Vendredi 1 février 2008

Fraternité en héritage



Au début des années 80, le flûtiste Frankie Kennedy rencontre la violoniste et chanteuse Mairead Ni Mahaonaigh.

Cette rencontre débouchera à la fois sur une histoire d’amour et une fructueuse collaboration musicale.

Jouant d’abord en duo le jeune couple s’associera bientôt avec d’autres musiciens pour former la groupe Altan en 1983.

Avec Altan, Dermott Byrne,Ciaran Toutish, Ciaran Curran, Mark Kelly et Daithi Sproule ne vont pas tarder à se hisser au sommet de la scène irlandaise.

Tant ce groupe est bon aussi bien dans le domaine instrumental que dans les chansons où la douce et jolie voix de Mairead fait merveille.

Atteint par le cancer, Frankie Kennedy décède hélas en 1994.

Mairaid et les autres décident de continuer mais sans que ce musicien soit remplacé.

Dan Ar Braz, alors membre de l’Héritage des Celtes, lui a rendu hommage en écrivant cette chanson.

En voici un extrait :

Left in Peace

A silent sea round Inishfree bay

Lay the salty road you’re bound to take

A mighty blue sky clears on Bun beg

As all your friends get heads down and pray...

...may we give our lies a chance to wash away the pain

But nerver forget

You’re still around us

And so you’re bound to stay for long

So long and farewell.

Traduction :

Une mer silencieuse autour d’Inishfree bay

Déroule la route de sel que tu vas prendre.

Un magnifique ciel bleu éclaire Bun Beg

Alors que tous tes amis ont la tête basse et prient...

...puisse-t-on donner une chance à nos vies d’être lavées de la peine

Mais de ne jamais oublier

Que tu es toujours ici près de nous

Et pour longtemps

Au revoir et adieu.

Sur scène, Dan ar Braz présentait cette chanson comme une chanson de mémoire mais aussi une chanson d’espoir.

Au-delà de ce texte très humain, « Left in Peace » c’est également une superbe mélodie chantée par la voix magnifique de Karen Matheson.

Et interprétée par une série de musiciens de haut vol.

Car pour constituer cet « Héritage » Dan Ar Braz a recruté la crème des musiciens « celtes ».

Carlos Nunez le cornemusier venu de Galice, les chanteurs bretons Gilles Servat et

 Yann-Fanch Kemener, la chanteuse galloise Elaine Morgan, Donald Shaw d’Ecosse, l’Irlandais Donal Lunny, Ronan le Bars aux pipes... et bien entendu le bagag Kemper.

Tout ce beau monde sur scène ça déménageait !

L’Héritage des Celtes, était un ensemble aux sonorités très variées, aux couleurs musicales parfois brillantes, parfois intimistes.

Particulièrement dans «  Left in Peace » où le morceau d’abord interprèté de façon très douce par Karen est petit à petit repris par toute une série d’instruments au fil des couplets.

Pour se terminer en apotéose quand le bagad Kemper reprend en force avec bombardes et cornemuses.

Un grand moment !

 

« Left in Peace » vraiment un bel hommage et une grande chanson celtique !


nti_bug_fck
Par Rakaniac - Publié dans : Musique Celtique - Communauté : Ma musique celtique
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 29 janvier 2008
Premier prix de conservatoire à Brest à la flûte traversière, Youenn Le Berre est de

formation classique.

gwendal8.jpg
Youenn à droite d'Hugues de Courson

Il va cepandant très jeune s'intéresser à la musique bretonne et à la musique celtique en général.
En compagnie du guitariste Jean-Marie Renard, il fonde "Gwendal" en 1972.

