Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 00:10
Voici à présent d''autres interprètes Bretons qui ne font pas nécessairement (ou pas uniquement) de la musique à danser mais qui utilisent des bombardes, binious et autres cornemuses dans leurs créations.

Alan Stivell avait commencé très jeune par le piano.
Ensuite, émerveillé par le travail de son père Jord Cochevelou qui recréa la harpe Celtique, Alan se mit très vite à l'apprentissage de cet instrument.
Vers l'âge de dix ans, il savait déjà en jouer.
Petit à petit, il allait devenir le virtuose que l'on connait et son influence allait être décisive pour la musique Bretonne et la musique Celtique.
Adolescent, Alan fut membre du bagad Bleimor (loup de mer) où il apprit la bombarde et la cornemuse écossaise.
Arrivé à un excellent niveau, il joua en couple avec son compère Youenn Sicard (Alan à la cornemuse et Youenn à la bombarde).
Ensembles, ils allaient remporter de nombreux concours.


Youenn Sicard

Alan était donc très à l'aise pour intégrer ces instruments dans sa musique.
Les premiers disques d'Alan Stivell nous font donc découvrir une série de sonneurs comme Mikael Klec'h
et Henri Delagarde (également violoncelliste) sur l'album à l'Olympia.
Youenn Sicard lui jouera sur "A Langonnet" , "Raok Dilestra" et "Symphonie Celtique".

Alan Kloatr (biniou kozh, flûte traversière et bombarde) joue aussi sur "A Langonnet" et "A Dublin".
Avec Patrig Sicard (bombarde), Mick Ar Biz (bombarde), Dominique Molard (batterie écossaise), Patrick Molard (cornemuse), Pierre Mayel (cornemuse) ils forment une version réduite du bagad Bleimor que l'on entend sur les albums "A Dublin" et "Chemins de terre".

Après "Symphonie Celtique", Alan se chargera seul des interventions à la bombarde ou à la cornemuse.
Depuis quelques années, il joue aussi de la cornemuse électronique en plus de la cornemuse écossaise.
Un instrument que l'on entend d'ailleurs sur son tout nouveau cd "Emerald" qui vient de sortir en cette
fin octobre.


Ayant démarré au début des années '70, le groupe Tri Yann a également son sonneur en la personne de Jean-Louis Jossic.



Leader du groupe et multi-instrumentiste, Jean- Louis nous gratifie depuis toujours de jolies interventions à la bombarde.
Depuis que Konan Mevel (cornemuses, flûtes, percussions) est arrivé dans la bande, Jean-Louis n'est plus le seul sonneur du groupe.
Dans certains morceaux, il leur arrive de sonner en couple, pour notre plus grand bonheur.


Autre groupe des "golden seventies" , Gwendal dont je vous parle dans mes deux articles consacrés à Youenn Le Berre.
Youenn Le Berre ( Gwendal)
Youenn Le Berre (2)

Non content d'être un extraordinaire flûtiste, Youenn le Berre joue très bien de la bombarde et de la grande cornemuse.
La discographie de Gwendal est très longue et riche de nombreux chef d'oeuvres mais il y a un titre que j'aime particulièrement c'est "Noces de granit" sur l'album "Glen River".
Un titre splendide qui est un dialogue entre une bombarde et une cornemuse.
Youenn joue les deux instruments avec grande maîtrise et ce morceau est orchestré de façon remarquable par Robert Le Gall.
A écouter !

Dans la première partie de sa carrière en solo (les années '80) Dan Ar Braz a beaucoup collaboré avec Patrick Molard (Patrick était encore présent sur le premier cd de l'Héritage des Celtes).
Ensuite, c'est Ronan Le Bars qui est devenu le "piper" du groupe.

Ronan Le Bars a fait ses premières armes au bagad de Guingamp.
D'abord sonneur de cornemuse écossaise, il se met ensuite à la cornemuse irlandaise (uilleann pipe) et devient un des meilleurs joueur de cet instrument en France.
Il joue aussi des whistles et low whistles avec beaucoup de facilité.

