Dimanche 12 octobre 2008
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Didier Squiban est né en 1959 à St. Renan près de Portsall et pas très loin de l'île de Molène.
Il commence à apprendre le piano dès l'âge de neuf ans auprès du curé du village.
Puis Pierre-Yves Moign sera son premier professeur.
Didier aura aussi la chance de disposer d'un piano à queue à la maison.
Après avoir charché sa voie, il s'orientera tout naturellement vers des études de musicologie.
Il sait à ce moment qu'il sera musicien et rien d'autre.
De formation classique, il va découvrir le jazz vers l'âge de 18 ans.
Quelques grands noms comme Duke Ellington, Bill Evans... feront partie de ses références; au même titre que Debussy ou Eric Satie pour le classique.
Devenu professeur de musique, il fait partie d'une série de groupes comme "Jazz Forum" ou "Sirius".
Amoureux de la Bretagne et de ses paysages, il s'intéresse beaucoup à la culture musicale de son pays.
Peu à peu, son style sera à la fois influencé par le classique, le jazz et le celtique.
Le fait d'être enrôlé dans l'Héritage des Celtes" de Dan Ar Braz le fera entrer par la grande porte sur la scène bretonne.
C'est dans ce spectacle qu'il va renconter Yann-Fanch Kemener et cette rencontre sera capitale pour Didier.
Car Yann-Fanch lui fera découvrir en profondeur toutes les nuances de la musique traditionnelle.
Leur collaboration débouchera d'ailleurs sur trois albums.
Yann Fanch Kemener ne cessera d'encourager Didier à travailler dans cette direction.
Un peu plus tard, Didier rencontre Gilles Lozac'hmeur à la fois passionné de jazz et directeur de "LOZ" qui produit des disques bretons.
Didier signe alors pour cette maison de disques.
Didier Squiban crée alors "An Tour Tan", un rassemblement qui regoupe divers musiciens comme Jean-Michel Veillon, Alain Genty, Gilles Le Bigot...qui produisent leur premier album "Pen-Ar-Bed" en
1996.
Ensuite, Didier décide de s'embarquer sur l'île de Molène là où vivaient ses grand-parents.
Et c'est sur ce magnifique îlot de la mer d'Iroise qu'il va trouver l'inspiration pour composer les dix-huit titres de l'album "Molène".
C'est aussi grâce à l'Héritage des Celtes que j'ai découvert Didier Squiban.
Sur le deuxième album, il accompagnait Gilles Servat dans la célèbre chanson "Eleanor".
Voulant en savoir d'avantage, je me suis procuré deux disques du duo "Kemener-Squiban" et j'ai très vite été sous le charme.
Un peu plus tard, un ami m'a alors prêté "Molène".
Au départ, j'étais un peu réticent car un disque, avec rien que du piano, je craignais un peu la monotonie.
J'ai très vite changé d'avis !
Dès les premières mesures, j'ai de suite accroché à la musique de Squiban !
Il y a une telle densité dans ses morceaux que le piano à lui seul parvient à remplir tout mon "'espace auditif".
En plus, un instrument d'une sonorité magnifique qui donne un relief incroyable à toutes les notes qu'il joue.
Dès les premières notes de "Ar Baradoz" on est étonné par la recherche qu'il ya dans son interprétation.
Cela se confirme dans la "Suite d'An Dro" où le style est à la fois fouillé et ornementé.
"Ledenez" est pour moi très émouvant avec ses envolées de notes et ses improvisations.
Vient alors "Kost ar Ch'oat" (morceau que j'avais entendu sur Stivell à L'Olympia").
C'est pour moi le sommet de ce disque !
Cette danse bertonne interprété en jazz avec la main gauche qui maintient un rythme implacable et la main droite qui y va d'innombrables variations autour du thème central.
Et le disque se poursuit sur un niveau très élevé.
Avec une successions de morceaux de grandes qualités, tantôt plus lents, tantôt rapides.
Nouvelles envolées (Tri Men), cascades de notes (Enez Euza), émotions (ker Eon), majestueux (An Oed), apaisant (Bannec).
"Molène" est un disque vraiment très raffiné.
A noter enfin que ce cd (et les suivants) est très richement illustré par un livret de photos de Michel Tersiquel. Photographe remarquable qui nous offres de superbes images de la Bretagne.
link
Un petit lien pour un très beau site consacré à l'île de Molène et dans lequel on parle aussi de Didier Squiban
En 1999, Didier enregistre "Porz Gwenn", un nouvel album de variations pour piano solo mais
il s'agit d'un disque que je ne connais pas.
En 2001, troisième album de cette trilogie avec "Rozbras".
Douze images pour piano, des compositions teintées ça et là de colorations bretonnes.
Toujours en osmose avec le jazz (Chanson du pays de Redon, Ridées...), Didier démontre une fois de plus la souplesse de son jeu.
Avec parfois des appuis au milieu du temps comme en musique traditionnelle.
Un jeu toujours aussi imaginatif, riche en improvistions comme dans l'image N°12 en hommage à Alain Pennec.
