Vendredi 20 juillet 2007
Par Rakaniac - Publié dans : Plan du site - Communauté : Ma musique celtique
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Mardi 17 juillet 2007
Frères de harpes


A la fin des années '70, un ami rentré de Perros Guirec m'avait ramené un vinyl du groupe An Triskell : "Kroaz Hent ".
Ce disque fut une belle découverte pour moi.
L'occasion, après Stivell, de découvrir d'autres musiciens qui jouaient de la harpe celtique.
Hervé et Pol Quefféléant frères jumeaux et virtuoses de la harpe n'en étaient pas à leur coup d'essai avec ce disque.
Kroaz Hent (la croisée des chemins) était déjà leur cinquième disque.
Ayant démarré leur carrière à 15 ans, les deux frères de Brest vont écouter une série d'artistes et faire l'apprentissage de nombreux styles musicaux.
En cotoyant les Dubliners, Planxty, Clannad,  Les Chieftains, Alan Stivell, les soeurs Goadec...ils vont se forger toute une série d'expériences celtiques qui enrichiront leur bagage musical.
Plus tard, grâce à René Abjean, ils découvriront la polyphonie galloise ansi que le répertoire classique du harpiste O' Carolan.

En plus de la harpe, Hervé Quefféléant joue aussi de le flûte irlandaise (whistle) et du banjo.
Pol Quefféléant joue également de la guitare acoustique.

Donc des musiciens très talentueux qui au même titre que Kirjuhel, Myrdhin, Marianig Lar'hantec ont emboîté le pas de Stivell pour rendre à la harpe celtique ses lettres de noblesse.
Au passage, une pensée pour Kristen Noguès qui vient de nous quitter et faisait partie de cette génération de pionniers.

En créant le groupe "An Triskell" au début des années '70 les frères Quefféléant vont faire découvrir une musique à la fois subtile et raffinée.
J'ai toujours beaucoup apprécié le mélange de sonorités de leurs harpes cordées nylon ou métal.
An Triskell (symbole celtique ternaire des trois éléments : l'eau, la terre, le feu) deviendra "Triskell" dans les années '80.
Le groupe a toujours gardé une sonorité acoustique ou semi-acoustique.
Une musique de harpes accompagnées de flûte,bombarde, cornemuse, violon, claviers.Avec de temps à autre l'apport d'une guitare électrique, d'une basse ou d'une batterie.

A ce jour, Triskell compte une bonne quinzaine de cd auxquels il faut ajouter une dizaine de participations discographiques pour Pol et Hervé qui ont beaucoup diversifié leurs expériences musicales durant leur carrière.

Trois disques ont d'avantage retenu mon attention.
En 2003, le cd "Telenn Vor" (la harpe de mer) marque leur imprégnation de la mer et de leur ville natale de Brest.
Ce dernières années, Triskell est stabilisé autour de Pol et Hervé, de Patrick Audouin (claviers et guitares) de Mickaël Cozien (cornemuse écossaise).
Des musiciens invités comme Jacky Thomas, Jean-Marc le Sieur, Xavier Lecomte,Céline Destruaut et Ewenn Quefféléant complètent la formation.

Une atmosphère très calme dans ce disque, très mélodieuse aussi.

Avec une série de titres intéressants comme la composition "Telenn Vor" où les harpes se mélangent harmonieusement aux cornemuses et whistles.
Remarquable violon de Xavier Lecomte dans le titre "Carolan's welcome".
"Planxty sweeny" me fait penser à "Give me your hand" un autre titre irlandais.
"Chall ha dichall " (flux et reflux) jolie version mais différente de celle qui était parue en 1976 sous le même titre.
Enfin "Aran" qui est une suite écossaise où se succèdent une berçeuse et un traditionnel des îles Hébrides.Morceau dans lequel le cistre de Jean-Marc le Sieur et le bodhran d'Ewen Queffeleant font merveille.

En 1997, sortie de l'album "Daou".
Un disque très éclectique au niveau de son contenu.
Des morceaux plus rock comme "The black bird", de la poésie comme "Ar men du" du kan à diskan ou même un morceau du folklore Japonais !

