Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 19:25
On pourrait considérer Louis Capart comme le "frère" de Claude Besson.
Car c'est vrai qu'il y a une série de points communs entre le chanteur sénan et le barde de Kérouze.
Tous deux sont Bretons mais ont vécu leur enfance et leur adolescence à Paris, principalement dans le quartier Saint Denis.
Pour diverses raisons, ils ont ensuite décidé de retourner vivre en Bretagne.
Depuis leurs débuts, la barbe et les cheveux longs font partie de leur look.
Tous les deux ont écrit une chanson à propos de l'île de Sein (Ile de Sein pour Claude et Marie-Jeanne-Gabrielle pour Louis).

A titre personnel, c'est en 1983 que j'avais acheté à Lorient un 33 tours de Claude Besson et un autre de...Louis Capart.
Découvrant ainsi deux chanteurs-poètes de grande qualité.

Vous ayant déjà parlé de Claude Besson à plusieurs reprises, il était tant d'écrire d'autres lignes à propos de Louis Capart.



Durant toute son enfance, Louis fera de fréquents allers et retours entre Paris et l'île de Sein dont sa mère est originaire.
C'est dans ses nombreux séjours sur l'île qu'il découvrira ses véritables racines et qu'il accumulera des sensations qui influenceront sa démarche artistique.

Employé à la fonction publique, Louis commence à chanter en amateur au début des années '80.
En 1982, il enregistre son premier disque "Marie-Jeanne-Gabrielle" qui va rapidement connaître un certain succès.
En 1984, il décide d'arrêter son métier de fonctionnaire pour se consacrer totalement à la chanson.

Même s'il passe peu dans les médias, Louis Capart va très vite se lancer dans des tournées en Bretagne puis en France et à l'étranger (U.S.A., Russie, Pays-Bas...)
Dans la foulée il sort un deuxième album "Floraison" en 1984 puis un troisième "Patience" en 1986.

A cette époque, son travail est récompensé par un prix de l'Académie Charles Cros et un autre de la Sacem.
Louis Capart se produit aussi bien dans des petites salles que dans des festivals comme les "Fêtes de Cornouaille ou l'Interceltique de Lorient.

Depuis ses débuts, Louis Capart remporte un succès important en Allemagne où ses concerts son nombreux.
Son quatrième album s'intitule d'ailleurs "Berlin" et sort en 1992.
Plus tard, Louis va s'attirer de nombreuses synpathies dans ce pays, au point de collaborer et d'enregistrer avec le "Duo Balance" un couple de jeunes chanteurs allemands.

En 1997, Louis décide d'interpréter une série de chansons de divers auteurs.
Il enregistre donc "Rives Gauches de Bretagne et d'Ailleurs" un disque sur lequel il chante Léo Ferré, Gilles Servat, Brassens, Glenmor...
"Rives gauches" aussi pour marquer son appartenance à cette catégorie de chanteurs-poètes parfois en marge mais très talentueux.
En parcourant so "Myspace", on s'apperçoit que Louis cultive de nombreuses amitiés avec une série d'artistes venus d'horizons divers. Des gens pas nécessairement connus mais dont les talents sont indéniables.

"Héritage sénan" sort en 2001, un disque qui sera une fois de plus très bien accueilli par la critique.

Louis Capart Continue de tourner en Europe (une quinzaine de pays), tandis que ses chansons sont reprises sur diverses compilations consacrées à la Bretagne ou à la chanson française.
Sur You Tube, on peut voir aussi un interview réalisé par Jürgen Wagner sous la forme d'une série de vidéos.

Enfin, en 2009, il a enregistré un nouveau disque "Voyage d'une île à l'autre" avec Duo Balance.


En ce qui me concerne, ma connaissance de Louis Capart est plus limitée puisque j'en suis (pour l'instant !) resté à son premier disque.
En écoutant l'album "Marie-Jeanne-Gabrielle" j'ai directement été touché par cette voix claire et douce.
Touché aussi par la poésie qui émane de chaque phrase.
Sur le 33 tours, l'ordre de chansons (face A- face B) est inversé par rapport au cd.
Pas grande importance me direz-vous si ce n'est que ça m'a d'abord permis de découvrir et d'apprécier d'autres chansons avant le fameux titre "Marie-Jeanne-Gabrielle".

Toute la poésie de titres comme "Saint-Denis à l'ombre des cheminées" ou "J'ai tant navigué sur la terre" qui parle de rencontre et d'amour.
Toute l'insoucience et la gaité d'une chanson comme "Amélie,noir et blanc".
Et aussi la découverte d'un titre que j'adore "Il faudra que je me souvienne" dont j'apprécie autant la musique que les paroles, du grand art !



Puis bien sûr il y a cette chanson consacrée à l'île de Sein, Marie-Jeanne-Gabrielle.
Louis explique qu'il s'agit des prénoms de sa mère.
Chanson magnifique où Louis décrit la vie difficile sur cette île battue par les vents et les flots.
Cette chanson reste la plus connue de son répertoire.

Louis est guitariste et privilégie des accompagments assez soft pour bien mettre ses textes en valeur.
Sur ce disque, il est rejoint par Laurent Bouillot à la guitare acoustique et par Christian Viaud à la basse.
Au fil des chansons, je trouve que les deux guitares se complètent très bien.
La basse apporte un bon soutien dans des titres comme "cette chanson qui ne vient jamais" ou "Il faudra que je me souvienne".
la guitare de Laurent Bouillot sonne parfois comme un bouzouki (ex.la fable d'une histoire dérisoire) ce qui n'est pas déplaisant non plus.

Louis Capart est aussi très doué pour les descriptions.
En quelques images, il nous plonge dans une ambiance feutrée (Le Voyageur) qui fait qu'on à l'impression de l'écouter...au coin de ce feu.
Il est également parfois constestataire ("Monsieur le directeur", "Ils viendront vous botter les fesses") même si cela reste une douce révolte.

Après tant d'années, ce disque teinté de douceur et de poésie reste très agréable à écouter.

Ayant acquis depuis peu la version cd, j'ai été très content de voir qu'il y avait un bonus de trois nouvelles chansons.
En fait il s'agit de trois titres de son deuxième album "Floraison".
Bruno Ange à la contrebasse et Alain Breheret aux claviers sont venus renforcer l'équipe.

Dans sa chanson "Floraison" Louis Capart nous parle de destinée sur une musique un peu "latino".

"Le goût du retour" nous parle de choix qu'il faut faire pour vivre avec un nouvel amour tout en renonçant aux liens de son passé. Dans ce titre, Louis me fait penser à Yves Duteil dans sa manière de chanter.

Enfin, je suis impressionné par "J'ai caché ma colère".
Un texte franchement constestataire mi-chanté, mi-récité dans lequel Louis n'est pas tendre avec notre époque.
Un texte remarquable, qui ouvre d'autres directions.

Une chanson qui donne encore plus envie de mieux connaître Louis Capart.

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Par Rakaniac - Publié dans : Musique Bretonne - Communauté : Ma musique celtique - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
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