Devenu très réputé, Ronan est invité par de nombreux artistes (Gilles Servat, Alan Stivell, Didier Squiban...).
Il a été membre du fameux groupe "Glaz" avant d'être remplacé par un autre sonneur : Loïc Bléjean.
Il a même participé à un disque de Claude Nougaro.



Depuis de nombreuses années il forme un duo avec le guitariste-flûtiste Nicolas Quemener.

J'ai eu la chance de pouvoir un peu lui parler après un concert de Gilles Servat.
Ronan Le Bars est quelqu'un de très sympathique.
Je l'avais félicité pour son talent et parce que j'avais été impressionné par son sens de l'improvisation.
En effet, dans un reportage sur l'Interceltique de Lorient, on le voyait invité par la harpiste Debora Henson-Connant.
Cette musicienne joue dans un style flamenco. Sans rien connaître du répertoire, Ronan était venu sur scène et avait improvisé à l'uilleann pipe. C'était grandiose !
Nous avions échangé à propos de ce concert dont il gardait un très bon souvenir.



Et puisque je parle du F.I.L. , il me plait de signaler l'existence du groupe "Hirio" créé par le festival
en 1995 quand Jean-Pierre Pichard en était encore le directeur.
Formé de six virtuoses, Hirio (aujourd'hui) allait être l'ambassadeur de la musique bretonne et celtique dans le monde.
Marie Annick Lar'hantec en était la harpiste; Catherine Boulogne jouait de l'alto et Stéphane Barbier en
était le batteur.
Alain Pennec (qui a d'abord été sonneur de bombarde et de cornemuse) jouait de l'accordéon diatonique tandis qu'Hubert Raud jouait de la cornemuse et Alain Kermeur de la bombarde.

Hirio joua de très nombreux concerts voyageant de New York à Tokyo en passant par le Sultanat
d'Oman.
Partout, Hirio reçut un accueil chaleureux, faisant partager ses compétences musicales aux publics
les plus divers.
Entre deux concerts, ils ont trouvé le temps d'enregistrer un cd "Troiad ar Bed" (tour du monde) où ils
présentent un répertoire très varié de musiques bretonnes et celtes.


Plus tard, Aurore Bréger a remplacé Marie Annick Lar'hantec et le violon alto a fait place au
chapman stick (basse) de Youenn Landreau.
Durant plusieurs années encore, Hirio a repris l'avion pour enchanter les spectateurs de Shanghai,
Sydney ou Rio.


"Kornog" est un autre groupe important en musique bretonne et celtique.

Considéré comme un des maîtres de la flûte traversière en bois, Jean-Michel Veillon était d'abord un sonneur de bombarde.
Je l'avais découvert dans l'Héritage des Celtes et il a aussi fait partie de Pennou Skoulm, Barzaz et
Celtic Procession.
Dans Kornog, il joue bien sûr de la flûte mais aussi des bombardes dans des tonalités plus graves que
ce qu'on entend habituellement.

Jamie Mc Menemy est originaire de Glasgow et a été membre du fameux "Battelefield Band".
Tombé amoureux de la Bretagne, il est venu s'y installer en 1979.
A la fois chanteur et joueur de bouzouki il fonde Kornog en 1981.
Il fera également partie d'autres groupes comme "Taxi Mauve" ou "Orion".


Ch.Lemaître - J.Mc Menemy- JM Veillon- N. Quemener

Durant la première période du groupe, le guitariste était Soïg Siberil qui a aussi collaboré avec de nombreux autres groupes avant de se lancer dans une brillante carrière en solo.
Depuis que Kornog a été reformé c'est Nicolas Quemener qui tient la guitare dans le groupe.
Nicolas qui a joué avec le groupe irlandais Arcady est ensuite revenu en Bretagne pour rejoindre Skeduz
puis l'Héritage des Celtes.
Il a aussi joué avec Gilles Servat avant de former son terrible duo avec Ronan Le Bars.