Sur ce disque, Hervé,Pol, Mickaël et Patrick sont rejoints par toute une série d'invités.
Entre autre Bernard Quillien le brillant sonneur de bombarde du groupe "Bleizi Ruz". Michel Santangeli (batterie) et jacky Thomas  (basse) qui avaient accompagné Alan Stivell dans  les années '70.  Puis Gweltaz Ar Fur, un chanteur actif lui aussi dans les années '70 et qui maintenant exploite deux librairies "Ar bed Keltiek" à Brest et à Quimper.

Sur une musique de sa composition, Hervé Quefféléant chante "Ar Men Du", un poème de Pierre-Jakez Helias.
les mots irrationnels de ce texte sont très biens mis en valeur par la guitare de Patrick Audouin.
La chorale "Mouez Ar Mor" interprète avec grande maîtrise "Spered Santel" un cantique arrangé par René Abjean.
Une particularité de "Triskell" est d'interpréter de temps en temps un morceau japonais.
On en retrouve quelques-uns répartis au long de leurs albums.
Alain Kervern est le beau-frère de Pol et Hervé. Ce professeur de Japonais a fait découvrir certains rapprochements entre la musique du Japon et la musique celtique.
C'est lui qui chante "Hamabe Nouta".
Autre grand moment de ce cd "Soudard Conlie", chanté en kan ha diskan (chant et déchant) par Hervé et Gweltaz Ar Fur. Une chanson sur l'armée de Bretagne en 1870 dont la mélodie est ensuite reprise par les harpes, guitares, cornemuse et bombarde.
"My Bonnie Moorhen" est une suite écossaise dans laquelle nos deux harpeurs s'en donnent à coeur joie.
"Daou" est un disque vraiment intéressant et varié.

En 1991 parution de l'Albatros Fou".
Réalisé avec le chanteur Gilles Servat ce disque est tout simplement unique !
Gweltaz Ar Fur le qualifie même de "flamboyant" !

En plus des quatre membres du groupe, de nouveau une série de musiciens comme Jean-Christophe Spinosi (violon), Dan Ar Braz (guitares), Patrig Molard (pipes), Bernard Quillien (whistle,bombarde)...qui apportent tout leur talent à ce disque.
A l'exception de deux titres traditionnnels, toutes les musiques de ce cd ont été composées par Pol ou Hervé Quefféléant. Toutes les paroles ont été écrites par Gilles Servat.

Une magnifique collaboration qui a débouché sur une série de chansons remarquables.
Comme "Yawankiz ma bro" ou "La route de Kemper" dans lesquelles le banjo et les guitares ont une sonorité Country.
"Où vont les baisers" est un très beau texte bien mis en valeur par les claviers, le violon et le contrebasse.
On apprécie une fois encore la voix grave de Gilles servat dans "Les joues de Lorient", chanson qui rend hommage au festival Interceltique.
Un autre grand classique est la chanson "Eleanor" que Gilles avait écrite sur la musique d'O'Carolan. La voix de Gilles plus les deux harpes, c'est magique !
Le dernier titre "For Jim McGloughlin" (The foggy dew) rend hommage aux héros de la révolution irlandaise.
Sur un arrangement spécial de Patrick Audouin, Gilles interprète ce chant avec grande maitrise. Gilles Servat a complété le texte avec un couplet personnel qui rend la chanson plus universelle encore.

L'Albatros Fou, un très grand moment de musique Bretonne !


 


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne
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Mercredi 4 juillet 2007
S'il est  vrai que j'ai une préférence pour les sonorités plus acoustiques, de temps à autre, j'aime me défouler en écoutant des groupes plus rock.
Runrig est de ceux-là.
Pourtant, si leur musique sonne très rock, elle sonne aussi très écossais car ils sont fort enracinés dans la tradition de leur pays ainsi que dans la culture gaélique.
Je trouve également que leur façon de chanter à quelque chose d'émouvant.

