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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 13:28
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Véritable artiste au sens plein du terme Mélaine Favennec est né en 1950 à Quimperlé.
Son père était collecteur de chants et d'airs traditionnels, il a donc été bercé dans la musique bretonne dès son plus jeune âge.
Enfant, il apprend déjà la bombarde et la cornemuse.
Elevé en Alençon dans les années soixante, il commencera dès 12 ans à écrire des chansons qu'il interprètera avec un copain François Didier.
S'intéressant au théâtre, le jeune Mélaine fonde en 1969 le "Théâtre du Temps Fort" avec lequel il concevra et jouera plusieurs pièces.
Il fait ses études à l'isntitut de France de la Photographie.
En 1972, il fonde le groupe "Diaouled Ar Menez" (les diables de la montagne) dans lequel il est violoniste.
Les Diaouled sont un des premiers grands groupes de Fest Noz (avec le Sonerien Du).
Ce sytle musical fait d'airs et de chansons à danser va se répandre de plus en plus en Bretagne à partir des années '70.
Yann Goasdoué (un des sonneurs du groupe) raconte que c'est après avoir entendu Alan Stivell qu'il ont eu l'idée de mélanger les binious, bombardes et accordéons aux sons de la guitare basse, de la guitare électrique ou du violon.

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Melaine quittera cependant le groupe en 1975 car il avait envie d'exprimer d'autres choses musicalement, notamment au travers de ses chansons.
En 1976, il sort l'album "Basse Danse".
Produit chez "Névénoé" qui est une coopérative bretonne créée par Gérard Delahaye et Patrick Ewen.
Egalement chanteurs, Gérard et Patrick revendiquent le "Vivre et travailler au pays".
Le public y achète les disques par souscription et l'argent est directement ré-investi pour de nouvelles créations.
C'est aussi à partir de cette rencontre que va naître une très grande amitié entre les trois hommes.
Nouveau disque en 1979 "Chansons Simples et Chants de Longue Haleine".
Puis contrat chez RCA dans les années '80 ou Mélaine bénéficie alors de la grande distribution comme d'autres artistes bretons avant lui.
"Secret Déluge" et d'autres albums chansons vont alors se succéder.

Melaine Favennec est un touche à tout qui s'intéressera aussi au jazz en fondant "Jazz E Breiz" avec son ami Henri Tessier.
Au niveau de ses enregistrements il collaborera régulièrement avec le musicien classique Yvan Cassar.
Mélaine écrit également des musiques pour le théâtre et le cinéma.

Peu courant, il prète ses traits à François Bourgeon pour le personnage d'une BD "Les yeux d'Etain de la ville Glauque" (voir le site officiel).

Et comme si ce n'était pas suffisant, Mélaine dessine et peint.
"Celtic Boats" est une série de tableaux représentant des barques noires qui se ressemblent toutes mais sont toutes différentes aussi.
J'aime beaucoup ces couleurs à la fois vives et pleines de contrastes !

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Tout en continuant sa carrière en solo, Mélaine joue encore de temps à autre avec les Diaouled Ar Menez qu'il a retrouvé après leur 25 ème anniversaire.

Fidèle en amitié, il tourne aussi avec ses vieux complices Patrick Ewen et Gérard Delahaye.
Avec eux il a créé des spectacles comme "Tri Men" ou plus récemment "Kan Tri" (en 2005).
Le trio E.D.F., c'est trois violons, trois guitares et trois voix.
Chaque artiste apporte sur scène sa personnalité, des extraits de son répertoire et surtout  son talent.
Musiciens, conteurs, chanteurs, Favennec, Ewen et Delahaye naviguent entre musiques traditionnelles et chansons pleines de poésie.

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En solo, Melaine Favennec a produit une bonne dizaine d'albums.
En 2001, il sort "Nos îles nos amours".
Sur ce disque, il collabore avec Dan Ar Braz pour lequel il avait écrit quelques chansons.
En plus de Dan, Claude Ziegler est aux guitares, Patrick Péron aux claviers, Hilaire Rama à la basse et Patrick Boileau à la batterie. Un quatuor à cordes joue également sur ce disque.

