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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 23:32

Petit clin d'oeil pour un groupe de jeunes bien sympas qui se firent connaître dans les années '90.

 matmatah

Tristan Nihouarn (Stan) et Cédric Floc'h (Sammy) formaient un duo (les Tricards Twins) lorsqu'ils rencontrèrent Eric Digaire et Jean-François Paillard (Fanch) à Brest.

Ils décident alors de former un groupe qu'ils appellent "Matmatah" (qui le  nom d'un village en Tunisie).

Benoît Fournier remplace ensuite Jean-François Paillard à la batterie.

La musique de Matmatah est à la fois très rock mais aussi teintée de musique traditionnelle bretonne.

 

En 1997, ils sortent un single avec les titres "Lambé An Dro" et "Les Moutons" qui remporte un très grand succès.

Matmatah va poursuivre sur cette lancée en enregistrant plusieurs cd et en faisant de très nombreuses tournées en France et en Europe jusqu'à sa séparation en 2008.

 

Je voulais rendre hommage au titre "Les Moutons" que j'apprécie beaucoup.

Construite dans un style de gavotte chantée en kan ha diskan, cette chanson est remplie d'humour.

J'ai beaucoup d'admiration pour leur faculté à trouver autant de rimes en "en".

Du grand art !

Chanson très entraînante, "les Moutons" restera un titre référence pour ce groupe qui aura participé à la vague bretonne des années '90.

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 20:19

Révélée en 2002 par la Star Academy, Nolwenn Leroy n'avait jamais caché ses affinités pour la musique Bretonne.

Née à Saint-Renan dans le Finistère, Nolwenn a grandi en Bretagne et a été bercée par la culture Bretonne.

 

nolw4

La musique Celtique et la musique Bretonne en particulier font partie des styles qui ont influencé sa formation musicale.

Avec des possibilités vocales largement au dessus de la moyenne, la jeune femme a suivi une formation classique avant de se lancer dans la musique de variétés.

Du moins c'était le cas de son premier album  "Nolwenn"  qui était un prolongement de sa victoire à la Star Ac'.

Dans ses deux albums suivants, on note déjà beaucoup plus d'envie de sortir des sentiers battus avec un style qui se fait encore plus personnel.

 

Sorti en décembre 2010, "Bretonne " est le quatrième disque de Nolwenn Leroy.

La chanteuse qui n'a pas oublié ses racines bretonnes a décidé de revisiter le répertoire de sa région natale.

Un projet qu'elle avait en tête depuis longtemps.

Dans une interview datant d'il y a plusieurs années, Nolwenn avait déjà confié vouloir un jour chanter en Breton.

 

 nolw3

J'ai été très intrigué en apprenant la sortie de ce cd.

Curieux et impatient de découvrir comment la musique des celtes allait être valorisée par une aussi jolie voix.

Vraiment, je n'ai pas été déçu car Nolwenn a réalisé là un bien joli opus.

 

Entourée par une solide équipe et guidée par Jon Kelly qui n'est autre que le producteur de Paul McCartney et de kate Bush.

Ingénieur du son et arrangeur, Jon Kelly a livré là un superbe travail.

 

Matt Johnson et Fabien Wattmann (programmations et claviers) ainsi que Emre Ramazanoglu (batterie, percussions, programmations) se chargent de la rythmique et des instrumentations modernes.

A côté de cela, Nolwenn et Jon Kelly ont tenu à incorporer des instruments acoustiques dans les chansons.

John Parricelli est donc aux guitares et au bouzouki.

Ruth Wall est à la harpe,

et Eddie Ession à l'accordéon.

Plus deux invité de marque : John Mc Cusker (Ecosse) aux violons et Mike Mc Goldrick (Irlande) aux whistles (sifflets), à l'uilleann pipe (cornemuse irlandaise) et à la flûte.

A noter que Nolwenn a également participé aux arrangements.

 

Une seule chanson ("Je ne serai jamais ta Parisienne") a été composée par Christophe Miossec pour cet album. Toutes les autres sont des reprises de chansons traditionnelles (bretonnes et irlandaises) ou de chansons françaises.

nolw1

Le cd démarre avec Tri Martolod (trois marins).

Tri Martolod acte III pourrait-on-dire.

En effet, c'est en 1972 qu'Alan Stivell fit connaître cette chanson au grand public.

D'abord en France puis dans le reste de l'Europe, cette chanson traditionnelle remporta un très grand succès.

Harpe celtique et orchestrations électro-acoustiques avaient rendu une seconde jeunesse à cette histoire de matelots.

L'acte II se situe en 1997 quand le groupe Manau enregistre le titre "La Tribu de Dana" qui reprend partiellement la même mélodie.

Les années '90 furent marquées par un nouvel engouement pour la musique celtique.

A cette époque, on reparla beaucoup des Tri Yann, de Gilles Servat, d'Alan Stivell et bien sûr de

Dan ar Braz et l'Héritage des Celtes.

Dans les années qui suivirent, cette vague celtique s'estompa sensiblement.

Pourtant chaque années on dénombre de plus en plus de festivals celtes.

Les nuits celtiques remplissent le stade de France tous les ans.

Et l'Interceltique ce Lorient accueille chaque années plusieurs centaines (!) de milliers de visiteurs.

 

Tri Martolod, donc acte III par Nolwenn.

Vraiment une très bonne interprétation de cette chanson mythique.

Dès les premières mesures, la harpe de Ruth Wall tisse une toile sur laquelle vient se poser la voix d'or de Nolwenn.

Du grand art !

 

 

Tri martolod yaouank...la la la...                             Trois jeunes marins...la la la...                    

Tri martolod yaouank o vonet da veajin.                Trois jeunes marins qui voulaient voyager

O vonet da veajin, gè                                             Qui voulaient voyager

O vonet da veajin.                                                  bis

Gant 'n avel bet kaset...la la la...                            par le vent furent emportés...la la la...

Gant 'n avel bet kaset beteg an Douar Nevez...     par le vent furent emportés jusqu'à Terre Neuve...

 

"La jument de Michao" est le deuxième titre. 

Popularisée par les Tri Yann....j'entends le loup, le renard et la belette, fut aussi reprise par Manau fin des années '90.

Même énergie pour la chanter de la part de Nolwenn Leroy.

Une chanson à décompter qui est toujours bien présente dans les esprits.

 

Vient ensuite la "Suite Sudarmoricaine" qui est l'autre très grand succès d'Alan Stivell.

"Suite" puisque composée d'une partie instrumentale à la flûte et de la chanson "Pardon Spezet".

 

E pardon Spezed e oa bet,                    Au pardon de Spezet je suis allé,

Ur plac'h yaouank en deus kavet.          Une jeune fille j'ai rencontré.

La la la la le lo, la la la la le lo...

 

Nolwenn la chante avec beaucoup de ferveur en se débrouillant bien avec la langue bretonne.

 

nolw5

Un petit détour par l'Irlande avec la chanson "Greensleeves".

Très belle mélodie que celle-là.

La voix de Nolwenn est bien mise en valeur par les accompagnements assez soft du piano et du violoncelle.

 

Vient ensuite "Brest", la très belle chanson de Christophe Miossec.

Des paroles superbes qui conviennent bien au style de Nolwenn.

Des orchestrations assez denses qui donnent un côté majestueux à ce titre.

Une de mes chansons préférées de l'album.

 

"Bro Gozh va zadoù" (vieux pays de mes pères).

Qui est un peu l'hymne national Breton et qui est aussi chanté par Tri Yann.

Les accompagnements un peu particuliers donnent un côté moins solennel à ce morceau.

 

 

"Mna na H Eireann" (femmes d'Irlande) fut composée à l'origine par Sean O' Riada et Peadar O'Domin.

Ce titre fut chanté par de très nombreux interprètes dont kate Bush.

Nolwenn a choisi de le chanter en Gaélique et c'est plutôt réussi.

Un titre où violons, cornemuse et whistles s'en donnent à coeur joie sur une musique envoûtante.

 

 

 

 

Nolwenn nous chante ensuite "Ma Bretagne quand elle pleut" qui fut popularisée par Jean-Michel Caradec.

Un texte plein de poésie et de fraîcheur qui raconte une enfance en Bretagne.

Cela me fait très plaisir de ré-entendre cette chanson car Jean-Michel Caradec (trop tôt disparu) était un artiste que j'appréciais beaucoup.