Enfin, Cristian Lemaître est le violoniste du groupe.
En Bretagne, il fera partie de Pennou Skoulm, Archetype et Storvan.
Il tournera ensuite avec Celtic Fiddle Festival en compagnie de Kevin Burke (Irlande) et Johnny Cunningham (Ecosse) un groupe qui unissait trois violonistes celtes et un guitariste.

Donc, de solides références pour les musiciens de Kornog.
Leur musique est un mélange de danses et de mélodies bretonnes entrecoupées par les chansons écossaises de Jamie Mc Menemy.
Ils jouent de façon très dynamique et leurs arrangements sont très fouillés.
Je vous les recommande chaudement !


La carrière de Patrick Molard est décidément très bien remplie.
En dehors des groupes déjà cités, il avait formé le groupe "Den"à la fin des années '80.
Jacky Molard, Soïg Siberil, Jean-Michel Veillon plus le claviériste Alain Rouquette avaient formé un quintet
particulièrement intéressant.
Une musique progressive à la fois teintée de rock et de jazz mais qui gardait de profondes racines
celtiques.

Un groupe dans le style de Glaz ou du Gwendal des derniers albums.
Patrick y allait de terribles interventions à l'uilleann pipe ou à la cornemuse écossaise superbement accompagné par ses quatre complices.
"Just around the window" aura été leur seul cd et c'est très dommage car ce groupe "Den" était
vraiment formidable.

Dans ses albums en solo, Patrick invite aussi d'autres sonneurs comme Yves Berthou (bombarde)
ou Mick O'Brien (uilleann pipe).
Toujours des disques à la fois ancrés dans la tradition mais aussi très ouverts à d'autres influences
musicales.


Impossible bien sûr de citer tous les bons sonneurs de Bretagne mais j'aimerais encore signaler
quelques uns.

Depuis un certain nombre d'années, le groupe "Triskell" a opté pour une formule à quatre musiciens.
Pol et Hervé Quefféléant jouent de la harpe celtique et quelques autres instruments.
Patrick Audouin est aux claviers et à la guitare tandis que Mikael Cozien joue de la cornemuse écossaise.
Avant lui, le cornemusier s'appellait Daniel Bicrel.
Et quand ils ont besoin d'une bombarde, les Triskell  font appel à Bernard Quillien le talabarder des
Bleizi Ruz.
Triskell

Dans son disque "Lutum noz", le guitariste Bernard Benoit fait appel à deux sonneurs de bombarde:
Philippe le Balp (des Diaouled ar Menez) et Christophe Caron dont le jeu de bombarde me fait un peu penser à du hautbois.

Le harpeur Dominig Bouchaud à invité Christian Faucheur à jouer de la bombarde sur son cd "L'ancre
d'argent".
Goulven Henaff a joué avec Glaz, tandis que Jacques Beauchamps est le nouveau talabarder des
Sonerien Du.

Et pour conclure, Anthony Masselin est le sonneur de cornemuse du groupe folk-rock "Soldat Louis"
dont la chanson "Du rhum, des femmes..." allait connaître un très grand succès en 1988.


 
Sonneurs de bombardes, de cornemuses et de binious, soyez tous remerciés pour vos milliers de très bonnes notes.
C'est grâce que vous que la musique bretonne vibre si fort dans nos coeurs.
 













 













 




 



Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 23:28
En dehors de la musique des bagadou ou des sonneurs de couple, de nombreux artistes bretons utilisent la bombarde, le biniou ou la cornemuse.
Le début des années '70 sera marqué par l'éclosion des groupes de "fest noz" (fête de nuit).



