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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 00:57
Ce 3 décembre dernier, j'ai assisté au show case de Guillaume Maupin.
Invité par la Médiathèque de Verviers, ce chanteur se produisait à la Maison des Jeunes des Récollets.

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Centre Culturel bien connu de la région Verviétoise  (Wallonie), l'Enclos des Récollets est une petite salle très conviviale où on se sent plus invité que spectateur.
Une ambiance très chaleureuse où le public composé principalement de jeunes (mais aussi de moins jeunes) réserva un excellent accueil à Guillaume Maupin.

maup2

De nationalité Française, Guillaume Maupin (ou Mopein) s'est depuis tout jeune intéressé aux folk-singers Américains.
Son spectacle est fait de chansons entrecoupées de présentations où il nous explique l'origine de ces chansons et la manière dont elles sont chantées.
Guitariste de talent, Guillaume Maupin a une voix superbe et assez puissante.
Il a magnifiquement intégré la manière de chanter des chanteurs de folk des U.S.A. et son anglais est
très bon.

Guillaume souligne d'abord le fait que le folk est un genre musical très souple que chacun est libre d'interpréter à sa manière.
Pour exprimer de nombreux sentiments, amour, révolte, souffrances...la chanson folk a été mise à toutes les sauces. Et il y a autant de styles que d'interprètes.

Ses références musicales sont très nombreuses.
De Leadbelly (que des collecteurs de chansons avaient fait sortir de prison pour qu'il puisse de nouveau
chanter) à Bob Dylan en passant par Pete Seeger et Woody Guthrie.

Guillaume est d'ailleurs intarrisable à propos de Woody Guthrie.
Ce chanteur était issu d'une famille d'ouvriers qui travaillaient pour une compagnie pétrolière aux U.S.A.
Woody Guthrie racontait les conditions de vie de ces gens.
Ces populations qui avaient aussi dû lutter contre les nuages de poussières qui avaient fait de nombreuses victimes aux Etats-Unis.
Des chansons parfois faites sur quelques accords de guitare mais qui mettaient en relief des témoignages très réalistes sur la vie des travailleurs et les revendications de l'époque.

Woody Guthrie fut une figure de proue dont le style influença de nombreux autres chanteurs dans la suite dont Bob Dylan qui avait beaucoup d'admiration pour lui.

Le discours de Guillaume Maupin parle aussi de l'influence du Blues créé par les Noirs sur les origines de la chanson folk.

maup1

Il insiste aussi sur l'importance de la transmission orale dans cette musique.
Chaque chanteur a appris et repris de chansons en y ajoutant son interprétation personnelle.
Et ce, en fonction des ses aptitudes musicales ou de ses inspirations.
Ainsi, sur une même musique, certains ont écrit des choses fort différentes. Donnant à certaines chansons des colorations assez variées.
Guillaume nous chanta aussi en Français deux versions d'une même chant qui avait traversé l'Atlantique. Les différences sont parfois étonnantes et les exemples de ce type de chansons sont assez nombreux.

La population des Etats-Unis étant trés métissée, il est normal que la chanson folk se soit nourrie de
multiples influences.
Bien sûr la musique Celtique (à travers les Irlandais et les Ecossais) en est une des racines importante.
Mais d'autres colons Européens comme les Français, les Anglais ou les... Autrichiens lui ont apporté
un certain nombre d'héritages musicaux. Sans oublier les musiques Africaines et le Blues en particulier.

Enfin, dans son récital, Guillaume Maupin nous prouve qu'il a aussi beaucoup d'humour en nous chantant certaines de ses compositions plutôt amusantes.
Un musicien décidément très complet !
maupin                    Guillaume Maupin à Verviers (photo : Cédric Mordant)


Même si je connais beaucoup moins ce style musical (j'ai écouté autrefois quelques chansons de Woody Guthrie) j'ai vraiment fort apprécié le spectacle de Guillaume Maupin.
J'ai appris pas mal de choses et franchement bien aimé sa façon de chanter.