Evocation aussi de la chanson de Glenmor "Princes entendez bien" dans laquelle Didier y va de nombreux accords.
Rozbras, un splendide voyage.
Au fil du temps, la renommée de Didier Squiban ne s'est pas limitée à la Bretagne.
Depuis de nombreuses années, il a entammé une carrière internationale avec des destinations aussi exotiques que l'Asie et le Moyen-Orient.
Une douzaine de disques déjà à son actif auxquels il faut ajouter les enregistrements avec d'autres artistes (Yann-Fanch Kemener, Manu Lann Huel...)
Autre disque en 2003 "Ballades".
La Bretagne bien sûr pour influencer ses compositions mais aussi des destinations plus longtaines comme Marrake'h, Istamboul, Pékin ou l'Indonésie.
Influences musicales particulièrement présentes dans "An dro an Douar".
Dans ce titre, Didier Squiban fait aussi allusion à une certaine "Suite Sud Armoricaine"...
Dans "Gwerz pour Julien", une évocation de danses traditionnelles, un chapelet de notes joué par une main droite...diabolique.
Dans
"Dublin" des accords majeurs et une interprétation très solennelle de "Eleanor" de Gilles Servat.
Dans "Angelus", le jazz se fait plus rythmé pour revisiter quelques danses bretonnes.
Enfin, toujours le même balancement animé par une terrible main gauche dans le titre "Glasgow".
Neuf titres, neuf "ballades" qui nous emmènent dans un univers musical...divin et infini.
Et pourtant...
Mon père avait été pianiste de jazz dans un groupe amateur.
Il ne s'était jamais intéressé à la musique celtique.
Pourtant, quand je lui ai fait découvrir Didier Squiban, il a de suite été sous le charme.
"Quel pianiste !" me disait-il souvent.
Cette passion commune était un lien supplémentaire entre nous.
A tel point que, après son décès en 2006, j'ai eu très difficile de ré-écouter la musique de Squiban.
Et cela a duré de très longs mois...
Cette année, j'ai pourtant acheté "La Plage" qui était sorti en 2006.
Nouvel enchantement !
Changement radical puisque cette fois, Didier est accompagné par Bernard Le Dréau (saxophones), Simon Mary (contrebasse) et Jean Chevalier (percussions, batterie).
Petite formation jazz donc pour ce cd qui n'est pas une première dans ce style.
Didier avait déjà enregistré trois ou quatre autre disques avec ses amis jazzmen.
Douze nouvelles compositions pour ce cd aux couleurs estivales et marines.
D'emblée, on constate que Didier s'est entouré d'accompagnateurs hors pair.
Déjà dans "Kostan", le saxo de Bernard Le Dréau est très présent.
Et dans "Enez Plat" la contebasse de Simon Mary est tout aussi remarquable.
J'aime beaucoup aussi le jeu de batterie de Jean Chevalier dans "le café de l'ancre".
"Ar zer du, ar zer vras" est une composition pleine de variations où se mèlent joie et nostalgie.
Là aussi le saxophone est particulièrement brillant.
L'air de "Enez Melban" me fait un peu penser à "Maro ma mestrez" qu'il joue d'ailleurs plus tard sur le disque. Coup de chapeau à Jean Chevalier pour les percus.
"Riouzig" est une sorte d'aboutissement, une composition brillante interprétée avec grande maîtrise par Didier.
"La Plage" est inspiré par les danses bretonnes.
Deux saxos endiablés qui dialoguent avec le piano très bien soutenus par la conterbasse et les drums. Ou, comment transposer de la musique bretonne vers le jazz selon la recette d'un certain
Squiban.
Comment ne pas être charmé par l'imaginaire véhiculé dans "Petit air marin" ou avoir envie de bouger grâce au swing d'un morceau comme "Da lech all" ?
"la Plage", un tout bon disque que je ne puis que recommander à tous les amateurs piano, à tous les amateurs de jazz, à tous les amateurs de musique.
Un disque qui me donne également l'envie de m'en procurer d'autres car quatre c'est bien... mais ce n'est pas assez !
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Par Rakaniac
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Publié dans : Musique Bretonne
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En tant que pianiste de longue date, j'adore Didier Squiban ! Je l'ai vu à Bercy en 2005 ou 2006, malheureusement la salle ne convenait pas trop ... Alors j'attends de pouvoir l'écouter dans une atmosphère plus intimiste ! :)
Le site mentionné : www.molene.fr est en effet à visiter car ensuite on est pris d'une envie irrésistible de visiter pour de bon cette petite île de rêve...
Pour infos d'actualité : Didier a poursuivi l'expérience Jazz avec L'ESTRAN, sorti en 2009, qui reprend la même formation que La Plage, à l'exception du saxophoniste, supplanté par un flûtiste et un trompettiste (et le pupitre des percussions est complété par un autre nouvel arrivant).
Il se produit aussi en collaboration avec un groupe de musiques actuelles, Sheer.K, donnant lieu à un mélange musical unique...