"Irish Jig" leur premier album sort en 1974. gwendal1.jpg
Le groupe est composé de Roger Schaub (basse), Patrice Grupallo (mandoline et percussions),Bruno Barre (violon) et de Youenn et Jean-Marie.
Groupe instrumental, Gwendal impose rapidement son propre style c'est à dire une interprétation assez jazz de la musique traditionnelle.
Il apparait très vite que Bruno Barre est un viloloniste d'exception (ici il ne s'agit pas de fiddle irlandais mais bien de violon joué de manière classique ou bien jazz).
Que dire alors de Youenn Le Berre qui passe de la flûte traversière à la flûte à bec ou au whistle avec une facilité déconcertante.
Youenn joue aussi très bien de la bombarde et du saxophone.
En fait, c'était la première fois que j'entendais de la flûte traversière métallique en musique trad. D'habitude, c'est plutôt la flûte traversière en bois qui est utilisée.
Ce premier album plein d'enthousiasme est une réussite avec des titres comme"Planxty-birke" ou "Deu tu ganeme" qui valent le détour.

Deuxième opus en 1976 avec "Joe Cant's reel" et la très belle pochette de Claire Brétercher. gwendal5.jpg

C'est principalement la musique irlandaise qui est revisitée par     notre quintet.
Bien des années plus tard, j'apprécie toujours autant des titres comme "Galway Bay" ou "Chrystal Palace" qui me fait un peu penser à de la musique classique.
"Douze degrés" est un morceau où une large place est laissée à l'improvisation des musiciens qui se déchaînent sur ce titre où le "delirium tremens" n'est pas pas loin.
Un bon disque en tout cas !


Arnaud Rogers (batterie) est venu complèter le groupe. Ricky Caust (guitare & Mandoline) remplace Patrice Grupallo sur le troisième album.
Gwendal4.jpg
La suite de reels "Rainy Day" démarre le disque de très belle manière.
Bruno et Youenn, une fois de plus démontrent tout leur talents sur des thèmes irlandais remis à la sauce Gwendal.
Pareil dans "The walls of Liscarroll" un morceau décoiffant.
A l'époque des trente-trois tours, il y avait deux faces et sur la face B le titre "Mon joli scooter" est une suite de sept morceaux qui s'enchaînent sans interruption.
Certains sont des traditionnels, d'autres des compositions du groupe.
Du grand art !

A noter pour la petite histoire que "Rainy Days" (au pluriel) est aussi le nom du site d'une émission sur radio Béton qui diffuse de la musique celtique.
Basée à Tours, cette radio propose un choix très éclectique de musiques folk.
Avis aux amateurs.

rainy.days.free.fr/

Nouveau disque en 1979 "Les mouettes s'battent".
Cette fois Gwendal se lance dans la composition tout en mélangeant encore avec des airs traditionnels.
Olivier Pedron qui joue aussi de l'orgue remplace presque totalement Arnaud Rogers à la batterie et Ricky Caust joue un peu plus de guitare électrique.
Le groupe montre son goût pour les jeux de mots dans des titres comme "Je pars à Noyac"
ou "Bee New" ou encore "le reggae gai du Gueret". Un titre bizarre qui est au départ un reel irlandais mais joué sur un rythme de reggae !


En 1981, disque live de Gwendal enregistré en Espagne.

gwendal9.jpg

Ce qui n'est pas surprenant car depuis des années ce groupe est plus populaire dans ce pays qu'en Bretagne ou dans le reste de la France.
François Ovide (un super guitariste) a rejoint le groupe.
Des reprises et quelques nouveautés sur ce disque "En concert" dans lequel il y a pas mal d'improvisations et des versions longues un peu déjantées.
Youenn le Berre y est une fois de plus souverain à la flûte, la bombarde et la cornemuse.
Après ce disque, Jean-Marie Renard décide de quitter le groupe pour en devenir le manager.

"Locomo" sort en 1983
 

Patrice Guillaumat est le nouveau batteur et Robert Le Gall le nouveau bassiste.
Uniquement des compositions et une inclination plus électrique pour ce nouvel enregistrement.

Ici aussi quelques titres remarquables comme "Sacra matao" (avec la cornemuse de Patrick Molard) ou "Basquette".
Youenn semble avoir toujours plus d'assurance à la flûte et jouer de façon très imaginative.





