Musique Irlandaise


Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 23:58
En toute logique, les quatre fils de Ted et Nora Furey vont devenir musiciens.



L'aîné Eddie Furey (guitare, mandoline, bouzouki,cittern, bodhran) va démarrer sa carrière en 1968 en duo avec son frère Finbar (flûte, whistles, uilleann pipe, banjo).
Egalement chanteurs, les deux frères tourneront beaucoup en Ecosse à leurs débuts. C'est là qu'ils rencontreront les chanteurs du groupe les Corries qui auront certaines influences dans leur développement musical.
Plus tard, Eddie et Finbar collaboreront avec les Clancy Brothers, autre groupe phare des années '60 dans la verte Eirin.
Jusque 1982, les deux frères trouveront aussi le temps d'enregistrer 10 albums.

Comme signalé dans mon article Instruments irlandais
C'est Finbar Furey qui est à l'origine de la création du low whistle en Irlande.
Finbar jouait aussi de la Kena (flûte des Andes).
Durant un voyage, il avait endommagé l'instrument. Il demanda au luthier Bernard Overton de lui fabriquer une flûte au son identique mais en métal.
Le low whistle était né !
D'abord assez discret, cette version basse du tin whistle allait prendre une place de plus en plus importante dans la musique instrumentale. Des musiciens comme Davy Spillane, Michael Mc Goldrick ou Cormac Breatnach lui ont d'ailleurs donné des lettres de noblesse.


A côté de cela, Finbar Furey chante également en solo à partir de 1969. Il enregistrera une dizaine de disque de son côté.

Paul Furey (accordeon, spoons, whistles) forme un groupe "The Buskers" avec Brendan Leeson et Davey Arthur. Ils enregistreront un cd en 1973.

Ted Furey continue de tourner à la fin des années '70 accompagné par George (accordéon, guitare, bodhran, bones) son plus jeune fils.

En 1977, ils décident d'enregistrer un disque "The Furey Family" réunissant les quatre frères et les parents Furey.



L'année suivante, George a remplacé Brendan Leeson au sein des Buskers et ils partent en tournée au Danemark.
Pendant ce temps, Eddie et Finbar sont en tournée en Allemagne.
Ils y sont victimes d'un accident de la route (heureusement sans gravité).
Ayant été prévenus de cet accident, Paul et George décident d'aller rejoindre leurs frères.
Ils prennent alors la décision de ne plus se quitter et de jouer ensembles.
Ils forment alors "The Fureys and Davey Arthur" un groupe qui allait durer jusqu'en 1990.
Davey Arthur étant lui aussi un multi-instrumentiste (dulcimer, guitare, mandoline, cittern).
Groupe très prolifique, ils enregistreront la bagatelle de 17 albums durant cette période.

Après le départ de Davey et de Finbar, les trois autres frères continueront sous l'appelation "The Fureys" en continuant à parcourir l'Europe et les U.S.A. et en enregistrant encore une dizaine de cd.
Les Fureys on fêté leurs trente ans d'existence en 2008 et préparent un nouvel album !


Musicalement, les fils de Ted Furey sont d'avantage des chanteurs et leur répertoire est fait d'un grand nombre de ballades et de chansons d'amour.
Dans leur musique, il y a certes aussi des instrumentaux car ces gars ont bien sûr été bercés dans la musique traditionnelle.
Et comme ce sont d'excellents musiciens ils ne se privent pas d'interpréter une gigue ou un reel ça et là au fil de leurs albums.
Mais quatre vingt pour cent de leurs titres sont des chansons.
Eddie Furey, l'aîné des frères à une jolie voix claire et interprète une partie de celles-ci.
Le reste étant chanté par Finbar Furey dont la voix est plus grave et teintée d'émotions.



Bien qu'ils jouent une multitude d'instruments, les Fureys n'hésitent pas à faire appel à d'autres musiciens pour certain titres au besoin des arrangements.
Une section de "cordes", des cuivres, une basse, un violoncelle...tout convient à la musique des Fureys.
Il y a donc dans la musique du groupe une variété de sonorités qui les éloigne parfois assez nettement du son acoustique des groupes folk.
Ils font aussi souvent appel à Phil Coulter (pianiste et compositeur) pour les harmonisations de leurs chansons.
C'est le cas entre autre dans l'album "Steal Away".