 

Puis deuxième titre de Christophe Miossec avec "Je ne serai jamais ta Parisienne".

Une chanson qui colle bien à la personnalité de Nolwenn qui une fois de plus fait apprécier tout son registre vocal.

A noter que la musique est de Didier Squiban, un pianiste Breton...surdoué.

 

Autre titre en Breton, "Karantez Vro" (amour du pays).

De très belles paroles d'Angela Duval sur une toute aussi belle musique de Véronique Autret.

Très bel hommage à la Bretagne et magnifique interprétation.

 

Presque incontournable aussi dans un tel cd :"Le bagad de Lann-Bihoué".

Chanson légendaire d'Alain Souchon et Laurent Voulzy qui (comme le dit Nolwenn) sont des Bretons de coeur.

Sans être de la musique celtique, cette chanson parlait de la Bretagne dans les années '70.

Bien avant l'Héritage des Celtes, elle fit découvrir au grand public ce qu'était un bagad.

nolw2

Autre chanson très connue "Dans les prisons de Nantes" qui fut interprétée par de nombreux musiciens folk et bien entendu les Tri Yann.

Un titre bien présent dans la mémoire collective et qui est toujours agréable à écouter.

 

Et pour clôturer ce magnifique cd, Nolwenn reprend "Rentrer en Bretagne" une superbe chanson d'Alan Stivell.

Une des rares chansons d'Alan en Français qui n'est peut-être pas très connue mais que j'ai toujours adorée.

Une chanson très apaisante où la harpe de Ruth Wall est très présente.

Le low whistle de Mike McGoldrick et fiddle de John McCusker rendent cette musique encore plus mélodieuse.

 

 

Comme Alan, Nolwenn a , pour un moment, décidé de rentrer en Bretagne. 

Une idée géniale !

 

 

Aux côtés de Nolwenn, Robert Le Gall   (mandoline puis violon) musicien dont je vous parle dans un article précédent.

 

 

Lire aussi :

Bretonne...suite (Nolwenn Leroy)

 

Nolwenn Leroy aux Francofolies de Spa 2012

 

Nolwenn Leroy : O Filles de L'eau

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 22:01

De nombreuses choses ont déjà été publiées à propos des Tri Yann.

Leur biographie et leur discographie est d'ailleurs assez impressionnante.

Ayant démarré en 1971, les trois Jean de Nantes (Jean-Louis Jossic, Jean Chocun et Jean-Paul Corbineau) ont fait un parcours énorme tant sur la scène française qu'internationale.

Dans la foulée d'Alan Stivell mais dans un style fort différent, nos trois mousquetaires (qui étaient quatre avec Bernard Baudriller) allaient explorer de très belle manière le répertoire Breton et Celtique.

 

En tant que francophone, c'est forcément agréable d'écouter un groupe qui chante en Français.

Sans pour cela renier les chansons en Breton, en Gaélique ou en Anglais qui font partie de mon quotidien depuis que j'écoute de la musique Celtique, cela fait aussi plaisir de comprendre les paroles...de temps en temps !

Cela permet aussi de mieux les chanter, ce dont je ne me suis jamais privé avec le répertoire des

Tri Yann.

 

Depuis bientôt quarante ans, Jean-Louis Jossic et sa bande nous proposent avec une ferveur communicative de voyager dans leur univers folk-rock-médiéval.

Un plaisir sans cesse renouvelé au fil des albums toujours très colorés et variés.

  triyann9

En 1977, le batteur Gérard Goron avait rejoint le groupe et est toujours là aujourd'hui.

Après le départ de Bernard Baudriller, d'autres musiciens se sont succédés dans Tri Yann dont le flûtiste

Christophe Le Helley ou le violoniste Louis-Marie Seveno.

Groupe uniquement masculin, Tri Yann fit une exception au début des années 2000 pour accueillir la jeune chanteuse Bleunwenn Mevel tant sur disque que sur scène.

Expérience pleinement réussie car Bleunwenn, de sa jolie voix, apporta de nouvelles nuances à la musique du groupe.

 

Tri Yann se définit comme un groupe de scène et c'est vrai qu'ils ont un terrible sens de la fête dans leurs concerts ( Tri Yann ).

Sur scène, la rythmique a une place prépondérante.

Mais j'ai toujours pensé que leur musique était aussi très riche au niveau de la recherche des sonorités.

Egalement à cause du très grand nombre d'instruments qu'ils utlisent sur disque.

Marier le son d'un psaltérion ou d'une veuze à une guitare électrique, c'est à la fois audacieux et intéressant musicalement.

Et puis ces arrangements vocaux, ces voix omniprésentes qui sont vraiment la "marque de fabrique"

des Tri Yann, je pense que c'est quelque chose d'unique dans la musique Bretonne.

 

Depuis plusieurs années, le groupe s'est stabilisé dans une formation à huit musiciens.

En plus des trois "Jean" et de Gérard Goron, Jean-Luc Chevalier est aux guitares, Konan Mével aux flûtes, cornemuses et percussions, Freddy Bourgeois aux claviers et Christophe Peloil au violon et à la basse.

Une solide formation qui "assure" tant sur disque que sur scène.

 

Voici une de mes chansons préférées de Tri Yann.

Elle date des années '70 et à été réenregistrée à plusieurs reprises.

Pelot d'Hennebont (cité médiévale du Morbihan) raconte les exploits militaires du gars Pelot dans un Français entièrement d'époque.

 

 

 

 

Autres versions

 

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 23:10
Voici à présent d''autres interprètes Bretons qui ne font pas nécessairement (ou pas uniquement) de la musique à danser mais qui utilisent des bombardes, binious et autres cornemuses dans leurs créations.

Alan Stivell avait commencé très jeune par le piano.
Ensuite, émerveillé par le travail de son père Jord Cochevelou qui recréa la harpe Celtique, Alan se mit très vite à l'apprentissage de cet instrument.
Vers l'âge de dix ans, il savait déjà en jouer.
Petit à petit, il allait devenir le virtuose que l'on connait et son influence allait être décisive pour la musique Bretonne et la musique Celtique.
Adolescent, Alan fut membre du bagad Bleimor (loup de mer) où il apprit la bombarde et la cornemuse écossaise.
Arrivé à un excellent niveau, il joua en couple avec son compère Youenn Sicard (Alan à la cornemuse et Youenn à la bombarde).
Ensembles, ils allaient remporter de nombreux concours.


Youenn Sicard

Alan était donc très à l'aise pour intégrer ces instruments dans sa musique.
Les premiers disques d'Alan Stivell nous font donc découvrir une série de sonneurs comme Mikael Klec'h
et Henri Delagarde (également violoncelliste) sur l'album à l'Olympia.
Youenn Sicard lui jouera sur "A Langonnet" , "Raok Dilestra" et "Symphonie Celtique".

Alan Kloatr (biniou kozh, flûte traversière et bombarde) joue aussi sur "A Langonnet" et "A Dublin".
Avec Patrig Sicard (bombarde), Mick Ar Biz (bombarde), Dominique Molard (batterie écossaise), Patrick Molard (cornemuse), Pierre Mayel (cornemuse) ils forment une version réduite du bagad Bleimor que l'on entend sur les albums "A Dublin" et "Chemins de terre".

Après "Symphonie Celtique", Alan se chargera seul des interventions à la bombarde ou à la cornemuse.
Depuis quelques années, il joue aussi de la cornemuse électronique en plus de la cornemuse écossaise.
Un instrument que l'on entend d'ailleurs sur son tout nouveau cd "Emerald" qui vient de sortir en cette
fin octobre.


Ayant démarré au début des années '70, le groupe Tri Yann a également son sonneur en la personne de Jean-Louis Jossic.



Leader du groupe et multi-instrumentiste, Jean- Louis nous gratifie depuis toujours de jolies interventions à la bombarde.
Depuis que Konan Mevel (cornemuses, flûtes, percussions) est arrivé dans la bande, Jean-Louis n'est plus le seul sonneur du groupe.
Dans certains morceaux, il leur arrive de sonner en couple, pour notre plus grand bonheur.