Petite révolution en 1985 avec l'album "Danse la musique"
Gwendal3.jpg
D'abord au niveau des membres.
L'excellent Bruno Barre a quitté le groupe et est remplacé par deux violonistes.
Patrick Tillman et Robert Le Gall (qui lui joue en plus de la basse et de la guitare électrique). Bertrand Binet est le second guitariste.
Ensuite il y a une chanson (chantée par Bertrand) pour la toute première fois dans l'histoire du groupe.
Enfin, ce disque a d'avantage une coloration rock.
De très beaux titres comme "Celtic break"ou "L'homme à fables" et bien entendu la chanson "Danse la musique".


Et à propos de break, voici une petite vidéo du groupe (version 2005) avec un Youenn Le Berre toujours aussi magistral à la flûte.





A suivre...
Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 29 janvier 2008
Notre virtuose n'allait bien sûr pas s'arrêter en si bon chemin.
Sortie en 1989 du cd "Glen River" qui recevra en 1990 le prix de l'Académie Charles Cros.

gwendal6.jpg

Paul Faure aux claviers et Patrice Guillaumat aux percussions pour seconder le duo infernal de Robert Le Gall et Youenn Le Berre.
Un disque uniformément beau qui démarre avec "Glen River" où la cornemuse écossaise fait merveille.
"Jigger Jig" où Youenn est de nouveau très inventif à la flûte.
"Glaz Noz" sorte de poursuite endiablée entre la flûte et le violon dans laquelle nos deux compères y vont de terribles improvisations jazz.
Dans "Uilean Mandinga" Robert Le Gall démontre tout son talent à la guitare électrique.
Beaucoup de bonnes percussions et de bons claviers dans le titre "Colombaneon".

"Noces de granit" est pour moi le sommet de ce cd.
Composé par Pierre et François Daniel cette magnifique mélodie est un dialogue entre bombarde et cornemuse (tous deux joués par Youenn).
Un morceau qui fait un peu penser à la musique des bagadou.

"la Tarentule" évoque une folle danse de cette "sympatique" araignée, un air dominé par la guitare électrique. "Steren" avec ses nombreux changements de rythmes fait référence à la musique irlandaise où whistle et guitare acoustique se mélangent gaiement.
Enfin "les chants Bothorel" termine tout en douceur le disque par un dialogue entre une flûte basse et une flûte traversière classique.

Il faudra attendre cinq ans avant que Gwendal ne sorte "Pan ha Diskan" en 1994.

gwendal7.jpg Si Paul Faure, Marc Hazon, Michel Valy (ex.Stivell), François Ovide et quelques autres participent à cet enregistement, "Pan ha Diskan" est avant tout une réalisation de Youenn et Robert.
Presque toutes les compositions, tous les arrangements sont de nos deux complices qui se complètent à la perfection.
Robert Le Gall est omniprésent aux guitares, basses, mandoles, violons et à la programmation des claviers.
Youenn lui prend en charge tous les instruments à vent.

Un disque aux couleurs très variées.
La Bretagne bien sûr avec la bombarde dans "Pan ha Diskan" où le très beau titre "Menez Avel".
L'Irlande bien représentée aussi par des titres comme "Data prisa" ou "Erwan O'Clock".
Un morceau comme "Aber drach" assez calme fait un peu penser à L'Italie.
Tandis que des titres comme "N'Douagad" ou "N'Douar" ont eux des consonnances carrément africaines.
Un disque donc très universel.

Après cela, Youenn Le Berre va prendre un peu de distance par rapport à Gwendal.
Robert Le Gall lui va rejoindre pour cinq ans le groupe d'Alan Stivell.

En 1996, Youenn va participer à une création musicale du piper irlandais Liam O' Flynn (Planxty).
En 1997, c'est Niam Parsons, une autre irlandaise qui l'invitera sur un de ses albums.