Un troubadour des temps modernes que je vous recommande chaudement !
S'il passe dans votre région, ne le ratez pas !


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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 23:21
Même si au départ, je ne suis pas trop friand des mélanges ethniques dans le domaine musical, je dois reconnaître qu'il y a des "mariages" qui sont plutôt réussis.
En surfant sur You Tube, j'ai découvert ces terribles joueurs de tambours du Japon.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu'ils avaient rencontré un certain Donal Lunny !

Rencontre improbable mais pourtant bien réelle entre le "gourou" de la musique Irlandaise et ces étonnants percussionnistes Japonais.

Dans les années '90, Donal avait composé le titre "Cavan Potholes" pour l'accordéoniste Sharon Shannon.
Voici donc une version insolite de ce morceau que se partagent les Kodo Drummers et le groupe Coolfin.

Avec Donal Lunny et Sharon Shannon, on reconnaîtra au passage le piper John McSherry, la violoniste
Nollaig Casey (qui était dans l'Héritage des Celtes) et le batteur "fou" Ray Fean (également dans l'Héritage).
Une performance de choix pour les Kodo Drummers qui se sont magnifiquement adaptés à la musique
d'Irlande.



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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 22:52
Quelques lignes pour présenter un groupe du Québec.
Aux 18 ème et 19 ème siècles de nombreux Européens ont migré vers les Etats Unis et le Canada à la recherche d'une situation économique plus favorable.
Tous ces gens ont importé une partie de leurs cultures, de leurs langues et de leurs musiques vers le "Nouveau Monde".
Si l'Anglais s'est peu à peu imposé dans le nord et l'Espagnol (ou le Portuguais) dans le sud de ce continent, le Français a tenu bon dans une petite partie du Canada, le Québec.

En chanson Française, de nombreux grands artistes québecois se sont fait apprécier chez nous depuis des décennies.

En musique folk, il y a aussi un certain nombre d'artistes dont la réputation à traversé l'Atlantique.
En France, "Mes Souliers Sont Rouges" est probablement le groupe le plus connu.
Ces musiciens de Normandie se sont beaucoup inspirés de folklore québecois dans leur répertoire.
Entre autre des chansons du groupe "La Bottine Souriante".



Fondé en 1976, la Bottine Souriante a toujours associé qualités musicales et bonne humeur.
Depuis toutes ces années, un nombre incroyable de musiciens se sont succédés dans ce band.
Des musiciens venus d' horizons les plus divers et jouant des instruments aussi variés que le trombone, la trompette, le violon, l'accordéon ou la flûte.



Comme musique, c'est vraiment très surprenant !
Un morceau démarre comme un reel irlandais avec accordéon et violon puis arrivent des cuivres qui font plus penser à du jazz ou de la musique latino.
La dessus, ils chantent en Français avec un terrible accent québecois.
des chansons traditionnelles qui ne sont jamais bien loin de nos chansons francophones.
Sur la compil "Anthologie", il y a d'ailleurs un titre "Le Rossignol sauvage" qui est, à peu de chose près, le même que la chanson "Rossignolet du bois" chantée par Gabriel Yacoub sur l'album "Pierre de Grenoble".
Autre caractéristique, l'orsqu'ils chantent, ils s'accompagnent souvent en tapant des pieds.

la Bottine Souriante, une musique folk teintée d'influences diverses qui ne laisse vraiment pas indifférent.

Un lien vers une chanson sur You Tube qui a eu la bonne idée de nous livrer les paroles...ça aide !
 

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 23:13

 

 

 

 

IL  ME RESTE UN VOYAGE A  FAIRE


Une prière en passant pour tous les voyageurs
Pour tous les pélerins et les marins-pêcheurs
Les routes de campagne et des tonnes d'acier
Qui tous les jours s'envolent et se posent à mes pieds.