Possédant seulement trois disques, ma connaissance de leur répertoire est forcément limitée.
J'ai cependant toujours bien apprécié ces artistes dont les chansons sont apaisantes avec des arrangements particulièrement soignés.
j'ai une préférence pour des titres comme "Green fields of France", "I will love you", "The reason I left Mullingar", "Dublin", "Steal Away", "The leaving of Nancy", "William Taylor", "Sitting alone"... qui sont tous magnifiques.

Avec les Dubliners, les Wolfe tones ou les Clancy Brothers (qui ont tous démarré dans les années '60), les Fureys font partie de ces groupes vocaux qui représentent un courant fondamental de la musique irlandaise.

Des musiciens qui restent incontournables et qu'il faut écouter à tout prix.

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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 12:11
Un de mes premiers disques de musique irlandaise fut un disque de Ted Furey.
A l'époque, les 33 tours édités par "Le Chant du Monde" avaient une pochette tryptique ouvrante qui permettait d'imprimer de nombreuses informations sur les artistes et les airs joués.
"Le fiddle irlandais" me permit donc de découvrir un grand violoniste irlandais.



Ted Furey, un musicien au parcours peu banal.
Il est né à Athlone au centre de l'Irlande sur les rives du Shannon.
Ses dons d'instrumentiste, il les avait hérité de son père, de son grand-père et même de son arrière grand-père tous joueurs de cornemuse irlandaise.
Il commença donc la cornemuse dès l'âge de huit ans.
A 14 ans, Ted démarra une carrrère de musicien, toujours en compagnie de son père et de son grand-père.
Gagner sa vie avec la musique, dans les années '20 ce n'était pas évident en Irlande avec en plus les troubles politiques qui secouaient le pays.
Après le décès de ses ainés, Ted Furey délaissa peu à peu la cornemuse au profit du banjo.
Engagé dans un orchestre, il se mit à faire du jazz et du ragtime.
Durant une vingtaine d'années, il fut musicien professionnel et apprit d'autres instruments commme l'accordéon, le whistle et même la trompette.
Au décès de sa mère, il laissa tomber la musique durant de nombreuses années.

A la fin des années '50 les "Fleadh Ceoils" (festivals de musique populaire) lui redonnèrent l'envie de refaire de la musique.
En voyant d'autres musiciens prendre du bon temps à jouer dans les pubs, Ted voulu s'y remettre lui aussi.
Il eut cependant envie de devenir violoniste.
Il se fabriqua lui-même son violon et se mit à s'exercer durant 16 heures par jour !
Ted Furey participa à des concours à partir de 1959, cela dura quatre ans.
Quatre ans avant de se juger assez bon que pour redevenir professionel.
Et à partir de se moment, Ted se remit à jouer dans toute l'Irlande mais aussi en Angleterre et en Ecosse, partout où on le demandait.
La musique irlandaise étant inscrite dans ses gènes, il n'eut aucun mal à se replonger dans les airs traditionnels qu'il avait pratiqué par le passé.

Dans l'intervalle, il avait épousé Nora elle aussi musicienne (accordéon, banjo) qui lui donna quatre fils...tous musiciens également.

Ted Furey enregistra quelques disques avec sa femme et ses fils ainsi que d'autres en solo.
"Le fiddle irlandais" est de ceux-là.
Dans cet album, Ted est accompagné par le guitariste Patsy Whelan et par un autre violoniste John Wright.

Natif de Dublin, Patsy Whelan va jouer avec les musiciens d'un ceilidh band (orchestre de danses traditionnelles) durant trois ans avant de suivre son propre chemin à travers les folk club et festivals.
Egalement violoniste Patsy Whelan aura une carrière internationale en compagnie des plus grands tant en Irlande qu'en Angletere et même aux U.S.A.
Son expérience de la tradition musicale font de lui un fameux accompagnateur capable de trouver les bons accords et les bons appuis rythmiques avec sa guitare.

John Wright joue le "second fiddle" dans certains morceaux du disque.
Son style est plus "doux" que celui de Ted.
Cet Irlandais s'intéressa d'abord à la pratique de la guimbarde avant de se mettre au fiddle en 1965. Passionné de musique traditionnelle, il va s'installer à Paris à partir de 1967.
Là il fondera le folk club "Le Bourdon".
Beaucoup plus tard, on le retrouve comme membre du groupe Hempson, un ensemble qui fait de la musique ancienne irlandaise.