Fin 1971 à Carhaix, Philippe Le Balp (bombarde, biniou, flûte), Jean-Yves le Core (accordéon) et Bruno le Manac'h forment les "Diaouled Ar Menez" (les diables de la montagne).
Leur répertoire est constitué de danses bretonnes (Plinn, Fisel, Gavottes...) et de chansons en Breton.
Un autre talabarder, Yann Goasdoué, les rejoint bientôt.
Inspirés par la tournée d'Alan Stivell dans leur ville , ils décident de mélanger les instruments traditionnels avec une guitare électrique et une basse.
Peu après le violoniste et chanteur Melaine Favennec débarque dans le groupe ainsi que le bassiste Tangi Le Doré.
Melaine Favennec

Mikael Sohier fera également partie du groupe en tant que sonneur de bombarde.
Deux bombardes qui se répondaient, c'était l'originalité de ce groupe qui jouait de manière très tonique.
Les Diaouled Ar Menez vont très vite remporter un grand succès et tourner dans toute la Bretagne.
Ils deviendront bientôt un des fers de lance du revival breton.
Leur succès les conduira également à l'étranger (Allemagne, Italie, Espagne, Danemark...) et ils tiendront l'affiche de l'Olympia durant une semaine en compagnie d'autres bretons comme les Tri Yann et le guitariste Bernard Benoit.
Après 38 ans et plus de 1500 (!) festou noz, les Diaouled sont toujours aussi entraînants.
Leur dernier disque "Chauffe la Breizh" était sorti en 1997.

link


Autre groupe incontournable de la même époque, les "Sonerien Du" et leur terrible sonneur Yann Goas.
Je vous en parle dans un article précédent.
Sonerien Du




Quelques années plus tard, un autre groupe va marquer les années '80 et '90 il s'agit du groupe "Gwerz" (ballade, récit).
Ce groupe qui réunissait un nombre incroyable de talents fut sûrement un des meilleurs de son époque.
Son répertoire ne se limitait pas à la musique à danser car il y avait aussi une série de chansons qui racontaient des histoires traditionnelles sur des rythmes divers.
Erik Marchand en était à la fois le chanteur et le clarinettiste.
Chanteur traditionnel (dans le même registre que Yann-Fanch Kemener), Erik Marchand n'a pas son pareil pour transmettre des émotions par sa manière de chanter.
Il est aussi très fort dans les morceaux rythmés style gavottes ou dans plinn.
Très éclectique dans sa démarche, il s'intéresse à de nombreuses formes de musiques et de chants, y compris le répertoire des pays de l'Est.

Bruno Caillat en était le percussionniste et Alain Genty (qui collabora avec de nombreux groupes par la suite) le bassiste.

Soïg Siberil était le guitariste de Gwerz. Un des meilleurs musicien de Bretagne dont la réputation a largement dépassé les frontières. Spécialiste de "l'accord ouvert", Soïg va collaborer avec un nombre incroyable de groupes (y compris le groupe Orion en Belgique).
Il jouera entre autre avec Celtic Fiddle Festival (J.Cunningham, Ch.Lemaître, K.Burke).
Tout en réalisant une excellente carrière solo dont les compositions à la fois teintées de jazz et de traditionnel lui feront découvrir d'autres horizons.

Jacky Molard était le violoniste du groupe. Egalement guitariste, ce terrible musicien sera membre d'une série d'autres groupes en Bretagne.
Ses solos de violon sont incroyables et son enthousiasme est communicatif.

le talentueux Youenn Le Bihan était le sonneur de bombarde de Gwerz.
Patrick Molard, lui se chargeait du biniou ou de l'uilleann pipe.
On connait ce musicien de puis longtemps puisqu'il jouait déjà avec Alan Stivell sur l'album à Dublin.
Et qu'il collabora durant plusieurs années avec Dan Ar Braz jusqu'au premier disque de l'Héritage des Celtes.
A n'en pas douter, Patrick Molard est un des meilleurs sonneurs de Bretagne.

Pas étonnant donc que Gwerz ait marqué les esprits à l'époque.