Il y a un navire tout en bas dans la baie
L'ancre est déjà levée et il attend à quai.
J'ai aussi un charter pour toutes mes colères
Qui est prêt à partir pour le tour de la terre.

Il me reste un voyage à faire et puis un autre à défaire.
Et je m'endormirai sur les galets
Et je n' partirai plus jamais (bis).

Courir à en pleurer sans regarder derrière
Hurler comme un damné sur le bord de la mer
Suivre les vagabonds, revêtir leurs guenilles
Imiter leur sourire, attendre le matin.

ll me reste un voyage à faire et puis un autre à défaire
Et je m'endormirai sur les galets
Et je n' partirai plus jamais (ter).

yacoub1.jpg

Cette chanson est ma préférée de Gabriel Yacoub.
Elle était sur "Les Cathédrales de l'Industrie" leur dernier album sorti en 1986.
Gabriel a écrit beaucoup de très jolies chanson mais celle-là (tout comme "Je resterai ici") a vraiment quelque chose de particulier.

Au début des années '70 quand j'ai découvert Alan Stivell, j'avais été sous le charme de ce musicien et choriste qui avait vraiment une voix spéciale.
J'avais donc été déçu d'apprendre qu'il avait quitté Alan après l'album "Chemins de terre".
Heureusement, un copain m'a alors parlé du groupe Malicorne...

Né d'un père Libanais et d'une mère Française, Gabriel Yacoub s'est très tôt intéressé au chant et à la musique traditionnelle.
Après l'expérience Stivell cet excellent musicien (guitare, banjo,dulcimer...) s'est intéressé au folk français.
D'abord un premier enregistrement "Pierre de Grenoble" avec sa femme Marie Yacoub (chanteuse et joueuse de vielle) et des amis comme Dan Ar Braz, Alan Kloatr (bombarde) ou le violoniste Marc Rapilliard.
Un disque de musique traditionnelle aux sonorités électro-acoustiques.

yacoub5.jpg

Puis en 1974, la formation de Malicorne avec en plus de Marie, le violoniste Laurent Vercambre et le multi-instrumentiste et chanteur Hughes de Courson.
Une belle aventure qui va durer plus de douze ans.
Un peu moins électrique que Stivell, Malicorne revisite le répertoire traditionnel de France avec un mélange de sonorités modernes et médiévales.

 

 

Ce fut pour moi l'occasion de me familiariser à des instruments inhabituels comme la vielle à roue, le cromorne ou le nyckelharpa (sorte de violon avec un archet et des touches).
Quelques années plus tard, le bassiste Olivier Zdrzalik-Kowalski vient renforcer le groupe.
Durant ce laps de temps, Gabriel et ses amis produiront 9 albums originaux jusqu'à la séparation du groupe en 1987.

Ecouter Malicorne fut pour moi prépondérant dans mon apprentissage de la musique folk.
Car ici on ne peut pas vraiment parler de musique celtique puisque leur répertoire s'étend sur toutes les régions de France avec même certaines influences canadiennes.
Un fameux travail de collectage de la part de Gabriel et de ses complices pour resituer les chansons de leur contexte (voir entre autre les pochettes des disques "Almanach" et "Le tour de France d'A.Rousseau qui sont des réalisations magistrales).

Le groupe se lança peu à peu également dans les compositions.

Malicorne était aussi un groupe vocal. Un certain nombre de titres à capella mettent en valeurs leurs grandes qualités de chant ainsi que des arrangements très subtils.
Il faut dire que la voix haut perchée de Gabriel est teintée de beaucoup d'émotion.
Emotion qui est perceptible dans chacune de ses chansons.

yacoub4.jpg

Après la séparation du groupe, Gabriel va poursuivre sa carrière en solo.
Carrière qui prendra deux grandes directions.
D'une part la collaboration avec un nombre très important d'artistes folk venus de tous azimuts (Didier Laloy, Les Gargouilles, Alan Simon, Sylvie Berger...).
D'autre part il se lance dans la création de ses propres chansons.
Si son répertoire s'éloigne de la musique traditionnelle, il n'en est pas complètement détaché pour autant.

