Mardi 1 juillet 2008
D'origine à la fois écossaise et irlandaise, Andy Irvine est né à Londres en 1942. Sa mère était actrice et son père musicien. Il a donc grandi dans un milieu artistique tout en étudiant la guitare classique.
Dans les années '50, Andy découvre des chanteurs comme Lonnie Donegan et surtout Woody Guthrie qui aura une influence importante sur sa pratique musicale.



Andy s'installe à Dublin au début des années '60, le pub "O'Donoghue's" sera pour lui le lieu de toute une série de rencontres dont Luke Kelly et Ronnie Drew (des Dubliners).
Il formera un duo avec Johnny Moynihan (qui fut le premier à jouer du bouzouki en Irlande) . Puis Joe Dolan viendra se joindre à eux pour former "Sweeney's Men" en 1966.
Terry Woods remplace ensuite Joe Dolan et Andy restera encore jusqu'en 1968 avec ce groupe.
Les Sweeney's étaient plus un groupe de chanteurs folk (qui s'accompagnaient à la guitare, au bouzouki ou à la mandoline) qu'un groupe de musique trad. irlandaise.

Après avoir quitté le groupe, Andy décide de voyager dans les Balkans (particulièrement en Bulgarie et en Macédoine). C'est là qu'il va découvrir et apprécier cette musique tout en jouant avec des musiciens locaux.

En 1969, rentré en Irlande, Andy fait la connaissance de Donal Lunny avec qui il se lie d'amitié.
Leur collaboration va rapidement devenir très fructueuse.
Christy Moore qui débute sur la scène anglaise décide de s'installer en Irlande où il enregistre son second album "Prosperous". Parmi les musiciens de ce disque, Andy Irvine, Donal Lunny et un joueur d'uilleann pipe...Liam O'Flynn !
Après cet enregistrement, les quatre hommes vont continuer à collaborer et former le groupe légendaire Planxty.

C'est grâce à Planxty que j'ai découvert Andy en 1984.
Paradoxalement, je découvrais-là un groupe qui venait de se séparer un an plus tôt.
Mais la musique de Planxty fut vraiment primordiale pour moi dans mon apprentissage de la musique irlandaise.
Planxty, c'était un tiers d'instrumentaux, un tiers de chansons de Christy Moore et un tiers de chansons d'Andy.
J'aimais bien les deux chanteurs. La voix d'Andy m'a directement paru spéciale.
Sa façon de chanter, sa façon de passer de l'aigu au grave, c'est assez particulier.
Parfois, la voix se fait très douce comme dans "Kellswater", parfois elle est plus rugueuse, plus sonore aussi.
Depuis lors, je suis devenu un inconditionnel d'Andy Irvine et je n'ai eu de cesse de me procurer ses disques.



De 1972 à 1983, Planxty va donc connaître un succès considérable en Irlande et dans toute l'Europe.
Il y eut certains départs compensés par les arrivées de Johnny Moynihan (fiddle & bouzouki), Paul Brady (guitare) et Matt Molloy (flûte).
Puis le groupe se reforma dans sa composition originale (Irvine, Moore, O'Flynn et Lunny) jusqu'en 1983 avec l'album "Words and Music".
Une séparation que l'on pensait définitive jusqu'à la réunion (provisoire) de 2004.

Sept albums donc de Planxty avec une multitude de grands moments musicaux et de chansons superbes dont "As I roved out" (The well below te Valley); "You rambling boys of pleasure (After the break) ; "Roger O' Hehir" (The woman I loved se well) ; "Thousand are sailing" (Words and Music) ; "Arthur Mc Bride" (Live 2004)...

Andy Irvine n'allait bien sûr pas en rester là.
En 1976 déjà, il avait formé un duo avec le chanteur Paul Brady.



