Encore quelques mots à propos du cd "Bretonne" de Nolwenn Leroy.
Fin novembre, ce disque qui s'est vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires a été ré-édité pour les fêtes.
Sept nouvelles chansons de repises "celtiques" viennent s'ajouter aux treize titres de la première édition.
Sans en être sûr, je pense bien qu'elles avaient déjà été enregistrées auparavant car il s'agit de la même équipe de musicens dans le même studio d'enregistrement avec le même producteur (Jon
Kelly).
Cette suite de l'album est 100% anglo-saxone et Nolwenn nous montre que son anglais est excellent.
Pour démarrer, la reprise de "Moonlight Shadow".
Une chanson du compositeur et guitariste Mike Oldfield.
Surtout connu pour sa brillante carrière dans la musique pop-rock, le compositeur de "Tubular Bells"a aussi consacré un disque à la musique traditionnelle irlandaise (l'Irlande est le pays de
sa mère).
Dans "Voyager" paru en 1996, Mike entouré de musiciens irlandais reprend toute une série de classiques de la musique Celte.
Moonlight Shadow (chantée en 1983 par l'Ecossaise Maggie Reilly) est un titre mondialement connu et la version très dynamique de Nolwenn connaît déjà un grand succès.
"Scarborough Fair" est un traditionnel anglais qui avait été popularisé dans les années '70 par Paul Simon et Art Gartfunkel.
Depuis toujours, cette chanson me fait penser à certaines ballades écossaises.
J'aime beaucoup le côté planant de ce titre qui incite à la rêverie.
Jolie interprétation de Nolwenn bien soutenue par les Celtes de son équipe : les Ecossais Ruth Wall (harpe) et John McCusker (fiddle) ainsi que l'Irlandais Mike McGoldrick (flûte et uilleann
pipe).
"Whiskey in the Jar" est le titre suivant.
J'ai été assez étonné d'entendre Nolwenn Leroy chanter ce type de chanson.
Vieille chanson à boire du répertoire irlandais, cette chanson avait été popularisée par les Dubliners dans les années '60.
Une chanson qui dans ma tête était résevée à des voix "mâles".
On imagine assez facilement ces voix fortes et un peu éraillées au fond d'un pub avec des pintes de Guiness, des rires et des conversations bruyantes.
Mais notre petite Nolwenn s'en tire très bien avec une interprétation pleine de ferveur.
Et cela prouve à quel point son registre vocal est étendu et varié.
Autre traditionnel irlandais avec "Suil a Ruin" le morceau suivant.
Un peu plus calme que le précédent, il s'agit d'un autre air très connu en Irlande.
Le refrain est en Gaélique et les couplets en Anglais.
Une chanson enregistrée autrefois par le groupe Clannad et d'autres artistes comme la chanteuse Maighreadh Ni Dhomhnaill.
Nouvelle interprétation sans faille de Nolwenn qui nous donne envie de la chanter avec elle.
Vient alors le second titre de Mike Oldfield "To France".
Autre titre mondialement connu que Emre Ramazanoglou (batterie), Matt Johnson (claviers), John Paricelli (bouzouki) et Steve Pierce (basse) accompagnent de façon très efficace.
Nolwenn, qui n'a décidément peur de rien, s'attaque ensuite à "Amazing Grace" dont l'instrumental à la cornemuse a fait le tour du monde.
Repris par des dizaines de pipe-bands ainsi que des bagads en Bretagne ce morceau est depuis longtemps devenu une chanson grâce aux paroles de John Newton.
De très nombreux artistes l'ont interprétée, entre autre,Brenda Wooton la mythique chanteuse des Cornouailles.
Et une fois de plus, Nolwenn Leroy y utilise à merveille sa voix magnifique.
Nolwenn et son musicien préféré : Robert le Gall
"Dirty Old Town" termine le disque.
Depuis des décennies, cette chanson d'Ewan McColl est devenue un standard de la musique irlandaise.
Elle aussi fut popularisée par les Dubliners (un groupe qui donne soif) dans les années '60.
Idem que pour "Whiskey in de Jar", Nolwenn donne une nouvelle coloration à ce titre très festif.
J'ignore dans quelle direction se poursuivra la carrière de Nolwenn Leroy,
retour à la chanson Française ? nouvelles compositions ? chansons aux arrangements celtiques ?