Même s'il n'y a ni biniou ni bombarde dans "Pennou Skoulm", je ne pouvais pas ne pas citer ce terrible groupe de fest noz.
Ils ont aussi été actifs entre 1982 et 1992 puis se sont séparés pour se reformer en 2008 (ils étaient à l'affiche du dernier festival "Les Irlandays").
Patrig Molard (uilleann pipe) en était le sonneur.
Plus Soïg Siberil, Jacky Molard, Jean-Michel Veillon (flûte traversière en bois) et Christian Lemaître (violon).

D'autres musiciens se sont succédés dans Pennou Skoulm comme Etienne Grandjean (accordéon), Patrice Quéré (violon), Frédéric Lambierge (accordéon), Gilles Le Bigot (guitare), Hervé Guillo (flûte traversière),
Ronan Le Bars (uilleann pipe), Jamie Mc Menemy (bouzouki), Yvon Riou (guitare), Fanch Landreau (violon).

Pennou Skoulm, un festival de danses bien martelées et de belles mélodies made in Breizh.




Chef de file de la nouvelle génération des fest-noz-bands, "Ar Re Yaouank" (les jeunes) aura marqué les années '90.
Frédéric Guichen (accordéon), David Pasquet (bombarde), Stéphane De Vito (basse), Jean-Charles Guichen (guitare) et Gael Nicol (bombarde et biniou) pourraient être considérés comme les successeurs des Diaouled Ar Menez.
Des gars avec de l'énergie à revendre et des musiciens d'exception.
En plus, on sent chez eux un amour immodéré pour la musique Bretonne.
Ar Re Yaouank joue à la fois des airs traditionnels et des compositions des divers membres du groupe.

J'ignore pour quelle raison ils se sont malheureusement séparés après quelques albums.
Ils n'ont pourtant pas délaissé la musique bretonne pour autant.
Gael Nicol est allé rejoindre Christophe Jaouen (bombarde) au sein du groupe Angel I.K.
David Pasquet a joué avec Celtic Procession avec le guitariste Jacques Pellen.
Avant de former le "David Pasquet Group" dans lequel il démontre toute sa virtuosité à la bombarde dans une musique qui déborde largement les frontières de la tradition.

Quant aux frères Guichen, ils ont travaillé avec de nombreux artistes (dont Alan Stivell dans "Back to Breizh) avant de former le "Guichen Quartet" avec un percussionniste et un bassiste.
La musique interprétée par Jean-Charles et Fred Guichen est très riche et va dans des directions aussi variées que le jazz, le rock ou le traditionnel.
Des musiciens de haut vol !
link


En musique Bretonne, il y a de très nombreux groupes de fest-noz.
Impossible de les citer tous, d'autant que j'ai pour habitude de ne parler que de ce que je connais.
Que les autres me pardonnent donc.




En écoutant "Karma", on découvre une musique faite d'arrangements subtils et qui a une coloration jazz assez prononcée.
Jonathan Dour (violon) et Yann le Corre sont de fameux solistes.
Corentin Gwen est au percussions, Erwan Le Goff à la guitare acoustique et les sonneurs sont Mikael
Le Bihannik à la bombarde et Etienne Bescond au biniou kozh.
Un groupe qui a une approche vraiment intéressante.




Un style plus "classique" pour le groupe "Skeduz" et son album "Rag ar plinn".
Avec un rôle plus important accordé aux sonneurs, Yvon Lefebvre à la bombarde et Dédé Thomas au biniou.
Ici, principalement des danses de Bretagne ou des danses composées sur un mode traditionnel.
Laurent Dacquay au violon et Ronan Pellen (cistre et violoncelle) entourent les deux sonneurs à la perfection. Un groupe que complète de main de maître le guitariste- flûtiste Nicolas Quemener que l'on a bien connu avec l'Héritage des Celtes ou avec Gilles Servat.




Une interprétation plus cool mais tout aussi agéable pour le groupe "Follenn".
Par leur façon de chanter, ils me font penser aux "Sonerien Du".