En 1997, Youenn rencontre les flûtistes Nasredine Dalil et Michel Sikiotatis qui pratiquent
la musique berbère.
Dans une interview, Youenn déclare qu'il a été tré étonné par les similitudes qui existent entre la musique bretonne et la musique berbère.
Nos trois flûtistes forment alors le groupe "Mugar" avec quelques autres musiciens.
Et cette musique est un curieux mélange de traditionnels berbères, de traditionnels bretons et de compositions.
Puis en 1998, formation du groupe "Iguan" avec François Ovide et Robert le Gall.

En 2000, Thomas Bouchérifi-Kadiou, Tony Bonfils et Claude Samard créent le groupe "Krozal" et demandent à Youenn et Robert de venir les épauler.
Krozal propose une musique assez rock en poussant un cri de révolte suite à la marée noire de l' Erika.
Ce groupe qui avait de belles idées musicales et des textes bien sentis se séparera pourtant après un premier disque prometteur.

Hughes de Courson (que l'on a bien connu avec Malicorne dans les années '70 & '80) s'est depuis longtemps reconverti dans la production d'artistes.
Lui aussi cultive un goût particulier pour les mélanges ethniques.
En musique, il a déjà créé "Mozart L'Egyptien" qui mixte allègrement des musiques apparement aux antipodes.
En 2001, il décide de recommencer l'expérience avec "O' Stravaganza" (Vivaldi l'Irlandais !)
Il invite donc une formation classique de musiciens italiens qu'il fait jouer avec des musiciens irlandais. Et invite Youenn Le Berre à jouer du low whistle sur ce disque.
Un résultat assez étonnant !

Après ces expériences multiples, Youenn va revenir à Gwendal en 2005.

gwendal.2.jpg  

"War Raog" (en avant) est le titre de ce dixème cd qui parait 33 ans après la formation du groupe.
Si Robert Le Gall (présent sur quatre titres) a encore un "pied" dans le groupe, tous les autres membres sont nouveaux.
Jean-Claude Philippe est au violon, Ludo Mesnil aux guitares, Jérôme Guéguen aux claviers, David Rusaouën à la batterie et Pascal Sarton (ex. Stivell aussi) à la basse.
Donc une formation assez rock.
Pratiquement toutes les musiques ont été composées par Youenn.

"Joke" est une jig au style bien irlandais. "Gave Hot" est encore un dialogue entre bombarde et guitare électrique. "Gigue O' Low" un air où flûte, guitare et violon dominent.

Puis vient "la Nina del Norte" (la fille du Nord) une chanson très douce qui est la deuxième chanson de Gwendal en 33 ans !
Chanson très bien interprétée par Bénédicte Lécroart qui crée une parenthèse de tendresse dans un disque très rythmé.
La chanson a été écrite en espagnol par Hugues de Courson peut-être pour rendre hommage au public d'Espagne dans lequel Gwendal compte de très nombreux fans ?

Après, le cd reprend de plus belle avec des morceaux très rythmés où tous les membres du groupe y vont de grandes envolées.
Mélange de reel et de rock avec "Skai reel" . Fameuse batterie de david Rusaouën dans "Stand all".  "Suite d'Arrée", une série diabolique d'airs irlandais avec beaucoup de claviers, de violons, de guitares et de whistles.

"War Raog" termine le disque dans une forme de complainte avec de nombreuses variations de la cornemuse et de la guitare de Robert Le Gall.
Pour leur retour, Gwendal proposent vraiment un disque très abouti.

Et pour terminer, une autre petite vidéo de ce TRES grand monsieur de la musique bretonne.




Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 26 janvier 2008
Une

Pourquoi vouloir parler d’un disque qui (bien qu’il n’ait pas pris une ride) est tout de même sorti en 1985 
?

Simplement parce qu’il est extra-ordinaire !


Cette fois sans le chanteur Christy Moore et le guitariste Declan Sinnot, ce quatrième album du groupe est peut-être le meilleur.