Ce qui m'a le plus frappé en écoutant le disque de Ted Furey c'est ce violon un peu grinçant et son terrible sens du rythme.
Quinze titres où les gigues, les reels les hornpipes se succèdent avec un même bonheur.
Tous ces titres (The Rakes of Kildare, Toss the Feathers, Lord Inchiquin, The Silver Spear...), j'allais les réécouter plus tard en découvrant d'autres groupes irlandais.

Au même titre que mon premier album des Chieftains, ce disque de Ted Furey me permit réellement de me rendre compte de ce qu'était la musique irlandaise.
Certes j'avais déjà entendu auparavant des morceaux irlandais d'Alan Stivell mais ici c'était encore différent.



La conviction avec laquelle Ted Furey joue, c'est vraiment très prenant.
Patsy Whelan marque très bien le rythme et ses doigts semblent rebondir sur les cordes de sa guitare. Avec très beau style, John Wright vient ça et là ornementer des airs très dansants.

La pochette particulièrement bien documentée de ce disque donne pas mal d'explications sur l'origine des morceaux.
"The Lark in the Morn" (l'alouette du matin) entre autres.
Ce titre très répandu dans la musique irlandaise s'appelait autrefois "The Pipers Contest" (le concours de sonneurs).
Comme c'était souvent le cas en Irlande auparavant, une compétition de joueurs d'uilleann pipes opposait en finale un vieux musicien et un autre irlandais attaché au service d'un lord.
Deux grands joueurs de cornemuse qu'on n'avait pu départager après 10 heures de compétition.
A six heures du matin, le plus vieux demanda à s'absenter un moment étant pris par un besoin urgent.
En allant au fond du jardin, il entendit chanter une alouette. Dans sa tête, il se mit alors à composer un air à partir du chant de l'oiseau.
Revenu au concours, il demanda à exécuter un nouveau morceau. Son opposant devait alors rejouer le même air mais il en fut incapable car il ne connaisait pas ce morceau.
Le vieux sonneur fut déclaré vainqueur. "The Lark in the Morn" était né.
Quand vous entendrez encore ce morceau...

Même se ces disques sont forts anciens, n'hésitez pas à écouter Ted Furey si vous en avez l'occasion.
 

L'héritage de Ted Furey n'est pas seulement fait de concerts et d'enregistrements ; ses quatre fils n'allaient pas en rester là ...

 
Lien vers une vidéo très ancienne de Ted avec d'autres musiciens.
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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 01:30
Superbe soirée pour moi que celle de ce samedi 14/03 dernier.
Pour la St.Patrick, le Centre Culturel de Dison (Belgique) accueillait le groupe "Snakes in Exile".
Venu de Flandre (Hasselt), ce groupe est spécialisé dans la musique irlandaise.

En 1992, Luc Baillieul (chant,guitare) , Peter Van Aken (chant, accordéon) et Gert Meulemans (chant, basse) ,tous trois animés par la même passion pour le celtique, décident d'unir leurs talents.
Une réussite car nos trois gaillards sont à la fois doués musicalement et vocalement.
Ils vont alors entamer une suite interminable de concerts qui les verra jouer dans des petites salles ainsi que dans de grands festivals (Dranouter, Cambridge, Folkwoods (NL)...).

Durant toutes ces années, il ont aussi trouvé le temps d'enregistrer quatre cd.
Une série de musiciens (violoniste, flûtiste...) sont venus les épauler pour enregistrer ces disques.
Depuis 2000, le trio est devenu un quatuor avec l'arrivée du batteur Gette De Deken. Et en 2006, c'est Kristiaan Malisse qui a pris place derrière les drums.

Snakes in Exile me fait un peu penser au style des Dubliners ou des Pogues.
C'est à dire des chansons entraînantes (chansons de marins, chansons d'amour, chansons à boire...) dans un style caractéristique de ce qui se fait sur la côte Est de l'Irlande.
C'est l'aspect plus anglo-saxon, plus festif de la musique irlandaise.
Sur la côte Ouest, la musique est plus influencée par la culture gaélique.
Une musique plus introvertie, plus mélancolique aussi.
Même si, depuis une trentaine d'annés, vu la plus grande mobilité des musiciens et les courants d'influences divers, ces deux catégories sont moins distinctes qu'autrefois.



J'avais eu l'occasion de découvrir Snakes in exile en 1999 (Green space folk festival).
A l'époque, ils étaient accompagnés par un jeune violoniste que j'avais beaucoup apprécié.
A ce moment, je n'avais pas encore de site internet mais j'avais noté une appréciation où j'insistais sur les qualités vocales de ce groupe.

