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MUSIQUE CELTIQUE : MA
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Je vous ai déjà parlé de Claude dans deux articles précédents
Comment j'ai découvert Claude Besson
L'Argoat, la Bretagne intérieure, est parsemée de chemins creux. Des sentiers où la nature a repris le dessus et qui sont parfois source d'inspiration de l'imaginaire de ceux qui les
empruntent.
Un peu comme des chemins creux, les sillons de Claude Besson nous conduisent dans un univers teinté de poésie et de mélodies très agréables.
Hormis le titre "Kenavo Prizon Paris" entendu à la radio, la première chanson que j'ai écoutée fut "Mon ami Pierre du
Québec". J'ai directement accorché à ce titre.
Une superbe musique ornementée par le piano, un texte posé à propos de l'amitié avec des mots qui sonnent tellement juste, qui sonnent tellement vrai.
Après tant d'années, ce texte reste un de mes préférés.
J'avais envie de le partager avec vous.
Mon ami Pierre du Québec
Mon ami Pierre du Québec
Je ne te connais pas.
Mais j'ai dans ma bibliothèque
Tant de lettres de toi.
Que s'il fallait que je raconte ton visage
Crois-moi je n'aurais pas bien honte du voyage
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit,
Comme ces lettres, Pierre que tu m'écris.
Si ton pays n'en est pas un
Il n'en existe aucun,
A le chanter son doux parfum
Chatouille tant mes reins
Que s'il fallait que je raconte ses rivages
Le Saint-Laurent n'aurait pas honte du voyage
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres Pierre, que tu m'écris.
Parfois mon pigeon voyageur
Ne joue pas au facteur
Et mon ami Pierre se meurt
Le temps de quelques fleurs,
Mais c'est une amitié si forte et sans ombrage
Que très souvent le vent me porte son image
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces letttres, Pierre que tu m'écris.
Etre une outarde ou un dauphin
Qu'importe le moyen
Un jour je prendrai le chemin
Partagerai ton pain.
Et l'île aux Coudres et les Sorel et les Erables
On en fera des aquarelles incomparables
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres, Pierre que tu m' écris.
Celui qui a fait la chanson
Il est bien loin de toi.
Il est dans le pays breton
Entre océans et bois.
Et si tu quittes un jour ta rue Adélaïde
Viens je te dirais les talus couverts de rides.
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres Pierre, que tu m'écris.
(Claude Besson, 1980)
Après avoir entendu ce titre, j'étais on ne peut mieux disposé pour découvrir le restant de cet album N° 3 de Claude. Je
fus vraiment sous le charme en passant de titre en titre.
Des chansons comme "Kenavo Prizon Paris " (à propos de son retour en Bretagne) ou "La Bienvenue, la Malvenue" sont restées mes préférées. Mais ce disque dans son entièreté vaut vraiment le
détour.
"Ile de Sein", "Quel Fléau ce fléau", "Plus de mari pour Marie"...autant de petits bijoux qui brillent tant par leur poésie que par leur musique.
Certains font des comparaisons avec Brassens (son idole). Un Brassens de Bretagne qui de sa belle voix nous raconte des histoires parfois avec humour (Le Paysagiste de St.Denis) et surtout avec
tendresse.
Vu qu'il n'est pas toujours évident en Belgique de se procurer les disques de chanteurs moins biens distribués, j'ai dû
me contenter de ce vinyl durant une vingtaine d'années.
Depuis 2005, grâce à internet, j'ai pu prendre contact avec lui et acheter ses cd via son site.
J'ai découvert également son parcours.
Après ses études en électronique, Claude Besson s'est installé comme luthier à Paris dans le quartier St. Denis.
Virtuose du dulcimer et du pasaltérion il apprend à jouer d'autres instruments de musique.
Et quand il n'en joue pas...il les fabrique.
C'est à cette époque qu'il écrit ses premières chansons et commence à se produire dans des maisons de jeunes.
Il fréquente le Hootnany (célèbre salle de Lionel Rocheman où on donne sa chance à de jeunes artistes) et se fait remarquer par un producteur, Nicolas Péridès.
C'est à partir de 1972 que sa carrière va donc démarrer et que les Productions Péridès vont l'aider à produire ses disques.
Six disques entre 1972 et 1992.
Deux instrumentaux qui mettent à l'honneur le dulcimer et le psaltérion (le premier recevra d'aileurs le grand prix de l'Académie Charles Cros).
Quatre 33 tours avec des chansons.
Des extraits des trois premiers albums seront regroupés sur le cd "20 chansons" paru en 1993.
En plus de sept titres de l'album chansons N°3, l'occasion pour moi d'en découvrir treize autres tout aussi beaux.
