Lundi 12 mai 2008 1 12 /05 /Mai /2008 14:30
"Gilles SER-VAT", tel que le présentait Dan Ar Braz dans les spectacles de l'Héritage des Celtes.
Comme pour insister sur l'immense talent de cet immense chanteur.

Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur la biographie de Gilles.
Né à Tarbes, sa famille est d'origine nantaise. Il passe la plus grande partie de sa jeunesse à Cholet (Maine & Loire) et dans la région de Nantes ainsi que du côté du Croisic où vivaient ses grands-parents.
Elève à l'école des Beaux-Arts d'Angers, il se destine plutôt à la sculpture.
Il décide de chanter en 1969 après un séjour sur l'île de Groix où il comprend vraiment où sont ses racines.
Il découvre Glenmor et Alan Stivell et s'installe à Paris. Gilles chantera à la taverne "Ti Jos" tout en rencontrant de nombreux Bretons de Paris.
C'est au début des années '70 qu'il écrit ses premières chansons dont la fameuse "Blanche Hermine" qui sera aussi le titre de son premier disque en 1972.


J'ai découvert Gilles vers la fin des années '70. J'avais acheté une compilation "Bretagne d'Aujourd'hui" qui regroupait quatre artistes. Il y avait bien sûr Alan Stivell, Tri Yann, le groupe Triskell et Gilles Servat.
Cinq titres de Gilles dont la "Blanche Hermine" et "Je dors en Bretagne ce soir".
J'aimais bien sa voix et ses textes mais ses musiques n'avaient rien à voir avec le folk breton-celtique en vogue à cette époque. Par rapport aux trois autres artistes de cette compil. c'était très différent.
Petit à petit, ce fut pour moi une ouverture vers d'autres formes d'expression celtique.
En 1981, j'achetais l'album "Hommage à René Guy Cadou".
Gilles avait consacré ce disque à ce poète de la région de la Loire disparu en 1951.
De très beaux textes mis en musique par Gilles Servat. Gilles chantait de sa belle voix grave avec seulement quelques musiciens (basse, guitare,batterie, flûtes) pour l'accompagner.
René Guy Cadou parlait de choses simples (les amis, les enfants,la campagne)...la vie essentielle (comme disait Gilles), j'amais bien des titres comme "Vareuse de coton" ou "L'enfant du garde".


Quelques années plus tard, j'ai vu une émission télé consacrée à Gilles qui venait présenter son disque "Je ne hurlerai pas avec les loups".
Un très long texte où j'ai découvert son côté révolté. Texte qui me faisait un peu penser à "Hommes liges des talus en transe" (de Paol Keineg) présenté par Stivell sur son disque "Treman Inis".
Donc une autre facette de Gilles Servat, poète mais aussi engagé et militant pour la défense de la Bretagne.

Le début des années '80 marqua la fin de la vague bretonne au niveau international.
Bien sûr, les Servat, Tri Tann, Stivell continuaient à sortir des disques mais il devenait beaucoup plus difficile de se les procurer en Belgique (médiathèques peu fournies, internet inexistant...).
C'est donc seulement au début des années '90 que j'ai re-découvert Gilles Serva
t.


D'abord au travers du cd "L'Albatros Fou" dont je vous parle dans un article précédent.
Triskell

En 1992, Gilles collabore de nouveau avec les frères Queffeléant (harpes celtiques), Patrick
Audouin (claviers et guitares) et Bernard Quillien (whistles, bombardes) pour enregistrer "Les albums de la jeunesse".
Donc une deuxième collaboration fructueuse avec le groupe Triskell pour un disque où participent aussi des musiciens réputés comme Dan Ar Braz ou Jacky Thomas.
Dans ce cd, Gilles ré-enregistre des titres comme "la Blanche Hermine", "Kalondour", "L'île de Groix"...
Ces disques me permettent d'apprécier encore plus Servat puisque ses qualités de chanteur, la poésie ou l'engagement de ses textes sont à présent revêtus d'un "habillage celtique".