Autre groupe des "golden seventies" , Gwendal dont je vous parle dans mes deux articles consacrés à Youenn Le Berre.
Youenn Le Berre ( Gwendal)
Youenn Le Berre (2)

Non content d'être un extraordinaire flûtiste, Youenn le Berre joue très bien de la bombarde et de la grande cornemuse.
La discographie de Gwendal est très longue et riche de nombreux chef d'oeuvres mais il y a un titre que j'aime particulièrement c'est "Noces de granit" sur l'album "Glen River".
Un titre splendide qui est un dialogue entre une bombarde et une cornemuse.
Youenn joue les deux instruments avec grande maîtrise et ce morceau est orchestré de façon remarquable par Robert Le Gall.
A écouter !

Dans la première partie de sa carrière en solo (les années '80) Dan Ar Braz a beaucoup collaboré avec Patrick Molard (Patrick était encore présent sur le premier cd de l'Héritage des Celtes).
Ensuite, c'est Ronan Le Bars qui est devenu le "piper" du groupe.

Ronan Le Bars a fait ses premières armes au bagad de Guingamp.
D'abord sonneur de cornemuse écossaise, il se met ensuite à la cornemuse irlandaise (uilleann pipe) et devient un des meilleurs joueur de cet instrument en France.
Il joue aussi des whistles et low whistles avec beaucoup de facilité.

Devenu très réputé, Ronan est invité par de nombreux artistes (Gilles Servat, Alan Stivell, Didier Squiban...).
Il a été membre du fameux groupe "Glaz" avant d'être remplacé par un autre sonneur : Loïc Bléjean.
Il a même participé à un disque de Claude Nougaro.



Depuis de nombreuses années il forme un duo avec le guitariste-flûtiste Nicolas Quemener.

J'ai eu la chance de pouvoir un peu lui parler après un concert de Gilles Servat.
Ronan Le Bars est quelqu'un de très sympathique.
Je l'avais félicité pour son talent et parce que j'avais été impressionné par son sens de l'improvisation.
En effet, dans un reportage sur l'Interceltique de Lorient, on le voyait invité par la harpiste Debora Henson-Connant.
Cette musicienne joue dans un style flamenco. Sans rien connaître du répertoire, Ronan était venu sur scène et avait improvisé à l'uilleann pipe. C'était grandiose !
Nous avions échangé à propos de ce concert dont il gardait un très bon souvenir.



Et puisque je parle du F.I.L. , il me plait de signaler l'existence du groupe "Hirio" créé par le festival
en 1995 quand Jean-Pierre Pichard en était encore le directeur.
Formé de six virtuoses, Hirio (aujourd'hui) allait être l'ambassadeur de la musique bretonne et celtique dans le monde.
Marie Annick Lar'hantec en était la harpiste; Catherine Boulogne jouait de l'alto et Stéphane Barbier en
était le batteur.
Alain Pennec (qui a d'abord été sonneur de bombarde et de cornemuse) jouait de l'accordéon diatonique tandis qu'Hubert Raud jouait de la cornemuse et Alain Kermeur de la bombarde.

Hirio joua de très nombreux concerts voyageant de New York à Tokyo en passant par le Sultanat
d'Oman.
Partout, Hirio reçut un accueil chaleureux, faisant partager ses compétences musicales aux publics
les plus divers.
Entre deux concerts, ils ont trouvé le temps d'enregistrer un cd "Troiad ar Bed" (tour du monde) où ils
présentent un répertoire très varié de musiques bretonnes et celtes.


Plus tard, Aurore Bréger a remplacé Marie Annick Lar'hantec et le violon alto a fait place au
chapman stick (basse) de Youenn Landreau.
Durant plusieurs années encore, Hirio a repris l'avion pour enchanter les spectateurs de Shanghai,
Sydney ou Rio.


"Kornog" est un autre groupe important en musique bretonne et celtique.

Considéré comme un des maîtres de la flûte traversière en bois, Jean-Michel Veillon était d'abord un sonneur de bombarde.
Je l'avais découvert dans l'Héritage des Celtes et il a aussi fait partie de Pennou Skoulm, Barzaz et
Celtic Procession.
Dans Kornog, il joue bien sûr de la flûte mais aussi des bombardes dans des tonalités plus graves que
ce qu'on entend habituellement.

Jamie Mc Menemy est originaire de Glasgow et a été membre du fameux "Battelefield Band".
Tombé amoureux de la Bretagne, il est venu s'y installer en 1979.
A la fois chanteur et joueur de bouzouki il fonde Kornog en 1981.
Il fera également partie d'autres groupes comme "Taxi Mauve" ou "Orion".


Ch.Lemaître - J.Mc Menemy- JM Veillon- N. Quemener

Durant la première période du groupe, le guitariste était Soïg Siberil qui a aussi collaboré avec de nombreux autres groupes avant de se lancer dans une brillante carrière en solo.
Depuis que Kornog a été reformé c'est Nicolas Quemener qui tient la guitare dans le groupe.
Nicolas qui a joué avec le groupe irlandais Arcady est ensuite revenu en Bretagne pour rejoindre Skeduz
puis l'Héritage des Celtes.
Il a aussi joué avec Gilles Servat avant de former son terrible duo avec Ronan Le Bars.

Enfin, Cristian Lemaître est le violoniste du groupe.
En Bretagne, il fera partie de Pennou Skoulm, Archetype et Storvan.
Il tournera ensuite avec Celtic Fiddle Festival en compagnie de Kevin Burke (Irlande) et Johnny Cunningham (Ecosse) un groupe qui unissait trois violonistes celtes et un guitariste.

Donc, de solides références pour les musiciens de Kornog.
Leur musique est un mélange de danses et de mélodies bretonnes entrecoupées par les chansons écossaises de Jamie Mc Menemy.
Ils jouent de façon très dynamique et leurs arrangements sont très fouillés.
Je vous les recommande chaudement !


La carrière de Patrick Molard est décidément très bien remplie.
En dehors des groupes déjà cités, il avait formé le groupe "Den"à la fin des années '80.
Jacky Molard, Soïg Siberil, Jean-Michel Veillon plus le claviériste Alain Rouquette avaient formé un quintet
particulièrement intéressant.
Une musique progressive à la fois teintée de rock et de jazz mais qui gardait de profondes racines
celtiques.

Un groupe dans le style de Glaz ou du Gwendal des derniers albums.
Patrick y allait de terribles interventions à l'uilleann pipe ou à la cornemuse écossaise superbement accompagné par ses quatre complices.
"Just around the window" aura été leur seul cd et c'est très dommage car ce groupe "Den" était
vraiment formidable.

Dans ses albums en solo, Patrick invite aussi d'autres sonneurs comme Yves Berthou (bombarde)
ou Mick O'Brien (uilleann pipe).
Toujours des disques à la fois ancrés dans la tradition mais aussi très ouverts à d'autres influences
musicales.


Impossible bien sûr de citer tous les bons sonneurs de Bretagne mais j'aimerais encore signaler
quelques uns.

Depuis un certain nombre d'années, le groupe "Triskell" a opté pour une formule à quatre musiciens.
Pol et Hervé Quefféléant jouent de la harpe celtique et quelques autres instruments.
Patrick Audouin est aux claviers et à la guitare tandis que Mikael Cozien joue de la cornemuse écossaise.
Avant lui, le cornemusier s'appellait Daniel Bicrel.
Et quand ils ont besoin d'une bombarde, les Triskell  font appel à Bernard Quillien le talabarder des
Bleizi Ruz.
Triskell

Dans son disque "Lutum noz", le guitariste Bernard Benoit fait appel à deux sonneurs de bombarde:
Philippe le Balp (des Diaouled ar Menez) et Christophe Caron dont le jeu de bombarde me fait un peu penser à du hautbois.

Le harpeur Dominig Bouchaud à invité Christian Faucheur à jouer de la bombarde sur son cd "L'ancre
d'argent".
Goulven Henaff a joué avec Glaz, tandis que Jacques Beauchamps est le nouveau talabarder des
Sonerien Du.

Et pour conclure, Anthony Masselin est le sonneur de cornemuse du groupe folk-rock "Soldat Louis"
dont la chanson "Du rhum, des femmes..." allait connaître un très grand succès en 1988.


 
Sonneurs de bombardes, de cornemuses et de binious, soyez tous remerciés pour vos milliers de très bonnes notes.
C'est grâce que vous que la musique bretonne vibre si fort dans nos coeurs.
 