Comme il le dit dans la vidéo ci-dessous, la musique trad. ne lui permettait plus de s'exprimer complètement.
Les chansons de Gabriel ont un caractère très personnel tant au niveau des mots que des  musiques qui sont parfois surprenantes.
Au fil des disques, il y a une série de titres qui m'ont beaucoup marqués comme "Bon an mal an" ou "Les choses les plus simples" sur l'album "Bel".
Sur le cd "Quatre", "Le sel et le sucre" et "Ces dieux-là" sont incontournables.
De même "Rêve à-demi" sur le disque Babel qui mélange création et chanson traditionnelle est un titre que j'adore.

En 2003, Gabriel réunit 10 musiciens pour un concert au théatre de Cornouaille à Quimper.
Lui qui d'habitude aime tourner en petite formation avec Gilles Chabenat (vielle) et Yannick Hardouin (claviers-guitares) se lance dans une autre aventure.
Ce concert est une sorte de rétrospective de sa carrière solo avec aussi quelques titres de Malicorne.

yacoub3.jpg

Enregistement remaquable qui fera l'objet d'un double cd "Je vois venir" sorti en 2004.
Un disque à ne pas manquer pour tous les admirateurs de ce chanteur qui sort vraiment de l'ordinaire.
Un musicien qui m'enchante toujours autant qu'il y a...35 ans !




Et je m'endormirai sur les galets et je n'partirai plus jamais...

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 12:48

Petite infidélité à la musique celtique pour parler de musique des Balkans.

Fin des années '60, Andy Irvine voyage et séjourne environ deux ans dans les Balkans.
Il rentre en Irlande avec plein d'idées musicales nouvelles et de projets.
C'est à cette époque qu'il va (en compagnie de Johnny Moynihan) importer le bouzouki dans la musique irlandaise avec le succès que l'on sait.

Au tout début des années '70, Andy forme le groupe Planxty avec Donal Lunny, Christy Moore et Liam O'Flynn.
Planxty va connaître un succès colossal en interprétant des chansons et de la musique traditionnelle irlandaise.
De temps à autre, ils ajoutent à leur répertoire des danses des pays de l'Est.
Instrumentaux très rythmés qu'ils interprètent avec beaucoup de brio.
Après Planxty, Andy Irvine continuera à insérer des musiques Bulgares dans ses concerts de musique irlandaise.

eastwind3.jpg

En 1992, il se décide enfin à donner plus d'ampleur à ce projet.
Il décide Davy Spillane à enregister avec lui un disque de musiques des pays de l'Est.
Puis demande  à Bill Whelan (futur compositeur de "Riverdance") de prendre en charge toutes les orchestrations.
Davy Spillane fait venir les musiciens de son groupe : Paul Moran (percussions) , Antony Drennan (guitares) et Tony Molloy (basse).
Bill Whelan engage ensuite le violoniste John Sheahan (des Dubliners) l'accordéoniste Mairtin O'Connor, les saxophonistes Keneth Edge et Carl Geraghty, le percussionniste Noël Eccles.
Participeront également à ce cd, la chanteuse Rita Connolly et le pianiste Michéal O'Suilleabhain.
Andy invite également Nikola Parov (gadulka, flûte kaval, gaida, bouzouki) ainsi que la chanteuse hongroise Marta Sebestyen pour donner une coloration encore plus authentique à cet enregistement.
eastwind4.gif













Davy Spillane (ex.Moving Hearts) s'est depuis longtemps taillé une solide réputation de joueur d'uilleann pipe et de low whistle.
Son style à la fois puissant et rapide va parfaitement s'adapter aux rythmes Bulgares.
Il sera un des principaux artisans de la réussite de cet album.



Bill Whealan (claviers, piano) quant à lui va véritablement dynamiser chaque morceau grâce à de fabuleux arrangements.
En effet, la musique de East Wind a au niveau du style des avant-goûts de "Riverdance" que Bill va composer un an plus tard.