D’une coloration plus folk et plus traditionnelle que les précédents. En fait un très bon compromis entre le folk et le rock.















moving2.gif


C’est sûr qu’avec des musiciens comme Davy Spillane (uileann pipes, low whistle) Donal Lunny (bouzouki, bodhran, synthés) , Eoghan O’Neill (basses) soit trois « pointures de la musique irlandaise, ce groupe ne pouvait qu’être bon.


Bien secondés par le saxophoniste virtuose Keith Donald, Declan Masterson
 ( uilleann pipes),


Matt kelleghan (batterie) et Noël Eccles aux percussions ils avaient du répondant.


Que ce soit des airs traditionnels ou de compositions, ce qui frappe le plus quand on écoute Moving Hearts, c’est la qualité des arrangements.


Ceux-ci mettent tellement bien en valeur des mélodies superbes interprétées par des solistes de haut vol.


Donal Lunny n’est bien sûr pas étranger à cela lui qui est passé maître dans l’art de doser les accompagnements jouant toujours les notes qu’il faut là où il les faut.


Comment ne pas aimer aussi les dialogues subtils et animés entre pipes et sax que l’on entend tout au long de ce cd ?


Non vraiment on ne se lasse pas d’écouter les huit morceaux (qui sont en fait 14 !) de cet album fabuleux.


Bien entendu tous les membres de ce groupe ont continué à faire une belle carrière sur la scène irlandaise et même internationale mais quel dommage qu’ils se soient séparés !


Ce disque fût pour moi une étape clé dans la découverte de la musique irlandaise.


Avec « Alan Stivell à l’Olympia » cet album est celui qui m’a le plus marqué dans ma passion pour la musique Celtique.

Ici une version "2007" de "May mornig dew" qui se trouvait sur l'album The Storm.
Davy Spillane y est fantastique au low whistle !
Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise - Communauté : Ma musique celtique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 24 janvier 2008
IL  ME RESTE UN VOYAGE A  FAIRE

Une prière en passant pour tous les voyageurs
Pour tous les pélerins et les marins-pêcheurs
Les routes de campagne et des tonnes d'acier
Qui tous les jours s'envolent et se posent à mes pieds.

Il y a un navire tout en bas dans la baie
L'ancre est déjà levée et il attend à quai.
J'ai aussi un charter pour toutes mes colères
Qui est prêt à partir pour le tour de la terre.

Il me reste un voyage à faire et puis un autre à défaire.
Et je m'endormirai sur les galets
Et je n' partirai plus jamais (bis).

Courir à en pleurer sans regarder derrière
Hurler comme un damné sur le bord de la mer
Suivre les vagabonds, revêtir leurs guenilles
Imiter leur sourire, attendre le matin.

ll me reste un voyage à faire et puis un autre à défaire
Et je m'endormirai sur les galets
Et je n' partirai plus jamais (ter).

yacoub1.jpg

Cette chanson est ma préférée de Gabriel Yacoub.
Elle était sur "Les Cathédrales de l'Industrie" leur dernier album sorti en 1986.
Gabriel a écrit beaucoup de très jolies chanson mais celle-là (tout comme "Je resterai ici") a vraiment quelque chose de particulier.

Au début des années '70 quand j'ai découvert Alan Stivell, j'avais été sous le charme de ce musicien et choriste qui avait vraiment une voix spéciale.
J'avais donc été déçu d'apprendre qu'il avait quitté Alan après l'album "Chemins de terre".
Heureusement, un copain m'a alors parlé du groupe Malicorne...