Je suis en tout cas convaincu qu'elle le fera avec coeur et avec sincérité.
Qu'elle soit en tout cas remerciée d'avoir si bien fait parler de la Bretagne et de la Celtie grâce à tout son talent et sa simplicité.
Popularisée par les Tri Yann au début des années '70 "La Jument de Michao" (j'ai vu le loup, le renard et la
belette)cette chanson a connu plusieurs périodes de gloire. Issu de la tradition bretonne, ce titre sera repris dans les années '90 par le groupe de Rap "Manau" qui lui donnera une seconde
jeunesse. Puis fin 2010, Nolwenn Leroy reprendra cette chanson sur son magnifique album "Bretonne".
Un disque qui connaît un succès énorme depuis 2011.
Cette chanson, d'autres Bretons l'avaient chantée aussi.
C'est le cas de Gérard Jaffrès qui l'a également illustrée avec un très bon clip vidéo.
(De très belles images d'animaux en milieu naturel pour illustrer les mots de Gérard)
Né en 1956 à Saint Pol de Léon (Finistère) , Gérard Jaffrès a été influencé par les paysages et les légendes de sa région.
Gérard apprend la guitare à l'âge de 15 ans puis se tournera vers d'autres instruments comme la guitare basse et les claviers.
Ses influences musicales sont multiples car il écoute aussi bien de la variété française que des chanteurs folk bretons (Stivell, Tri Yann) que des groupes pop comme Deep Purple ou Led Zeplin.
En 1973, le groupe rock de Burt Blanca l'engage comme bassiste.
Comme il s'agit d'un groupe basé à Bruxelles, Gérard décide de les suivre en Belgique alors qu'il n'a que 16 ans.
Remportant un certain succès, ce groupe se produit dans divers pays d'Europe et même en Afrique du Sud.
C'est aussi en Belgique que Gérard rencontrera son épouse qui est aussi guitariste et chanteuse.
Après l'aventure de "Burt Blanca", Gérard Jaffrès se lance dans les chansons de variétés avec un certain succès. Reprenant entre autres les succès de Richard Anthony et d'autres chanteurs "yéyé".
Arrangeur et compositeur, Gérard collabore avec de nombreux artistes Français.
Julien Jaffrès et Gérard Jaffrès
C'est seulement à partir de 1995 que Gérard Jaffrès prend plus conscience de son identité musicale bretonne.
Tournées en Belgique mais aussi en Bretagne de plus en plus régulièrement.
A partir de ce moment, ses compositions vont plus s'orienter vers la musique celtique.
Et les albums qu'il sortira iront dès lors dans cette direction.
En l'écoutant sur scène, je trouve qu'on perçoit bien ces trois influences dans sa musique.
Une voix claire et agréable à écouter, caractéristique de la variété française.
Des orchestrations assez rock, héritage des influences musicales de sa jeunesse.
Et l'ajout d'instruments traditionnels comme la bombarde, les whistles et les violons.
Sur scène, Gérard est accompagné de très bons musiciens dont son fils Julien Jaffrès qui est un brillant guitariste ( je
vous en avais parlé il y a peu).
Cette fois, j'avais envie de présenter la musique Celtique sous un angle différent.
En effet, j'ai remarqué qu'un certain nombre d'artistes ont des liens de parenté entre-eux.
On ne devient pas toujours musicien par hasard.
Cela arrive mais le plus souvent, un enfant apprend à jouer d'un instrument de musique parce qu'il a été influencé par un des ses parents ou membre de sa famille.
Autrefois, il y avait peu de musiciens professionnels.
La musique était une détente qui se pratiquait dans une série de circonstances (réunions familiales, fêtes, mariages...).
S'il y avait des musiciens pour animer ce type d'évènements, il n'était pas rare que tous les membres d'une même famille sachent jouer d'un instrument.
Il y avait des conteurs, des chanteurs, des instrumentistes...tous véhiculaient des choses que leurs aieux leurs avaient transmises oralement.
Le répertoire des musiques et des chants reflétait les préocupations quotidiennes des gens : le travail,
l'amour, la guerre, les enfants, les croyances...
Des chansons à boire, des airs à danser, des complaintes, des récits...tout était suceptible d'être mis en musique et interprété par des gens de toute catégorie sociale.
Les territoires autrefois occupés par les Celtes n'échappent bien entendu pas à cette règle.