Par moment, on a l'impression que Bill utilise ses claviers comme des percussions.
Il se met complètement au service des terribles solistes que sont Andy Irvine et Davy Spillane.
La musique des Balkans (principalement Macédoine et Bulgarie) est pleine de richesse.
Les changements de rythmes parfois syncopés y sont nombreux.
La vistesse d'interprétation est une autre caractéristique. Cette musique est encore plus rapide que les reels irlandais !
On sent aussi de la mélancolie dans les chansons.
La voix magnifique de Marta Sebestyen rend parfaitement cette ambiance Slave dans des titres comme "The Bear's rock" ou "Kadana".
Nikola Parov, lui aussi un virtuose, ajoute une couleur locale avec ses intruments traditionnels:
La flûte Kaval est une flûte basse proche du low whistle au niveau du son.
Le Gadulka est un instrument triangulaire à cordes qui se joue à la verticale avec un archet.(un son proche des violons orientaux),
Le Gaida est un instrument dans le style de la clarinette.

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Pour moi, "Chetvorno Horo" est vraiment le morceau qui caractérise le plus ce disque.
Il s'agit d'une danse Bulgare très ryhtmée en trois parties.
Il y a tout dans ce titre, les terribles pipes de Davy, la précision du jeu d'Andy.
Mais aussi les notes d'accordéon de Mairtin, les accompagnements de Nikola et de Bill.
Le tout bien soutenu par les percussions, basse et guitare...un titre décapant !

Et le cd de se poursuivre avec "Dance of Suleiman" qui est un air macédonien.
Terrible fiddle de John Sheahan couplé au tout aussi terrible sax de Carl Geraghty.
Le rythme change un instant pour laisser place la guitare électrique d'un Antony Drennan déchaîné.

Plus lent, "Antice" dans un style un peu oriental fait apprécier le talent de Kenneth Edge l'autre saxophoniste qui dialogue avec la vielle d'Andy et le low whistle de Davy.

Nouvelle danse endiablée avec "Two steps to the bar".
Toujours des changements de rythmes dans lesquels les deux percussionnistes s'en donnent à coeur joie.
J'adore aussi les contre-chants remarquables du saxo de Carl Geraghty, impressionnants et émouvants à la fois.

eastwind2.jpg

Michéal O' Suilleabhain, pianiste et compositeur classique joue l'intro de "Hard of the Heels".
Puis l'uilleann pipe démarre à toute allure pour jouer cette danse au tempo encore plus rapide que celui de "Chetvorno Horo". NiKola Parov également au bouzouki dédouble celui d'Andy pour marquer le rythme de cet air décoiffant.
Soudain, les pipes s'arrêtent pour laisser place au piano de Michéal qui y va d'un terrible solo en reprenant la mélodie de départ.
Puis l'ensemble des musiciens de reprendre encore cette danse à grands renforts de percussions de violon et d'accordéon.
Ce morceau termine le disque sur un mode majeur.

East Wind, un album qui sort vraiment des sentiers battus !

En voici un court extrait :

 




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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 17:33

Un Galicien en Celtie

 

Durant une partie du règne de Franco, le père de Carlos Nunez a vécu en exil à Paris.

C’est à cette époque qu’il a découvert Alan Stivell en assistant à l’un de ses concerts au Palais des Sports.

Ce premier contact avec la musique bretonne aura-t-elle servi de déclic à cet homme pour lui faire prendre conscience des ses origines galiciennes ou de son âme celte ?

Toujours est-il que rentré au pays il eut tôt fait de transmettre le virus à ses fils Carlos et Xurxo Nunez.

nunez3.jpg 

Né à Vigo en 1971, Carlos Nunez va donc rapidement s’intéresser à la musique de Galice.

A l’âge de huit ans, il apprend la flûte à bec et à 10 ans il ses met à la gaita (la cornemuse galicienne).