"Loch Lomond" est ma chanson préférée.
Basée sur une chanson traditionnelle "Bonnie banks of Loch Lomond" cette chanson a été adaptée par Runrig.
Il y a trois musiques dans ce titre, y compris un passage chanté en gaelique.

Voici un extrait des paroles pour le cas où vous auriez envie de chanter avec eux.

By yon bonnie banks and by yon bonnie braes
Where the sun shines on Loch Lomond
Where me and my true love spent many days
On the banks of Loch Lomond...

Refrain :
You'll take the high road
And I'll take the low road
And I'll be in Scotland
before you
Where me and my true love will never meet again
On the bonnie bonnie banks of Loch Lomond...

(Sur tes jolies rives, là où le soleil brille sur le lac Lomond
Là où moi et mon véritable amour passèrent de nombreuses journées
sur les rives du lac Lomond...
refrain : Tu prendras la route du haut
             Et je prendrai la route du bas
             Et je serai en Ecosse avant toi
             Là où moi et mon seul amour ne se rencontreront plus jamais
             Sur les jolies jolies rives du lac Lomond.)   

  

(vous pouvez lire toutes les paroles sur You Tube)
Par Rakaniac - Publié dans : Musique Écossaise - Communauté : Ma musique celtique
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Samedi 23 juin 2007




Planxty live au Vicar Street en 2004






Planxty dans les annnées 1970

De gauche à droite dans les DEUX vidéos Donal Lunny, Andy Irvine,Liam O'Flynn et Christy Moore
Par Rakaniac - Publié dans : Musique Irlandaise
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Mercredi 6 juin 2007

Rock bleu-vert

 

Bleu-vert se dit Glaz en breton.

Mariage du rock (bleu ?) à la tradition (verte ?).

Je l’ignore, mais en tout cas une union parfaitement réussie !

 

Fondé en 1991 par le bassiste Yann Honoré et le guitariste Yves Ribis, Glaz va très vite se tailler une place de choix sur la scène bretonne.

Il faut dire qu’ils ont du répondant avec des gars comme Jean-Claude Normant (claviers), Gérard Macé (batterie) et Ronan Le Bars (uilleann pipe).

Avec en plus la voix magnifique de Nathalie Brignonen.

 

Leur démarche musicale se veut à la fois bretonne et rock.

Leur répertoire s’inspirera donc de la musique traditionnelle mais également de la créativité de ses membres.

 

A partir de 1992, Glaz va se produire sur la scène bretonne et internationale.

Festival inter-celtique de Lorient, Concours de musique celtique à Galway (Irlande), Festival de Glastonbury (Angleterre), Festival de Cornouaille à Quimper… 

Autant d’expériences qui les positionnent au top des groupes bretons durant les années ’90.

 

Et bien entendu dans l’intervalle ils vont enregistrer des albums.

 

En 1993 le groupe sort son premier disque « Glaz ».


Jean-Christophe Boccou a remplacé Gérard Macé à la batterie, les autres musiciens sont restés.

La pochette est très originale avec les très belles illustrations mythologiques de Albert Pennec et Pascal Moguérou.

 

« Tro ha tro » le premier morceau va rapidement devenir un succès.

Composé par Yann Honoré ce titre rock donne de suite le ton.

Beaucoup de basses dans ce morceau et la voix superbe de Nathalie en breton et en anglais…un vrai bijou !

Inspiré par le Barzaz Breiz (recueil de chansons bretonnes) le titre « Mazhin » va plus encore vers le rock.

A écouter pour ses changements de rythme et le son des pipes.

 

« Wisdom » est une composition de Jean-Claude Normant qui chante ce titre.

Les claviers y sont fabuleux et la batterie n’est pas en reste non plus.

Que dire des improvisations de Ronan Le Bars à l’uilleann pipe.

 

« Dagda » laisse une large place aux distorsions de la guitare électrique.

Ce titre prend un moment la forme d’un reel.

 

Dans « Sail Away » (encore une compo.de Yann Honoré) , Nathalie chante dans un style un peu blues un beau texte en anglais.

A noter que Soig Siberil (guitare acoustique) et Kristen Nogues (harpe) sont invités sur ce titre.