Et peut-être là plus qu'allieurs, en raison du climat, des paysages, des conditions de vie difficiles, les populations ont perpétué cette tradition musicale.
Des familles entières de musiciens et de chanteurs ont interprété cet héritage de la Tradition.
En le faisant évoluer à leur tour, leurs descendants sont les artistes (amateurs ou professionnels) qui nous enchantent aujourd'hui.
Dans un passé récent, les Soeurs Goadec sont les premières représentantes des fratries en Bretagne.
Nées au début du XXème siècle, Maryvonne, Anasthasie et Eugénie Goadec ont animé des festou-noz à partir de 1956.
Elles chantaient déjà depuis longtemps des mélodies et des gwerz (récits) puis elles élargirent leur registre avec les chants à danser.
Du kan à diskan (chant et contre-chant) mais à trois voix (donc avec plus de possibilités de variations).
Des chants à capella puisés dans le vaste répertoire de la tradition bretonne.
Leur discographie n'est pas très importante parce qu'il y avait beaucoup moins d'enregistrements à l'époque.
Un premier disque en 1972 : "Ar C'hoarezed Goadec".
Puis elle participent aux deux trente-trois tours enregistrés aux Festivals de Kertalg en 1972 et 1973.
Un autre disque fut enregistré pour leur concert à Bobino en 1973.
D'autres participations encore à des disques de la fin des années '70 ("Moueziou bruded a Vreiz" et "Kan bale lu publek Breizh").
Au début des années '70, Alan Stivell était un grand admirateur des soeurs Goadec.
Il les accompagna plusieurs fois sur scène (entre autre à kertalg) en fit quelques enregistements avec elles.
En 1998, sur l'album "En Douar", il leur rendit hommage dans sa chanson "la mémoire de l'humain".
Puis tout récemment il fit de même avec le titre "Goadec Rock" extrait de son nouveau cd "Emerald".
Roland Becker leur rend aussi hommage dans son disque "Er roue Morvan" paru en 2000.
La carrière des soeurs Goadec se poursuivra jusqu'en 1983 au décès de Maryvonne.
Anasthasie et Eugénie quittent la scène mais continuent de chanter de temps en temps.
Louise Ebrel est la fille d'Eugénie Goadec et de Job Ebrel.
Elle aussi se passionne pour la chanson traditionnelle et devient également chanteuse de Kan ha diskan.
En 1994, elle arrive à convaicre sa mère de remonter sur scène à l'âge de 85 ans.
Ensembles, elle vont enregistrer un cd : "Gwirziou" qui sera le dernier pour la plus jeune des soeurs Goadec.
En 1997, Yann-Fanch Kemener invite Eugénie Goadec et Louise Ebrel pour fêter ses 25 ans de carrière.
Une soirée triomphale qui sera un des derniers concerts d'Eugénie Goadec qui décédera en 2003.
Depuis, Louise Ebrel perpétue la tradition familiale du kan ha diskan.
Elle travailla autrefois avec Denez Prigent et chante à présent avec Ifig Flatrès.
Un rien plus jeunes que les soeurs Goadec, les Frères Morvan sont une autre fratrie très connue de la chanson bretonne.
Trois frères (qui étaient même quatre du vivant de leur frère Yves) unis par la passion du chant.
François, Henri et Yvon Morvan chantent depuis toujours en ayant entendu chanter Augustine leur mère.
Nés dans une ferme à Boctol, les trois frères sont des agriculteurs.
Pour eux, la pratique du "kan ha diskan" est une seconde nature. Leur unique passion est de faire danser le public dans les festou-noz.
Depuis 1958, François, Henri et Yvon Morvan sillonnent la Bretagne pour chanter des airs traditionnels sur des rythmes de gavottes, de dans fisel ou de dans plinn.
Et ils remportent toujours un grand succès.
"Joli coucou" est leur chanson la plus connue.
Leur agenda est d'ailleurs toujours rempli mais ils refusent de se produire ailleurs qu'en Bretagne alors qu'ils ont déjà reçu de nombreuses propositions de l'extérieur.
Du tracteur à la scène, chemises à carreaux et casquettes sur la tête, les trois frères n'ont pas leur pareil pour mettre l'ambiance et réjouir des danseurs de toutes les générations.