Carlos va très vite devenir un virtuose de ces deux instruments.

Il est pour beaucoup dans la renaissance de la gaita en Espagne.

 

Quelques années plus tard, Xurxo Nunez ne sera pas en reste puisque en plus de l’informatique, le jeune homme va apprendre avec brio toute une série d’instruments.

Batterie, percussions, guitares et claviers n’auront bientôt plus de secrets pour lui.

 

Petit à petit, Carlos Nunez va s’intéresser à d’autres musiques et découvrir les pays celtes.

Le festival Inter-Celtique de Lorient organise chaque année le Mac Allan qui est un concours de cornemuses.

Des pipers venus de tous les coins (et même d’Australie) viennent y participer.

Carlos remporte ce prestigieux concours trois fois d’affilée (1984,85,86) et cela lui vaut une belle notoriété.

Paddy Moloney lui propose de venir enregistrer avec les Chieftains.

Carlos participera donc à trois cd de ces prestigieux irlandais (Treasure Island, The Long Black Veil et Santiago).

« Santiago » dédié à la ville galicienne de Saint Jacques de Compostelle est un disque dans lequel les Chieftains jouent de la musique de Galice mais aussi des airs cubains et Latinos.

Durant plus d’un an, Carlos fera toute une série de tournées avec eux devenant ainsi le septième Chieftains.

 

Après cela, Carlos Nunez décide de voler de ses propres ailes en produisant ses propres disques.

Tout en continuant à écrire des musiques de films (L’île au trésor, Mar Adentro…) et à collaborer avec toute une série d’artistes (Matto Congrio, Jordi Savall, André Le Meut…)

 

Son premier disque « Brotherhoods of Stars » sera le terrain de multiples rencontres musicales.

Ry Couder, Luz Casal, les Chieftains, Rafael Riquini…plus toute une série de musiciens espagnols vont donner à ce disque des couleurs chatoyantes.

A la flûte ou à la cornemuse, Carlos nous fait apprécier son talent qui est immense et plein d’imagination musicale.

Un morceau comme « Dawn » par exemple est d’une extraordinaire beauté !

 

 

Les Irlandais Micheal O’Domhnaill, Paddy Moloney et Matt Molloy viennent l’épauler sur ce titre.

Si on est d’avantage habitué aux sonorités métalliques des whistles, la flûte à bec au son à la fois plus chaud et plus doux…c’est très bien aussi !

 

D’autres albums vont suivre (Os amores Libres, Mayo Longo et Todos Os Mundos) qui vont conforter le public de plus en plus étendu dans l’idée que ce musicien est exceptionnel.

 

D’autant qu’il faut se rappeler que dans l’intervalle, Dan Ar Braz avait enrôlé Carlos dans la grande aventure de l’Héritage des Celtes.

En 1997, les amateurs du genre découvrent donc le galicien aux côtés de Donal Lunny, Gilles Servat et autre Karen Matheson.

Et beaucoup se souviennent de titres comme les « Aires de Pontevedra » interprétés de façon remarquable par la gaita de Carlos accompagnée avec force par le Bagad Kemper.

 

Le souvenir de ces expériences a probablement décidé Carlos Nunez a enregistrer « Un Galicien en Bretagne » en 2003.


nunez2.gif

Recherche, énergie, beauté sont trois mots qui peuvent caractériser ce disque.

Tant notre ami Carlos a pris au sérieux la conception de ce disque.

Ses meilleurs amis musiciens sont évidemment de la partie.

Outre son frère Xurxo, Pancho Alvarez (bouzouki et guitares) est une sorte de « Donal Lunny » espagnol.

Il y a aussi Begona Riodo au violon, José Vera à la basse… 

Il s’est inspiré des travaux de Polig Montjarret (qui fit tant pour la musique traditionnelle bretonne).

Carlos n’a pas hésité non plus à faire appel à deux bagadou (Lokoal-Mendon et Auray) pour collaborer à ce cd.