En 1993, Dan Ar Braz invite Gilles à participer à un spectacle à Quimper regroupant toute une série de musiciens celtes. L'Héritage des Celtes est né !
Assez discret sur le premier album (il y chante "Me zo ganet e kreiz ar mor" en duo avec Yann-Fanch Kemener) Gilles Servat va prendre une place de plus en plus importante dans l'Héritage. Dans le deuxième album il chante la "Blanche Hermine" avec une telle conviction que ce titre va devenir un des morceaux phares du groupe.
A tel point que cette chanson deviendra un peu une sorte d'hymne national breton.

l'Héritage est pour lui l'occasion de travailler avec des musiciens réputés comme Donald Shaw (Capercaillie) Eogan O'Neill et bien sûr Donal Lunny.
A propos de Donal, il déclare dans la revue "Celtics" : "J'ai appris beaucoup au contact de Donal Lunny. Surtout à alterner les textes et les passages musicaux, à donner de la place à la musique au lieu de tout boucher avec un texte. Ca respire et les musiciens ont du plaisir à jouer".



En 1996, Gilles enregistre d'ailleurs "Sur les quais de Dublin" avec Donal Lunny, Dan Ar Braz, Nollaig casey, Ray Fean, Eoghan O'Neill...tous issus de l'Héritage des Celtes.
un album splendide avec des titres comme "Chantez la vie, l'amour et la mort", "Yezhou bihan" (sur les langues minoritaires), "Men Du"...
Dans une série de titres, la brillante prestation du bagad Lokoal-Mendon qui vient ajouter une coloration profonde et puissante.

Retour dans l'Héritage en 1997 où Gilles chante "Le Pays" (une chanson très poétique) participe au titre "Left in peace" et surtout à "Diwanit Bugale" que Dan avait présenté un an plus tôt au concours Eurovision.


Autres disques en public pour Gilles avec "Touche pas à la Blanche Hermine" enregistré en 1998.  Ronnie Drew, Donal Lunny, John Mc Sherry, Mairtin O'Connor sont présents sur ce cd mais aussi les bretons Christian Lemaître et Nicolas Quemener plus les musiciens habituels de Gilles comme Philippe Bizais, Hilaire Rama et Stéphane Sotin.
Un Gilles Servat en grande forme qui revisite une série d'anciennes et de nouvelles chansons de son répertoire comme "L Hirondelle", "Le moulin de Guérande" ou "Je vous emporte dans mon coeur". Le tout, une fois de plus orchestré de façon magistrale par l'ami Donal !


1998 est également l'année du dernier album de l'Héritage, cette fois au Zénith de Paris.
Gilles nous gratifie encore de belles prestations dans "Dir ha tan" ou "Yezhou bihan" chanté cette fois avec Karen Matheson.


On retrouvera encore une fois tout ce beau monde pour le spectacle "Bretagnes à Bercy" en 1999. En même tant qu'Alan Stivell, les Tri Yann et L'Héritage, Gilles assurera une partie de ce méga-spectacle avec ses chansons (dont "La maison d'Irlande") et ses musiciens.
Avant de venir entourer Stivell pour le final en compagnie de tout les autres.
Rarement la scène de Bercy avait réuni autant de talents "celtiques".



C'est en 2000 que sort l'album "Comme je voudrai", un disque sublime !
Cette fois, il a demandé au bassiste Eoghan O'Neill (une autre pointure de la musique
 irlandaise) de s'occuper de la réalisation artistique...un choix judicieux !
Dans la distribution, des musiciens irlandais mais aussi des bretons comme les talentueux Ronan Le Bars (uilleann pipe) ou André le Meut (bombardes).
Vraiment un de mes disques préférés avec des chansons comme "Erika, Erika", "Comme je voudrai", "Au bord du lac Pontchartrain" ou "Tregont blé zo"  qui sont magnifiques tant musicalement qu'au niveau des mots et de l'interprétation.
"Ar plac'h a garan me" qui se termine avec des cornemuses et bombardes est très émouvant également.
Une très grande cuvée de Servat !