Yvon se tient toujours à gauche, François est au milieu et donne la cadence, Henri se place à droite et c'est lui qui débute le chant.
Henri est donc le kaner (le chanteur), il chante la première phrase puis Yvon et François (les diskaner) lui répondent en chantant la fin de la phrase avec lui puis en répétant la première
phrase.
Cette technique de "tuilage" fait que le rythme n'est jamais cassé et permet aux chanteurs de respirer entre les coups.
En alternant de cette façon, les chanteurs de kan ha diskan peuvent tenir très longtemps.
Les frères Morvan puisent dans la mémoire familiale car aucune de leurs paroles n'est écrite.
Leur répertoire est riche de centaines (!) de chansons qui leur ont toute été transmises oralement par leur mère et leur frère ainé (Yves).
Certains de ces chants remonteraient au XVII ème siècle.
Après un fest-noz, les frères rentrent toujours à la ferme familiale.
Leur travail d'agriculteur les attend le lendemain et pour rien au monde ils n'auraient voulu le lâcher.
Le chant, c'est une passion, une activité qu'ils font en amateurs et ils ne demandent jamais de cachet !
En 2008, les frères Morvan on fêté leurs 50 ans de chansons.
Suite à des problèmes de santé, François Morvan s'est retiré de la scène mais Yvon et Henri chantent toujours.
En 2009, ils se sont même produits au festival des Vieilles Charrues en compagnie des Tambours du Bronx (un choc de deux cultures).
En 2009, Coop Breizh édite un double cd avec un livret : "Ar Vreudeur Morvan, un demi-siècle de kan ha diskan" qui résume toute leur carrière.
Ce disque sera sacré Grand prix du disque 2009 par le Télégramme.
Pour votre si belle contribution à la promotion du répertoire traditionnel Breton, grand merci à vous les frères Morvan !
Dans mon article consacré au groupe Triskell , je vous avais parlé des frères Quefféléant.
Paul et Hervé Quefféléant avaient démarré dans les années '70 avec leurs harpes celtiques.
A peine âgés de 15 ans les jumeaux originaires de Brest avaient formé le groupe "An Triskell" rebaptisé "Triskell" ces dernières années.
Ils sont toujours là aujourd'hui et leur musique qui mélange harpes, guitares, flûtes claviers et cornemuse est toujours aussi agréable à écouter (voir mon article).
C'est également dans les années '70 que la scène bretonne a découvert les frères Molard.
Au départ, ils étaient quatre puisque Claude Molard (aujourd'hui décédé) était également musicien.
Le grand public découvrit d'abord Patrick Molard, sonneur de cornemuse et d'uilleann pipe qui joua sur plusieurs disques d'Alan Stivell.
Né à Saint- Malo, Patrick va très vite se passionner pour la cornemuse écossaise.
A 14 ans, il commence à apprendre cet instrument avec le bagad de Saint- Malo.
Puis il ira se perfectionner en Ecosse auprès de professionnels comme Bob Brown.
Au point de devenir virtuose lorsqu'il rentre en Bretagne.
C'est à son retour qu'il s'intéresse à la musique de son pays et apprend d'autres instruments comme le biniou, l'uilleann pipe et le tin whistle.
Patrick remportera de nombreux concours de sonneurs de couple en compagnie de joueurs de bombarde comme Youenn le Bihan ou Yves Berthou.
On ne compte plus ses collaborations (Kéris, Gwendal...) ni les groupes dont il a fait partie (Satanazet, Pennou Skoulm, Gwerz, Den, Héritage des Celtes...).
Patrick Molard travailla aussi durant de nombreuses années avec Dan Ar Braz.
Patrick enregistra en plus une dizaine d'albums en solo ou avec un de ses frères.
Musicien surdoué, Patrick Molard reste aujourd'hui un des maîtres de la grande cornemuse (biniou braz) en Bretagne.
Né à Saint-Malo , Jacky Molard est un terrible violoniste et aussi guitariste.
Il apprend la guitare à l'âge de 12 ans puis étudie le violon à 16 ans.
Jacky s'intéresse à l'improvisation qu'il découvre à travers le bluegrass.
Parralèlement, il joue de la musique irlandaise et de la musique bretonne.
On le retrouve en compagnie de Patrick dans certains groupes (Den, Gwerz, Pennou Skoulm, Triptyque).