 













 




 


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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 21:28
En dehors de la musique des bagadou ou des sonneurs de couple, de nombreux artistes bretons utilisent la bombarde, le biniou ou la cornemuse.
Le début des années '70 sera marqué par l'éclosion des groupes de "fest noz" (fête de nuit).



Fin 1971 à Carhaix, Philippe Le Balp (bombarde, biniou, flûte), Jean-Yves le Core (accordéon) et Bruno le Manac'h forment les "Diaouled Ar Menez" (les diables de la montagne).
Leur répertoire est constitué de danses bretonnes (Plinn, Fisel, Gavottes...) et de chansons en Breton.
Un autre talabarder, Yann Goasdoué, les rejoint bientôt.
Inspirés par la tournée d'Alan Stivell dans leur ville , ils décident de mélanger les instruments traditionnels avec une guitare électrique et une basse.
Peu après le violoniste et chanteur Melaine Favennec débarque dans le groupe ainsi que le bassiste Tangi Le Doré.
Melaine Favennec

Mikael Sohier fera également partie du groupe en tant que sonneur de bombarde.
Deux bombardes qui se répondaient, c'était l'originalité de ce groupe qui jouait de manière très tonique.
Les Diaouled Ar Menez vont très vite remporter un grand succès et tourner dans toute la Bretagne.
Ils deviendront bientôt un des fers de lance du revival breton.
Leur succès les conduira également à l'étranger (Allemagne, Italie, Espagne, Danemark...) et ils tiendront l'affiche de l'Olympia durant une semaine en compagnie d'autres bretons comme les Tri Yann et le guitariste Bernard Benoit.
Après 38 ans et plus de 1500 (!) festou noz, les Diaouled sont toujours aussi entraînants.
Leur dernier disque "Chauffe la Breizh" était sorti en 1997.

link


Autre groupe incontournable de la même époque, les "Sonerien Du" et leur terrible sonneur Yann Goas.
Je vous en parle dans un article précédent.
Sonerien Du




Quelques années plus tard, un autre groupe va marquer les années '80 et '90 il s'agit du groupe "Gwerz" (ballade, récit).
Ce groupe qui réunissait un nombre incroyable de talents fut sûrement un des meilleurs de son époque.
Son répertoire ne se limitait pas à la musique à danser car il y avait aussi une série de chansons qui racontaient des histoires traditionnelles sur des rythmes divers.
Erik Marchand en était à la fois le chanteur et le clarinettiste.
Chanteur traditionnel (dans le même registre que Yann-Fanch Kemener), Erik Marchand n'a pas son pareil pour transmettre des émotions par sa manière de chanter.
Il est aussi très fort dans les morceaux rythmés style gavottes ou dans plinn.
Très éclectique dans sa démarche, il s'intéresse à de nombreuses formes de musiques et de chants, y compris le répertoire des pays de l'Est.

Bruno Caillat en était le percussionniste et Alain Genty (qui collabora avec de nombreux groupes par la suite) le bassiste.

Soïg Siberil était le guitariste de Gwerz. Un des meilleurs musicien de Bretagne dont la réputation a largement dépassé les frontières. Spécialiste de "l'accord ouvert", Soïg va collaborer avec un nombre incroyable de groupes (y compris le groupe Orion en Belgique).
Il jouera entre autre avec Celtic Fiddle Festival (J.Cunningham, Ch.Lemaître, K.Burke).
Tout en réalisant une excellente carrière solo dont les compositions à la fois teintées de jazz et de traditionnel lui feront découvrir d'autres horizons.

Jacky Molard était le violoniste du groupe. Egalement guitariste, ce terrible musicien sera membre d'une série d'autres groupes en Bretagne.
Ses solos de violon sont incroyables et son enthousiasme est communicatif.

le talentueux Youenn Le Bihan était le sonneur de bombarde de Gwerz.
Patrick Molard, lui se chargeait du biniou ou de l'uilleann pipe.
On connait ce musicien de puis longtemps puisqu'il jouait déjà avec Alan Stivell sur l'album à Dublin.
Et qu'il collabora durant plusieurs années avec Dan Ar Braz jusqu'au premier disque de l'Héritage des Celtes.
A n'en pas douter, Patrick Molard est un des meilleurs sonneurs de Bretagne.

Pas étonnant donc que Gwerz ait marqué les esprits à l'époque.



Même s'il n'y a ni biniou ni bombarde dans "Pennou Skoulm", je ne pouvais pas ne pas citer ce terrible groupe de fest noz.
Ils ont aussi été actifs entre 1982 et 1992 puis se sont séparés pour se reformer en 2008 (ils étaient à l'affiche du dernier festival "Les Irlandays").
Patrig Molard (uilleann pipe) en était le sonneur.
Plus Soïg Siberil, Jacky Molard, Jean-Michel Veillon (flûte traversière en bois) et Christian Lemaître (violon).

D'autres musiciens se sont succédés dans Pennou Skoulm comme Etienne Grandjean (accordéon), Patrice Quéré (violon), Frédéric Lambierge (accordéon), Gilles Le Bigot (guitare), Hervé Guillo (flûte traversière),
Ronan Le Bars (uilleann pipe), Jamie Mc Menemy (bouzouki), Yvon Riou (guitare), Fanch Landreau (violon).

Pennou Skoulm, un festival de danses bien martelées et de belles mélodies made in Breizh.




Chef de file de la nouvelle génération des fest-noz-bands, "Ar Re Yaouank" (les jeunes) aura marqué les années '90.
Frédéric Guichen (accordéon), David Pasquet (bombarde), Stéphane De Vito (basse), Jean-Charles Guichen (guitare) et Gael Nicol (bombarde et biniou) pourraient être considérés comme les successeurs des Diaouled Ar Menez.
Des gars avec de l'énergie à revendre et des musiciens d'exception.
En plus, on sent chez eux un amour immodéré pour la musique Bretonne.
Ar Re Yaouank joue à la fois des airs traditionnels et des compositions des divers membres du groupe.

J'ignore pour quelle raison ils se sont malheureusement séparés après quelques albums.
Ils n'ont pourtant pas délaissé la musique bretonne pour autant.
Gael Nicol est allé rejoindre Christophe Jaouen (bombarde) au sein du groupe Angel I.K.
David Pasquet a joué avec Celtic Procession avec le guitariste Jacques Pellen.
Avant de former le "David Pasquet Group" dans lequel il démontre toute sa virtuosité à la bombarde dans une musique qui déborde largement les frontières de la tradition.

Quant aux frères Guichen, ils ont travaillé avec de nombreux artistes (dont Alan Stivell dans "Back to Breizh) avant de former le "Guichen Quartet" avec un percussionniste et un bassiste.
La musique interprétée par Jean-Charles et Fred Guichen est très riche et va dans des directions aussi variées que le jazz, le rock ou le traditionnel.
Des musiciens de haut vol !
link


En musique Bretonne, il y a de très nombreux groupes de fest-noz.
Impossible de les citer tous, d'autant que j'ai pour habitude de ne parler que de ce que je connais.
Que les autres me pardonnent donc.




En écoutant "Karma", on découvre une musique faite d'arrangements subtils et qui a une coloration jazz assez prononcée.
Jonathan Dour (violon) et Yann le Corre sont de fameux solistes.
Corentin Gwen est au percussions, Erwan Le Goff à la guitare acoustique et les sonneurs sont Mikael
Le Bihannik à la bombarde et Etienne Bescond au biniou kozh.
Un groupe qui a une approche vraiment intéressante.




Un style plus "classique" pour le groupe "Skeduz" et son album "Rag ar plinn".
Avec un rôle plus important accordé aux sonneurs, Yvon Lefebvre à la bombarde et Dédé Thomas au biniou.
Ici, principalement des danses de Bretagne ou des danses composées sur un mode traditionnel.
Laurent Dacquay au violon et Ronan Pellen (cistre et violoncelle) entourent les deux sonneurs à la perfection. Un groupe que complète de main de maître le guitariste- flûtiste Nicolas Quemener que l'on a bien connu avec l'Héritage des Celtes ou avec Gilles Servat.




Une interprétation plus cool mais tout aussi agéable pour le groupe "Follenn".
Par leur façon de chanter, ils me font penser aux "Sonerien Du".