Puis il a réalisé un de ses rêves en invitant Alan Stivell à travailler sur ce disque.

Alan joue de la harpe de Galice (en plus de sa telenn) et chante pour la première fois en galicien sur le titre « Noitte Pecha », morceau qui se prolonge par « Gavotte Pandeirada » un instrumental dans lequel harpe et flûte se mélangent.

 

Dan Ar Braz et Gilles Servat sont également invités sur ce disque.

Dan avait composé une musique pour Carlos « Une autre fin de terre » allusion à l’album «Finisterres » car la Galice à l’extrême Ouest de l’Europe est (comme la Bretagne) un autre endroit où… se finit la terre.

En plus de la flûte de Carlos et de la guitare de Dan, les bagadou s’en donnent à cœur joie sur cet instrumental.

Et l’histoire de ce titre est double puisque Jean-Jacques Goldman et Dan Ar Braz ont co-écrit des paroles sur cette musique qui est devenue une chanson « je m’en vais demain » qui se trouve sur l’album « A toi et ceux » de Dan Ar Braz.

 

Autre ami de Carlos et autre immense artiste breton, Gilles Servat chante « An Ini A Garan ».

Il chante en duo avec la talentueuse Bleunwenn qui fit partie du groupe Tri Yann durant plus d’un an.

La jeune et prometteuse bretonne apporte encore plus de sensibilité à cette chanson traditionnelle dans laquelle Carlos joue de l’ullieann pipe.

 

De cet instrument, il en est encore question dans le morceau suivant.

« The Three Pipers » qui matérialise un autre rêve de Carlos.

Réunir trois cornemuses différentes dans un même enregistrement.

Patrig Molard, un des maîtres du Bagpipe en Bretagne et l’Irlandais Liam O’Flynn viennent rejoindre Carlos (à la gaita) pour interpréter « O vale de Vreizh Izel » un traditionnel breton.

Le résultat est à la fois beau et surprenant tant les trois cornemuses ont des sonorités distinctes.

Encore un défi parfaitement réussi !

 

Inspiré par la gwerz « Yann Derrien », cette chanson raconte l’histoire du pèlérinage d’un Breton à Saint-Jacques de Compostelle.

Carlos Nunez a voulu que cette chanson soit chantée par Eimar Quinn.

Cette chanteuse irlandaise avait remporté l’Eurovision en 1996 avec la chanson « The Voice ».

Membre du groupe vocal « Anuna » (que l’on avait découvert dans Riverdance) Eimar a une voix très douce et haut perchée.

Dans « Yann Derrien » elle fait l’effort de chanter en Français !

Cette mélodie est vraiment très belle, peut-être ma chanson préférée de ce disque.

La voix d’Eimar plus les contre-chants de whistle et de bouzouki…c’est tout simplement du grand art !

 

Un Galicien en Bretagne est décidément un cd très varié et uniformément beau.

A recommander à tous les amateurs de flûte, de cornemuse et de musique celtique en général.

Carlos Nunez est un artiste étonnant ! 

 

  

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  • : Musique Celtique : ma Passion
  • Musique Celtique : ma Passion
  • : La musique celtique est ma Passion. Alan Stivell, Donal Lunny, Andy Irvine, Gilles Servat, Claude Besson, John Doyle, Christy Moore, Kevin Burke, Gabriel Yacoub, Tri Yann, Karan Casey, Tannahill Weavers, Dan Ar Braz, Ossian ,Silly Wizard,Capercaillie, Solas, Lunasa, Dervish, Altan, Old Blind Dogs,Fairport Convention, Clannad,The High Kings, Davy Spillane, Cormac Breatnach, John Mc Sherry, Michael Mc Goldrick, Tony MacManus, William Jackson, Phil Cunningham, Tim Edey, Steven Cooney, Liam O' Flynn, Julie Fowlis,Cécile Corbel, Gwenael Kerleo...
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