Mélaine Favennec, c'est une voix profonde au service de textes très poétiques.
Des musiques un peu jazz, un peu blues qui n'ont rien a voir avec le traditionnel mais qui sont surtout là pour mettre sa poésie en exergue.
Des textes descriptifs comme "Au bout du vent" ou "Eliz isa" (île de Sein) mais aussi des thèmes plus graves comme la guerre évoquée dans le titre "Amour dingue".
Amour meurtri décrit dans "je n'oublierai jamais", une chanson où guitares et piano sont bien présents.
Dans ce disque, les hommages aux îles bretonnes sont très nombreux.
On sent très bien que Mélaine est amoureux de la Bretagne et de la mer.
"L' île Rose",  "Men Briat",   "Mor Bihan"  sont autant de perles dans le genre.

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Dan Ar Braz (dont la finesse de jeu n'est plus à souligner) y va d'un petit intrumental de sa composition "Belle Isle en Terre".
Puis Mélaine de continuer sur des rythmes entraînants...hissez les gars, hissez les filles chante-t-il dans "Vers la Belle Ile".
"De la Lune à la Lune" est une chanson que j'avais d'abord entendue sur un cd de Dan Ar Braz. Avant de la redécouvrir par son auteur.
"...De la lune à la lune, les continents se bercent pour endormir le jour,
    Alors c'est la montagne immense, des nuits de hargne et de grondements sourds..."
De mots très forts et très beaux à la fois !
"A presqu'entendre" termine magistralement ce cd.
Cette chanson jouée par un quatuor à cordes (Laurent le Flecher, Julian Favennec, Catherine Boulogne et Kristina Ommes) est très calme.
Réflexion descriptive et poétique de Mélaine, chanson de l'éveil et chanson d'amour.

Mélaine Favennec, un artiste aux milles facettes à consommer sans modération !

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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 21:49

YS

En 1975, Alan Stivell remplit le National Stadium de Dublin et est au sommet de sa gloire.
L'enregistement de ce concert va se vendre à des centaines de milliers d'exemplaires.
Pendant les mois qui suivent Alan et ses musiciens vont faire une série de concerts en Europe en remportant un très grand succès.
Cependant, au lieu de continuer à exploiter ce filon "celtic-rock", Alan décide de changer complètement de style et consacre un disque aux poètes Bretons.
Album très instimiste, "Treman Inis" (en vue de l'île) est constitué de poèmes lus et chantés par Alan qui s'accompagne principalement à la harpe.
A l'exception de Dan Ar Braz, il se sépare des musiciens qui l'accompagnaient depuis plusieurs années.

Fin 1975, René Werneer,
DSC00205.JPG                                                                                             Pascal Stive,
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Jacky Thomas
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                                  et Michel Santangeli
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décident de former le groupe YS.
Ils engagent le guitariste Pierre Chereze.

 

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"Ys" en référence à l'ancienne capitale de Cornouaille qui fut engloutie par les flots un soir de débauche.
Nos quatre musiciens avaient en effet encore envie de jouer de la musique bretonne et celtique dans le style folk-rock qu'avait polularisé Stivell.
C'est à dire des thèmes traditionnels avec des arrangements modernes mélangeant les sonorités d'instruments électriques et acoustiques.
Enregistré au Château d'Hérouville, le disque "Madame la frontière" sort donc en 1976 et contient 10 morceaux.
René Werneer (violon), Jacky thomas (basse), Michel Santangeli (batterie) et Pascal Stive (claviers) vont tour à tour également s'essayer au chant dans cet album, avec un certain succès.
"madame la frontière" est un disque plein d'enthousiasme où nos quatre compères ont mis tout leurs talents pour produire une musique agréable et entraînante.
Pour les avoir vu en concert à Liège, je peux dire que cette enthousiasme était communicatif.
Leur bonne humeur sur scène (plaisanteries, désaccorder la guitare de Pierre pendant son absence...) couplée à leur talent m'a laissé un souvenir extraordinaire de ce spectacle.
Je dois admettre que ce 33 tours a beaucoup tourné et fut longtemps un de mes préférés au même titre que les premiers stivell.