Assez bien de variétés au niveau des sonorités puisque les deux sonneurs de bombarde jouent aussi d'autres instruments. Violon et chant pour Yannick Le Sausse, piston, flûte traversière et chant pour
Jean-Philippe Mauras.
Younn Lagadeg (batterie et percussions), Eric Lorgeoux (guitare) et Jean-Michel Mathonnet (piano, claviers et accordéon) se chargent à merveille des autres notes.

Cinq très bons musiciens qui font de cet album "Revenezy" un disque très agréable pour écouter et pour danser.








Enfin, un autre groupe digne d'intérêt les "Bleizi Ruz" (loups rouges) qui existaient déjà dans les
années '80.
Bernard Quillien est un terrible sonneur qui,en plus de la bombarde, joue aussi de la gaita, de la lombarde et du low whistle.
Eric Liorzou joue des guitares acoustiques et électriques ainsi que des claviers. Il s'occupe aussi de la programmation des batteries.



Loic le Borgne est l'accordéoniste du groupe et Ben Creach le bassiste.
Une interprétation plus "moderne" pour ce groupe qui aime mélanger l'électronique aux instruments acoustiques.
Le cd "Pell ha Kichen" est surtout fait de compositions des divers membres du groupe.
Principalement des airs à danser mais aussi des mélodies comme le très beau "Kasadenn".
Un groupe à écouter absolument.

A suivre...














 
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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 21:06
J'ai découvert la bombarde grâce aux premiers disques d' Alan Stivell.
J'étais sous le charme de titres comme "An Alarc'h", "An Dro Nevez" ou bien sûr le terrible "Pop Plinn".
Cette sonorité à la fois si belle et si puissante m'interpellait beaucoup.
Au point que j'ai voulu m'en procurer une pour apprendre à en jouer.
Un ami m'avait alors conseillé d'essayer d'abord avec une flûte irlandaise (whistle) car le nombre de trous et la positions des doigts sont les mêmes que sur la bombarde.
Sage conseil puisque l'apprentissage du whistle m'a d'une part donné le goût pour cet instrument et m'a d'autre part aidé pour le doigté de la bombarde.
Pourtant la difficulté se trouve allieurs.
Il faut, en effet, faire plus d'effort pour bien maîtriser son souffle et pour pincer correctement l'anche de la bombarde.
Il y a toute une technique par rapport au positionnement de la langue et des lèvres par rapport à l'anche.
C'est sûr que quand on maîtrise cette technique, c'est moins fatiguant mais il n'en reste pas moins que la pratique de cet instrument n'est pas aisée.
La bombarde bretonne se joue d'ailleurs rarement seul mais plutôt en couple avec un biniou ou une cornemuse ou encore une autre bombarde.
Par contre, lorsqu'on arrive à en tirer des sons, c'est terriblement gratifiant !




La bombarde est un instrument à vent de la famille des hautbois.
Depuis le Moyen-Age, l'instrument était répandu dans l'Europe entière. petit à petit, il a disparu au profit d'instruments plus sophistiqués et moins sonores.
Car la bombarde est un instrument puissant fait pour jouer en plein air.
En Bretagne, la bombarde a subsisté même si elle avait été mise à l'index par l'Eglise qui la considérait comme "instrument du diable".
Pourtant, aujourd'hui encore, il existe tout un répertoire de musiques sacrées (souvent pour bombarde et orgue) qui sont jouées dans les cérémonies religieuses ou les Pardons (sortes de processions).

La bombarde est composée de trois parties.
Le fût ou corps légèrement conique est percé de six ou sept trous.Il y a souvent une clé pour boucher le dernier trou.
Le pavillon, parfois amovible qui est de forme évasée et se trouve a l'extrémité du fût. Il sert à amplifier les sons.
A l'autre extrémité se trouve l'anche double (en roseau) que le musicien fait vibrer en soufflant.
les bombardes sont fabriquées en bois de poirier, de buis, de pallisandre ou d'ébène.

Son registre s'étend sur deux octaves (diatonique).
La tonalité la plus courante est le si bémol mais il existe des bombardes en do, en ré, en sol en la ou en fa.
Trois doigts de la main gauche pour les trous les plus proches de la bouche. La main droite s'occupe des trois autres trous et l'auriculaire appuie sur la clé pour boucher le septième trou.
La note la plus aigüe est obtenue quand tous les trous sont ouverts et ainsi de suite.
Pour faire des demi-tons, il faut boucher la moitié d'un trou.

En Breton, l'instrument s'appelle "ar vombard" ou "talabard", le sonneur de bombarde est donc le "talabarder".

En dehors de la musique religieuse, l'utilisation la plus ancienne de la bombarde s'est d'abord rencontrée au niveau des sonneurs de couple.



Le talabarder jouait en compagnie d'un sonneur de biniou.
le biniou est une petite cornemuse avec un son aigu.
Il est accordé une octave plus haut que la bombarde et est muni d'un seul bourdon (une note d'accompagnement continue).
Depuis plusieurs siècles, les sonneurs de couple parcouraient les villages et sonnaient des airs traditionnels. Principalement des musiques à danser pour des occasions (fêtes, mariages...).
Ils véhiculaient ainsi tout un répertoire qui se transmettait principalement de façon auditive aux générations suivantes car ils utilisaient peu de partitions.
(la transmission orale en a fait de même pour la chanson traditionnelle et le kan ha diskan).
Jean Baron (bombarde) et Christian Anneix (biniou) forment un des couples de sonneurs les plus réputés en Bretagne.

Au début du XXème siècle, diverses associations, des cercles celtiques, prirent consience qu'il était indispensable de préserver le patrimoine de la musique traditionnelle Bretonne.
De nombreux collectages de chants et d'instrumentaux furent effectués dans les villes et dans les campagnes.
De nombreux musiciens amateurs ou professionnels furent invités à transmettre leurs répertoires et de nombreux enregistrements furent réalisés.

C'est à cette époque aussi que furent créés les bagadou.
Calqués sur les "pipe-bands" écossais, les bagadou sont des ensembles musicaux regroupant des joueurs de bombardes, des batteurs qui jouent des tambours et des "caisses claires" et des joueurs de cornemuses.
C'est depuis cette époque que l'on emploie les mots "biniou braz" (grand biniou) pour distinguer la grande cornemuse de Bretagne par rapport au "biniou kozh" (biniou ancien).



Né en 1920 à Guimgamp, Polig Monjarret aura une influence primordiale sur l'expansion de la musique des bombardes et binious en Bretagne.
A la fois collecteur et musicien (violon et bombarde), il crée en 1943 la B.A.S. (Bodadeg Ar Sonerion) c'est à dire l'assemblée des sonneurs.
Ce groupement de musiciens sera à la base de la création des bagadou à la fin des années '40.

Aidé par son épouse (Saig le Foll) il collecte de très nombreux d'airs qui lui sont envoyés par des correspondants. Et publie en 1984 "Toniou Breizh Izel"  soit 2000 airs collectés en Basse Bretagne.
Polig Monjarret jouera aussi en couple avec le sonneur de biniou Dorig Le Voyer.

C'est Polig Monjarret qui a introduit le biniou braz en Bretagne, c'est lui aussi qui est à l'origine du festival interceltique de Lorient.

Gilles Servat a composé une chanson à sa mémoire "Le général des binious".


Autre personnage qui a terriblement influencé la musique des bagadou : Roland Becker.
"Personnage", le mot n'est pas trop fort car Roland est un musicien hors du commun.

Né à Auray d'une mère Bretonne et d'un père Allemand, Roland Becker va très jeune s'intéresser à la musique. Logique puisqu'il y a des musiciens dans ses ascendants (arrière grand-père chef d'orchestre et grand père batteur).
Il apprend la bombarde à l'âge de 11 ans puis le saxophone un an plus tard.
Tout en étudiant la musique classique au conservatoire de Rennes il apprend aussi la contrebasse ainsi que les claviers.
Membre du bagad d'Auray, il transforme ce dernier en orchestre et introduit des arrangements très sophistiqués dans la musique de ce bagad au point de le faire triompher au festival de Lorient.

En vacances dans la région en 1983, j'ai eu la chance de le voir sur scène du côté de Carnac avec le bagad d'Auray, c'était impressionnant !

En 1980, Alan Stivell l'embauche comme talabarder pour jouer dans la "Symphonie Celtique".
Youenn Sicard, Dominique le Boucher et Christian Faucheur sont les autres sonneurs de bombarde invités sur ce disque.