Chantant en alternance et démontrant une fois encore ses qualités de multi-instrumentiste (bouzouki, vielle, mandoline, harmonica).
Les deux chanteurs (bien soutenus par Kevin Burke et Donal Lunny) rivalisent de talent pour produire un disque de très bonne qualité avec des titres incontournables comme "Plains of Kildare", "Autumn Gold" (très apaisant) ou "Martinmas Time".
Paul Brady chante une version très personnelle de "Arthur Mc Bride" assez différente de celle chantée par Andy avec Planxty.


Andy poursuit ses expériences musicales en étant membre du groupe de Dannan (autre top-band irlandais) durant une courte période.
Il collaborera avec Mick Hanly (un autre chanteur irlandais) à la fin des années '70.
Au début des années '80, il forme avec Donal Lunny et quelques musiciens rencontrés ça et là en Europe un premier groupe "Mosaic".
Il n'a jamais caché son goût pour les métissages musicaux depuis ses voyages en 1968.

En 1982, Andy forme un autre duo avec Dick Gaughan un excellent guitariste et chanteur écossais.
Ils enregistrent en Allemagne le disque "Parallel Lines" avec Nollaig Ni Cathasaig (fiddle) et quelques musiciens allemands.
Dick Gaughan a aussi une voix intéressante et est très talentueux aux guitares électrique et acoustique ainsi qu'à la basse.
Là aussi, les deux artistes chantent en alternance avec pour Andy des titres intéressants comme "The Dodgers song" ou "Captain Thunderbolt".



En 1985-86, Andy travaillait avec Gerry O' Beirne (guitare et chant) et Kevin Burke (fiddle) aux USA. Ils décidèrent ensuite d'enrôler Jackie Dadly (virtuose de l'accordéon) et de former le groupe "Patrick Street".
Poursuivant d'autres projets, Gerry O'Beirne dut cepandant laisser sa place à Arty Mc Glynn après un an de concerts.
Patrick Street est donc le deuxième grand groupe d'Andy Irvine.
Je l'ai présenté dans un article précédent.

Dans les instrumentaux (toujours très dansants) il y a la dominante de l'accordéon et du fiddle bien contre-balancés par la guitare et le bouzouki.
Puis il y a toutes les chansons d'Andy.
Andy qui est également humaniste et prend parfois cause pour des sujets plus sérieux comme dans "A forgotten hero" ou "Facing the Chair" (Sacco & Vanzetti).
Patrick Street, un groupe que je recommande chaudement à tous les amateurs de bon folk irlandais.
Ils viennent de sortir un nouveau cd en 2007 (le neuvième déjà).

En 1992, Andy et Davy Spillane avaient consacré un album à la musique des Balkans.
"East Wind" enregistré en compagnie de Bill Whelan et de musiciens d'irlande et d'Europe de l'Est.
Je vous en parle aussi dans un post précédent.



En dehors de cela  Andy a également produit des albums en solo.
"Rude Awakening" en 1991.



Sûrement un de mes cd préférés.
Andy est entouré de Bill Whelan (claviers) Arty Mc Glynn (guitare) Rens van der Zalm (fiddle & guitare), Davy Spillane (whistle) Carl Geragthy (saxophone).
Tout ce beau monde pour jouer des musiques vraiment superbes qui mettent si bien en valeur les mots d'Andy Irvine.
Andy nous présente ici une série de portraits de personnages qui l'on marqué (Raoul Wallenberg, James Connoly, Zapata, Douglas Mawson...)
Un peu à la manière d'un journaliste, Andy nous livre des chansons en forme de récits sur des musiques parfois rythmées ou émouvantes.
Un disque extra-ordinaire !

"Rain on the Roof" sort en 1996.
Ici, Andy a choisi une forme plus acoustique pour habiller ses chansons.
Rens Van der Zalm est de nouveau au fiddle et à la mandoline et Steve Cooney (percussions) n'intervient que dans deux titres.
Andy est d'allieurs seul sur la motié des titres s'accompagnant uniquement au bouzouki et de temps à autre à l'harmonica.
Quelques titres font partie du répertoire de Patrick Street ("A Prince among men" , Forgotten Hero") d'autres sont des instrumentaux soit irlandais ou des pays de l'Est.
Et encore d'autres titres intéressants comme "He fades away" ou "My heart's tonight in Ireland".
Un disque très représentatif de la recherche musicale d'Andy.