Dix ans plus tard, j'étais donc curieux de voir ce que ce band était devenu.
J'ai de suite été sous le charme car Luc Baillieul est vraiment très dynamique. Il a une très belle voix et est un bon guitariste.
Bien que Flamand, il a fait l'effort de présenter les chansons dans un français très correct.
Lorsqu'il butait sur un mot, l'un ou l'autre spectateur lui soufflait le terme en français.
Le tout se passait dans la bonne humeur et Luc faisait preuve de beaucoup d'humour.

Peter Van Aken est formidable également. Grand et costaud, cet ancien joueur de rugby s'était familiarisé avec le chant polyphonique après les matchs. Il n'était pas rare en effet que les joueurs se mettent à chanter dans la plus grande fraternité.
Peter à une voix superbe et prend régulièrement le relais de Luc dans les chansons.
Le fait qu'ils chantent parfois en alternance rend ces chansons plus entraînantes encore.
Peter Van Aken est aussi un grand accordéoniste. Son registre ne se limite pas au style irlandais car il exploite de nombreuses possibilités de son accordéon à touches.
Son jeu dynamise la musique de Snakes in exile.

Gert Meulemans lui se charge des notes basses.
Il alterne avec brio la guitare basse et la contre-basse électrique.
Et vocalement, il est aussi doté d'une voix grave et profonde qui complète à merveille celle de ses deux compères.
Un peu plus calme que les deux autres, son jeu sur scène ne manque pas d'humour non plus.

Derrière eux, Kristiaan Malisse alterne batterie et percussions. Il chante également.
Jeune musicien doué, Kristiaan marque bien le rythme et nous gratifiera de quelques bons solos durant le concert.
Tout à la fin du spectacle, il déserta ses drums pour montrer qu'il joue aussi de la guitare acoustique.


Quatre très bons musiciens donc pour entamer le concert avec "Yarmouth town" une chanson de Planxty, le ton est donné.
Et bien sûr, ils vont continuer sur cette lancée alternant les traditionnels (ex.The raggle taggle gypsy) avec des chansons composées par d'autres ou leurs propres chansons.
Luc Baillieul nous donnant chaque fois des précisions sur le contexte de la chanson.
Ils vont nous chanter un nombre incalculable de titres durant les deux parties de ce spectacle.
La première partie dura une heure trente, la seconde approcha les deux heures !
S'il n'avait pas été si tard, je crois bien que les Snakes auraient encore prolongé leurs rappels.
Ils avaient l'air de très bien se plaire parmi nous.
Toute une série de découvertes (St.Patrick was a gentleman...) pour moi ce soir là et le plaisir de réentendre des morceaux comme "I tell my Ma" ou "Wiskey in the jar" popularisés par les Dubliners.
Surprise aussi de voir par moment Peter et Luc déposer leurs instruments pour s'accompagner au bodhran. Ils manient plutôt bien le tambourin irlandais qui met leur chant encore plus en valeur.
Dans les temps forts de ce concert, je retiendrai "The City of Chicago" qui est également chantée par une de mes idoles Christy Moore.
Assez inatendu, la très bonne reprise de "Fields of Gold" une chanson de Sting que Luc présenta comme une chanson...celtique.
J'ai été aussi impressionné par leur version de "Loch Lomond". J'adore la version rock du groupe écossais Runrig.
Snakes in exile a choisi une version à capella où l'arrangement polyphonique est tout simplement grandiose !
Grand moment de musique celtique, chapeau les gars !



Pour conclure, Snakes in exile va nous offrir une dernière surprise.
La chanson "The parting glass".
Bartje, leur ingénieur du son les rejoint pour ce titre.
Tous les cinq, assis sur le bord de la scène et sans micro, se mettent à chanter cette chanson légèrement mélancolique superbement harmonisée une fois encore.
Un moment inoubliable !

Et cette soirée se termina par le verre de l'amitié avec pour moi l'occasion d'un peu parler avec un Luc Baillieul vraiment très sympathique.
Le public, bien que peu nombreux était ravi par ce show.
Il en fut de même pour la personne qui m'accompagnait.
Une ambiance très conviviale qui me permit d'échanger avec Wilfrid et Paul (organisateur), des amis celtes de toujours.
Egalement de faire la connaissance d'un couple de Bruxellois qui sont fans des Snakes depuis de nombreuses années et assistent à tous leurs concerts.
Et comme ils ont raison !

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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

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