiste de ces instruments.
Ses préférences vont pour des tin whistles "Susato" (principalement en plastique) et des low whistles "Overton" ou "Cillian O' Briain" (qui elles sont en aluminium).

En 1993, il forme un autre band "Deiseal" toujours avec Niall O' Callanain et avec le bassiste Paul O' Driscoll.
Si le répertoire de ce groupe est principalement fait d'airs traditionnels, l'interprétation elle est très teintée de jazz.
Un bouzouki (ou une guitare acoustique), une contrebasse et un flûtiste, un peu comme une petite formation de jazz d'ailleurs.
Nos trois compères vont enregistrer "The Long Long Note" la même année.



Un disque d'une terrible densité.
Que ce soit au high ou au low whistle, Cormac Breatnach est tout simplement brillant !
Niall O' Callanain est prodigieux au niveau de ses accompagements et son style me fait penser à celui de Donal Lunny.
Paul O' Driscoll soutien admirablement l'ensemble avec sa contrebasse ou sa basse fretless.

"Raindrops" est une composition de Cormac où il se montre particulièrement imaginatif avec sa Susato.
Le titre "The long long note" ressemble par moment à une musique improvisée par trois musiciens vraiment bien "en phase".
Le classique "Lord Inchiquin" est ornementé de façon remarquable.
"The Soporific " est une composition "toute en ruptures" de Niall O' Callanain, un rythme étonnant.
A ne pas manquer non plus "Stranger at the gate", une terrible suite de reels.

Je ne connais pas ce disque depuis longtemps mais je pense qu'il se classera très vite parmi mes préférés.
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En 1995, nos trois compères décident d'enregistrer le second album de Deiseal "Sunshine Dance".
Cette fois, ils invitent le saxophoniste Richie Buckley, le batteur Conor Guilfoyle et la chanteuse de jazz française Mirabelle de Nuit.
Un autre très grand disque.
En écoutant Cormac Breatnach jouer de la sorte, j'ai parfois l'impression qu'il joue du whistle comme s'il parlait, comme s'il racontait une histoire...

Mirabelle de Nuit chante (très bien) le titre "Chanson gamme" et elle intervient en "scat" (onomatopées) sur divers autres titres.

Richie Buckley est un fameux saxophoniste qui participe entre autre à des disques de Sharon Shannon.Il y va de terribles solos dans certains titres "Sporting Nell" ou "The wise maid".
Il est même le seul soliste dans les morceaux "Stepping stone" et "Wind of rose green" où Cormac n'intervient pas.

Conor Guilfoyle est un excellent batteur et percussioniste qui se distingue entre autre dans des titres comme "Johnny Henry's" ou "The flowing tide".

La suite de reels "The cup of tea" est jouée à trois (low, bouzouki et basse) Cormac est tout simplement divin dans ce titre.

"Sunshine dance" est une composition remarquable. Un morceau très jazz où tous les instruments se déchaînent par des solos et des improvisations.
Une petite illustration dans une version à trois sur You Tube.
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Admirables aussi les double-gigues du titre "Out whith the boys" où Cormac joue de plusieurs whistles imposant un rythme fou à ses accompagnateurs.

Bien qu'assez différent, ce deuxième opus de Deiseal est un cd remarquable.

Après une série de tournées, le groupe va pourtant se séparer en 1996.
Cormac Braetnach continue alors ses collaborations avec de nombreux artistes tout en préparant
son premier album solo.



"Musical Journey" sort donc en 1999.
Si le répertoire de cd est fait de musiques traditionnelles et de compositions, le concept est tout de même assez différent des précédents.
La coloration de ce disque est beaucoup plus folk que jazz.
Cette fois, Cormac a invité une quinzaine de musiciens pour l'accompagner.
La plupart des morceaux sont constitués de deux, trois ou quatre parties.
Et les divers musiciens font des apparitions sur l'une ou l'autre de celles-ci.

Paul Mc Sherry (du groupe Teada) en est le guitariste principal. Il y a aussi Mark Kelly, un des guitaristes d'Altan.
Bien sûr, Niall O' Callanain est toujours là avec son bouzouki et la violoniste Maire Breatnach est bien présente également.
Le fait que les musiciens varient d'une partie à l'autre permet de donner des couleurs différentes à un même morceau, c'est original.