En 1982, Roland Becker enregistre son premier disque "Fallaen".
Sorte de fusion jazz-folk-rock, cet album est plutôt du genre décoiffant !
Toutes les compositions musicales sont de Roland qui se déchaîne à la bombarde, au saxophone, aux synthés ainsi qu'aux percussions.
Bien entouré par onze musiciens (dont Hubert Raud à la cornemuse) qui rivalisent d'ingéniosité pour accompagner le "maître" avec leurs guitare électrique, batterie, cornemuses et autres claviers.
Des titres comme "Fallaen" (Eclipse) ou "Jig a Dreuz" sont vraiment extraordinaires.

A l'époque, j'avais aussi eu l'occasion de voir Roland sur FR3.
 
Bien sûr, ce musicien d'exception n'en restera pas là.
Sorti en 2008, "Chants de la nuit" est déjà son dixième cd.
Durant l'intervalle, Roland Becker a enregistré des disques de fusion dans la lignée de son premier album mais aussi des disques plus intimistes et acoustiques comme "Kof a Kof" (un saxophone et un accordéon) ou "L'Orchestre national breton" (bombarde, biniou, tambour).

En 1994, il sort un livre (co-écrit par Laure Le Gurun) intitulé la musique bretonne, un ouvrage très bien documenté.

Toute sa carrière, Roland Becker aura été à l'écoute de la musique bretonne la plus enracinée.
Les musiques des sonneurs de couple et celles des bagadou ont bénéficié et bénéficient encore de ses recherches et de son immense talent.

Le bagad est composé d'une bonne trentaine de musiciens. Plus ou moins un tiers de sonneurs de bombardes, un tiers de sonneurs de cornemuses et un tiers de percussionnistes.
Les bagadou sont classés par catégorie et disputent de nombreuses compétitions pour désigner les champions régionaux et le chanpion de Bretagne.
 
Alan Stivell a fait ses débuts dans le bagad Bleimor.
Le bagad de Lann-Bihoué a été rendu célèbre par la chanson d'Alain Souchon.

Dans les années '90 l'Héritage des Celtes enmené par Dan Ar Braz a fait connaître au grand public le bagad Quimper.
Deux fameux solistes dans ce bagad :Erwan Ropars qui dirigeait les cornemuses (il est aussi membre du jury au trophée Mac Allan de l'Interceltique) et Jean-Louis Henaff qui dirigeait les bombardes (il accompagna aussi Dan Ar Braz au whistle au concours de l'Eurovision).
Sans oublier un autre sonneur, Ronan Le Bars (cornemuse et uilleann pipe) qui était aussi dans l'Héritage des Celtes.

Le bagad Quimper est même connu au delà des frontières de l'Europe puisque Johnny Clegg, le célèbre chanteur sud-africain a enregistré avec eux.


Ces dernières années, Gilles Servat enregistre souvent avec le bagad Ronsed Mor de Lokoal-Mendon. André Le Meut (virtuose de la bombarde) en est le directeur. Il s'est d'ailleurs produit à plusieurs reprises aux "Nuits Celtiques" du stade de France.

Enfin, chaque année, le Festival Interceltique de Lorient débute par la grande parade des nations celtes.
Spectacle haut en couleurs où défilent de nombreux bagadou accompagnés de danseurs en costumes traditionnels, des pipe-bands et d'autres groupes des divers pays celtiques.
Que du bonheur pour les amateurs du genre.

 








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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 23:46
Découvert vraiment par hasard en surfant sur You Tube, cette vidéo du groupe "Julian" dont le leader se nomme Julien Jaffrès.
Découverte d'un jeune gars de chez nous (car je suis Belge) qui est né en Belgique d'une mère Belge et d'un père Breton.
Julien est bercé dans la musique depuis tout petit puisque sa maman chante et joue de la guitare et que son papa n'est autre que Gérard Jaffrès un chanteur breton natif du Finisterre.
Depuis trente ans, la carrière de Gérard oscille entre la Bretagne et la Belgique où il réside.
Je connais peu le répertoire de ce chanteur mais sa voix claire me fait penser à celle d'Hughes Auffray et ses musiques sont très mélodieuses.

Julien Jaffrès se met donc à la musique dès l'âge de six ans en apprenant la batterie.
Plus tard, il se mettra également au piano puis à la guitare devenant petit à petit un excellent musicien.
Il forme d'abord un  premier groupe du nom de "Korrigan" puis décide de devenir professionnel en 2007.

J'ai vraiment été surpris en écoutant cette vidéo de la "Suite Sud Armoricaine".
C'est grâce à ce titre d'Alan Stivell que j'ai découvert la musique Celtique fin 1972.
C'est avec cette chanson qu'est née ma passion pour le celtique, passion qui n'a jamais fait que croître.

Cette version me plait beaucoup...je ne sais pas ce qu'en pense Alan mais pour moi c'est vraiment très bon.


Bonne continuation à toi Julien !

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 17:25
On pourrait considérer Louis Capart comme le "frère" de Claude Besson.
Car c'est vrai qu'il y a une série de points communs entre le chanteur sénan et le barde de Kérouze.
Tous deux sont Bretons mais ont vécu leur enfance et leur adolescence à Paris, principalement dans le quartier Saint Denis.
Pour diverses raisons, ils ont ensuite décidé de retourner vivre en Bretagne.
Depuis leurs débuts, la barbe et les cheveux longs font partie de leur look.
Tous les deux ont écrit une chanson à propos de l'île de Sein (Ile de Sein pour Claude et Marie-Jeanne-Gabrielle pour Louis).

A titre personnel, c'est en 1983 que j'avais acheté à Lorient un 33 tours de Claude Besson et un autre de...Louis Capart.
Découvrant ainsi deux chanteurs-poètes de grande qualité.

Vous ayant déjà parlé de Claude Besson à plusieurs reprises, il était tant d'écrire d'autres lignes à propos de Louis Capart.



Durant toute son enfance, Louis fera de fréquents allers et retours entre Paris et l'île de Sein dont sa mère est originaire.
C'est dans ses nombreux séjours sur l'île qu'il découvrira ses véritables racines et qu'il accumulera des sensations qui influenceront sa démarche artistique.

Employé à la fonction publique, Louis commence à chanter en amateur au début des années '80.
En 1982, il enregistre son premier disque "Marie-Jeanne-Gabrielle" qui va rapidement connaître un certain succès.
En 1984, il décide d'arrêter son métier de fonctionnaire pour se consacrer totalement à la chanson.

Même s'il passe peu dans les médias, Louis Capart va très vite se lancer dans des tournées en Bretagne puis en France et à l'étranger (U.S.A., Russie, Pays-Bas...)
Dans la foulée il sort un deuxième album "Floraison" en 1984 puis un troisième "Patience" en 1986.

A cette époque, son travail est récompensé par un prix de l'Académie Charles Cros et un autre de la Sacem.
Louis Capart se produit aussi bien dans des petites salles que dans des festivals comme les "Fêtes de Cornouaille ou l'Interceltique de Lorient.

Depuis ses débuts, Louis Capart remporte un succès important en Allemagne où ses concerts son nombreux.
Son quatrième album s'intitule d'ailleurs "Berlin" et sort en 1992.
Plus tard, Louis va s'attirer de nombreuses synpathies dans ce pays, au point de collaborer et d'enregistrer avec le "Duo Balance" un couple de jeunes chanteurs allemands.

En 1997, Louis décide d'interpréter une série de chansons de divers auteurs.
Il enregistre donc "Rives Gauches de Bretagne et d'Ailleurs" un disque sur lequel il chante Léo Ferré, Gilles Servat, Brassens, Glenmor...
"Rives gauches" aussi pour marquer son appartenance à cette catégorie de chanteurs-poètes parfois en marge mais très talentueux.
En parcourant so "Myspace", on s'apperçoit que Louis cultive de nombreuses amitiés avec une série d'artistes venus d'horizons divers. Des gens pas nécessairement connus mais dont les talents sont indéniables.

"Héritage sénan" sort en 2001, un disque qui sera une fois de plus très bien accueilli par la critique.