Assez bien de variétés au niveau des sonorités puisque les deux sonneurs de bombarde jouent aussi d'autres instruments. Violon et chant pour Yannick Le Sausse, piston, flûte traversière et chant pour
Jean-Philippe Mauras.
Younn Lagadeg (batterie et percussions), Eric Lorgeoux (guitare) et Jean-Michel Mathonnet (piano, claviers et accordéon) se chargent à merveille des autres notes.

Cinq très bons musiciens qui font de cet album "Revenezy" un disque très agréable pour écouter et pour danser.








Enfin, un autre groupe digne d'intérêt les "Bleizi Ruz" (loups rouges) qui existaient déjà dans les
années '80.
Bernard Quillien est un terrible sonneur qui,en plus de la bombarde, joue aussi de la gaita, de la lombarde et du low whistle.
Eric Liorzou joue des guitares acoustiques et électriques ainsi que des claviers. Il s'occupe aussi de la programmation des batteries.



Loic le Borgne est l'accordéoniste du groupe et Ben Creach le bassiste.
Une interprétation plus "moderne" pour ce groupe qui aime mélanger l'électronique aux instruments acoustiques.
Le cd "Pell ha Kichen" est surtout fait de compositions des divers membres du groupe.
Principalement des airs à danser mais aussi des mélodies comme le très beau "Kasadenn".
Un groupe à écouter absolument.

A suivre...














 

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 23:06
J'ai découvert la bombarde grâce aux premiers disques d' Alan Stivell.
J'étais sous le charme de titres comme "An Alarc'h", "An Dro Nevez" ou bien sûr le terrible "Pop Plinn".
Cette sonorité à la fois si belle et si puissante m'interpellait beaucoup.
Au point que j'ai voulu m'en procurer une pour apprendre à en jouer.
Un ami m'avait alors conseillé d'essayer d'abord avec une flûte irlandaise (whistle) car le nombre de trous et la positions des doigts sont les mêmes que sur la bombarde.
Sage conseil puisque l'apprentissage du whistle m'a d'une part donné le goût pour cet instrument et m'a d'autre part aidé pour le doigté de la bombarde.
Pourtant la difficulté se trouve allieurs.
Il faut, en effet, faire plus d'effort pour bien maîtriser son souffle et pour pincer correctement l'anche de la bombarde.
Il y a toute une technique par rapport au positionnement de la langue et des lèvres par rapport à l'anche.
C'est sûr que quand on maîtrise cette technique, c'est moins fatiguant mais il n'en reste pas moins que la pratique de cet instrument n'est pas aisée.
La bombarde bretonne se joue d'ailleurs rarement seul mais plutôt en couple avec un biniou ou une cornemuse ou encore une autre bombarde.
Par contre, lorsqu'on arrive à en tirer des sons, c'est terriblement gratifiant !




La bombarde est un instrument à vent de la famille des hautbois.
Depuis le Moyen-Age, l'instrument était répandu dans l'Europe entière. petit à petit, il a disparu au profit d'instruments plus sophistiqués et moins sonores.
Car la bombarde est un instrument puissant fait pour jouer en plein air.
En Bretagne, la bombarde a subsisté même si elle avait été mise à l'index par l'Eglise qui la considérait comme "instrument du diable".
Pourtant, aujourd'hui encore, il existe tout un répertoire de musiques sacrées (souvent pour bombarde et orgue) qui sont jouées dans les cérémonies religieuses ou les Pardons (sortes de processions).

La bombarde est composée de trois parties.
Le fût ou corps légèrement conique est percé de six ou sept trous.Il y a souvent une clé pour boucher le dernier trou.
Le pavillon, parfois amovible qui est de forme évasée et se trouve a l'extrémité du fût. Il sert à amplifier les sons.
A l'autre extrémité se trouve l'anche double (en roseau) que le musicien fait vibrer en soufflant.
les bombardes sont fabriquées en bois de poirier, de buis, de pallisandre ou d'ébène.