Dans ce disque, Cormac Breatnach fait ses débuts de chanteur.
Deux chansons en Espagnol (son autre langue maternelle) "Mujeres" et "la Molinera" qui apportent encore de la nouveauté par rapport aux disques précédents.
Cormac nous y fait apprécier sa voix grave et mélodieuse.

Invité sur la chanson Mujeres, le terrible flûtiste Brian Dunning (du groupe Nightnoise) ajoute une dimension spéciale à ce titre. Le dialogue entre la flûte traversière et le low whistle vaut vraiment la peine !

Se promenant au gré des gigues, reels et autres polkas, Cormac Breatnach n'arrête pas de nous
tenir en haleine tout au long de ce cd.
Dans les morceaux plus lents, il nous fait aussi admirer la sonorités de ses instruments.

Je pense bien qu'il est aussi fort au high whistle qu'au low whistle.
Son style très imaginatif est fait de nombreuses variations. Parfois il ralenti le rythme d'un morceau pour réaccélérer ensuite...du grand art.

Tous les morceaux de "Musical Journey" sont d'un très haut niveau mais "The humours of Tullycreen" (un air plus lent) et la suite de reels "The britches full of stitches" sont fabuleux !

Depuis les années 2000, Cormac Breatnach a décidé de s'associer au guitariste Martin Dunlea.
Leur album "Music for Whistle and Guitar" est sorti en 2000.
Un disque que je ne connais pas encore (!) mais qui conbine les influences du traditionnel et du jazz.
Un petit extrait :
link


Entre l'Irlande et l'Ecosse, il y a sous la mer une voie faite de d'énormes roches circulaires appelée "Giants causeway" (la chaussée des géants)...Cormac Breatnach en est un.


 



Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 23:52
Malgré les années et malgré le fait qu'il y en a beaucoup d'autres, Kevin Burke reste mon violoniste irlandais préféré.

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce musicien hors norme.
Kevin faisait partie du célèbre Bothy Band dans les années '70.
Après cela, il a formé un terrible duo avec le guitariste Micheal O'Domhnaill.
Il a également produit une série d'albums en solo collaborant avec une série de grands noms comme le guitariste Gerry O' Beirne, l'accordéoniste Jackie Daly...
Se partageant entre l'Irlande et les U.S.A. Kevin a créé son propre groupe "Open House" tout en étant un des membres fondateurs du célèbre band "Patrick Street" avec Andy Irvine.
Il fait toujours partie de "Celtic Fiddle Festival" qui regroupe trois violonistes et un guitariste.
Il a aussi joué en duo avec un autre guitariste Ged Foley.

J'ai toujours adoré son style très précis.
Dans son jeu, Kevin privilégie les notes plus graves ce qui donne beaucoup de profondeur à sa musique.
Les reels sont un style dans lequel il est vraiment très fort.



En 2007, il décide de s'associer à Cal Scott.
Cal est un excellent guitariste et compositeur.
Il est capable de jouer dans de nombreux styles y compris le jazz.
Cal Scott a composé de nombreuses musiques pour le cinéma et la télévision.
Il jouait dans "The Trail Band" qui est un groupe folk qui faisait de la musique traditionnelle de divers pays.

kevin Burke et Cal Scott ont enregistré un cd "Accross the Balck River".
En voici un apperçu.

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Musique Irlandaise Kevin Burke & Micheal O'Domhnaill

PATRICK STREET

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 19:37
Eddie Furey, Paul Furey et George Furey ont tous eu des enfants mais j'ignore s'il y a des musiciens parmi eux.
Par contre, Aine et Martin Furey, les enfants de Finbar, ont suivi les traces de leurs aînés.



Comme son père, Martin Furey joue des whistles et de l'uilleann pipe. Egalement choriste, il joue aussi de la guitare acoustique.
En jouant de la cornemuse, il perpétue une tradition familiale très ancienne.
En effet, Ted Furey jouait d'abord de cet instrument avant de devenir violoniste.
Et Ted avait été influencé par son père, son grand-père et même son arrière grand-père qui tous avaient pratiqué cet instrument.
Martin Furey représente donc la sixième génération de cornemusier chez les Fureys !