En 2001 sort "Way Out Yonder".



ce disque fait plus penser à "Rude Awakening" même si cette fois il n'y a pas de claviers mais uniquement des instruments acoustiques.
Rens van der Zalm plus une série de musiciens connus de la scène irlandaise (Maire Breathnach, Cormac Breathnach, Steve Cooney, Dermott Byrne).

Il y a aussi trois choristes,une contrebassiste (Lindsey Horner) plus quelques solistes comme Liam O'Flynn, Declan Masterson, Nikola Parov ou Brendan Power.
Tout ces grands musiciens au service du bouzouki et de la voix d'Andy qui a composé une partie des titres du cd.
Vraiment un très beau disque que j'ai acquis depuis peu et que je ne lasse pas de découvrir.
Des chansons très poétiques comme "Moreton Bay" ou "Born in Carrickfergus".
Egalement une très belle reprise de "The Higwayman" (chanson de Loreena McKennit).
A ne pas manquer pour ceux qui aiment Andy Irvine.

Après l'expérience "East Wind" Andy (toujours membre de Patrick Street") forme encore un autre groupe avec Donal Lunny.



"Mozaik" cette fois avec un "k", groupe dans lequel on retrouve Nikola Parov, Bruce Molsky et Rens Van der Zalm. Soit une série de multi-instrumentistes qui vont cumuler leurs talents au service d'un répertoire fait de musiques irlandaises et de musiques des Balkans.
Déjà deux cd à leur actif : "Live from the Powerhouse" en 2004 et "Changing Trains en 2006.
Dans la chanson " O'Donoghue's" Andy raconte comment il a découvert la musique irlandaise dans ce célèbre pub de Dublin.

A 66 ans bien sonnés, notre diable d'homme a encore plein de projets puisqu'il tourne pour l'instant avec Paul Brady après avoir terminé le dernier disque de Patrick Street et participé à une re-formation provisoire des Sweeney's Men !

A bientôt Andy !


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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique
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Samedi 7 juin 2008
Quand des musiciens irlandais et écossais se retrouvent, ils ont parfois envie de faire un "jam", une session, c'est à dire de faire de la musique ensembles.
Dans ce genre de soirée, on sait où ça commence mais rarement quand ça se termine.

Ici, la belle Shraron Shannon qui est une des reine de l'accordéon en Irlande a invité un plateau des relevé de musiciens celtes.
L'Ecossais Phil Cunningham (ex. Silly Wizard) est un des maîtres de l'accordéon à touches (piano-accordeon).Après avoir tourné avec son frère Johnny Cunningham et participé à de nombreuses productions il a formé un solide duo avec le violoniste Aly Bain (du groupe Boys of the Lough).
Jim Murray est un jeune et talentueux guitariste qui accompagne Sharon Shannon depuis de nombreuses années.
Michael Mc Goldrick (le flûtiste virtuose de Capercaillie) est ici au low whistle...

D'abord quelques reels :



...avec eux, il y a aussi Gerry O'Connor au banjo (membre de "Four Men and a Dog") et Jerry Douglas au dobro (il s'agit d'un instrument hybride entre la guitare et le banjo), Russ Baremberg à la mandoline.Et pour rythmer le tout, James Macintosh aux percussions et Todd Parks à la basse.
Excusez du peu !

Pour ceux qui préfèrent les  gigues...


Si quelqu'un connaît l'adresse de ce pub...
Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique
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Vendredi 30 mai 2008
Autre instrument assez courant dans la musique irlandaise, le concertina.