A côté de cela, Jacky collabore avec toute une série d'autres artistes (Soïg Siberil, Karma, Gérard Delahaye, Jean-Michel Veillon, Alain Genty, Bleizi-Ruz, Jacques Pellen, Erik Marchand...).
J'ai été particulièrement impressionné par la façon dont il joue du violon sur l'album du groupe "Den".
Une musique qui navigue entre le folk, le rock et le jazz et qui donne libre cours à l'imagination des musiciens.
En dehors de la musique Bretonne, Jacky Molard s'intéresse aussi à d'autres formes de musiques traditionnelles dont celles des pays de l'Est.
Comme ses frères, Dominique Molard a vu le jour à Saint-Malo.
Intéressé par les percussions, Dominique démarre par l'apprentissage des caisses claires au bagad de Saint-Malo puis au pipe-band "An Ere".
Il apprend ensuite la batterie puis d'autres instruments de percussion comme les tablas indiens.
Très éclectique dans ses goûts musicaux, Dominique va jouer dans une série de groupes dont "Les Pires", "Skolvan", "Celtic procession"...
De nombreux grands de la scène bretonne comme Yan-Fanch Perroches, Jacques Pellen, Soïg Siberil vont demander à cet excellent percussionniste de jouer avec eux.
Si Patrick et Jacky ont souvent joué ensembles, si Jacky a joué avec Dominique ou Patrick avec Dominique, rarement on avait vu les trois frères sur un même enregistrement.
Avec "Bal Tribal" c'est maintenant le cas.
Le groupe existe depuis 2000 et a enregistré un cd lors d'un concert à Carhaix en 2002.
Entourés par des musiciens comme Jacques Pellen (guitare), Hélène Labarrière (contrbasse), Yves Bertoux (bombarde) et la chanteuse Kalinka Vulcheva, les trois frères rivalisent de virtuosité et
d'imagination.
Le Bal Tribal des frères Molard revisite la musique bretonne ne passant par la Galice et l'Ecosse mais aussi par la musique des Balkans.
Une interprétation de très haut niveau.
Jean-Charles et Fred Guichen sont d'autres "frères celtes" très connus en Bretagne.
Né à Quimper en 1970, Jean-Charles Guichen recoit sa première guitare à l'âge de six ans et se met très rapidement au solfège. Au départ, il apprend la guitare classique.
Très vite, on se rend compte de sa maîtrise technique.
Son talent lui permet d'être à la fois brillant lorsqu'il joue la mélodie que lorsqu'il marque le rythme.
C'est en assistant à un fest-noz qu'il découvre la musique bretonne en 1986.
Né en 1972, Fred (Frédéric) Guichen va très jeune se mettre à l'apprentissage de l'accordéon diatonique.
Remy Martin qui sera un de ses professeurs va très vite percevoir les qualités exceptionnelles de son élève et lui permettre de progresser à une très grande vitesse.
Son jeu est à la fois énergique et plein de virtuosité.
Très jeune, Fred Guichen s'intéresse à la musique irlandaise et ce style aura une influence sur sa manière de jouer.
Jean-Charles et Fred
C'est en 1986 que les frères Guichen fondent "Ar Re Yaouank" (les jeunes).
Avec David Pasquet à la bombarde, Gaël Nicol (bombarde, biniou) et Stéphane De Vito (basse), ils revisitent les danses bretonnes de façon très énergique.
Ar Re Yaouank va connaître un très grand succès dans les années '90 et enregistrer quatre cd.
Leur séparation en 1998 va surprendre beaucoup de monde mais les deux frères n'avaient pas envie de se limiter à cette expérience.
dans les années qui suivent, Fred et Jean-Charles vont se lancer dans de très nombreux projets, soit ensembles, soit en solo.
En 1992, ils forment le trio "Bran" avec le flûtiste Christophe le Helley.
En 1996, Jean-Charles fonde une trio avec les guitaristes Soïg Siberil et Patrice Marzin.
Il joue aussi avec d'autres guitaristes bretons comme Gilles le Bigot et Jacques Pellen (Celtic Procession).
Fred Guichen lui sort un cd "La lune noire" dont l'inspiration est très irlandaise.
Puis les deux frères décident de former le Guichen quartet avec le percussionniste David Hopkins et le bassiste Etienne Callac.