Au début des années '90, Martin Furey forme le groupe "Bohinta" qui fait de la musique irlandaise d'un style plus moderne qui se démarque de la musique traditionnelle.
Une coloration plus folk-rock (guitare, fiddle,batterie, basse) avec de nombreuses compositions de Martin.



De son côté, Aine Furey est à la fois attirée par la chanson et par la civilisation celtique qu'elle étudiera à l'université de Cork.
En 1995, elle devient la chanteuse de Bohinta et fait de nombreuses tournées en Angleterre, Belgique, Allemagne, Norvège et Australie.
Durant ce temps, Aine jouera avec de nombreux musiciens comme Roy Marchbank, Nigel Walker, Brian Finnegan ou Kathryn Tickell.
En 2003, elle retournera cependant vivre en Irlande pour reprendre des études à l'université de Dublin pour obtenir un diplôme supérieur en Folklore Irlandais.
Aine Furey a une troisième passion qui est la protection des animaux pour laquelle elle s'investit beaucoup.

Après plusieurs enregistrements avec Bohinta, Aine va sortir un premier album solo en 2003 : "Sweetest summer rain".
En 2008, Aine a enregistré son nouvel album "Cross my palm" tout en continuant à étudier et à s'investir dans diverses causes comme "Save Tara", une campagne pour défendre la colline de Tara en Irlande.

J'avais découvert Aine Furey sur le premier cd de "Celtic Woman" qui présentait deux de ses chansons.
Il s'agit de deux chansons du groupe Bohinta écrites par Martin Furey.
"Wishes" est un titre en hommage à Edith Piaf.
Belle chanson où Aine chante même quelques phrases en français. Martin l'accompagne très bien au low whistle et à la guitare.
J'aime beaucoup le titre "Hand in hand" où Aine chante sur une musique bien structurée et très belle. La basse, la batterie et le fiddle y vont de très bons accompagnements avec en plus le hautbois de Rachel Flecher qui ornemente le tout de très belle façon.

Voulant en savoir un peu plus, j'ai acheté l'album "Sweetest summer rain".
Aine Furey a une voix à la fois grave et profonde.
Dans ce disque, elle est accompagnée par Martin plus Roy Marchbank aux guitares, Jimmy Jones aux percussions, Eezer à la guitare basse, Carlene Anglim au fiddle, Gil Hunter aux claviers et accordéon, Garry Low à la batterie et au bodhran et Angie Cranmore à la viole.
Tout ce beau monde au service d'une musique qu'on pourrait qualifier de "progressive folk-rock".



Aine Furey démarre souvent ses chansons sur un mode confidentiel puis sa voix s'emplifie et les orchestrations se développent progressivement.
C'est particulièrement le cas dans les titres "Renardine", "My love won't bring me roses" ou "By the water".
La plupart des titres sont des compositions de Martin, de Aine ou d'autres artistes comme Sandy Denny (Fairport Convention).
Le titre "Silky" est cependant basé sur une chanson traditionnelle. Un mythe assez répandu en Celtie à propos d'un être mi-homme mi dauphin.
Dans les années '70, Tri Yann chantait d'ailleurs cela dans sa très belle chanson "Le Dauphin".
J'aime bien ce titre avec de bons arrangements de whistle, d'uilleann pipe et de guitare électrique.
La voix de Martin me fait un peu penser à celle de Gabriel Yacoub.

Dans le titre "Sweetest summer rain", il y a un bon mélange d'accordéon et de fiddle.
Do you know, do you know...répète Aine de sa voix très mélodieuse.
Cette voix qu'on entend aussi à capella dans "Winter winds".

Dans "All our days", Aine chante doucement sur un fond de guitare, puis les effets vocaux se multiplient bien soutenus par des percussions et la chanson se termine en force.
Un titre lui aussi très agréable.

Aine Furey, une chanteuse qui fait passer ses émotions et son intérêt pour l'histoire des Celtes à travers ses chansons.
Une artiste vraiment intéressante qui perpétue la tradition d'une grande dynastie de musiciens.
  
 


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

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