Ces curieux petits accordéons ont une sonorité particulière.
Instruments à vent et à anches libres. Des boutons sont disposés de part et d'autre du soufflet.
Ces boutons ont généralement une sonorité différente selon qu'on les pousse ou qu'on les tire.

Un peu moins répandus que les accordéons, les concertinas ont cependant fait de nombreux émules depuis des dizaines d'années.



J'ai découvert Noell Hill sur un disque de Planxty au début des années '80.
J'ai ensuite acheté son cd "The irish Concertina" pour mieux l'apprécier.
Ce disque reste un classique pour tous les amateurs du genre.
Bien mis en valeur par les accompagnements de Peadar O' Riada au piano, les airs traditionnels sont interprétés de façon magistrale par Noel Hill.

Le voici en solo dans un show télévisé de la télévision irlandaise.



La génération suivante a donné naissance à d'autres solistes tout aussi talentueux.
Niall Vallely est issu d'une famille de musiciens.


Son frère est d'allieurs très connu également puisqu'il s'agit de Cillian Vallely le piper du groupe Lunasa.
Je ne possède pas d'album solo de Niall Vallely mais j'ai peu apprécier son talent en écoutant les disques du groupe Nomos, un autre band très réputé de la scène irlandaise.
Niall Vallely est un excellent musicien.



La nouvelle génération n'est pas en reste puisque que la toute jeune Edel Fox est également une virtuose de cet instrument.



Edel est souvent en compagnie du violoniste Ronan O' Flaherty avec lequel elle pratique la musique trad.depuis des années.
Je les ai découvert sur le cd "Edel Fox & Ronan O' Flaherty" paru en 2006.
Accompagnés par Michael Mc Cague (bouzouki et guitare) et Brian McGrath (claviers) nos deux jeunes musiciens ont revisité toute une série d'airs et de danses traditionnelles.
Un disque à la fois dynamique et plein de nuances.




Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise
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Lundi 12 mai 2008
"Gilles SER-VAT", tel que le présentait Dan Ar Braz dans les spectacles de l'Héritage des Celtes.
Comme pour insister sur l'immense talent de cet immense chanteur.

Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur la biographie de Gilles.
Né à Tarbes, sa famille est d'origine nantaise. Il passe la plus grande partie de sa jeunesse à Cholet (Maine & Loire) et dans la région de Nantes ainsi que du côté du Croisic où vivaient ses grands-parents.
Elève à l'école des Beaux-Arts d'Angers, il se destine plutôt à la sculpture.
Il décide de chanter en 1969 après un séjour sur l'île de Groix où il comprend vraiment où sont ses racines.
Il découvre Glenmor et Alan Stivell et s'installe à Paris. Gilles chantera à la taverne "Ti Jos" tout en rencontrant de nombreux Bretons de Paris.
C'est au début des années '70 qu'il écrit ses premières chansons dont la fameuse "Blanche Hermine" qui sera aussi le titre de son premier disque en 1972.


J'ai découvert Gilles vers la fin des années '70. J'avais acheté une compilation "Bretagne d'Aujourd'hui" qui regroupait quatre artistes. Il y avait bien sûr Alan Stivell, Tri Yann, le groupe Triskell et Gilles Servat.
Cinq titres de Gilles dont la "Blanche Hermine" et "Je dors en Bretagne ce soir".
J'aimais bien sa voix et ses textes mais ses musiques n'avaient rien à voir avec le folk breton-celtique en vogue à cette époque. Par rapport aux trois autres artistes de cette compil. c'était très différent.
Petit à petit, ce fut pour moi une ouverture vers d'autres formes d'expression celtique.
En 1981, j'achetais l'album "Hommage à René Guy Cadou".
Gilles avait consacré ce disque à ce poète de la région de la Loire disparu en 1951.
De très beaux textes mis en musique par Gilles Servat. Gilles chantait de sa belle voix grave avec seulement quelques musiciens (basse, guitare,batterie, flûtes) pour l'accompagner.
René Guy Cadou parlait de choses simples (les amis, les enfants,la campagne)...la vie essentielle (comme disait Gilles), j'amais bien des titres comme "Vareuse de coton" ou "L'enfant du garde".