A partir de ce moment, les deux frères vont encore plus donner libre cours à leur imagination.
La musique des Guichen est un savant cocktail de musiques à danser, de compositions et d'improvisations.
Une musique envoûtante avec des passerelles vers le jazz, le rock et la musique traditionnelle de Bretagne et d'Irlande.
Jusqu'à présent, le groupe a enregistré trois disques :
"Mémoire vive " en 2002
"Frères" en 2004 (le batteur Antonin Volson y a remplacé David Hopkins)
"Dreams of Brittany" en 2007
(cette fois avec le batteur Ray Fean, le claviériste Philippe Turbin, Hervé le Lu à la bombarde et bien sûr Etienne Callac).
Inuitile de préciser que ces cd sont de très grande qualité.
Des titres comme "Del castello de Trégarantec" ou "G4" sont vraiment très mélodieux.
Que dire de la reprise de "Mc Bride's" (un morceau des Moving Hearts) qui est tout bonnement extra-ordinaire de virtuosité.
"String's Jig", un cercle circassien au rythme endiablé ou "Corps accords" une terrible suite de dans plinn.
Dans ces disques, Jean-Charles et Fred Guichen expriment toute leur créativité.
Avec de tels talents, il ne faut pas s'étonner que la renommée des Guichen aie largement dépassé les frontières de la France et même de l'Europe puisque nos deux Bretons ont fait des concerts au
Pakistan, à Singapour ou à Tokyo.
Des musiciens à suivre de très près.
Impossible bien sûr de citer toutes les fratries, toutes les familles de musiciens en Bretagne.
Parmi les plus connus il faut encore citer Jacques Pellen , un autre très grand guitariste.
Jacques jouait dans l'Héritage des Celtes en compagnie d'un autre guitariste : Gilles le Bigot.
Jacques Pellen, que l'on retrouve dans de très nombreux groupes en Bretagne est le créateur du projet "Celtic Procession" qui regroupait une serie de musiciens venus d'horizons divers et un
chanteur de kan ha diskan Erik Marchand.
Un grand spectacle aux "Tombées de la Nuit" avec des musiques qui "partaient" dans tous les sens.
Ronan Pellen est le neveu de Jacques.
Joueur de cistre, Ronan est membre du groupe "Skeduz" dont fait partie un autre guitariste très connu : Nicolas Quemener.
Ronan Pellen a également fait partie de Martin-Hamon quintet et du trio de Sylvain Barou.
Depuis un certain nombre d'années Konan Mevel est le sonneur du groupe Tri Yann.
Flûtes, cornemuses et percussions n'ont plus de secret pour ce fameux musicien qui donne parfois la réplique à Jean-Louis Jossic à la bombarde.
Bleunwenn Mevel est la seule femme qui fut enrôlée par les Tri Yann durant quelques années.
Jeune chanteuse à la voix magnifique, la soeur de Konan Mevel a aussi enregistré avec Carlos Nunez , Dan Ar Braz et aussi Yves Ribis
Bleunwenn qui continue à donner des cours de chant lyriques et fait des compositions musicales.
Dans mes articles "Bombardes et sonneurs" j'avais également cité les sonneurs de bombarde Youenn et Patrick Sicard , membres du bagad Bleimor et qui jouèrent avec Alan
Stivell dans les années '70.
Youenn et Alan (à la cornemuse) sonnèrent d'ailleurs en couple, remportant de nombreux concours à l'époque.
Autre talabarder talentueux, Jean-Louis Hénaff qui dirige les bombardes dans le Bagad Quimper où joue aussi son frère Eric Henaff (cornemuse).
Faux frères :
A noter que Annie Ebrel qui est une chanteuse bretonne qui chante ses propres compositions n'est pas parente avec Louise Ebrel (la fille d'Eugénie Goadec).
De même Nicolas Quemener n'est pas de la famille du chanteur Breton Yan-Fanch Kemener.
A suivre...
Une sorte de condensé de ce qui précéde : le groupe breton Red Cardell invite les frères Morvan, les frères Guichen et Louise Ebrel à chanter "Joli Coucou" sur scène.
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La musique celtique est ma Passion. Partagez-la avec moi. Présentation d'artistes : Alan Stivell, Donal Lunny, Claude Besson et bien d'autres. Critiques musicales : harpe, bouzouki, cornemuse, bombarde, flûtes, ...
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