Louis Capart Continue de tourner en Europe (une quinzaine de pays), tandis que ses chansons sont reprises sur diverses compilations consacrées à la Bretagne ou à la chanson française.
Sur You Tube, on peut voir aussi un interview réalisé par Jürgen Wagner sous la forme d'une série de vidéos.

Enfin, en 2009, il a enregistré un nouveau disque "Voyage d'une île à l'autre" avec Duo Balance.


En ce qui me concerne, ma connaissance de Louis Capart est plus limitée puisque j'en suis (pour l'instant !) resté à son premier disque.
En écoutant l'album "Marie-Jeanne-Gabrielle" j'ai directement été touché par cette voix claire et douce.
Touché aussi par la poésie qui émane de chaque phrase.
Sur le 33 tours, l'ordre de chansons (face A- face B) est inversé par rapport au cd.
Pas grande importance me direz-vous si ce n'est que ça m'a d'abord permis de découvrir et d'apprécier d'autres chansons avant le fameux titre "Marie-Jeanne-Gabrielle".

Toute la poésie de titres comme "Saint-Denis à l'ombre des cheminées" ou "J'ai tant navigué sur la terre" qui parle de rencontre et d'amour.
Toute l'insoucience et la gaité d'une chanson comme "Amélie,noir et blanc".
Et aussi la découverte d'un titre que j'adore "Il faudra que je me souvienne" dont j'apprécie autant la musique que les paroles, du grand art !



Puis bien sûr il y a cette chanson consacrée à l'île de Sein, Marie-Jeanne-Gabrielle.
Louis explique qu'il s'agit des prénoms de sa mère.
Chanson magnifique où Louis décrit la vie difficile sur cette île battue par les vents et les flots.
Cette chanson reste la plus connue de son répertoire.

Louis est guitariste et privilégie des accompagments assez soft pour bien mettre ses textes en valeur.
Sur ce disque, il est rejoint par Laurent Bouillot à la guitare acoustique et par Christian Viaud à la basse.
Au fil des chansons, je trouve que les deux guitares se complètent très bien.
La basse apporte un bon soutien dans des titres comme "cette chanson qui ne vient jamais" ou "Il faudra que je me souvienne".
la guitare de Laurent Bouillot sonne parfois comme un bouzouki (ex.la fable d'une histoire dérisoire) ce qui n'est pas déplaisant non plus.

Louis Capart est aussi très doué pour les descriptions.
En quelques images, il nous plonge dans une ambiance feutrée (Le Voyageur) qui fait qu'on à l'impression de l'écouter...au coin de ce feu.
Il est également parfois constestataire ("Monsieur le directeur", "Ils viendront vous botter les fesses") même si cela reste une douce révolte.

Après tant d'années, ce disque teinté de douceur et de poésie reste très agréable à écouter.

Ayant acquis depuis peu la version cd, j'ai été très content de voir qu'il y avait un bonus de trois nouvelles chansons.
En fait il s'agit de trois titres de son deuxième album "Floraison".
Bruno Ange à la contrebasse et Alain Breheret aux claviers sont venus renforcer l'équipe.

Dans sa chanson "Floraison" Louis Capart nous parle de destinée sur une musique un peu "latino".

"Le goût du retour" nous parle de choix qu'il faut faire pour vivre avec un nouvel amour tout en renonçant aux liens de son passé. Dans ce titre, Louis me fait penser à Yves Duteil dans sa manière de chanter.

Enfin, je suis impressionné par "J'ai caché ma colère".
Un texte franchement constestataire mi-chanté, mi-récité dans lequel Louis n'est pas tendre avec notre époque.
Un texte remarquable, qui ouvre d'autres directions.

Une chanson qui donne encore plus envie de mieux connaître Louis Capart.

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 23:10
Petite allusion au grand Georges puisque le "Brassens" de Bretagne vient de sortir un nouveau disque.
Et que ce cd s'intitule "Arbres".
Il nous dit d'ailleurs :
" Comme vous, j'ai toujours aimé les Arbres.
  Faire des chansons sur ces merveilles et sur tout ce qui les entoure
  m'a tenu à coeur dans ce nouveau cd"

Le "Besson" nouveau étant arrivé, j'avais bien sûr hâte de découvrir les nouveaux sillons de l'ami Claude.
Une fois de plus, j'ai été comblé.

Dans "Made in Kerouze" son album précédent, Claude Besson avait ré-enregistré des anciens titres.
Ici, il s'agit de toutes nouvelles chansons.
Claude a mis trois ans pour réaliser cet album.
Trois ans d'amour, de génie et de poésie pour peaufiner douze nouveaux titres et les réaliser musicalement.
Comme pour le disque précédent, Claude a tout joué lui-même et fait les arrangements.
Principalement des guitares cordées nylon dont la douceur des sonorités mettent particulièrement bien les mots en valeur. On entend aussi des claviers, des percussions et un peu de psaltérion qui reste un instrument fétiche de l'artiste.



"Arbres je vous aime" nous plonge directement dans la magie de ce disque.
"Compagnons, companieros,
 C'était là un vieux rêve de gosse
 De grimper jusqu'en haut de vous
 De voir le monde de chez vous"
On se rend bien compte que Claude à vécu une relation particulière avec les arbres durant son enfance.
Des arbres qui étaient comme des confidents dans lesquels il faisait bon se resourcer à l'écoute de la nature.
Claude a toujours difficile d'admettre que tant d'arbres soient massacrés pour des raisons diverses.
Dans cette chanson, il se console quelque peu en disant :
"Quand vos feuilles sont mortes, on fait de vous des portes,
 Des violons, des sculptures
 Et ça nous réconforte, on reste en quelque sorte
 Près de vos sépultures.
"
Je trouve cette image particulièrement pertinente et positive.

"Au s'cours docteur Hulot" est une chanson à propos de la pollution.
Sur une musique qui me fait un peu penser à celle du "Paysagiste de St.Denis"
Pollution de l'eau que Claude dénonce dans son style à la fois contestataire et teinté d'humour (cf. "...sous l'oeil d'un goéland rescapé et surpris, d'avoir cet océan tout sale que pour lui."

Un ton tout aussi contestataire pour le titre "Liberté mon c...". Un peu à la manière de Brassens et sur de jolis accords de guitare, Claude Besson souligne les écarts entre les discours officiels et la réalité de notre monde actuel.

Assez bien de nostalgie dans le titre "Rendre aux arbres nos guitares chagrines".
Et si nos guitares que plus personne n'écoute redevenaient des arbres ?
J'aime particulièrement le refrain de cette chanson (...mais plus personne n'écoute ces choses-là, il sonnait pourtant joli, le bois) qui me fait penser à du traditionnel.

"Ha ! C'que regrette !" sur un ryhtme de ragtime, Claude continue de manier le second degré.
Excellentes guitares et aussi pas mal de claviers dans cette chanson où Claude "regrette" d'être né honnête.

"L'Eau" , la chanson suivante est une pure merveille !
Ici, la voix de Claude se fait plus grave pour nous chanter un texte vraiment magnifique.
La musique est au diapason et me fait penser à celle de "Quel fléau ce fléau" qu'il chantait dans les années '80. Claude prononce d'ailleurs le mot "fléau" mais dans un taut autre contexte.
Je ne résiste pas à l'envie de vous en livrer un extrait :

"Tombée d'une feuille en automne
 On la retrouve à Chinatown
 Passant par dessous les frontières.
 Elle arrive sans qu'on la sonne
 Aux fronts d'ouvriers qui maçonnent
 Elle a sûr'ment un coeur de pierre.

 Quand elle inonde leurs chapeaux
 Les travailleurs en plein boulot
 Ont peur que ses ruisseaux brûlants
 Ne les emport'ent mortellement.
 Pour du pain, ils donnent leur eau.
 Pour de l'eau ils donnent leur peau.
 Elle a des côtés pas marrants
 Et fourbes, la source du temps.
 
 Ha ! Quel fléau ! Hé ho !
 Y' en a plus que marre d'la météo.
 Goutte à goutte les malheurs arrivent ex-aequo
 Noé n'en peut plus sur son radeau..."

"L'Eau", cinq minutes quarante deux secondes de bonheur !





Patrick Carel a écrit les paroles de "Arbres mes vieux copains" . Un texte qui évoque lui aussi les souvenirs d'heures passées à grimper aux arbres et à vivre sous leur protection.
"De là-haut je voyais un monde différent..."
Encore un très beau texte avec des phrases très étonnantes du style : "Et l'urbanisation phénomène bizarre, a mis l'arbre à la ville... et les maisons aux champs".