Quelques années plus tard, j'ai vu une émission télé consacrée à Gilles qui venait présenter son disque "Je ne hurlerai pas avec les loups".
Un très long texte où j'ai découvert son côté révolté. Texte qui me faisait un peu penser à "Hommes liges des talus en transe" (de Paol Keineg) présenté par Stivell sur son disque "Treman Inis".
Donc une autre facette de Gilles Servat, poète mais aussi engagé et militant pour la défense de la Bretagne.

Le début des années '80 marqua la fin de la vague bretonne au niveau international.
Bien sûr, les Servat, Tri Tann, Stivell continuaient à sortir des disques mais il devenait beaucoup plus difficile de se les procurer en Belgique (médiathèques peu fournies, internet inexistant...).
C'est donc seulement au début des années '90 que j'ai re-découvert Gilles Serva
t.


D'abord au travers du cd "L'Albatros Fou" dont je vous parle dans un article précédent.
Triskell

En 1992, Gilles collabore de nouveau avec les frères Queffeléant (harpes celtiques), Patrick
Audouin (claviers et guitares) et Bernard Quillien (whistles, bombardes) pour enregistrer "Les albums de la jeunesse".
Donc une deuxième collaboration fructueuse avec le groupe Triskell pour un disque où participent aussi des musiciens réputés comme Dan Ar Braz ou Jacky Thomas.
Dans ce cd, Gilles ré-enregistre des titres comme "la Blanche Hermine", "Kalondour", "L'île de Groix"...
Ces disques me permettent d'apprécier encore plus Servat puisque ses qualités de chanteur, la poésie ou l'engagement de ses textes sont à présent revêtus d'un "habillage celtique".

En 1993, Dan Ar Braz invite Gilles à participer à un spectacle à Quimper regroupant toute une série de musiciens celtes. L'Héritage des Celtes est né !
Assez discret sur le premier album (il y chante "Me zo ganet e kreiz ar mor" en duo avec Yann-Fanch Kemener) Gilles Servat va prendre une place de plus en plus importante dans l'Héritage. Dans le deuxième album il chante la "Blanche Hermine" avec une telle conviction que ce titre va devenir un des morceaux phares du groupe.
A tel point que cette chanson deviendra un peu une sorte d'hymne national breton.

l'Héritage est pour lui l'occasion de travailler avec des musiciens réputés comme Donald Shaw (Capercaillie) Eogan O'Neill et bien sûr Donal Lunny.
A propos de Donal, il déclare dans la revue "Celtics" : "J'ai appris beaucoup au contact de Donal Lunny. Surtout à alterner les textes et les passages musicaux, à donner de la place à la musique au lieu de tout boucher avec un texte. Ca respire et les musiciens ont du plaisir à jouer".



En 1996, Gilles enregistre d'ailleurs "Sur les quais de Dublin" avec Donal Lunny, Dan Ar Braz, Nollaig casey, Ray Fean, Eoghan O'Neill...tous issus de l'Héritage des Celtes.
un album splendide avec des titres comme "Chantez la vie, l'amour et la mort", "Yezhou bihan" (sur les langues minoritaires), "Men Du"...
Dans une série de titres, la brillante prestation du bagad Lokoal-Mendon qui vient ajouter une coloration profonde et puissante.

Retour dans l'Héritage en 1997 où Gilles chante "Le Pays" (une chanson très poétique) participe au titre "Left in peace" et surtout à "Diwanit Bugale" que Dan avait présenté un an plus tôt au concours Eurovision.