"Kerouze", une chanson très mélodieuse à propos du village de Bretagne où il est venu vivre à son retour de Paris.
"Damdidalididam", qui est son premier 45 tours, une version personnelle des "Prisons de Nantes" où le dulcimer est très présent.
Autre titre que j'aime bien "Menez Du" sur une musique un peu envoûtante.
"Les amours d'artisan" évoquant le savoir-faire et avec un regard dans le rétro pour son travail de luthier.
"Les chansons de nos veillées" qui nous rappelle quelques chansons traditionnelles.
"N'oubliez-pas l'Armor" sur une très belle mélodie. On y entend quelques mots de breton ce qui est peu fréquent dans les chansons de Claude.
En 1994, Nicolas Péridès édite une compilation des deux disques instrumentaux en un seul cd.
Ce "Besson instrumental' met donc à l'honneur le dulcimer et le psaltérion.
Instrument diatonique à cordes pincées, le dulcimer se tient sur les genoux.
De la même famille que l'épinette des Vosges, il possède quatre cordes et peut se jouer en arpèges (picking) ou avec un médiator.
Depuis le Moyen-Age, le psaltérion est de forme triangulaire et se joue avec un archet.
Celui dont joue Claude Besson possède 26 cordes.
Mais la taille de l'instrument et le nombre de cordes varie selon qu'il est soprano, alto, ténor ou basse.
Jean-Louis Jossic (des Tri Yann) en joue également.
Claude joue aussi du dulspinet qui est une sorte de dulcimer avec des cordes supplémentaires pour faire des effets de réverbération.
Une série de morceaux intéressants sur ce disque comme "Viviane", "La ronde des korrigans", "Passe-moi ta godasse" ou "Kan ar Soazig".
Claude nous fait admirer ses qualités d'instrumentiste, bien épaulé par Mikael Maosan (fiddle, mandoline), Hamadi Ali (guitare acoustique), Hubert Varron (violoncelle) et Emile Mayousse (cor
anglais).
En 1985, Claude sort son quatrième album de chansons (Espérance, espérance) qui sera réédité en cd en 1998.
De très bon titres dans cet album où Claude est un peu plus contestataire au niveau de ses textes comme dans "La fille de Lorient", dans "Espérance, espérance" ou dans "Faut pas rêver".
"Les deux arbres à chanson " est également très bien écrite et fait clairement penser à Georges Brassens.
Dans ce disque Claude joue de la guitare et un peu de claviers.
Jean-Paul Battailley, Hubert Varron, Bernard Wystreate, Sauveur Malia, Serge Eymard, Hubert Guillo, France Bihannic et Louis Capart participent à cet enregistrement.
Pas de version vinyl pour "Baladin, Baladine" qui sortira directement en cd en 1995.
Style un peu différent au niveau des orchestrations pour ce nouvel opus.
Mais Claude Besson y reste égal à lui-même c'est à dire excellent.
De nouveau, je suis sous le charme d'une série de chansons tant pour leurs musiques que pour la magie de leurs textes.
Poésies souvent imprégnées d'humour ou de contestation mais sans démesure.
"Mon inspecteur des impôts", "Chanson pour Jean-marie Koltès", "Mon père", "Adieu nos espérances", "Les deux quais" sont celles que je préfère.
En 2003, Claude décide de réenregistrer chez lui une série d'anciennes chansons.
"Made in Kerouze" est donc un double cd contenant 35 titres.
Sur le livret, il n'est pas précisé si Claude Besson s'est fait accompagner par des musiciens.
Mais sur ce disque, on entend une série d'instruments (guitares, claviers, dulcimer, psaltérion, basse, percussions). Notre diable d'homme serait capable d'avoir tout joué lui-même !
J'aime bien aussi ces nouvelles versions.
Une série de découvertes ("Marine", "Le grand-père","L'automne"...) parce que je ne connais pas les deux premiers albums.
Puis le plaisir de redécouvrir les chansons plus anciennes avec d'autres arrangements, d'autres instruments.
Sans les citer tous, c'est sûr que "Ile de Sein", "Le chiffonnier", "Mères noires", "Je te donne le droit" sont particulièrement bien réussis.
Une mention spéciale enfin pour "La bienvenue, la malvenue" qui reste pour moi un sommet tant par sa musique que par ces paroles.
Ce magnifique poème avec ça et là des séries de quatre rimes, c'est tout simplement du grand art !
...Moi je n'ai cure
Des guipures
Des ceintures
Des parures
Y'a des amours
Qui durent toujours
Même sans velours
Toi tes hardes
Bien qu'elles gardes
Leurs lézardes
Je les garde
Y'a des amours
Qui durent toujours
Même sans velours...
Ecoutez plutôt !
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