Assez bien de nostalgie dans le titre "Pleurer pour rien " où les claviers sont très présents.
Mais aussi pas mal d'espoir : il faut vivre...

Enormément de poésie dans "J'attends " qui est une chanson d'amour.
Beaucoup de recherches au niveau des guitares.
Une manière de chanter un peu plus confidentielle (un peu comme Yves Simon) mais il s'agit bien de Claude qui nous livre là un superbe texte.

"Le petit écolier au cartable de plomb" me fait penser à du blues.
Nouvelles interrogations de Claude Besson à propos de ces vies pré-destinées, de nos existences toutes tracées. Des paroles qui interpellent.

Il continue sa constestation soft dans "T'as testé pour nous" où il tisse ses rimes avec une certaine ironie.
Beaucoup de vérités dans cette chanson.

Le titre suivant s'intitule "Une minute de silence pour les arbres assassinés autour de chez nous". Et de fait cela dure une minute sans rien d'autre que quelques bruitages à la fin.
Claude tient parole !

Pour terminer, deuxième version plus acoustique de "Arbres, je vous aime".
Des guitares pour une version que Brassens n'aurait pas renié.
 
Grand merci à toi Claude pour ces arbres...magiques !
 

Et pour commander ses cd
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 23:19

La Bretagne est certainement la région des pays celtes où la créativité est la plus grande.
Depuis la fin des années '60, les artistes de ce pays nous gâtent avec des productions on ne peut plus diversifiées allant des chanteurs à texte à des musiques parfois très sophistiquées empreintes ou non de tradition.
Quarante ans plus tard, cette source d'inspiration musicale continue de faire jaillir de nombreux talents en Armorique.
Gwladys est de ceux-là.
Pianiste et chanteuse, Gwladys est également auteur et compositeur.
Cette jeune bretonne chante déjà depuis une dizaine d'années.
Un passage en télé (FR3), plusieurs émissions de radio et surtout de très nombreux concerts ont fait que Gwlady n'est plus du tout une inconnue sur la scène bretonne.
Elle vient aussi de sortir son deuxième cd " Nobody Else" en février 2009, juste quelques jours avant son concert à Paris (La Scène Bastille).

Depuis 2004, elle travaille avec le batteur Mickaël Bagot qui participe aux compositions et arrangements de ses chansons.
Un peu plus tard, le violoniste François-Xavier Massé et venu les rejoindre pour former un solide trio.
Gwladys chante en anglais des textes très personnels à propos de ses rencontres, de la condition de certaines femmes, des ses amours perdues...



J'ai découvert Gwladys il y a peu grâce à internet.
J'ai de suite été interpellé par sa voix chaude et profonde qui donne l'impression d'une grande maturité.
Certains comparent cette voix à celle de Sinead O' Connor.
Je trouve qu'il y a aussi certaines ressemblances avec la manière de chanter de Melanie O'Reilly (chanteuse irlandaise) mais les comparaisons valent ce qu'elles valent.
En tout cas, j'aime bien le style musical de Gwladys.
Je trouve que Mickaël Bagot fait beaucoup de recherches au niveau des sons de ses diverses batteries et percussions pour soutenir Gwladys de façon très subtile.
François-Xavier Massé qui alterne violon et claviers n'est pas en reste non plus.
Je trouve que son jeu apporte beaucoup de couleurs à la musique de Gwladys avec de tant à autres des inscursions en Irlande.

Un trio bien rôdé qui joue une musique parfois plannante et parfois aux consonnances très rock.
Le piano électrique colle parfaitement à la voix et donne à cette musique un caractère envoûtant qui fait qu'on a vraiment envie d'entrer dans l'imaginaire de Gwladys et d'y rester très longtemps.

Une jeune chanteuse à découvrir au plus vite...si ce n'est déjà fait !

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Le My Space de Gwladys

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  • : Musique Celtique : ma Passion
  • Musique Celtique : ma Passion
  • : La musique celtique est ma Passion. Alan Stivell, Donal Lunny, Andy Irvine, Gilles Servat, Claude Besson, John Doyle, Christy Moore, Kevin Burke, Gabriel Yacoub, Tri Yann, Karan Casey, Tannahill Weavers, Dan Ar Braz, Ossian ,Silly Wizard,Capercaillie, Solas, Lunasa, Dervish, Altan, Old Blind Dogs,Fairport Convention, Clannad,The High Kings, Davy Spillane, Cormac Breatnach, John Mc Sherry, Michael Mc Goldrick, Tony MacManus, William Jackson, Phil Cunningham, Tim Edey, Steven Cooney, Liam O' Flynn, Julie Fowlis,Cécile Corbel, Gwenael Kerleo...
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    La grande majorité des amateurs de folk de l'Europe de l'Ouest connaissent Gabriel Yacoub depuis très longtemps. Ancien musicien d'Alan Stivell, fondateur du groupe Malicorne, carrière en solo, Gabriel est actif dans la musique depuis 1969. Né à Paris...
  • Lasairfhiona Ni Chonaola
    J'ai ré-écouté il y a peu ce cd "An Raicin Alainn" que j'avais autrefois emprunté à la médiathèque. J'avais envie de revenir sur cette chanteuse dont j'avais apprécié l'authenticité à l'époque. Lasairfhiona Ni Chonaola est originaire des îles d'Aran au...
  • MoïRa
    A plusieurs reprises j'ai déjà ouvert ce blog à des artistes qui ne sont pas spécifiquement "celtiques". C'est le cas pour la chanteuse MoïRa que l'on pourrait d'avantage classer en chanson française et anglaise mais pas que...car elle touche aussi au...
  • Les albums de ma jeunesse (10) : Ys "Madame La Frontière"
    J'avais déjà présenté ce disque en novembre 2007 mais je ne pouvais pas ne pas le citer en tant qu'album qui a marqué ma jeunesse. Je vais donc en reparler sans pour autant reproduire mon article précédent. Paru en 1976 ce vinyle a énormément tourné sur...
  • Les albums de ma jeunesse (9) : Ossian "Dove Across the Water"
    En 1983 j'étais en vacances en Bretagne. J'ai trouvé ce vinyle chez un disquaire de Lorient. Après les Tannahill Weavers, je découvrais mon deuxième groupe folk écossais. Sur la pochette arrière on voyait les musiciens avec des instruments comme la harpe,...
  • Les albums de ma jeunesse (8) The Tannahill Weavers : The old woman's dance
    En 2018 les Tannahill Weavers ont fêté leurs cinquante ans d'existence en sortant un nouvel album "Orach" dans lequel ils ont invité toute une série d'anciens membres et autres amis musiciens. C'est en effet en 1968 que Roy Gullane (guitare et chant),...
  • Les albums de ma jeunesse (7) Dan Ar Bras "Douar Nevez"
    Né à Quimper en 1949, Daniel Le Bras (rebaptisé Dan Ar Bras par Alan Stivell) enregistre son premier album solo en 1977. A l'époque Dan est déjà très connu comme guitariste en Bretagne. Bien sûr en tant que musicien d'Alan Stivell (de la fin des années...
  • Les albums de ma jeunesse (6) Gwendal : Joe Cant's Reel
    Ce doit être en 1977 que j'ai découvert ce groupe au travers de cet album paru en 1975 qui était déjà leur second opus. Par rapport aux groupes bretons que je connaissais déjà Gwendal était assez différent. En fait, d'une part on avait affaire d'avantage...
  • Les albums de ma jeunesse (5) : Sonerien Du "Feunteun an aod"
    En 1977, un collègue m'avait prêté un vinyle de ce groupe intitulé "Bal Breton n°3" un disque auquel participaient aussi Dan Ar Braz (guitare électrique) et Michel Santangeli (batterie). Je l'avais aussitôt enregistré sur une cassette audio et avais bien...
  • Les albums de ma jeunesse (4) : An Triskell "Kroaz Hent"
    De retour de vacances à Perros-Guirec un ami m'avait ramené ce 33 tours en 1977. C'est ainsi que j'ai découvert ce groupe An Triskell (devenu plus tard Triskell) dont les deux membres fondateurs jouaient de la harpe celtique. Je connaissais l'instrument...