Son registre s'étend sur deux octaves (diatonique).
La tonalité la plus courante est le si bémol mais il existe des bombardes en do, en ré, en sol en la ou en fa.
Trois doigts de la main gauche pour les trous les plus proches de la bouche. La main droite s'occupe des trois autres trous et l'auriculaire appuie sur la clé pour boucher le septième trou.
La note la plus aigüe est obtenue quand tous les trous sont ouverts et ainsi de suite.
Pour faire des demi-tons, il faut boucher la moitié d'un trou.

En Breton, l'instrument s'appelle "ar vombard" ou "talabard", le sonneur de bombarde est donc le "talabarder".

En dehors de la musique religieuse, l'utilisation la plus ancienne de la bombarde s'est d'abord rencontrée au niveau des sonneurs de couple.



Le talabarder jouait en compagnie d'un sonneur de biniou.
le biniou est une petite cornemuse avec un son aigu.
Il est accordé une octave plus haut que la bombarde et est muni d'un seul bourdon (une note d'accompagnement continue).
Depuis plusieurs siècles, les sonneurs de couple parcouraient les villages et sonnaient des airs traditionnels. Principalement des musiques à danser pour des occasions (fêtes, mariages...).
Ils véhiculaient ainsi tout un répertoire qui se transmettait principalement de façon auditive aux générations suivantes car ils utilisaient peu de partitions.
(la transmission orale en a fait de même pour la chanson traditionnelle et le kan ha diskan).
Jean Baron (bombarde) et Christian Anneix (biniou) forment un des couples de sonneurs les plus réputés en Bretagne.

Au début du XXème siècle, diverses associations, des cercles celtiques, prirent consience qu'il était indispensable de préserver le patrimoine de la musique traditionnelle Bretonne.
De nombreux collectages de chants et d'instrumentaux furent effectués dans les villes et dans les campagnes.
De nombreux musiciens amateurs ou professionnels furent invités à transmettre leurs répertoires et de nombreux enregistrements furent réalisés.

C'est à cette époque aussi que furent créés les bagadou.
Calqués sur les "pipe-bands" écossais, les bagadou sont des ensembles musicaux regroupant des joueurs de bombardes, des batteurs qui jouent des tambours et des "caisses claires" et des joueurs de cornemuses.
C'est depuis cette époque que l'on emploie les mots "biniou braz" (grand biniou) pour distinguer la grande cornemuse de Bretagne par rapport au "biniou kozh" (biniou ancien).



Né en 1920 à Guimgamp, Polig Monjarret aura une influence primordiale sur l'expansion de la musique des bombardes et binious en Bretagne.
A la fois collecteur et musicien (violon et bombarde), il crée en 1943 la B.A.S. (Bodadeg Ar Sonerion) c'est à dire l'assemblée des sonneurs.
Ce groupement de musiciens sera à la base de la création des bagadou à la fin des années '40.

Aidé par son épouse (Saig le Foll) il collecte de très nombreux d'airs qui lui sont envoyés par des correspondants. Et publie en 1984 "Toniou Breizh Izel"  soit 2000 airs collectés en Basse Bretagne.
Polig Monjarret jouera aussi en couple avec le sonneur de biniou Dorig Le Voyer.

C'est Polig Monjarret qui a introduit le biniou braz en Bretagne, c'est lui aussi qui est à l'origine du festival interceltique de Lorient.

Gilles Servat a composé une chanson à sa mémoire "Le général des binious".


Autre personnage qui a terriblement influencé la musique des bagadou : Roland Becker.
"Personnage", le mot n'est pas trop fort car Roland est un musicien hors du commun.

Né à Auray d'une mère Bretonne et d'un père Allemand, Roland Becker va très jeune s'intéresser à la musique. Logique puisqu'il y a des musiciens dans ses ascendants (arrière grand-père chef d'orchestre et grand père batteur).
Il apprend la bombarde à l'âge de 11 ans puis le saxophone un an plus tard.
Tout en étudiant la musique classique au conservatoire de Rennes il apprend aussi la contrebasse ainsi que les claviers.
Membre du bagad d'Auray, il transforme ce dernier en orchestre et introduit des arrangements très sophistiqués dans la musique de ce bagad au point de le faire triompher au festival de Lorient.