Autres disques en public pour Gilles avec "Touche pas à la Blanche Hermine" enregistré en 1998.  Ronnie Drew, Donal Lunny, John Mc Sherry, Mairtin O'Connor sont présents sur ce cd mais aussi les bretons Christian Lemaître et Nicolas Quemener plus les musiciens habituels de Gilles comme Philippe Bizais, Hilaire Rama et Stéphane Sotin.
Un Gilles Servat en grande forme qui revisite une série d'anciennes et de nouvelles chansons de son répertoire comme "L Hirondelle", "Le moulin de Guérande" ou "Je vous emporte dans mon coeur". Le tout, une fois de plus orchestré de façon magistrale par l'ami Donal !


1998 est également l'année du dernier album de l'Héritage, cette fois au Zénith de Paris.
Gilles nous gratifie encore de belles prestations dans "Dir ha tan" ou "Yezhou bihan" chanté cette fois avec Karen Matheson.


On retrouvera encore une fois tout ce beau monde pour le spectacle "Bretagnes à Bercy" en 1999. En même tant qu'Alan Stivell, les Tri Yann et L'Héritage, Gilles assurera une partie de ce méga-spectacle avec ses chansons (dont "La maison d'Irlande") et ses musiciens.
Avant de venir entourer Stivell pour le final en compagnie de tout les autres.
Rarement la scène de Bercy avait réuni autant de talents "celtiques".



C'est en 2000 que sort l'album "Comme je voudrai", un disque sublime !
Cette fois, il a demandé au bassiste Eoghan O'Neill (une autre pointure de la musique
 irlandaise) de s'occuper de la réalisation artistique...un choix judicieux !
Dans la distribution, des musiciens irlandais mais aussi des bretons comme les talentueux Ronan Le Bars (uilleann pipe) ou André le Meut (bombardes).
Vraiment un de mes disques préférés avec des chansons comme "Erika, Erika", "Comme je voudrai", "Au bord du lac Pontchartrain" ou "Tregont blé zo"  qui sont magnifiques tant musicalement qu'au niveau des mots et de l'interprétation.
"Ar plac'h a garan me" qui se termine avec des cornemuses et bombardes est très émouvant également.
Une très grande cuvée de Servat !



"Sous le ciel de cuivre et d'eau" parait en 2005.
Encore des musiciens réputés comme Nicolas Quemener(guitare), Dominique Molard (percussions) ou Philippe Bizais (claviers) pour entourer Gilles sur cet album.
La chanteuse Nolwenn Korbell (qui avait déjà collaboré avec Gilles aux "Tombées de la nuit) apporte sa superbe voix pour chanter deux titres en duo avec Gilles.
Dans "le Général des binious", Gilles rend un poignant hommage à Polig Monjarret qui a travaillé énormément pour développer la musique des bagadou.
"Sous le ciel de cuivre et d'eau" est un album plus centré sur la Bretagne mais de très grande qualité également.



En 2006, Gilles sort un double album qui retrace en 35 chansons, 35 années de carrière. Pour réaliser ce disque, il avait fait un sondage auprès de son public pour sélectionner les titres devant figurer dans cet enregistrement.
"Je vous emporte dans mon coeur" est donc on ne peut mieux choisi comme titre pour cet album !


Je pourrais encore vous parler longtemps de Gilles Servat tant j'ai de l'admiration pour cet artiste.
j'ai eu l'occasion de le voir deux fois sur scène.
Une fois dans une salle de 2000 personnes.
Une autre fois dans une chapelle de 100 personnes !
C'est celle-là que j'ai préférée. Gilles  y était très simple, il plaisantait avec le public.
Avec lui, Philippe Bizais et un accordéoniste (dont j'ai oublié le nom).
Après le spectacle, nous avons pu échanger avec lui ainsi qu'avec ses musiciens.
En première partie, il y avait deux autres chanteurs : Hélène et Jean-François qui chantaient des chansons du Pays de la Loire et avaient aussi rendu hommage à... René Guy Cadou.



Gilles Servat, un artiste complet qui non content d'être musicien (guitare et bodhran) et chanteur est également écrivain (les Chroniques d'Arcturus) et membre du Gorsedd des Druides.
Gilles Servat enfin, est un amoureux de la nature et des paysages de Bretagne et d'Irlande.
Quelqu'un d'incontournable !