"Sous le ciel de cuivre et d'eau" parait en 2005.
Encore des musiciens réputés comme Nicolas Quemener(guitare), Dominique Molard (percussions) ou Philippe Bizais (claviers) pour entourer Gilles sur cet album.
La chanteuse Nolwenn Korbell (qui avait déjà collaboré avec Gilles aux "Tombées de la nuit) apporte sa superbe voix pour chanter deux titres en duo avec Gilles.
Dans "le Général des binious", Gilles rend un poignant hommage à Polig Monjarret qui a travaillé énormément pour développer la musique des bagadou.
"Sous le ciel de cuivre et d'eau" est un album plus centré sur la Bretagne mais de très grande qualité également.



En 2006, Gilles sort un double album qui retrace en 35 chansons, 35 années de carrière. Pour réaliser ce disque, il avait fait un sondage auprès de son public pour sélectionner les titres devant figurer dans cet enregistrement.
"Je vous emporte dans mon coeur" est donc on ne peut mieux choisi comme titre pour cet album !


Je pourrais encore vous parler longtemps de Gilles Servat tant j'ai de l'admiration pour cet artiste.
j'ai eu l'occasion de le voir deux fois sur scène.
Une fois dans une salle de 2000 personnes.
Une autre fois dans une chapelle de 100 personnes !
C'est celle-là que j'ai préférée. Gilles  y était très simple, il plaisantait avec le public.
Avec lui, Philippe Bizais et un accordéoniste (dont j'ai oublié le nom).
Après le spectacle, nous avons pu échanger avec lui ainsi qu'avec ses musiciens.
En première partie, il y avait deux autres chanteurs : Hélène et Jean-François qui chantaient des chansons du Pays de la Loire et avaient aussi rendu hommage à... René Guy Cadou.



Gilles Servat, un artiste complet qui non content d'être musicien (guitare et bodhran) et chanteur est également écrivain (les Chroniques d'Arcturus) et membre du Gorsedd des Druides.
Gilles Servat enfin, est un amoureux de la nature et des paysages de Bretagne et d'Irlande.
Quelqu'un d'incontournable !

Trois chansons extraites du concert Bretagnes à Bercy


  


Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 23:20
Samedi 12 avril, j'ai eu la chance d'assister à une superbe soirée.
A l'Archéoscope de Bouillon (dans les Ardennes belges) ils avaient eu l'excellente idée d'inviter Yann-Fanch Kemener pour un concert.
Oui, Yann-Fanch Kemener, un des plus grands chanteurs Bretons, était venu faire un tour en Belgique.
Je le connaissais déjà grâce à deux cd enregistrés avec le pianiste Didier Squiban et à sa participation dans l'Héritage des Celtes.
Samedi soir, ce fut encore bien plus intense !

En première partie, l'Académie de Bouillon présentait une classe de jeunes guitaristes qui virent jouer une dizaines de morceaux issus du répertoire celtique.
Ballades irlandaises, danses de Bretagne, mélodies écossaises, tout fut bien interprété par une douzaine de guitaristes en herbe.
Une belle manière de rendre hommage à l'invité du jour qui apprécia leur prestation.


Attablé comme dans un café-théâtre, le public était venu remplir la jolie salle de l'Archéoscope.
Une ambiance feutrée où dominaient les tons de bruns et de rouge qui évoquaient d'avantage l'automne que le printemps.
Aldo Ripoche monta sur scène avec son violoncelle puis Yann-Fanch arriva en souriant.
Yann-Fanch Kemener salua le public en annonçant qu'il allait chanter en Breton.
Si vous ne comprenez pas, dit-il, n'hésitez pas à vous adresser à un de vos voisins qui lui le comprend.
Le ton était lancé !

Et il en allait être ainsi durant tout le spectacle car en plus de l'humour, Yann-Fanch dialogue et entretient une grande complicité avec le public jusqu'à la fin.
Il démarre avec une danse bretonne, l'an dro "Ker-Pondi".
Dès les premières mesures, on peut admirer sa voix remarquable et la façon dont il marque le rythme avec des mouvements du bras et du pied.