En vacances dans la région en 1983, j'ai eu la chance de le voir sur scène du côté de Carnac avec le bagad d'Auray, c'était impressionnant !

En 1980, Alan Stivell l'embauche comme talabarder pour jouer dans la "Symphonie Celtique".
Youenn Sicard, Dominique le Boucher et Christian Faucheur sont les autres sonneurs de bombarde invités sur ce disque.

En 1982, Roland Becker enregistre son premier disque "Fallaen".
Sorte de fusion jazz-folk-rock, cet album est plutôt du genre décoiffant !
Toutes les compositions musicales sont de Roland qui se déchaîne à la bombarde, au saxophone, aux synthés ainsi qu'aux percussions.
Bien entouré par onze musiciens (dont Hubert Raud à la cornemuse) qui rivalisent d'ingéniosité pour accompagner le "maître" avec leurs guitare électrique, batterie, cornemuses et autres claviers.
Des titres comme "Fallaen" (Eclipse) ou "Jig a Dreuz" sont vraiment extraordinaires.

A l'époque, j'avais aussi eu l'occasion de voir Roland sur FR3.
 
Bien sûr, ce musicien d'exception n'en restera pas là.
Sorti en 2008, "Chants de la nuit" est déjà son dixième cd.
Durant l'intervalle, Roland Becker a enregistré des disques de fusion dans la lignée de son premier album mais aussi des disques plus intimistes et acoustiques comme "Kof a Kof" (un saxophone et un accordéon) ou "L'Orchestre national breton" (bombarde, biniou, tambour).

En 1994, il sort un livre (co-écrit par Laure Le Gurun) intitulé la musique bretonne, un ouvrage très bien documenté.

Toute sa carrière, Roland Becker aura été à l'écoute de la musique bretonne la plus enracinée.
Les musiques des sonneurs de couple et celles des bagadou ont bénéficié et bénéficient encore de ses recherches et de son immense talent.

Le bagad est composé d'une bonne trentaine de musiciens. Plus ou moins un tiers de sonneurs de bombardes, un tiers de sonneurs de cornemuses et un tiers de percussionnistes.
Les bagadou sont classés par catégorie et disputent de nombreuses compétitions pour désigner les champions régionaux et le chanpion de Bretagne.
 
Alan Stivell a fait ses débuts dans le bagad Bleimor.
Le bagad de Lann-Bihoué a été rendu célèbre par la chanson d'Alain Souchon.

Dans les années '90 l'Héritage des Celtes enmené par Dan Ar Braz a fait connaître au grand public le bagad Quimper.
Deux fameux solistes dans ce bagad :Erwan Ropars qui dirigeait les cornemuses (il est aussi membre du jury au trophée Mac Allan de l'Interceltique) et Jean-Louis Henaff qui dirigeait les bombardes (il accompagna aussi Dan Ar Braz au whistle au concours de l'Eurovision).
Sans oublier un autre sonneur, Ronan Le Bars (cornemuse et uilleann pipe) qui était aussi dans l'Héritage des Celtes.

Le bagad Quimper est même connu au delà des frontières de l'Europe puisque Johnny Clegg, le célèbre chanteur sud-africain a enregistré avec eux.


Ces dernières années, Gilles Servat enregistre souvent avec le bagad Ronsed Mor de Lokoal-Mendon. André Le Meut (virtuose de la bombarde) en est le directeur. Il s'est d'ailleurs produit à plusieurs reprises aux "Nuits Celtiques" du stade de France.

Enfin, chaque année, le Festival Interceltique de Lorient débute par la grande parade des nations celtes.
Spectacle haut en couleurs où défilent de nombreux bagadou accompagnés de danseurs en costumes traditionnels, des pipe-bands et d'autres groupes des divers pays celtiques.
Que du bonheur pour les amateurs du genre.

 








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