Trois chansons extraites du concert Bretagnes à Bercy


  

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique
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Vendredi 18 avril 2008
Samedi 12 avril, j'ai eu la chance d'assister à une superbe soirée.
A l'Archéoscope de Bouillon (dans les Ardennes belges) ils avaient eu l'excellente idée d'inviter Yann-Fanch Kemener pour un concert.
Oui, Yann-Fanch Kemener, un des plus grands chanteurs Bretons, était venu faire un tour en Belgique.
Je le connaissais déjà grâce à deux cd enregistrés avec le pianiste Didier Squiban et à sa participation dans l'Héritage des Celtes.
Samedi soir, ce fut encore bien plus intense !

En première partie, l'Académie de Bouillon présentait une classe de jeunes guitaristes qui virent jouer une dizaines de morceaux issus du répertoire celtique.
Ballades irlandaises, danses de Bretagne, mélodies écossaises, tout fut bien interprété par une douzaine de guitaristes en herbe.
Une belle manière de rendre hommage à l'invité du jour qui apprécia leur prestation.


Attablé comme dans un café-théâtre, le public était venu remplir la jolie salle de l'Archéoscope.
Une ambiance feutrée où dominaient les tons de bruns et de rouge qui évoquaient d'avantage l'automne que le printemps.
Aldo Ripoche monta sur scène avec son violoncelle puis Yann-Fanch arriva en souriant.
Yann-Fanch Kemener salua le public en annonçant qu'il allait chanter en Breton.
Si vous ne comprenez pas, dit-il, n'hésitez pas à vous adresser à un de vos voisins qui lui le comprend.
Le ton était lancé !

Et il en allait être ainsi durant tout le spectacle car en plus de l'humour, Yann-Fanch dialogue et entretient une grande complicité avec le public jusqu'à la fin.
Il démarre avec une danse bretonne, l'an dro "Ker-Pondi".
Dès les premières mesures, on peut admirer sa voix remarquable et la façon dont il marque le rythme avec des mouvements du bras et du pied.

J'étais très curieux d'entendre l'accompagnement du violoncelle.
J'avais un apriori car dans mon esprit, cet instrument classique a peu de relief et a des sonorités plutôt tristes.
j'ai très vite changé d'avis.
Aldo Ripoche est un musicien extra-ordinaire.
Bien que de formation classique, il a une manière de jouer à la fois très personnelle et débridée.
Il parvient à tirer des sons incroyables de son instrument qu'il tient en équilibre entre ses jambes.
Il manie son archet de façon très énergique et balance son intrument dans tous les sens.
Dans les morceaux rythmés, il joue également en pizzicato (en pinçant les cordes et sans archet) imitant ainsi la contre-basse.
j'ai donc été très surpris par le registre de cet instrument dont la profondeur convient parfaitement aux complaintes mais qui est également capable de très bien marquer le rythme.


Par sa voix très agréable, Yann-Fanch Kemener nous touche en alternant les chants à danser et les chansons plus graves.
Même si on ne comprend pas, on est envoûté par la chaleur des mots, par l'harmonie des notes et la beauté des arrangements.
Yann-Fanch nous présente aussi le contexte de chaque titre.
Et parfois, il récite des poèmes (comme ce magnifique texte de Xavier Grall) ou bien va jusqu'à nous raconter des contes ou des récits comme celui consacré à St.Yves.
Alternant ainsi les plages en Breton et en Français.

Et le concert se déroule comme un film où le public est captivé par cette voix magique, par cette langue bretonne qu'il finit par apprivoiser, par le jeu formidable de ce violon...celte.

"Kanet Berjelennig" (chantez bergère) sur un rythme d' hanter-dro succède à de superbes mélodies comme "Me zo ganet e kreiz ar mor" (je suis né ou milieu de la mer) ou Keris (la cité d'Ys).


Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises.
Dans la dernière partie du spectacle, Yann-Fanch s'assied pour interpréter une série de "dans plinn". Et "danse" est bien le mot qui convient puisque tout en chantant son kan ha diskan, il marque le rythme en martelant le sol avec ses pieds.
Du grand art, car cela nécessite une belle coordination.
Aldo Ripoche lui répond en utilisant toutes les resources de son violoncelle.
Un très grand moment de musique bretonne !

Des applaudissements nourris d'un public à la fois conquis et émerveillé par tant de talent et de simplicité.
Je suis convaincu que les gens qui ne connaissaient pas Yann-Fanch (c'était le cas des amis qui m'accompagnaient) ont vraiment été très heureux de cette découverte.
A la fin du spectacle, Yann-Fanch salua le public et retourna tanquillement à la table de ses amis.
De nombreux fans virent le saluer et échanger quelques mots avec lui.

Nous sommes restés encore un moment à notre place afin d'un peu prolonger ce moment de musique et de poésie.
Une soirée à la fois envoûtante et magique.

Prolongement :
En quittant, la salle, j'avais déploré avoir oublié d'emporter mon appareil photo pour le concert.
Il se fait que mes amis de Bouillon sont liés avec un des organisateurs qui lui-même est un ami de Yann-Fanch.
Comme Yann-Fanch et Aldo logeaient chez lui, il me proposa de lui demander si je pouvais aller le photographier le lendemain matin.
Et le lendemain, il nous téléphona pour nous dire que Yann-Fanch voulait bien nous recevoir !
J'ai donc eu la grande chance de pouvoir le rencontrer.
Au delà de la photo, Yann-Fanch nous a reçu avec beaucoup de gentillesse.
Nous étions là pour dix minutes mais nous sommes finalement restés une heure !
Intarissable, érudit, philosophe, Yann-Fanch est quelqu'un de très intéressant à écouter.
Passionné par la Tradition, tout ce qui touche à la Bretagne EST sa vie.



A la fois enseignant, écrivain, chanteur il a toujours été plongé dans la musique traditionnelle.
Sa grand-mère déjà était chanteuse, sa mère  et d'autres membres de sa famille aussi.
Yann-Fanch Kemener a utilisé cet héritage non seulement en s'initiant au chant, au kan ha diskan ou à la danse ; il a aussi effectué de nombreux collectages auprès des anciens.

Tous ces collectages (qui datent depuis de nombreuses années en Bretagne) ont permis  de sauvgarder un patrimoine très riche qui sans cela serait tombé dans l'oubli.
Yann-Fanch et les autres, grâce à leur travail d'artisans on contribué à rendre vivante cette langue et cette musique.
Sans concession, sans sacrifier à des formes plus commerciales.
Comme disait Yann-Fanch, la chanson traditionnelle  se chantait autrefois à capella.

Il est sans cesse en recherche de nouveaux arrangements pour sa musique, de nouvelles possibilités d'interprétation.
Il nous a parlé de ses derniers disques : "An Dorn" (la main) en duo avec Aldo et "Dialogues" avec en plus du violoncelle, le piano  de Florence Pavie.
Deux nouveaux cd seront bientôt enregistrés en 2008.
Des tournées à l'étranger (y compris au Mexique !) et bien sûr en France.
Bref de nombreux projets pour cet homme qui avoue manquer de temps pour tout faire et qui déplore que les artistes Bretons soient si mal distribués.

Nous avons pris congé en le remerciant encore de nous avoir accordé de son temps.
Lui et Aldo (également très sympa) dédicacèrent nos cd.

Le souvenir de cette rencontre restera pour moi un moment unique et rare.
Yann-Fanch Kemener, à la fois un très grand artiste et un homme de qualité.


Kanit,kanit berjelennig, kar me gav' bra ho ton
O me reital ma' ho klevan,rejouisa ma c'halon...

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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne
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