On peut également y apprécier un dialogue entre les pipes et la guitare d’Yves Ribis. 

 

Dans l’instrumental « Nerdud » Yves Ribis et sa guitare converse avec la cornemuse écossaise de Ronan.

Au niveau sonorité, ça me fait invariablement penser à un autre duo breton, Dan Ar Braz et Patrig Mollard.

 

Autre morceau traditionnel, « An heni a garan » (celui que j’aime) fait apprécier encore plus la voix de Nathalie toute teintée d’émotion.

 

La qualité des arrangements vocaux (qu’on remarque encore dans un titre comme « Nostalgia ») est aussi une force du groupe.

 

D’autres titres comme « Walk on » (ah l’uilleann pipe quel bonheur !),  « Aquilonia » , « Piw a varn » ou « Bzh fusion » démontrent encore plus les qualités rythmiques de Glaz qui tant aux claviers, qu’à la basse, à la batterie ou à la guitare est servi par des musiciens remarquables.

Quand en plus, un gars comme Ronan le Bars (qui s’illustrera plus tard avec l’Héritage des Celtes) vient y ajouter toute sa virtuosité…il ne faut pas s’étonner que ce disque soit excellent.

 

En 1995, Glaz enregistre son deuxième cd « Ar Gest » avec la même équipe de musiciens.

N’ayant pas ce disque, je ne peux pas en parler.

Mais je désespère pas de me le procurer un jour.

 

En 1996, troisième disque « Holen ar Bed » (le sel de la terre)


Loïc Bléjean à remplacé Ronan le Bars aux whistles et uilleann pipe.

Mais il n’y a aucune différence tant ce musicien est un virtuose, aussi doué que son prédécesseur.

Ce disque est un peu plus traditionnel que le premier et je trouve que les pipes y sont encore plus présentes.

 

Quelques invités aussi sur ce disque : Goulven Henaff, Lionel Guyader, Yann Cariou, Frédéric Samezun et Christian Belhomme.

 

Tout ce beau monde pour neuf titres de toute beauté.

« Pontkalleg » un traditionnel breton chanté avec une grande maîtrise par Nathalie Brignonen.

Pipes et bombarde viennent souligner l’émotion de la mélodie.

 

Beaucoup de basses dans le morceau « Ar Rannou » composé par Yann Honoré.

 

« An dud ar vor » écrit sur un traditionnel irlandais est en deux parties.

Une plus soft avec la voix et le piano, l’autre franchement rock avec la basse qui semble « chanter » elle aussi.

Dans « An amzer dremenet » la cornemuse écossaise rivalise avec les basses et la batterie.

Ce titre devient un moment un reel avant de revenir au rythme original.

 

« An Durzhunel » est un instrumental avec la low whistle en solo.

Jean-Claude Normant fait preuve de grande ingéniosité au niveau de l’utilisation de ses claviers.

 

Autre classique du répertoire breton, « Silvestrig » est interprété de deux manières différentes. une plus légère où guitare et claviers sont un peu « en suspension » et l’autre plus rythmée sous forme de gigue avec l’uilleann pipe et la guitare électrique.

 

L’instrumental « Sailing to Galway » est un traditionnel irlandais.

Violon, pipes et caisse claire s’en donnent à cœur joie, bien soutenus par les autres instruments.

 

Dans « pa oan o pourmen » Nathalie débute à capella de façon remarquable.

Les autres la rejoignent progressivement.

 

Le dernier titre « Holen ar Bed » laisse une place importante aux instruments à vent.

Bombarde, flûte et uilleann pipe entourent la voix de Nathalie dans une chanson assez rythmée.

 

Ce titre sera hélas le dernier du groupe puisque qu’ils ont décidé de se séparer après 1996.

 

C’est très regrettable car avec Glaz, la Bretagne avait trouvé un groupe à la fois moderne et très encré dans la tradition.

Galz était une sorte de pendant breton à des groupes comme Clannad ou Les Corrs en Irlande et Capercaillie ou Run Rig en Ecosse.

 

Heureusement leurs cd subsistent !

 

 

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne
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