Né d'un père Libanais et d'une mère Française, Gabriel Yacoub s'est très tôt intéressé au chant et à la musique traditionnelle.
Après l'expérience Stivell cet excellent musicien (guitare, banjo,dulcimer...) s'est intéressé au folk français.
D'abord un premier enregistrement "Pierre de Grenoble" avec sa femme Marie Yacoub (chanteuse et joueuse de vielle) et des amis comme Dan Ar Braz, Alan Kloatr (bombarde) ou le violoniste Marc Rapilliard.
Un disque de musique traditionnelle aux sonorités électro-acoustiques.

yacoub5.jpg

Puis en 1974, la formation de Malicorne avec en plus de Marie, le violoniste Laurent Vercambre et le multi-instrumentiste et chanteur Hughes de Courson.
Une belle aventure qui va durer plus de douze ans.
Un peu moins électrique que Stivell, Malicorne revisite le répertoire traditionnel de France avec un mélange de sonorités modernes et médiévales.
Ce fut pour moi l'occasion de me familiariser à des instruments inhabituels comme la vielle à roue, le cromorne ou le nyckelharpa (sorte de violon avec un archet et des touches).
Quelques années plus tard, le bassiste Olivier Zdrzalik-Kowalski vient renforcer le groupe.
Durant ce laps de temps, Gabriel et ses amis produiront 9 albums originaux jusqu'à la séparation du groupe en 1987.

Ecouter Malicorne fut pour moi prépondérant dans mon apprentissage de la musique folk.
Car ici on ne peut pas vraiment parler de musique celtique puisque leur répertoire s'étend sur toutes les régions de France avec même certaines influences canadiennes.
Un fameux travail de collectage de la part de Gabriel et de ses complices pour resituer les chansons de leur contexte (voir entre autre les pochettes des disques "Almanach" et "Le tour de France d'A.Rousseau qui sont des réalisations magistrales).

Le groupe se lança peu à peu également dans les compositions.

Malicorne était aussi un groupe vocal. Un certain nombre de titres à capella mettent en valeurs leurs grandes qualités de chant ainsi que des arrangements très subtils.
Il faut dire que la voix haut perchée de Gabriel est teintée de beaucoup d'émotion.
Emotion qui est perceptible dans chacune de ses chansons.

yacoub4.jpg

Après la séparation du groupe, Gabriel va poursuivre sa carrière en solo.
Carrière qui prendra deux grandes directions.
D'une part la collaboration avec un nombre très important d'artistes folk venus de tous azimuts (Didier Laloy, Les Gargouilles, Alan Simon, Sylvie Berger...).
D'autre part il se lance dans la création de ses propres chansons.
Si son répertoire s'éloigne de la musique traditionnelle, il n'en est pas complètement détaché pour autant.

Comme il le dit dans la vidéo ci-dessous, la musique trad. ne lui permettait plus de s'exprimer complètement.
Les chansons de Gabriel ont un caractère très personnel tant au niveau des mots que des  musiques qui sont parfois surprenantes.
Au fil des disques, il y a une série de titres qui m'ont beaucoup marqués comme "Bon an mal an" ou "Les choses les plus simples" sur l'album "Bel".
Sur le cd "Quatre", "Le sel et le sucre" et "Ces dieux-là" sont incontournables.
De même "Rêve à-demi" sur le disque Babel qui mélange création et chanson traditionnelle est un titre que j'adore.

En 2003, Gabriel réunit 10 musiciens pour un concert au théatre de Cornouaille à Quimper.
Lui qui d'habitude aime tourner en petite formation avec Gilles Chabenat (vielle) et Yannick Hardouin (claviers-guitares) se lance dans une autre aventure.
Ce concert est une sorte de rétrospective de sa carrière solo avec aussi quelques titres de Malicorne.

yacoub3.jpg

Enregistement remaquable qui fera l'objet d'un double cd "Je vois venir" sorti en 2004.
Un disque à ne pas manquer pour tous les admirateurs de ce chanteur qui sort vraiment de l'ordinaire.
Un musicien qui m'enchante toujours autant qu'il y a...35 ans !



Et je m'endormirai sur les galets et je n'partirai plus jamais...
Par Rakaniac - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Présentation

Derniers Commentaires

Images Aléatoires

Recherche

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus