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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 23:48
Ce jeudi 12/02 dernier, je suis allé voir Michel Delpech en concert à Liège.
Quel rapport avec le musique celtique me direz vous ?
En apparence, aucun. Sauf que j'ai eu l'honneur d'être invité par son guitariste Robert Le Gall.
Dans mon post précédent, je viens d'évoquer la biographie de ce musicien hors pair.
Le concert de Delpech m'a permis de voir Robert à l'oeuvre une nouvelle fois.
En dehors des shows télévisés, je n'avais plus eu l'occasion de le voir depuis le concert d'Alan Stivell à "l'Ancienne Belgique" en 1998.

Mon admiration pour Robert Le Gall ne date pas d'hier.
J'ai beaucoup apprécié son arrivée dans le groupe Gwendal en 1983.
Il était bassiste sur cet album intitulé "Locomo".
Sur l'album suivant (Danse la musique), il joue de la guitare et du violon en plus de la basse.
A partir du disque "Glen River", Youenn Le Berre et Robert Le Gall sont les principaux artisans du groupe.
Ils se chargent de presque toutes les compositions et se partagent la plupart des instruments (flûtes, saxes, bombarde, cornemuse pour Youenn; guitares, basses, violon et programmations séquencer pour Robert).
Vient ensuite le spendide album "Pan ha diskan" qui est dans la même lignée. Quelques musiciens invités mais la majorité des titres composés et joués par ces deux bretons phénomènes.


"War-Raog" le dernier album en date est également très bon.
Robert s'est  contenté d'y partiper mais en jouant tout de même de six instruments répartis sur cinq des titres du cd.
Un musicien invité mais un invité de marque !

Je pense donc qu'en une vingtaine d'années, Robert Le Gall aura marqué l'histoire de Gwendal.
Contribuant à la création et au développement de cette nouvelle musique celtique.

 Alan Stivell, lui va le charger de la direction musicale de son groupe à partir de la tournée "Brian Boru".
Robert enregistrera donc l'album " 1 Douar" avec Alan et sera aussi de la partie pour "Bretagnes à Bercy".
Cela fait donc environ 25 ans que je connais et que j'admire Robert Le Gall.

Récemment, nous sommes entrés en contact grâce à internet.
Inutile donc de vous dire quelle fut ma joie lorsque Robert m'apprit qu'il allait venir à Liège en tant qu'accompagnateur de Michel Delpech.
Inutile de préciser que l'invitation de Robert pour ce concert m'a fait un plaisir ENORME !

Vous pouvez lire le reportage de ce spectacle sur mon blog "Rakaniac"
link

Je dois dire que durant ce concert, Robert fut égal à lui même c'est à dire souverain.
Passant de la guitare électrique à la mandoline, au banjo ou à la guitare acoustique avec son aisance habituelle. Il nous gratifia aussi d'un terrible solo de violon sur la chanson "Pour un flirt".
Après le concert, des personnes vinrent d'ailleurs le féliciter pour sa prestation.

Nous nous étions donnés rendez-vous à la fin du spectacle pour nous rencontrer.
Grande gentillesse de sa part puisque après un concert, les artistes et les musiciens ont l'habitude de se retrouver entre-eux.
Mais Robert a eu la générosité de me consacrer une bonne vingtaine de minutes pour répondre à mes questions.

Nous avons parlé de tout :
de sa carrière, de ses projets musicaux, de ses tournées.
Quand il accompagnait Sylvie Vartan, il a vu des fans qui la suivaient dans toute la France.
Mieux encore, il a remarqué la même chose...dans la tournée mondiale de Nana Mouskouri !

Robert Le Gall est toujours en contact avec Youenn Le Berre et compte encore collaborer avec lui dans le futur.
De même, il continue à apprécier beaucoup Alan Stivell et cela débouchera peut-être aussi sur de nouvelles collaborations musicales.
Il m'a également parlé de son admiration pour l'irlandais Donal Lunny qui a apporté une grande contribution à l'Héritage des Celtes".

Robert a aussi le projet de composer pour le public asiatique.
En fait, sa renommée en tant que compositeur et accompagnateur fait qu'il bouge sans cesse et noue toujours de nombreux contacts.

J'ai été touché par sa sympathie, sa gentillesse et sa disponibilité.
Cette rencontre fut un très grand moment pour moi.

Si vous avez l'occasion durant les prochaines semaines d'assister à un concert de Michel Delpech, de Roberto Alagna ou de Vincent Malone, tendez donc une oreille vers Robert Le Gall, c'est étonnant !



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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 22:08
J'ai déjà évoqué Robert Le Gall dans cinq articles précédents :

Les liens de Rakaniac 


Concerts d'Alan Stivell

Youenn Le Berre ( Gwendal)

Youenn Le Berre (2)

Les groupes d'Alan Stivell

Il était grand temps que je consacre un article à ce musicien hors du commun.
Car cela fait très longtemps que j'ai une grande admiration pour celui qui est devenu membre de Gwendal en 1983.
Depuis le début, je suis sous le charme de cet artiste surdoué qui passe de la guitare à la basse ou au violon avec une facilité déconcertante.
En plus, l'ayant vu sur scène ou en TV à diverses reprises j'ai toujours été conquis par son attitude détendue et sympatique envers le public.
Ayant eu la chance de lui parler tout récemment, j'ai été conforté dans cette impression de grande chaleur et de gentillesse qui émane de sa personne.

Jusqu'il y a peu, mes points de repères vis à vis de Robert Le Gall concernaient uniquement la musique celtique (Gwendal, Alan Stivell, Krozal...).
Grâce à son "Myspace" , je me suis rendu compte qu'une bonne partie de sa carrière s'était déroulée dans la musique de variétés.
En ce moment même (janvier-février 2009) Robert est en tournée pour accompagner à la fois Michel Delpech, Roberto Alagna et Vincent Malone !

Compositeur, arrangeur et multi-instrumentiste, Robert est toujours très agréable à écouter.
Que ce soit en tant qu'accompagnateur (basse, programmation des claviers) ou en tant que soliste (mandoline, violon, guitare...) Robert Le Gall fait preuve d'une grande imagination musicale.
Dans ses programmations, tout est toujours très bien dosé (jamais les percus ne dominent la basse ou les synthés).
Lorsqu'il joue de la basse, le rythme est très bien marqué mais l'instrument reste discret où plutôt...à sa place (pas des notes lourdes qui étouffent le reste).
J'apprécie aussi son jeu précis à la mandoline.
Violon ou violon électrique n'ont pas de secret pour lui.

On l'entend plus au violon dans les disques de Gwendal que ceux de Stivell.
J'aurais aimé un peu plus de violon sur scène avec Alan mais il devait aussi "assurer" dans son rôle de guitariste.
Très créatif à la guitare électrique dans les instrumentaux de Gwendal.
Lui et Youenn Le Berre ont composé de réels petits bijoux avec ce groupe.
Guitare électrique aussi avec Alan, je me souviens (entre autre) d'une interprétation de "Pop Plinn" parfaitement réussie.

Globalement, une grande qualité de Robert est qu'il comprend très vite ce qu'il y a dans un style musical.
Qu'il joue de la musique irlandaise ou grecque ou espagnole, il s'adapte très vite et trouve les instuments qui conviennent le mieux à tel ou tel style.



Egalement chef d'orchestre, Robert est toujours très impliqué quand on lui propose une direction musicale.
En 1998, j'ai enregistré sur FR3 un film consacré au Festival Interceltique de Lorient.
Ce reportage est très intéressant et varié.
Une large séquence est consacrée à Alan Stivell.
Au cours d'une répétition, on voit Robert en train de diriger un ensemble de "cordes" qui jouaient avec Alan ce jour là.
Répétion dans la bonne humeur où Robert et Alan dialoguent avec humour.
Un tout bon moment !

Lorsque j'ai lu la biographie de Robert sur Wikipédia et sur son "Myspace" j"ai été éberlué.
Une carrière si dense, c'est tout simplement étonnant.
Je pensais que le musicien irlandais Donal Lunny battait tout les records d'activité mais je vois que chez Robert Le Gall ce n'est pas mal non plus !



Il faudrait un petit dictionnaire pour énumérer tout dans le détail.
Un dictionnaire qui pourrait s'appeler le...micro Robert.

A
Comme Hughes Aufray.
En 1998, Hughes enregistre un nouvel album "Chacun sa mer !". La moitié des chansons sont écrites dans un style celtique. Certaines musiques sont d'ailleurs des traditionnels bretons ou irlandais. La rencontre entre Hughes et Robert se solde par une solide amitié qui les fera collaborer durant trois ans. Robert joue du violon sur ce très beau disque.
Je me souviens aussi l'avoir vu accompagner Hughes à la mandoline dans une émission télé.



B
Robert Le Gall est né à Brest en 1952. Il apprend le violon à l'âge de sept ans et écoutera d'abord des musiciens classiques comme Vivaldi ou Jean-Sébastien Bach.
Un peu plus tard, il se met à la guitare et là ses influences musicales sont des artistes du rock (Elvis Presley, The Beatles...) qu'il écoute avec grand intérêt.
Toujours à l'adolescence, il s'initie à la guitare basse avec le même bonheur.

C
Comme le compositeur Yvan Cassar qu'il rencontre en 2007 et qui lui propose d'enregistrer un disque avec le ténor Roberto Alagna.

D
Autre rencontre marquante, en 2006 avec Michel Delpech qu'il accompagne sur scène depuis cette époque.
Cela me fait plaisir à titre personnel car Michel Delpech est un de mes préférés en chanson française. J'aime beaucoup ses musiques et je trouve que ses textes sont très profonds ("Les divorcés", "Quand j'étais chanteur"...)

E
Comme "Espagne" pays que Robert connait par coeur. Assez curieusement le groupe Gwendal est plus connu dans ce pays qu'en Bretagne ou en France.
Au fil des concerts, Robert va d'ailleurs tisser toute une série de liens avec des musiciens Espagnols, se lançant même dans la production de certains d'entre-eux.

F
Comme Paul Faure un des amis de sa jeunesse. Paul Faure est pianiste. Lui et Robert vont s'initier aux studios d'enregistrement en aidant une série d'artistes régionaux de Mayenne.
Paul Faure participe à l'album "Pan Ha Diskan" de Gwendal.

G
"Georgian Legend" est un spectacle produit par Gérard Louvin en 2001.
Cette fresque réunit une centaine d'artistes (comédiens, danseurs musiciens) au Palais des Congrès durant cinq semaines. Puis une tournée suivra dans toute la France.
Robert Le Gall écrit tous les arrangements musicaux et réalise le cd de ce spectacle.
 

H
Egalement en 2007, rencontre avec le chanteur anglais Murray Head qui lui propose de l'accompagner en tournée.

I
Entre deux disques de Gwendal, formation du groupe "Iguane" avec Youenn Le Berre et le guitariste François Ovide.
 

J
Comme "jingles". Daniel Hamelin, Bernard Foulquier et Jean Leray vont tour à tour demander à Robert de composer des jingles et génériques pour France Inter et Radio France.


K
En 2000, Robert est invité à participer au cd "Stop" du groupe Krozal.
Tomaz Bouchérifi-Kadou et Tony Beaufils enregistrent ce disque qui est un cri d'indignation face à la marée noire de l'Erika.
Le guitariste Claude Samard y va de quelques textes bien sentis et non dénués d'humour pour donner de l' impact aux titres "Erika et Amoco " et "J'hésite encore".
Le style percutant de Krozal ne les empêche pas de faire une musique rock-bretonne de très bonne qualité.
D'autres musiciens "celtes" comme Youenn et Loic Bléjean participent à ce disque.
Le concept Krozal était excellent, dommage qu'ils n'aient pas prolongé l'expérience !

L
Comme Soldat Louis, autre groupe celte dont Robert a fait partie pendant trois ans et qui lui laisse d'excellents souvenirs.
Il enregistrera aussi avec le groupe Manau.

M
André Manoukian en 1999, le fera enregistrer avec Gilbert Bécaud. Plus tard, cette complicité avec André débouchera sur d'autres collaborations comme avec la chanteuse Malia ou plus récemment avec Gaétane Abrial.

N
Grâce à Lucien Dinapoli, il accompagne Nana Mouskouri dans ses tournées internationales à partir de 2002. Une fois de plus, le public peut apprécier ses talents de multi-instrumentiste.

O
Comme François Ovide, un ami guitariste qui sera membre de Gwendal durant de nombreuses années.
François participe aussi à l'album "Brian Boru" de Stivell.

P
Un autre grand ami avec lequel Robert partage le goût des voyages est Loïc Pontieux. Un batteur qui joue sur le disque de Gwendal "Pan Ha Diskan".

Q
Comme queste musicale, car on a l'impression que Robert Le Gall est toujours en recherche de nouvelles sensations musicales (musiques grecques,musiques espagnoles...). Recherche aussi de nouvelles sonorités comme le prouve son impressionante collection d'instruments de musique d'une part et son intérêt très affiné pour les technologies d'enregistrement d'autre part.

R
Comme Roberto Alagna le ténor avec qui il est en tournée en ce début 2009.
Passer de l'opéra à la chanson française ou à la musique celtique, c'est tout de même peu banal !
Rien cependant ne semble effrayer l'ami Robert.

S
En tournée en Espagne en 1993, Robert fait la connaissance d'Alan Stivell.
Nouvelle amitié et nouvelle collaboration puisque Alan lui confiera la direction musicale de son groupe de 1995 jusqu'au concert "Bretagnes à Bercy" en 1999.
Une fameuse équipe durant ces années avec Pascale Le Berre aux claviers, Pascal Sarton à la basse, Christophe Gallizio à la batterie et Khifa Rachedi aux percussions.
J'ai eu l'occasion de les voir sur scène, deux fois pour la tournée "Brian Boru" et une fois pour celle de "1 Douar".
Chaque fois, j'ai été sous le charme de ce groupe parfaitement rôdé et plein de complicité.
Ce groupe "Stivell" communiait vraiment avec le public.
Une bonne part des mérites en revient à un certain guitariste-violoniste...

Ecoutez la guitare électrique !


T
Comme Tristan et Iseult, une comédie musicale produite par Pierre Cardin à laquelle Robert est convié en tant que musicien.

U
Comme U.S.A, une destination où Robert se rendra (comme dans d'autres parties du globe, Canada, Asie, Australie) pour accompagner Nana Mouskouri.

V
Comme "variétés françaises" dont de nombreux représentants arriveront tôt ou tard à engager Robert Le Gall sur scène ou sur disque (Sylvie Vartan, Philippe Lavil, Yves Simon ...).
Avec tous ces artistes,Robert croisera souvent la route d'autres musiciens réputés comme Claude Engel (guitare) ou Serge Pérathoner (claviers).

W
Comme "Web", cette bonne vieille toile d'araignée qui m'a permis d'entrer en contact avec lui et de découvrir plein d'autres facettes de son talent.
Que les dieux d'internet en soient remerciés !

X
Comme xylophone, peut-être un des rares instruments dont Robert ne sait pas jouer.
Peut-être car avec ce diable d'homme, il ne faut jurer de rien !

Y
Comme Youenn Le Berre un ami qu'il connait depuis l'école maternelle.
Youenn l'invite à devenir membre de Gwendal à partir de 1983.
A partir de ce moment, ce groupe que j'appréciais déjà beaucoup va prendre une autre dimension.
Moins de liens avec la musique traditionnelle mais d'avantage de recherches dans les compositions. Pour moi, Gwendal c'est de la grande musique celtique.
Une musique celtique moderne avec des passerelles vers le rock, le jazz et la tradition.
Mais comment en aurait-il pu être autrement avec deux musiciens d'une telle qualité ?


Z
Pour la petite histoire, sachez enfin que la chanteuse Zizi Jeanmaire a un jour chanté sur une musique de Robert Le Gall.
La lettre "Z" aurait pu être aussi pour Franck Zappa que Robert a beaucoup écouté durant son adolescence.

Pour plus d'infos :
link

Pour écouter des extraits musicaux :
link
 

Merci à toi Robert !

 
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 23:15


Je vous ai déjà parlé de Claude dans deux articles précédents


Comment j'ai découvert Claude Besson 


Claude Besson






L'Argoat, la Bretagne intérieure, est parsemée de chemins creux. Des sentiers où la nature a repris le dessus et qui sont parfois source d'inspiration de l'imaginaire de ceux qui les empruntent.

Un peu comme des chemins creux, les sillons de Claude Besson nous conduisent dans un univers teinté de poésie et de mélodies très agréables.


Hormis le titre "Kenavo Prizon Paris" entendu à la radio, la première chanson que j'ai écoutée fut "Mon ami Pierre du Québec". J'ai directement accorché à ce titre.
Une superbe musique ornementée par le piano, un texte posé à propos de l'amitié avec des mots qui sonnent tellement juste, qui sonnent tellement vrai.
Après tant d'années, ce texte reste un de mes préférés.
J'avais envie de le partager avec vous.


Mon ami Pierre du Québec


Mon ami Pierre du Québec
Je ne te connais pas.
Mais j'ai dans ma bibliothèque
Tant de lettres de toi.
Que s'il fallait que je raconte ton visage
Crois-moi je n'aurais pas bien honte du voyage
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit,
Comme ces lettres, Pierre que tu m'écris.

Si ton pays n'en est pas un
Il n'en existe aucun,
A le chanter son doux parfum
Chatouille tant mes reins
Que s'il fallait que je raconte ses rivages
Le Saint-Laurent n'aurait pas honte du voyage
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres Pierre, que tu m'écris.

Parfois mon pigeon voyageur
Ne joue pas au facteur
Et mon ami Pierre se meurt
Le temps de quelques fleurs,
Mais c'est une amitié si forte et sans ombrage
Que très souvent le vent me porte son image
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces letttres, Pierre que tu m'écris.

Etre une outarde ou un dauphin
Qu'importe le moyen
Un jour je prendrai le chemin
Partagerai ton pain.
Et l'île aux Coudres et les Sorel et les Erables
On en fera des aquarelles incomparables
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres, Pierre que tu m' écris.

Celui qui a fait la chanson
Il est bien loin de toi.
Il est dans le pays breton
Entre océans et bois.
Et si tu quittes un jour ta rue Adélaïde
Viens je te dirais les talus couverts de rides.
C'est tellement beau, c'est tellement clair dans mon esprit
Comme ces lettres Pierre, que tu m'écris.


(Claude Besson, 1980)

Après avoir entendu ce titre, j'étais on ne peut mieux disposé pour découvrir le restant de cet album N° 3 de Claude. Je fus vraiment sous le charme en passant de titre en titre.
Des chansons comme "Kenavo Prizon Paris " (à propos de son retour en Bretagne) ou "La Bienvenue, la Malvenue" sont restées mes préférées. Mais ce disque dans son entièreté vaut vraiment le détour.
"Ile de Sein", "Quel Fléau ce fléau", "Plus de mari pour Marie"...autant de petits bijoux qui brillent tant par leur poésie que par leur musique.
Certains font des comparaisons avec Brassens (son idole). Un Brassens de Bretagne qui de sa belle voix nous raconte des histoires parfois avec humour (Le Paysagiste de St.Denis) et surtout avec tendresse.

Vu qu'il n'est pas toujours évident en Belgique de se procurer les disques de chanteurs moins biens distribués, j'ai dû me contenter de ce vinyl durant une vingtaine d'années.
Depuis 2005, grâce à internet, j'ai pu prendre contact avec lui et acheter ses cd via son site.
J'ai découvert également son parcours.

Après ses études en électronique, Claude Besson s'est installé comme luthier à Paris dans le quartier St. Denis.
Virtuose du dulcimer et du pasaltérion il apprend à jouer d'autres instruments de musique.
Et quand il n'en joue pas...il les fabrique.
C'est à cette époque qu'il écrit ses premières chansons et commence à se produire dans des maisons de jeunes.
Il fréquente le Hootnany (célèbre salle de Lionel Rocheman où on donne sa chance à de jeunes artistes) et se fait remarquer par un producteur, Nicolas Péridès.
C'est à partir de 1972 que sa carrière va donc démarrer et que les Productions Péridès vont l'aider à produire ses disques.

Six disques entre 1972 et 1992.
Deux instrumentaux qui mettent à l'honneur le dulcimer et le psaltérion (le premier recevra d'aileurs le grand prix de l'Académie Charles Cros).
Quatre 33 tours avec des chansons.

Des extraits des trois premiers albums seront regroupés sur le cd "20 chansons" paru en 1993.
En plus de sept titres de l'album chansons N°3, l'occasion pour moi d'en découvrir treize autres tout aussi beaux.
"Kerouze", une chanson très mélodieuse à propos du village de Bretagne où il est venu vivre à son retour de Paris.
"Damdidalididam", qui est son premier 45 tours, une version personnelle des "Prisons de Nantes" où le dulcimer est très présent.
Autre titre que j'aime bien "Menez Du" sur une musique un peu envoûtante.
"Les amours d'artisan" évoquant le savoir-faire et avec un regard dans le rétro pour son travail de luthier.
"Les chansons de nos veillées" qui nous rappelle quelques chansons traditionnelles.
"N'oubliez-pas l'Armor" sur une très belle mélodie. On y entend quelques mots de breton ce qui est peu fréquent dans les chansons de Claude.



En 1994, Nicolas Péridès édite une compilation des deux disques instrumentaux en un seul cd.
Ce "Besson instrumental' met donc à l'honneur le dulcimer et le psaltérion.

Instrument diatonique à cordes pincées, le dulcimer se tient sur les genoux.
De la même famille que l'épinette des Vosges, il possède quatre cordes et peut se jouer en arpèges (picking) ou avec un médiator.

Depuis le Moyen-Age, le psaltérion est de forme triangulaire et se joue avec un archet.
Celui dont joue Claude Besson possède 26 cordes.
Mais la taille de l'instrument et le nombre de cordes varie selon qu'il est soprano, alto, ténor ou basse.
Jean-Louis Jossic (des Tri Yann) en joue également.

Claude joue aussi du dulspinet qui est une sorte de dulcimer avec des cordes supplémentaires pour faire des effets de réverbération.

Une série de morceaux intéressants sur ce disque comme "Viviane", "La ronde des korrigans", "Passe-moi ta godasse" ou "Kan ar Soazig".
Claude nous fait admirer ses qualités d'instrumentiste, bien épaulé par Mikael Maosan (fiddle, mandoline), Hamadi Ali (guitare acoustique), Hubert Varron (violoncelle) et Emile Mayousse (cor anglais).



En 1985, Claude sort son quatrième album de chansons (Espérance, espérance) qui sera réédité en cd en 1998.
De très bon titres dans cet album où Claude est un peu plus contestataire au niveau de ses textes comme dans "La fille de Lorient", dans "Espérance, espérance" ou dans "Faut pas rêver".
"Les deux arbres à chanson " est également très bien écrite et fait clairement penser à Georges Brassens. 
Dans ce disque Claude joue de la guitare et un peu de claviers.
Jean-Paul Battailley, Hubert Varron, Bernard Wystreate, Sauveur Malia, Serge Eymard, Hubert Guillo, France Bihannic et Louis Capart participent à cet enregistrement.

Pas de version vinyl pour "Baladin, Baladine" qui sortira directement en cd en 1995.
Style un peu différent au niveau des orchestrations pour ce nouvel opus.
Mais Claude Besson y reste égal à lui-même c'est à dire excellent.
De nouveau, je suis sous le charme d'une série de chansons tant pour leurs musiques que pour la magie de leurs textes.
Poésies souvent imprégnées d'humour ou de contestation mais sans démesure.
"Mon inspecteur des impôts", "Chanson pour Jean-marie Koltès", "Mon père", "Adieu nos espérances", "Les deux quais" sont celles que je préfère.



En 2003, Claude décide de réenregistrer chez lui une série d'anciennes chansons.
"Made in Kerouze" est donc un double cd contenant 35 titres.
Sur le livret, il n'est pas précisé si Claude Besson s'est fait accompagner par des musiciens.
Mais sur ce disque, on entend une série d'instruments (guitares, claviers, dulcimer, psaltérion, basse, percussions). Notre diable d'homme serait capable d'avoir tout joué lui-même !

J'aime bien aussi ces nouvelles versions.
Une série de découvertes ("Marine", "Le grand-père","L'automne"...) parce que je ne connais pas les deux premiers albums.
Puis le plaisir de redécouvrir les chansons plus anciennes avec d'autres arrangements, d'autres instruments.
Sans les citer tous, c'est sûr que "Ile de Sein", "Le chiffonnier", "Mères noires", "Je te donne le droit" sont particulièrement bien réussis.
Une mention spéciale enfin pour "La bienvenue, la malvenue" qui reste pour moi un sommet tant par sa musique que par ces paroles.
Ce magnifique poème avec ça et là des séries de quatre rimes, c'est tout simplement du grand art !
...Moi je n'ai cure
   Des guipures
   Des ceintures
   Des parures
   Y'a des amours
   Qui durent toujours
   Même sans velours
   Toi tes hardes
   Bien qu'elles gardes
   Leurs lézardes
   Je les garde   
   Y'a des amours
   Qui durent toujours
   Même sans velours...

Ecoutez plutôt !



Merci à "You Tube" pour cette série de vidéos qui permettent à ceux qui n'ont jamais vu Claude en concert de le voir un peu en live.


A noter enfin qu'en 2005, Claude Besson a participé à un concert avec divers artistes (dont Yvon Etienne et Louis Capart) qui rendaient hommage à Jean-Michel Caradec en interprétant ses chansons.

Bonne promenade sur les sillons de Claude Besson !


 Pour d'autres infos ou pour commander ses disques cliquez donc sur le lien ci-dessous.
link



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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 14:11

Didier Squiban est né en 1959 à St. Renan près de Portsall et pas très loin de l'île de Molène.
Il commence à apprendre le piano dès l'âge de neuf ans auprès du curé du village.
Puis Pierre-Yves  Moign sera son premier professeur.



Didier aura aussi la chance de disposer d'un piano à queue à la maison.
Après avoir charché sa voie, il s'orientera tout naturellement vers des études de musicologie.
Il sait à ce moment qu'il sera musicien et rien d'autre.
De formation classique, il va découvrir le jazz vers l'âge de 18 ans.
Quelques grands noms comme Duke Ellington, Bill Evans... feront partie de ses références; au même titre que Debussy ou Eric Satie pour le classique.
Devenu professeur de musique, il fait partie d'une série de groupes comme "Jazz Forum" ou "Sirius".

Amoureux de la Bretagne et de ses paysages, il s'intéresse beaucoup à la culture musicale de son pays.
Peu à peu, son style sera à la fois influencé par le classique, le jazz et le celtique.

Le fait d'être enrôlé dans l'Héritage des Celtes" de Dan Ar Braz le fera entrer par la grande porte sur la scène bretonne.
C'est dans ce spectacle qu'il va renconter Yann-Fanch Kemener et cette rencontre sera capitale pour Didier.
Car Yann-Fanch lui fera découvrir en profondeur toutes les nuances de la musique traditionnelle.
Leur collaboration débouchera d'ailleurs sur trois albums.
Yann Fanch Kemener ne cessera d'encourager Didier à travailler dans cette direction.

Un peu plus tard, Didier rencontre Gilles Lozac'hmeur à la fois passionné de jazz et directeur de "LOZ" qui produit des disques bretons.
Didier signe alors pour cette maison de disques.
Didier Squiban crée alors "An Tour Tan", un rassemblement qui regoupe divers musiciens comme Jean-Michel Veillon, Alain Genty, Gilles Le Bigot...qui produisent leur premier album "Pen-Ar-Bed" en 1996.
Ensuite, Didier décide de s'embarquer sur l'île de Molène là où vivaient ses grand-parents.
Et c'est sur ce magnifique îlot de la mer d'Iroise qu'il va trouver l'inspiration pour composer les dix-huit titres de l'album "Molène".

C'est aussi grâce à l'Héritage des Celtes que j'ai découvert Didier Squiban.
Sur le deuxième album, il accompagnait Gilles Servat dans la célèbre chanson "Eleanor".
Voulant en savoir d'avantage, je me suis procuré deux disques du duo "Kemener-Squiban" et j'ai très vite été sous le charme.



Un peu plus tard, un ami m'a alors prêté "Molène".
Au départ, j'étais un peu réticent car un disque, avec rien que du piano, je craignais un peu la monotonie.
J'ai très vite changé d'avis !
Dès les premières mesures, j'ai de suite accroché à la musique de Squiban !
Il y a une telle densité dans ses morceaux que le piano à lui seul parvient à remplir tout mon "'espace auditif".
En plus, un instrument d'une sonorité magnifique qui donne un relief incroyable à toutes les notes qu'il joue.

Dès les premières notes de "Ar Baradoz" on est étonné par la recherche qu'il ya dans son interprétation.
Cela se confirme dans la "Suite d'An Dro" où le style est à la fois fouillé et ornementé.
"Ledenez" est pour moi très émouvant avec ses envolées de notes et ses improvisations.
Vient alors "Kost ar Ch'oat" (morceau que j'avais entendu sur Stivell à L'Olympia").
C'est pour moi le sommet de ce disque !
Cette danse bertonne interprété en jazz avec la main gauche qui maintient un rythme implacable et la main droite qui y va d'innombrables variations autour du thème central.

Et le disque se poursuit sur un niveau très élevé.
Avec une successions de morceaux de grandes qualités, tantôt plus lents, tantôt rapides.
Nouvelles envolées (Tri Men), cascades  de notes (Enez Euza), émotions (ker Eon), majestueux (An Oed), apaisant (Bannec).
"Molène" est un disque vraiment très raffiné.

A noter enfin que ce cd (et les suivants) est très richement illustré par un livret de photos de Michel Tersiquel. Photographe remarquable qui nous offres de superbes images de la Bretagne.


link
Un petit lien pour un très beau site consacré à l'île de Molène et dans lequel on parle aussi de Didier Squiban


En 1999, Didier enregistre "Porz Gwenn", un nouvel album de variations pour piano solo mais
il s'agit d'un disque que je ne connais pas.

En 2001, troisième album de cette trilogie avec "Rozbras".



Douze images pour piano, des compositions teintées ça et là de colorations bretonnes.
Toujours en osmose avec le jazz (Chanson du pays de Redon, Ridées...), Didier démontre une fois de plus la souplesse de son jeu.
Avec parfois des appuis au milieu du temps comme en musique traditionnelle.
Un jeu toujours aussi imaginatif, riche en improvistions comme dans l'image N°12 en hommage à Alain Pennec.
Evocation aussi de la chanson de Glenmor "Princes entendez bien" dans laquelle Didier y va de nombreux accords.
Rozbras, un splendide voyage.

Au fil du temps, la renommée de Didier Squiban ne s'est pas limitée à la Bretagne.
Depuis de nombreuses années, il a entammé une carrière internationale avec des destinations aussi exotiques que l'Asie et le Moyen-Orient.
Une douzaine de disques déjà à son actif auxquels il faut ajouter les enregistrements avec d'autres artistes (Yann-Fanch Kemener, Manu Lann Huel...)

Autre disque en 2003 "Ballades".



La Bretagne bien sûr pour influencer ses compositions mais aussi des destinations plus longtaines comme Marrake'h, Istamboul, Pékin ou l'Indonésie.
Influences musicales particulièrement présentes dans "An dro an Douar".
Dans ce titre, Didier Squiban fait aussi allusion à une certaine "Suite Sud Armoricaine"...

Dans "Gwerz pour Julien", une évocation de danses traditionnelles, un chapelet de notes joué par une main droite...diabolique.
Dans "Dublin" des accords majeurs et une interprétation très solennelle de "Eleanor" de Gilles Servat.
Dans "Angelus", le jazz se fait plus rythmé pour revisiter quelques danses bretonnes.
Enfin, toujours le même balancement animé par une terrible main gauche dans le titre "Glasgow".
Neuf titres, neuf "ballades" qui nous emmènent dans un univers musical...divin et infini.

Et pourtant...

Mon père avait été pianiste de jazz dans un groupe amateur.
Il ne s'était jamais intéressé à la musique celtique.
Pourtant, quand je lui ai fait découvrir Didier Squiban, il a de suite été sous le charme.
"Quel pianiste !" me disait-il souvent.
Cette passion commune était un lien supplémentaire entre nous.
A tel point que, après son décès en 2006, j'ai eu très difficile de ré-écouter la musique de Squiban.
Et cela a duré de très longs mois...

Cette année, j'ai pourtant acheté "La Plage" qui était sorti en 2006.



Nouvel enchantement !
Changement radical puisque cette fois, Didier est accompagné par Bernard Le Dréau (saxophones), Simon Mary (contrebasse) et Jean Chevalier (percussions, batterie).
Petite formation jazz donc pour ce cd qui n'est pas une première dans ce style.
Didier avait déjà enregistré trois ou quatre autre disques avec ses amis jazzmen.

Douze nouvelles compositions pour ce cd aux couleurs estivales et marines.
D'emblée, on constate que Didier s'est entouré d'accompagnateurs hors pair.
Déjà dans "Kostan", le saxo de Bernard Le Dréau est très présent.
Et dans "Enez Plat" la contebasse de Simon Mary est tout aussi remarquable.
J'aime beaucoup aussi le jeu de batterie de Jean Chevalier dans "le café de l'ancre".

"Ar zer du, ar zer vras" est une composition pleine de variations où se mèlent joie et nostalgie.
Là aussi le saxophone est particulièrement brillant.
L'air de "Enez Melban" me fait un peu penser à "Maro ma mestrez" qu'il joue d'ailleurs plus tard sur le disque. Coup de chapeau à Jean Chevalier pour les percus.

"Riouzig" est une sorte d'aboutissement, une composition brillante interprétée avec grande maîtrise par Didier.
"La Plage" est inspiré par les danses bretonnes.
Deux saxos endiablés qui dialoguent avec le piano très bien soutenus par la conterbasse et les drums. Ou, comment transposer de la musique bretonne vers le jazz selon la recette d'un certain Squiban.
Comment ne pas être charmé par l'imaginaire véhiculé dans "Petit air marin" ou avoir envie de bouger grâce au swing d'un morceau comme "Da lech all" ?

"la Plage", un tout bon disque que je ne puis que recommander à tous les amateurs piano, à tous les amateurs de jazz, à tous les amateurs de musique.
Un disque qui me donne également l'envie de m'en procurer d'autres car quatre c'est bien... mais ce n'est pas assez !
 

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 21:43

En 1972, Yann-Kouarintin Ar Gall, Didier Quiniou, Gilles Roland et Raymond Riou fondent le groupe Sonerien Du (les sonneurs noirs). Ce nom en hommage à deux sonneurs de Pont-L'Abbé qui s'habillaient toujours en noir et qui furent pendus suite à une erreur judiciaire.


C'est l'époque où Alan Stivell commençait à faire connaître la musique bretonne au delà des frontières et où ses idées musicales mélangeant tradition et modernité allaient inspirer bon nombre de musiciens en Bretagne.

Bientôt rejoints par Yann Goas et Dany Tanneau, les Sonerien Du se spécialisent dans la musique des festou-noz, c'est à dire des fêtes de nuit.
Une musique à danser puisant largement dans le répertoire traditionnel.

Un couple de sonneurs (biniou kozh et bombarde) appuyé par un accordéon et soutenu par une guitare et un banjo.
Le bassiste Jean-Pierre Le Cam va rejoindre le groupe en 1973.
En 1976, Dany Tanneau quitte les Sonerien Du.

Se succéderont ensuite Patrig Sicard et Christian Desborde avant l'arrivée de Hervé Kerneis (violoniste-guitariste) en 1979.

Les Sonerien Du s'y entendent pour mettre l'ambiance dans un fest-noz et faire danser un public de tous âges.
Non seulement par des instrumentaux mais aussi grâce à un très grand nombre de chansons chantées en breton et en français.
Leur "kan ha diskan" (chant à répondre) est très efficace car Raymond Riou (guitare) et Jean-Pierre Le Cam n'ont pas leur pareil pour chauffer le public.
Derrière eux, le formidable soliste qu'est Yann Goas (bombarde, veuze,whistle...) donne à cette musique des couleurs à la fois très bretonnes et très originales.
L'accordéon de Gilles et le violon d'Hervé donnent à la musique des Sonerien Du un irrésistible côté entraînant.

Des années '70, je garde le souvenir d'une cassette audio "Bal Breton 2" bien caractéristique du style des Sonerien. Avec des titres comme "Jean-Marie" (une histoire un peu moqueuse sur un air de laridé) ou "Le rosier blanc", un hanter-dro bien marqué ou cet autre morceau "Ar bloaz paseet" un andro dynamique où l'accordéon dialogue avec le whistle.

C'est aussi durant cette décennie que Dan Ar Braz a fait partie du groupe à l'époque de leur troisième album.

Un de mes disques préférés reste "Feunteun an Aod" paru en 1981.
Tout comme l'a fait Stivell avec sa chanson "Beg ar Van" ou les Tri Yann avec leur album "Si mort a mors", les Sonerien Du évoquent aussi les événements de Plogoff.
Révolte des habitants contre l'implantation d'une centrale nucléaire illustrée par le film "Plogoff, des pierres contre des fusils" de Nicole et Felix Le Garrec.

Outre cet émouvant "Feunteun an aod" composé par Yann Goas et Hervé Kerneis, une série de titres sont très intéressants sur ce disque.
Très peu de choses traditionnelles mais des compositions d'airs et de chansons à danser aux rythmes de gavottes, de laridés ou de plinn qui donnent un irrésistible besoin de bouger.
"L'artilleur" et "L'oiseau noir" sont mes chansons préférées.



En 1982, le groupe fête déjà ses dix années d'existence et choisit de réaliser son nouvel album en Hollande !
Grand amateur de folk, Ben Mathijssen produit là un disque de grande qualité.
La pochette est on ne peut plus originale puisque Martin Lodewijk dessine les membres du groupe à la manière d'Uderzo dans Asterix.

Les cinq musiciens sont en très grande forme.
Davantage de traditionnels sur ce disque anniversaire avec des titres très rythmés comme "le fils du Roy" , "Quand j'étais chez mon père" ou le fameux "Marie bas de laine"
...C'est à cinq heures dedans la plaine,
   Marie cache tes jolis bas de laine.
   Marie cache tes jo, Marie cache tes bas
   Marie cache tes jolis bas de laine
   Qu'on ne les voye pas...

Un anniversaire très festif !



L'album suivant sera également produit par les Hollandais de Munich Records en 1983.
Gilles Roland a quitté le groupe et est remplacé par Claude Lebrun qui joue des synthés et de la harpe celtique.
La première partie de ce disque est "classique" c'est à dire avec des chants et des danses très entraînantes (Suite Fisel, Gervais...).
La seconde moitié est consacrée à la légende du roi Marc'h comme l'indique le titre de l'album
"Roue Marc'h".
Faisant partie des légendes de la ville d'Ys, ce récit raconte comment le roi Marc'h qui possédait un cheval extra-ordinaire fut victime d'un sort jeté par la princesse Dahud.
Morvac'h (cheval marin) était très rapide et capable de galoper sur les flots.
Lors d'une chasse à courre, Dahud transformée en biche fut rattrapée par March' et son cheval.
Pour s'en sortir, elle n'eut comme seul recours que de jeter un sort au roi en l'affublant des oreilles et de la crinière de son cheval.
"Le roi Marc'h a les oreilles du cheval Morvac'h" ...la légende raconte comment le roi lutta contre la honte de cette affirmation.
Les Sonerien Du ont donc composés neuf titres instrumentaux et chantés à partir de cette histoire transmise par Yann Brekilien (La Mythologie Celtique).
Un disque à la fois beau et intéressant.

Grosse révolution musicale en 1986 avec l'album "Amzer Glaz".
Cette fois un batteur, Gérard Belbeoc'h est de la partie et un nouveau claviériste, Eric Dureau.
Révolution car forcément la batterie qui marque le rythme de façon beaucoup plus appuyée mais aussi l'importance considérable des claviers.
Gilles Roland troquait parfois son accordéon contre des claviers mais jouait de manière très soft. Il en était de même pour Claude Lebrun sur "Roue Marc'h".
Ici, la plupart des arrangements sont d'Eric Dureau et ça s'entend car les claviers sont omniprésents.
Ce n'est certes pas désagréable car c'est très bien fait mais ça donne une coloration très différente à la musique du Sonerien Du.
"Amzer Glaz" reste d'ailleurs un des disque que je préfère du groupe.
En particulier la suite de gavottes "Kafi" composée par Yann Goas.
Yann a fait un parrallèle entre "Kafi" qui est un "thât (type musical traditionnel d'Inde) qui correspond à une gamme utilisée dans ces gavottes.
Un jeux de bombarde vraiment très recherché dans ce titre !
Amzer Glaz, un disque qui aura marqué l'histoire du groupe.


Jean-Pierre le Cam

1987, nouvel enregistrement avec "Tradition vibrante" réalisé par la même équipe à l'exception de Gérard Belbeoc'h qui reste le batteur sur scène mais est remplacé sur ce disque par le percussionniste Jacques Moreau.
Jacques fait aprécier de nouvelles sonorités d'accompagnement avec ses congas, timbales et autres djembe.
Disque dans la même veine que le précédent avec beaucoup d'arrangements d'Eric Dureau et des morceaux composés par les divers membres du groupe.
Comme chaque fois, la bonne humeur des deux chanteurs (Raymond Riou et Jean-Pierre le Cam), les grandes qualités musicales d'Hervé Kerneis à la fois très efficace avec son violon et dont le jeu de guitare est très raffiné.
Sans oublier le brio de Yann Goas, maître sonneur qui est très imaginatif dans sa manière de jouer.
A noter dans ce disque une chanson engagée (Bac Plinn)  sur la défense de la langue bretonne.

En 1988, le sympathique Raymond Riou décide de prendre un peu de recul et quitte le groupe.
Il est remplacé par Dominique Lardic un guitariste électrique venu du rock.



Autre cd en 1992 "Etre Mor ha Douar"
Dominique Robineau est venu remplacer Eric Dureau aux claviers, les cinq autres sont toujours là.
De nouveau toute une série de compositions sur un mode de danses traditionnelles pour ce très bon disque.
J'aime particulièrement des chansons comme "la Godille" et "Les Bergères, une chanson mêlant les paroles trad. et les réalités d'aujourd'hui.

Boulversement en 1994, puisque Yann Goas décide de quitter le groupe après 22 ans.
Après les interims de quelques musiciens comme Bernard Quilien (Bleizi Ruz) et Youenn Le Bihan (Skolvan), c'est finalement Jacques Beauchamp qui devient le sonneur du groupe.
Il joue aussi du biniou et de l'accordéon.



Enregistré en 1998, le cd "Steir" poursuit la queste musicale du groupe.
Six musiciens, tous barbus, qui semblent se porter à merveille pour ce nouvel opus.
Encore un autre claviériste puisque Philippe Ferec a remplacé Dominique Robineau.
Mais la qualité de la musique produite par les "Du" reste du même niveau.
J'aime beaucoup le rond de St.Vincent "Toutes directions" et l'hanter-dro "L'Hypolipidemie" sur un ton un peu ironique.

Voilà pour les huit titres que je connais car Sonerien Du a enregistré une petite vingtaine de disque.
Les Sonerien Du qui ont parcouru l'Europe entière pour faire plusieurs milliers de festou-noz
sont toujours là pour perpétuer la tradition de la danse.
Ils on fêté leurs 35 ans en 2007 et continuent d'enchanter des publics de tous âges.

Si ce groupe passe dans votre région, ne les ratez pas !

 
 
 

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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 12:30
"Gilles SER-VAT", tel que le présentait Dan Ar Braz dans les spectacles de l'Héritage des Celtes.
Comme pour insister sur l'immense talent de cet immense chanteur.

Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur la biographie de Gilles.
Né à Tarbes, sa famille est d'origine nantaise. Il passe la plus grande partie de sa jeunesse à Cholet (Maine & Loire) et dans la région de Nantes ainsi que du côté du Croisic où vivaient ses grands-parents.
Elève à l'école des Beaux-Arts d'Angers, il se destine plutôt à la sculpture.
Il décide de chanter en 1969 après un séjour sur l'île de Groix où il comprend vraiment où sont ses racines.
Il découvre Glenmor et Alan Stivell et s'installe à Paris. Gilles chantera à la taverne "Ti Jos" tout en rencontrant de nombreux Bretons de Paris.
C'est au début des années '70 qu'il écrit ses premières chansons dont la fameuse "Blanche Hermine" qui sera aussi le titre de son premier disque en 1972.


J'ai découvert Gilles vers la fin des années '70. J'avais acheté une compilation "Bretagne d'Aujourd'hui" qui regroupait quatre artistes. Il y avait bien sûr Alan Stivell, Tri Yann, le groupe Triskell et Gilles Servat.
Cinq titres de Gilles dont la "Blanche Hermine" et "Je dors en Bretagne ce soir".
J'aimais bien sa voix et ses textes mais ses musiques n'avaient rien à voir avec le folk breton-celtique en vogue à cette époque. Par rapport aux trois autres artistes de cette compil. c'était très différent.
Petit à petit, ce fut pour moi une ouverture vers d'autres formes d'expression celtique.
En 1981, j'achetais l'album "Hommage à René Guy Cadou".
Gilles avait consacré ce disque à ce poète de la région de la Loire disparu en 1951.
De très beaux textes mis en musique par Gilles Servat. Gilles chantait de sa belle voix grave avec seulement quelques musiciens (basse, guitare,batterie, flûtes) pour l'accompagner.
René Guy Cadou parlait de choses simples (les amis, les enfants,la campagne)...la vie essentielle (comme disait Gilles), j'amais bien des titres comme "Vareuse de coton" ou "L'enfant du garde".


Quelques années plus tard, j'ai vu une émission télé consacrée à Gilles qui venait présenter son disque "Je ne hurlerai pas avec les loups".
Un très long texte où j'ai découvert son côté révolté. Texte qui me faisait un peu penser à "Hommes liges des talus en transe" (de Paol Keineg) présenté par Stivell sur son disque "Treman Inis".
Donc une autre facette de Gilles Servat, poète mais aussi engagé et militant pour la défense de la Bretagne.

Le début des années '80 marqua la fin de la vague bretonne au niveau international.
Bien sûr, les Servat, Tri Tann, Stivell continuaient à sortir des disques mais il devenait beaucoup plus difficile de se les procurer en Belgique (médiathèques peu fournies, internet inexistant...).
C'est donc seulement au début des années '90 que j'ai re-découvert Gilles Serva
t.


D'abord au travers du cd "L'Albatros Fou" dont je vous parle dans un article précédent.
Triskell

En 1992, Gilles collabore de nouveau avec les frères Queffeléant (harpes celtiques), Patrick
Audouin (claviers et guitares) et Bernard Quillien (whistles, bombardes) pour enregistrer "Les albums de la jeunesse".
Donc une deuxième collaboration fructueuse avec le groupe Triskell pour un disque où participent aussi des musiciens réputés comme Dan Ar Braz ou Jacky Thomas.
Dans ce cd, Gilles ré-enregistre des titres comme "la Blanche Hermine", "Kalondour", "L'île de Groix"...
Ces disques me permettent d'apprécier encore plus Servat puisque ses qualités de chanteur, la poésie ou l'engagement de ses textes sont à présent revêtus d'un "habillage celtique".

En 1993, Dan Ar Braz invite Gilles à participer à un spectacle à Quimper regroupant toute une série de musiciens celtes. L'Héritage des Celtes est né !
Assez discret sur le premier album (il y chante "Me zo ganet e kreiz ar mor" en duo avec Yann-Fanch Kemener) Gilles Servat va prendre une place de plus en plus importante dans l'Héritage. Dans le deuxième album il chante la "Blanche Hermine" avec une telle conviction que ce titre va devenir un des morceaux phares du groupe.
A tel point que cette chanson deviendra un peu une sorte d'hymne national breton.

l'Héritage est pour lui l'occasion de travailler avec des musiciens réputés comme Donald Shaw (Capercaillie) Eogan O'Neill et bien sûr Donal Lunny.
A propos de Donal, il déclare dans la revue "Celtics" : "J'ai appris beaucoup au contact de Donal Lunny. Surtout à alterner les textes et les passages musicaux, à donner de la place à la musique au lieu de tout boucher avec un texte. Ca respire et les musiciens ont du plaisir à jouer".



En 1996, Gilles enregistre d'ailleurs "Sur les quais de Dublin" avec Donal Lunny, Dan Ar Braz, Nollaig casey, Ray Fean, Eoghan O'Neill...tous issus de l'Héritage des Celtes.
un album splendide avec des titres comme "Chantez la vie, l'amour et la mort", "Yezhou bihan" (sur les langues minoritaires), "Men Du"...
Dans une série de titres, la brillante prestation du bagad Lokoal-Mendon qui vient ajouter une coloration profonde et puissante.

Retour dans l'Héritage en 1997 où Gilles chante "Le Pays" (une chanson très poétique) participe au titre "Left in peace" et surtout à "Diwanit Bugale" que Dan avait présenté un an plus tôt au concours Eurovision.


Autres disques en public pour Gilles avec "Touche pas à la Blanche Hermine" enregistré en 1998.  Ronnie Drew, Donal Lunny, John Mc Sherry, Mairtin O'Connor sont présents sur ce cd mais aussi les bretons Christian Lemaître et Nicolas Quemener plus les musiciens habituels de Gilles comme Philippe Bizais, Hilaire Rama et Stéphane Sotin.
Un Gilles Servat en grande forme qui revisite une série d'anciennes et de nouvelles chansons de son répertoire comme "L Hirondelle", "Le moulin de Guérande" ou "Je vous emporte dans mon coeur". Le tout, une fois de plus orchestré de façon magistrale par l'ami Donal !


1998 est également l'année du dernier album de l'Héritage, cette fois au Zénith de Paris.
Gilles nous gratifie encore de belles prestations dans "Dir ha tan" ou "Yezhou bihan" chanté cette fois avec Karen Matheson.


On retrouvera encore une fois tout ce beau monde pour le spectacle "Bretagnes à Bercy" en 1999. En même tant qu'Alan Stivell, les Tri Yann et L'Héritage, Gilles assurera une partie de ce méga-spectacle avec ses chansons (dont "La maison d'Irlande") et ses musiciens.
Avant de venir entourer Stivell pour le final en compagnie de tout les autres.
Rarement la scène de Bercy avait réuni autant de talents "celtiques".



C'est en 2000 que sort l'album "Comme je voudrai", un disque sublime !
Cette fois, il a demandé au bassiste Eoghan O'Neill (une autre pointure de la musique
 irlandaise) de s'occuper de la réalisation artistique...un choix judicieux !
Dans la distribution, des musiciens irlandais mais aussi des bretons comme les talentueux Ronan Le Bars (uilleann pipe) ou André le Meut (bombardes).
Vraiment un de mes disques préférés avec des chansons comme "Erika, Erika", "Comme je voudrai", "Au bord du lac Pontchartrain" ou "Tregont blé zo"  qui sont magnifiques tant musicalement qu'au niveau des mots et de l'interprétation.
"Ar plac'h a garan me" qui se termine avec des cornemuses et bombardes est très émouvant également.
Une très grande cuvée de Servat !



"Sous le ciel de cuivre et d'eau" parait en 2005.
Encore des musiciens réputés comme Nicolas Quemener(guitare), Dominique Molard (percussions) ou Philippe Bizais (claviers) pour entourer Gilles sur cet album.
La chanteuse Nolwenn Korbell (qui avait déjà collaboré avec Gilles aux "Tombées de la nuit) apporte sa superbe voix pour chanter deux titres en duo avec Gilles.
Dans "le Général des binious", Gilles rend un poignant hommage à Polig Monjarret qui a travaillé énormément pour développer la musique des bagadou.
"Sous le ciel de cuivre et d'eau" est un album plus centré sur la Bretagne mais de très grande qualité également.



En 2006, Gilles sort un double album qui retrace en 35 chansons, 35 années de carrière. Pour réaliser ce disque, il avait fait un sondage auprès de son public pour sélectionner les titres devant figurer dans cet enregistrement.
"Je vous emporte dans mon coeur" est donc on ne peut mieux choisi comme titre pour cet album !


Je pourrais encore vous parler longtemps de Gilles Servat tant j'ai de l'admiration pour cet artiste.
j'ai eu l'occasion de le voir deux fois sur scène.
Une fois dans une salle de 2000 personnes.
Une autre fois dans une chapelle de 100 personnes !
C'est celle-là que j'ai préférée. Gilles  y était très simple, il plaisantait avec le public.
Avec lui, Philippe Bizais et un accordéoniste (dont j'ai oublié le nom).
Après le spectacle, nous avons pu échanger avec lui ainsi qu'avec ses musiciens.
En première partie, il y avait deux autres chanteurs : Hélène et Jean-François qui chantaient des chansons du Pays de la Loire et avaient aussi rendu hommage à... René Guy Cadou.



Gilles Servat, un artiste complet qui non content d'être musicien (guitare et bodhran) et chanteur est également écrivain (les Chroniques d'Arcturus) et membre du Gorsedd des Druides.
Gilles Servat enfin, est un amoureux de la nature et des paysages de Bretagne et d'Irlande.
Quelqu'un d'incontournable !

Trois chansons extraites du concert Bretagnes à Bercy


  

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 21:20

Samedi 12 avril, j'ai eu la chance d'assister à une superbe soirée.
A l'Archéoscope de Bouillon (dans les Ardennes belges) ils avaient eu l'excellente idée d'inviter Yann-Fanch Kemener pour un concert.
Oui, Yann-Fanch Kemener, un des plus grands chanteurs Bretons, était venu faire un tour en Belgique.
Je le connaissais déjà grâce à deux cd enregistrés avec le pianiste Didier Squiban et à sa participation dans l'Héritage des Celtes.
Samedi soir, ce fut encore bien plus intense !

En première partie, l'Académie de Bouillon présentait une classe de jeunes guitaristes qui virent jouer une dizaines de morceaux issus du répertoire celtique.
Ballades irlandaises, danses de Bretagne, mélodies écossaises, tout fut bien interprété par une douzaine de guitaristes en herbe.
Une belle manière de rendre hommage à l'invité du jour qui apprécia leur prestation.


Attablé comme dans un café-théâtre, le public était venu remplir la jolie salle de l'Archéoscope.
Une ambiance feutrée où dominaient les tons de bruns et de rouge qui évoquaient d'avantage l'automne que le printemps.
Aldo Ripoche monta sur scène avec son violoncelle puis Yann-Fanch arriva en souriant.
Yann-Fanch Kemener salua le public en annonçant qu'il allait chanter en Breton.
Si vous ne comprenez pas, dit-il, n'hésitez pas à vous adresser à un de vos voisins qui lui le comprend.
Le ton était lancé !

Et il en allait être ainsi durant tout le spectacle car en plus de l'humour, Yann-Fanch dialogue et entretient une grande complicité avec le public jusqu'à la fin.
Il démarre avec une danse bretonne, l'an dro "Ker-Pondi".
Dès les premières mesures, on peut admirer sa voix remarquable et la façon dont il marque le rythme avec des mouvements du bras et du pied.

J'étais très curieux d'entendre l'accompagnement du violoncelle.
J'avais un apriori car dans mon esprit, cet instrument classique a peu de relief et a des sonorités plutôt tristes.
j'ai très vite changé d'avis.
Aldo Ripoche est un musicien extra-ordinaire.
Bien que de formation classique, il a une manière de jouer à la fois très personnelle et débridée.
Il parvient à tirer des sons incroyables de son instrument qu'il tient en équilibre entre ses jambes.
Il manie son archet de façon très énergique et balance son intrument dans tous les sens.
Dans les morceaux rythmés, il joue également en pizzicato (en pinçant les cordes et sans archet) imitant ainsi la contre-basse.
j'ai donc été très surpris par le registre de cet instrument dont la profondeur convient parfaitement aux complaintes mais qui est également capable de très bien marquer le rythme.


Par sa voix très agréable, Yann-Fanch Kemener nous touche en alternant les chants à danser et les chansons plus graves.
Même si on ne comprend pas, on est envoûté par la chaleur des mots, par l'harmonie des notes et la beauté des arrangements.
Yann-Fanch nous présente aussi le contexte de chaque titre.
Et parfois, il récite des poèmes (comme ce magnifique texte de Xavier Grall) ou bien va jusqu'à nous raconter des contes ou des récits comme celui consacré à St.Yves.
Alternant ainsi les plages en Breton et en Français.

Et le concert se déroule comme un film où le public est captivé par cette voix magique, par cette langue bretonne qu'il finit par apprivoiser, par le jeu formidable de ce violon...celte.

"Kanet Berjelennig" (chantez bergère) sur un rythme d' hanter-dro succède à de superbes mélodies comme "Me zo ganet e kreiz ar mor" (je suis né ou milieu de la mer) ou Keris (la cité d'Ys).


Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises.
Dans la dernière partie du spectacle, Yann-Fanch s'assied pour interpréter une série de "dans plinn". Et "danse" est bien le mot qui convient puisque tout en chantant son kan ha diskan, il marque le rythme en martelant le sol avec ses pieds.
Du grand art, car cela nécessite une belle coordination.
Aldo Ripoche lui répond en utilisant toutes les resources de son violoncelle.
Un très grand moment de musique bretonne !

Des applaudissements nourris d'un public à la fois conquis et émerveillé par tant de talent et de simplicité.
Je suis convaincu que les gens qui ne connaissaient pas Yann-Fanch (c'était le cas des amis qui m'accompagnaient) ont vraiment été très heureux de cette découverte.
A la fin du spectacle, Yann-Fanch salua le public et retourna tanquillement à la table de ses amis.
De nombreux fans virent le saluer et échanger quelques mots avec lui.

Nous sommes restés encore un moment à notre place afin d'un peu prolonger ce moment de musique et de poésie.
Une soirée à la fois envoûtante et magique.

Prolongement :
En quittant, la salle, j'avais déploré avoir oublié d'emporter mon appareil photo pour le concert.
Il se fait que mes amis de Bouillon sont liés avec un des organisateurs qui lui-même est un ami de Yann-Fanch.
Comme Yann-Fanch et Aldo logeaient chez lui, il me proposa de lui demander si je pouvais aller le photographier le lendemain matin.
Et le lendemain, il nous téléphona pour nous dire que Yann-Fanch voulait bien nous recevoir !
J'ai donc eu la grande chance de pouvoir le rencontrer.
Au delà de la photo, Yann-Fanch nous a reçu avec beaucoup de gentillesse.
Nous étions là pour dix minutes mais nous sommes finalement restés une heure !
Intarissable, érudit, philosophe, Yann-Fanch est quelqu'un de très intéressant à écouter.
Passionné par la Tradition, tout ce qui touche à la Bretagne EST sa vie.



A la fois enseignant, écrivain, chanteur il a toujours été plongé dans la musique traditionnelle.
Sa grand-mère déjà était chanteuse, sa mère  et d'autres membres de sa famille aussi.
Yann-Fanch Kemener a utilisé cet héritage non seulement en s'initiant au chant, au kan ha diskan ou à la danse ; il a aussi effectué de nombreux collectages auprès des anciens.

Tous ces collectages (qui datent depuis de nombreuses années en Bretagne) ont permis  de sauvgarder un patrimoine très riche qui sans cela serait tombé dans l'oubli.
Yann-Fanch et les autres, grâce à leur travail d'artisans on contribué à rendre vivante cette langue et cette musique.
Sans concession, sans sacrifier à des formes plus commerciales.
Comme disait Yann-Fanch, la chanson traditionnelle  se chantait autrefois à capella.

Il est sans cesse en recherche de nouveaux arrangements pour sa musique, de nouvelles possibilités d'interprétation.
Il nous a parlé de ses derniers disques : "An Dorn" (la main) en duo avec Aldo et "Dialogues" avec en plus du violoncelle, le piano  de Florence Pavie.
Deux nouveaux cd seront bientôt enregistrés en 2008.
Des tournées à l'étranger (y compris au Mexique !) et bien sûr en France.
Bref de nombreux projets pour cet homme qui avoue manquer de temps pour tout faire et qui déplore que les artistes Bretons soient si mal distribués.

Nous avons pris congé en le remerciant encore de nous avoir accordé de son temps.
Lui et Aldo (également très sympa) dédicacèrent nos cd.

Le souvenir de cette rencontre restera pour moi un moment unique et rare.
Yann-Fanch Kemener, à la fois un très grand artiste et un homme de qualité.


Kanit,kanit berjelennig, kar me gav' bra ho ton
O me reital ma' ho klevan,rejouisa ma c'halon...

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 14:09
Premier prix de conservatoire à Brest à la flûte traversière, Youenn Le Berre est de

formation classique.

gwendal8.jpg
Youenn à droite d'Hugues de Courson

Il va cepandant très jeune s'intéresser à la musique bretonne et à la musique celtique en général.
En compagnie du guitariste Jean-Marie Renard, il fonde "Gwendal" en 1972.

"Irish Jig" leur premier album sort en 1974.gwendal1.jpg
Le groupe est composé de Roger Schaub (basse), Patrice Grupallo (mandoline et percussions),Bruno Barre (violon) et de Youenn et Jean-Marie.
Groupe instrumental, Gwendal impose rapidement son propre style c'est à dire une interprétation assez jazz de la musique traditionnelle.
Il apparait très vite que Bruno Barre est un viloloniste d'exception (ici il ne s'agit pas de fiddle irlandais mais bien de violon joué de manière classique ou bien jazz).
Que dire alors de Youenn Le Berre qui passe de la flûte traversière à la flûte à bec ou au whistle avec une facilité déconcertante.
Youenn joue aussi très bien de la bombarde et du saxophone.
En fait, c'était la première fois que j'entendais de la flûte traversière métallique en musique trad. D'habitude, c'est plutôt la flûte traversière en bois qui est utilisée.
Ce premier album plein d'enthousiasme est une réussite avec des titres comme"Planxty-birke" ou "Deu tu ganeme" qui valent le détour.

Deuxième opus en 1976 avec "Joe Cant's reel" et la très belle pochette de Claire Brétercher.gwendal5.jpg

C'est principalement la musique irlandaise qui est revisitée par     notre quintet.
Bien des années plus tard, j'apprécie toujours autant des titres comme "Galway Bay" ou "Chrystal Palace" qui me fait un peu penser à de la musique classique.
"Douze degrés" est un morceau où une large place est laissée à l'improvisation des musiciens qui se déchaînent sur ce titre où le "delirium tremens" n'est pas pas loin.
Un bon disque en tout cas !


Arnaud Rogers (batterie) est venu complèter le groupe. Ricky Caust (guitare & Mandoline) remplace Patrice Grupallo sur le troisième album.
Gwendal4.jpg
La suite de reels "Rainy Day" démarre le disque de très belle manière.
Bruno et Youenn, une fois de plus démontrent tout leur talents sur des thèmes irlandais remis à la sauce Gwendal.
Pareil dans "The walls of Liscarroll" un morceau décoiffant.
A l'époque des trente-trois tours, il y avait deux faces et sur la face B le titre "Mon joli scooter" est une suite de sept morceaux qui s'enchaînent sans interruption.
Certains sont des traditionnels, d'autres des compositions du groupe.
Du grand art !

A noter pour la petite histoire que "Rainy Days" (au pluriel) est aussi le nom du site d'une émission sur radio Béton qui diffuse de la musique celtique.
Basée à Tours, cette radio propose un choix très éclectique de musiques folk.
Avis aux amateurs.

rainy.days.free.fr/

Nouveau disque en 1979 "Les mouettes s'battent".
Cette fois Gwendal se lance dans la composition tout en mélangeant encore avec des airs traditionnels.
Olivier Pedron qui joue aussi de l'orgue remplace presque totalement Arnaud Rogers à la batterie et Ricky Caust joue un peu plus de guitare électrique.
Le groupe montre son goût pour les jeux de mots dans des titres comme "Je pars à Noyac"
ou "Bee New" ou encore "le reggae gai du Gueret". Un titre bizarre qui est au départ un reel irlandais mais joué sur un rythme de reggae !


En 1981, disque live de Gwendal enregistré en Espagne.

gwendal9.jpg

Ce qui n'est pas surprenant car depuis des années ce groupe est plus populaire dans ce pays qu'en Bretagne ou dans le reste de la France.
François Ovide (un super guitariste) a rejoint le groupe.
Des reprises et quelques nouveautés sur ce disque "En concert" dans lequel il y a pas mal d'improvisations et des versions longues un peu déjantées.
Youenn le Berre y est une fois de plus souverain à la flûte, la bombarde et la cornemuse.
Après ce disque, Jean-Marie Renard décide de quitter le groupe pour en devenir le manager.

"Locomo" sort en 1983
 

Patrice Guillaumat est le nouveau batteur et Robert Le Gall le nouveau bassiste.
Uniquement des compositions et une inclination plus électrique pour ce nouvel enregistrement.

Ici aussi quelques titres remarquables comme "Sacra matao" (avec la cornemuse de Patrick Molard) ou "Basquette".
Youenn semble avoir toujours plus d'assurance à la flûte et jouer de façon très imaginative.





Petite révolution en 1985 avec l'album "Danse la musique"
Gwendal3.jpg
D'abord au niveau des membres.
L'excellent Bruno Barre a quitté le groupe et est remplacé par deux violonistes.
Patrick Tillman et Robert Le Gall (qui lui joue en plus de la basse et de la guitare électrique). Bertrand Binet est le second guitariste.
Ensuite il y a une chanson (chantée par Bertrand) pour la toute première fois dans l'histoire du groupe.
Enfin, ce disque a d'avantage une coloration rock.
De très beaux titres comme "Celtic break"ou "L'homme à fables" et bien entendu la chanson "Danse la musique".


Et à propos de break, voici une petite vidéo du groupe (version 2005) avec un Youenn Le Berre toujours aussi magistral à la flûte.





A suivre...
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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 13:53
Notre virtuose n'allait bien sûr pas s'arrêter en si bon chemin.
Sortie en 1989 du cd "Glen River" qui recevra en 1990 le prix de l'Académie Charles Cros.

gwendal6.jpg

Paul Faure aux claviers et Patrice Guillaumat aux percussions pour seconder le duo infernal de Robert Le Gall et Youenn Le Berre.
Un disque uniformément beau qui démarre avec "Glen River" où la cornemuse écossaise fait merveille.
"Jigger Jig" où Youenn est de nouveau très inventif à la flûte.
"Glaz Noz" sorte de poursuite endiablée entre la flûte et le violon dans laquelle nos deux compères y vont de terribles improvisations jazz.
Dans "Uilean Mandinga" Robert Le Gall démontre tout son talent à la guitare électrique.
Beaucoup de bonnes percussions et de bons claviers dans le titre "Colombaneon".

"Noces de granit" est pour moi le sommet de ce cd.
Composé par Pierre et François Daniel cette magnifique mélodie est un dialogue entre bombarde et cornemuse (tous deux joués par Youenn).
Un morceau qui fait un peu penser à la musique des bagadou.

"la Tarentule" évoque une folle danse de cette "sympatique" araignée, un air dominé par la guitare électrique. "Steren" avec ses nombreux changements de rythmes fait référence à la musique irlandaise où whistle et guitare acoustique se mélangent gaiement.
Enfin "les chants Bothorel" termine tout en douceur le disque par un dialogue entre une flûte basse et une flûte traversière classique.

Il faudra attendre cinq ans avant que Gwendal ne sorte "Pan ha Diskan" en 1994.

gwendal7.jpgSi Paul Faure, Marc Hazon, Michel Valy (ex.Stivell), François Ovide et quelques autres participent à cet enregistement, "Pan ha Diskan" est avant tout une réalisation de Youenn et Robert.
Presque toutes les compositions, tous les arrangements sont de nos deux complices qui se complètent à la perfection.
Robert Le Gall est omniprésent aux guitares, basses, mandoles, violons et à la programmation des claviers.
Youenn lui prend en charge tous les instruments à vent.

Un disque aux couleurs très variées.
La Bretagne bien sûr avec la bombarde dans "Pan ha Diskan" où le très beau titre "Menez Avel".
L'Irlande bien représentée aussi par des titres comme "Data prisa" ou "Erwan O'Clock".
Un morceau comme "Aber drach" assez calme fait un peu penser à L'Italie.
Tandis que des titres comme "N'Douagad" ou "N'Douar" ont eux des consonnances carrément africaines.
Un disque donc très universel.

Après cela, Youenn Le Berre va prendre un peu de distance par rapport à Gwendal.
Robert Le Gall lui va rejoindre pour cinq ans le groupe d'Alan Stivell.

En 1996, Youenn va participer à une création musicale du piper irlandais Liam O' Flynn (Planxty).
En 1997, c'est Niam Parsons, une autre irlandaise qui l'invitera sur un de ses albums.

En 1997, Youenn rencontre les flûtistes Nasredine Dalil et Michel Sikiotatis qui pratiquent
la musique berbère.
Dans une interview, Youenn déclare qu'il a été tré étonné par les similitudes qui existent entre la musique bretonne et la musique berbère.
Nos trois flûtistes forment alors le groupe "Mugar" avec quelques autres musiciens.
Et cette musique est un curieux mélange de traditionnels berbères, de traditionnels bretons et de compositions.
Puis en 1998, formation du groupe "Iguan" avec François Ovide et Robert le Gall.

En 2000, Thomas Bouchérifi-Kadiou, Tony Bonfils et Claude Samard créent le groupe "Krozal" et demandent à Youenn et Robert de venir les épauler.
Krozal propose une musique assez rock en poussant un cri de révolte suite à la marée noire de l' Erika.
Ce groupe qui avait de belles idées musicales et des textes bien sentis se séparera pourtant après un premier disque prometteur.

Hughes de Courson (que l'on a bien connu avec Malicorne dans les années '70 & '80) s'est depuis longtemps reconverti dans la production d'artistes.
Lui aussi cultive un goût particulier pour les mélanges ethniques.
En musique, il a déjà créé "Mozart L'Egyptien" qui mixte allègrement des musiques apparement aux antipodes.
En 2001, il décide de recommencer l'expérience avec "O' Stravaganza" (Vivaldi l'Irlandais !)
Il invite donc une formation classique de musiciens italiens qu'il fait jouer avec des musiciens irlandais. Et invite Youenn Le Berre à jouer du low whistle sur ce disque.
Un résultat assez étonnant !

Après ces expériences multiples, Youenn va revenir à Gwendal en 2005.

gwendal.2.jpg 

"War Raog" (en avant) est le titre de ce dixème cd qui parait 33 ans après la formation du groupe.
Si Robert Le Gall (présent sur quatre titres) a encore un "pied" dans le groupe, tous les autres membres sont nouveaux.
Jean-Claude Philippe est au violon, Ludo Mesnil aux guitares, Jérôme Guéguen aux claviers, David Rusaouën à la batterie et Pascal Sarton (ex. Stivell aussi) à la basse.
Donc une formation assez rock.
Pratiquement toutes les musiques ont été composées par Youenn.

"Joke" est une jig au style bien irlandais. "Gave Hot" est encore un dialogue entre bombarde et guitare électrique. "Gigue O' Low" un air où flûte, guitare et violon dominent.

Puis vient "la Nina del Norte" (la fille du Nord) une chanson très douce qui est la deuxième chanson de Gwendal en 33 ans !
Chanson très bien interprétée par Bénédicte Lécroart qui crée une parenthèse de tendresse dans un disque très rythmé.
La chanson a été écrite en espagnol par Hugues de Courson peut-être pour rendre hommage au public d'Espagne dans lequel Gwendal compte de très nombreux fans ?

Après, le cd reprend de plus belle avec des morceaux très rythmés où tous les membres du groupe y vont de grandes envolées.
Mélange de reel et de rock avec "Skai reel" . Fameuse batterie de david Rusaouën dans "Stand all".  "Suite d'Arrée", une série diabolique d'airs irlandais avec beaucoup de claviers, de violons, de guitares et de whistles.

"War Raog" termine le disque dans une forme de complainte avec de nombreuses variations de la cornemuse et de la guitare de Robert Le Gall.
Pour leur retour, Gwendal proposent vraiment un disque très abouti.

Et pour terminer, une autre petite vidéo de ce TRES grand monsieur de la musique bretonne.




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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 21:36

Après avoir lu mes articles sur "Ys" et sur "les groupes d'Alan Stivell", des amis Bretons m'ont appris l'existence du groupe "Keris".
Ils ont aussi eu la gentillesse de m'envoyer une version cd de cet ancien 33 tours.

Il faut dire qu'en la matière, ils s'y connaissent plutôt bien puisqu'ils ont réalisé un site formidable consacré à Alan Stivell : Harpographie   
l
www.harpographie.fr
Dans ce site sont rassemblés une quantité incroyable de documents sur Alan.
Tout ce que vous désirez connaître en matière de discographie, bibliographie, articles de presse, photos...vous le trouverez dans ce site réalisé avec grande passion.

C'est donc avec beaucoup de curiosité que j'ai écouté ce disque avec trente ans (!) de retard.
Le groupe Ys se sépare après un an d'existence.
En fait, René Werneer décide de faire cavalier seul et enregistre deux nouveaux disques de musique traditionnelle (Habit de plumes, puis un autre consacré au violon).

Pascal Stive (claviers) forme alors "Keris" (la cité d' Ys) toujours avec Michel Santageli (batterie), Jacky Thomas (basse) et Pierre Chereze (guitares).
Le disque "Avel Vor" (le vent de la mer) sort en 1977.
Patrick Molard (pipes, flûtes, whistles), David Rose (violon) et Serge Derrien (vocaux) participent à cet enregistrement.

  keris.jpg

Au niveau sonorités, on est bien sûr proche du disque précédent.
Chacun de nos quatre compères apportant son talent à la confection de chaque morceau.
Quelques différences cependant, cette fois les chansons sont en français.
La coloration musicale fait plus penser au rock-variétés car l'absence de René Werneer (qui était d'avantage enraciné dans la musique traditionnelle) se fait sentir au niveau des arrangements.
Et ce malgré la présence du talentueux Patrick Molard qui ajoute ça et là des sonorités de cornemuses et de bombardes.

Il n'empêche que ce cd est intéressant à écouter.
Pascal Stive en a composé le majorité des titres.

"Avel Vor" est un instrumental bien rytmé par la basse et la batterie qui soutiennent une discussion entre cornemuse et bombardes.
"la fille de l'Aberdom" est une chanson entraînante à propos d'une jeune fille difficile à séduire. Pascal Stive chante et s'accompagne au clavecin bien entouré par l'uilleann pipe, le violon et la guitare électrique.
Pierre Chereze a écrit "Comme la vérité" qui est une sorte de Laridé et de chanson à répondre. La guitare acoustique et la basse sont bien présentes sur ce titre.
"Looking trough the past" est aussi interprété au clavecin.
Il s'agit d'un traditionnel irlandais dans le style d'O'Carolan.

Jacky Thomas a créé "Keris" d'après une danse bretonne dont une partie est lente et l'autre rapide. Puis la danse s'arrête pour laisser place à un terrible solo de guitare électrique renforcé par les claviers et la batterie.
La musique de "Notre amour est une légende" s'inspire d'une autre chanson trad.
Jean-Pierre Lang et Pascal Stive en sont les auteurs.

"ça doit être un étranger" est une sorte de gavotte chantée en kan ha diskan un peu comme "Ar Gohoni". Belles interventions de la bombarde et de la guitare électrique qui joue en saturation.
"Petite fille dorée" est un titre chanté par Michel Santageli. une fois de plus, il nous fait apprécier son jeu à la batterie avec des sons parfois "redoublés".
La partie chantée ressemble un peu à du blues puis le rythme change complètement pour devenir un reel écossais où la cornemuse de Patrick fait merveille.

"O' Keefe's Place" traditionnel Irlandais termine l'album.
Pascal au piano accompagne flûte et uilleann pipe dans une ambiance de pub.

Keris restera donc une expérience éphémère.
Mais ce disque aura une nouvelle fois donné l'occasion à des musiciens sympatiques et talentueux de s'exprimer en musique celtique.
Merci les gars !

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