J'étais très curieux d'entendre l'accompagnement du violoncelle.
J'avais un apriori car dans mon esprit, cet instrument classique a peu de relief et a des sonorités plutôt tristes.
j'ai très vite changé d'avis.
Aldo Ripoche est un musicien extra-ordinaire.
Bien que de formation classique, il a une manière de jouer à la fois très personnelle et débridée.
Il parvient à tirer des sons incroyables de son instrument qu'il tient en équilibre entre ses jambes.
Il manie son archet de façon très énergique et balance son intrument dans tous les sens.
Dans les morceaux rythmés, il joue également en pizzicato (en pinçant les cordes et sans archet) imitant ainsi la contre-basse.
j'ai donc été très surpris par le registre de cet instrument dont la profondeur convient parfaitement aux complaintes mais qui est également capable de très bien marquer le rythme.


Par sa voix très agréable, Yann-Fanch Kemener nous touche en alternant les chants à danser et les chansons plus graves.
Même si on ne comprend pas, on est envoûté par la chaleur des mots, par l'harmonie des notes et la beauté des arrangements.
Yann-Fanch nous présente aussi le contexte de chaque titre.
Et parfois, il récite des poèmes (comme ce magnifique texte de Xavier Grall) ou bien va jusqu'à nous raconter des contes ou des récits comme celui consacré à St.Yves.
Alternant ainsi les plages en Breton et en Français.

Et le concert se déroule comme un film où le public est captivé par cette voix magique, par cette langue bretonne qu'il finit par apprivoiser, par le jeu formidable de ce violon...celte.

"Kanet Berjelennig" (chantez bergère) sur un rythme d' hanter-dro succède à de superbes mélodies comme "Me zo ganet e kreiz ar mor" (je suis né ou milieu de la mer) ou Keris (la cité d'Ys).


Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises.
Dans la dernière partie du spectacle, Yann-Fanch s'assied pour interpréter une série de "dans plinn". Et "danse" est bien le mot qui convient puisque tout en chantant son kan ha diskan, il marque le rythme en martelant le sol avec ses pieds.
Du grand art, car cela nécessite une belle coordination.
Aldo Ripoche lui répond en utilisant toutes les resources de son violoncelle.
Un très grand moment de musique bretonne !

Des applaudissements nourris d'un public à la fois conquis et émerveillé par tant de talent et de simplicité.
Je suis convaincu que les gens qui ne connaissaient pas Yann-Fanch (c'était le cas des amis qui m'accompagnaient) ont vraiment été très heureux de cette découverte.
A la fin du spectacle, Yann-Fanch salua le public et retourna tanquillement à la table de ses amis.
De nombreux fans virent le saluer et échanger quelques mots avec lui.

Nous sommes restés encore un moment à notre place afin d'un peu prolonger ce moment de musique et de poésie.
Une soirée à la fois envoûtante et magique.

Prolongement :
En quittant, la salle, j'avais déploré avoir oublié d'emporter mon appareil photo pour le concert.
Il se fait que mes amis de Bouillon sont liés avec un des organisateurs qui lui-même est un ami de Yann-Fanch.
Comme Yann-Fanch et Aldo logeaient chez lui, il me proposa de lui demander si je pouvais aller le photographier le lendemain matin.
Et le lendemain, il nous téléphona pour nous dire que Yann-Fanch voulait bien nous recevoir !
J'ai donc eu la grande chance de pouvoir le rencontrer.
Au delà de la photo, Yann-Fanch nous a reçu avec beaucoup de gentillesse.
Nous étions là pour dix minutes mais nous sommes finalement restés une heure !
Intarissable, érudit, philosophe, Yann-Fanch est quelqu'un de très intéressant à écouter.
Passionné par la Tradition, tout ce qui touche à la Bretagne EST sa vie.



A la fois enseignant, écrivain, chanteur il a toujours été plongé dans la musique traditionnelle.
Sa grand-mère déjà était chanteuse, sa mère  et d'autres membres de sa famille aussi.
Yann-Fanch Kemener a utilisé cet héritage non seulement en s'initiant au chant, au kan ha diskan ou à la danse ; il a aussi effectué de nombreux collectages auprès des anciens.

Tous ces collectages (qui datent depuis de nombreuses années en Bretagne) ont permis  de sauvgarder un patrimoine très riche qui sans cela serait tombé dans l'oubli.
Yann-Fanch et les autres, grâce à leur travail d'artisans on contribué à rendre vivante cette langue et cette musique.
Sans concession, sans sacrifier à des formes plus commerciales.
Comme disait Yann-Fanch, la chanson traditionnelle  se chantait autrefois à capella.

Il est sans cesse en recherche de nouveaux arrangements pour sa musique, de nouvelles possibilités d'interprétation.
Il nous a parlé de ses derniers disques : "An Dorn" (la main) en duo avec Aldo et "Dialogues" avec en plus du violoncelle, le piano  de Florence Pavie.
Deux nouveaux cd seront bientôt enregistrés en 2008.
Des tournées à l'étranger (y compris au Mexique !) et bien sûr en France.
Bref de nombreux projets pour cet homme qui avoue manquer de temps pour tout faire et qui déplore que les artistes Bretons soient si mal distribués.

Nous avons pris congé en le remerciant encore de nous avoir accordé de son temps.
Lui et Aldo (également très sympa) dédicacèrent nos cd.

Le souvenir de cette rencontre restera pour moi un moment unique et rare.
Yann-Fanch Kemener, à la fois un très grand artiste et un homme de qualité.


Kanit,kanit berjelennig, kar me gav' bra ho ton
O me reital ma' ho klevan,rejouisa ma c'halon...

link

Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /Mars /2008 00:47

Une série d'anecdotes à propos d'Alan durant les concerts auxquels j'ai assisté.
Pour ceux qui l'ignorent, dans les années '70, Alan avait l'habitude de terminer ses spectacles en descendant dans le public.
Seul à la bombarde ou à la cornemuse, ou bien accompagné d'un ou deux sonneurs, il faisait danser les gens.
Il y avait dans la salle ou parfois même dans la rue, une immense farandole de spectateurs ravis qui dansaient des andros et autres laridés dans une ambiance indescricptible.
Et cela pouvait durer au moins un quart d'heure !
Puis Alan se frayait un passage comme il pouvait en serrant des mains et faisant des acolades à ses fans admiratifs.


public1.jpg

C'est le 14.11.1975 que j'ai eu le bonheur de voir Alan pour la première fois.
C'était  à "Forest National" à Bruxelles (car je vous rappelle que je suis Belge !).
6000 personnes pour acclamer notre barde alors en pleine gloire.
C'était l'époque du disque "A Dublin" avec le fameux groupe composé de Dan Ar Braz, René Werneer, Michel Santangeli, Jacky Thomas et Pascal Stive. Il y avait en plus quelques sonneurs dont Alan Kloatr.
J'avais été très impressionné car voir ce groupe en live, c'était encore bien autre chose que sur disque ou à la télé.
Une ambiance très festive, Dan Ar Braz faisait quelques pas de gavotte en jouant de la guitare électrique.
A la fin,de très nombreux d'entre-nous sommes descendus dans la fosse pour faire une immense chaîne en compagnie de notre idole.
J'aimais déjà beaucoup Stivell, après le concert, je l'adorais encore plus !


Le 31.10.1976, Alan débarque au "Conservatoire" de Liège.
Ici, une plus petite salle, une ambiance plus feutrée sur les sièges rouges du conservatoire.
Deux parties : une assez calme consacrée à des poèmes (du disque "Treman 'Inis") et des chansons plus douces seul à la harpe ou avec peu de musiciens.
Puis une seconde partie plus "électrique" avec tout le groupe.
Le temps d'un morceau, Alan a laissé la vedette à Dan Ar Braz à la guitare "celtique".
A l'époque, les harpes n'étaient pas aussi sohistiquées qu'aujourd'hui et Alan passait du temps à ré-accorder sa "telenn" à cause de la chaleur des projecteurs.
Pour meubler, Alan rassurait toujours le public en disant que ça prendrait moins de temps que Ravi Shankar.
Il faisait toujours allusion à ce joueur de sitar qui ,semblerait-il, mettait beaucoup de temps à accorder son instrument.


jef3_alan_autres_musiciens_couleurs1.jpg
Pourtant à Liège la harpe se désacorda plusieurs fois et Alan un peu énervé laissa échaper un "merde" suivi de "ça veut dire "déjeuner" en Breton qui fit rire toute l'assemblée.
Ces petit contre-temps mis à part, le concert se déroula très bien et Alan descendit dans la foule puis à l'extérieur de la salle pour faire danser les spectateurs.

Un an plus tard, Alan était à l'Europa Saal d'Aachen (Allemagne) le 22.11.77.
Salle magnifique avec des gradins placés sur des niveaux différents.
Ponctuels les Allemands, quand un spectale est programmé à 20 heures, il commence à 20 heures précises !
Ponctuels et très organisés. C'était l'époque de "Raok Dilestra" qui raconte les grandes étapes de l'Histoire de la Bretagne. Ils avaient prévus une traductrice quand Alan présentait ses morceaux. Ce qui ne l'empêcha pas un moment d'annoncer "eine grösse dans plinn" !
Dans la salle, il y avait quatre francophones qui criaient : "pas besoin de traduire !".
A la fin, Alan est sorti à l'extérieur en jouant de la cornemuse.
Il y avait tout un atroupement autour mais personne n'osait
l'approcher vu la barrière de la langue. J'en ai donc profité en lui disant que ce devait être difficile de jouer seul pour faire danser les gens. Il m'a répondu : "t'as pas une bombarde ?" Et nous avons encore échangé quelques mots. Dire que j'avais une bombarde à la maison et que j'aurais peut-être pu jouer avec lui !
Ce fut pour moi un moment inoubliable...j'avais vingt ans...je LUI avait parlé...j'étais fou !

jef2_alan-chien.jpg
le 05.04.79, Alan est Belgique pour le disque "Tournée Internationale" avec un tout nouveau groupe dont la bassiste Michel Valy, le guitariste Mark Perru, le violoniste Patrick Kerre et le flûtiste virtuose Chris Hayward.
J'avais une grande admiration pour ce musicien qui donnait une coloration un peu jazz à la musique de Stivell.
C'est au centre culturel de Seraing (près de Liège) que j'ai assisté à ce concert qui était de très bonne qualité mais un peu court.
Cette fois Alan n'est pas descendu dans le public, l'horaire été assez serré car il y avait un autre chanteur après.

Alan s'est ensuite lancé dans l'écriture de la symphonie celtique.
Puis d'autres disques ont suivi même s'il y a eu une grosse éclipse discographique entre 1985 et 1991.
Pour des raisons diverses (Alan est moins venu en Belgique à partir de 1980...) je n'ai plus assisté à de concert de Stivell pendant plus de 15 ans !
Bien sûr, j'ai continué d'acheter ses disques dans l'intervalle mais il était moins présent dans mon esprit.


J'étais donc tout heureux de me rendre au "Botanique" de Bruxelles le 28.11.95 pour revoir l'idole de ma jeunesse.
Tout nouveau groupe bien sûr pour cette tournée "Brian Boru".
Une formation très rock avec déjà Pascale Leberre aux claviers et Khifa Rachedi aux percussions.
Et aussi pour moi le grand bonheur de voir que Robert le Gall (Gwendal) avait rejoint Stivell.
"Celui-là, il est terrible" avais-je dit à la personne qui m'accompagnait lorsque j'ai vu Robert monter sur scène pour jouer "Cease Fire" au violon.
Si Alan avait changé physiquement, il n'avait rien perdu de son talent.
De son humour non plus. A la fin d'un morceau à la bombarde il se mit à improviser puis à jouer "Petite Fleur" de Sydney Bechet...du grand art !


jef3_alan_fan_club_gris.jpg

Dans la foulée, Alan est invité aux Francofolies de Spa le 19.07.1996.
Cette fois Pascal Sarton (basse) et Christophe Galizio (batterie) sont venus rejoindre les autres pour donner une allure définitive à ce troisième groupe Stivell.
Ces musiciens resteront avec Alan jusqu'en 1999 pour le mémorable "Bretagnes à Bercy".
Excellent concert dans un Casino de Spa bien rempli.
J'avais à cette occasion remarqué qu'Alan avait légèrement modifié les paroles de "Brezhoneg Raok".
Après le concert, entre-acte puis il y avait un autre chanteur.
Nous écoutons deux ou trois chansons mais ça ne nous plaisait pas du tout.
Nous décidons alors de partir et d'aller boire un verre au bar.
Quelques minutes plus tard, quelle ne fut pas ma surprise de voir Alan qui se dirigeait vers nous pour rejoindre sa loge.
Je me suis permis de l'aborder pour lui exprimer toute mon admiration.

Il fallait marcher dans un couloir puis decendre des escaliers. Bien sûr Alan ne s'attendait pas à voir un fan si longtemps après le spectacle...mais il a gentiment répondu à mes questions tout en marchant.
En bas de l'escalier d'autres personnes l'attendaient pour le photographier et il s'est prêté au jeu.
C'était là mon deuxième coup de chance avec lui.

 




 J'ai ensuite revu Alan en novembre 1998 à l'Ancienne Belgique de Bruxelles.
Toujours avec les même musiciens à l'occasion de la tournée de l'album "1 Douar".
Sur le disque,la chanson "A united earth" est chantée avec Youssou N'Dour.
Alors Alan s'est empressé d'excuser l'absence de Youssou qui "n'avait pas su venir cette fois du Sénégal" !
Du coup, l'ambiance était lancée et Alan se débrouilla fort bien pour chanter ce titre seul.
Un très bon concert avec une équipe très bien rôdée. Ce groupe "Stivell" N°3 était d'un très haut niveau !

le 21.03.2000, je suis retourné voir Alan au Centre Culturel de Seraing.
Soit environ vingt ans après son premier passage à cet endroit.
J'avais conservé l'affiche de 1979 et je me suis procuré une de cette tournée "Back to Breizh". J'ai trouvé amusant de les coller côte à côte sur un mur de mon bureau.
C'était la toute première fois que je découvrais de nouvelles chansons d'Alan car le cd n'était pas encore sorti chez nous.
Cette fois Alan était accompagné par seulement trois musiciens : un batteur, un bassiste et un guitariste (Xavier Geronimi).
A noter que le bassiste (Marcel Aubé) jouait aussi d'un étrange violon chinois.
J'ai de suite été sous le charme de chansons comme "Vers les îles et villes de verre" ou "Rêves" ou encore "Back to Breizh.
Un bon concert, bien accueilli par le public dans lequel on voyait flotter à gauche et à droite des drapeaux "Gwenn Ha Du".
Après le spectacle, quelle ne fut pas ma surprise de voir Alan arriver au bar et se commander une bière.

Tout de suite reconnu, il fut rapidement entouré par ses fans et se livra à une séance d'autographes improvisée qui dura plus d'une demi-heure !
Il fallait faire la file pour lui parler.

Un jeune devant moi lui disait avoir été impressionné par sa voix dans la chanson "Rêves".
Lorsque mon tour arriva, je fis dédicacer à Alan l' affiche dont je m'étais emparé et il signa sur la photo de son
crâne.
Je pu de nouveau lui dire quelques mots et lui demander les nouvelles paroles du refrain de "Brezhoneg raok".
Alan fut vraiment gentil avec tout le monde et n'eut même pas le temps de boire sa bière.


publics2.JPG

Outre son site officiel, il y a sur le net des sites très intéressants qui sont consacrés à Alan Stivell.
Je vous avais déjà parlé de Harpographie

www.harpographie.fr/

En 2005, j'allais régulièrement sur un autre site très bien réalisé :link
(autrefois appelé "Alan Stivell, un musicien une oeuvre").
Ce site propose entre autre une série de reportages sur les concerts d'Alan.
Comme nous avions échangé de nombreux mails, les créateurs de ce site m'avaient proposé de faire un reportage sur le concert d'Alan à Bruxelles.
C'est sur la Grand Place de Bruxelles qu'Alan s'est produit dans le cadre du festival Eu'ritmix le 19.08.05.
Un concert assez complet avec une série de titres de la tournée "Au delà des mots" et bien sûr des anciennes chansons.
Vous pouvez lire ce reportage ici
link



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