Le disque démarre par "O' Connell Street" qui est un reel irlandais interprèté par René dont on connait depuis longtemps les qualités de violoniste.
Le ryhtme un peu syncopé de la basse à quelque chose de particulier.

Michel Santangeli chante "Dentu Ganeme" (viens avec moi sur l'herbe verte...) une chanson d'amour au rythme très marqué où la batterie est très présente.

"madame le frontière" est une histoire sordide chantée en breton par René Werneer qui joue aussi du cromorne sur ce titre.
Il s'agit d'un chant à répondre : "ma pauvre mère, si vous m'aimez, au coin de votre jardin, ne me tuez pas..."
A noter que Gabriel Yacoub (guitare acoustique) joue sur ce morceau.

"Captain O' Kane" est une slip-jig irlandaise.
Ce titre est le même que le début d'un morceau de Lunasa  "Aoibhneas" sur le cd "The mery sisters of fate".

 

 

 

Trois parties distinctes sur "Captain O' Kane", d'abord une soft avec le violon accompagné par les claviers, percussions et whistles. Puis un second thème musical avec prédominance des claviers et de la guitare acoustique. Enfin, reprise du premier thème mais avec la guitare électrique, la batterie et la basse plus prononcée.

Pascal Stive chante ensuite "Comment vouloir qu'une personne chante" qui est une chanson d'amour très douce.
Seule chanson en français dans laquelle on entend beaucoup de claviers et qui est très bien harmonisée par les violons le le violoncelle de Jacques Wiederker également invité sur ce disque.
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"Ag Arlane" est une chanson de mariage pour danser le laridé.
"Jeunes gens méfiez-vous du mariage, j'ai épousé un souillon, qu'est-ce que je le regrette..."
Chanson très entraînante chantée en kan ha diskan par René et Jacky.
Abondance de claviers, de basse et de batterie dans ce titre très rythmé.

"O ya laret em eus" (oh oui, je l'ai dit et je ne le dédirait point. J'avais un galant fidèle et le voici parti..." .
Une sorte de complainte interprètée par René qui s'accompagne au dulcimer.
Les basses, claviers et guitares y sont excellents.

 

 

 

 

"Carolan's farewell" est une danse irlandaise avec deux parties distinctes.
la première est assez lente avec un clavier au son de clavecin, la seconde est plus rapide avec le violon et l'alto qui accompagnent ce clavecin.
On entend aussi de l'accordéon qui est joué par Jacques Higelin (himself !)  invité par le groupe.

Retour en Bretagne avec un autre kan ha diskan : "Ar Gohoni" (la vieillesse).
il s'agit cette fois d'une gavotte.
Nos deux chanteurs s'en donnent à coeur joie pour rendre cette chanson très dynamique.
Très bien harmonisé, Ar Gohoni laisse parler le talent des cinq musiciens d'Ys.
Basses, drums, claviers et de beaux dialogues entre le violon et la guitare électrique.

"Ystor" est une composition instrumentale qui décrit la submersion de la ville d'Ys.
Ys était située au bord de la mer, protégée des flots par une digue.
Dahud, la fille débauchée du roi Gradlon fit ouvrir les vannes durant une folle nuit d'orgie.
la ville fut submergée et disparu.
Ce morceau clôture le disque.

Pour des raisons que j'ignore, le groupe Ys va se séparer après un an d'existence.

On ne peut que le regretter car ils avaient un fameux potentiel.
René Werneer va enregistrer un album solo "Habit de Plumes" puis encore un autre disque consacré au violon.
Les autres membres d'Ys eux vont former "Keris" un autre groupe dans le même style.
 

Je ne crois pas que le 33 tours "Madame la frontière" aie jamais été réédité en cd.
Pour ceux qui veulent le découvrir...il faut espérer qu'ils ont dans leur entourage des pères (ou grand-pères !) qui étaient jeunes dans les années '70 !

A noter enfin que les légendes de la ville d'Ys ont inspiré un certain nombre de musiciens Bretons.
Alan Stivell, bien sûr avait enregistré "Ys" en 1971 sur "Renaissance de la Harpe Celtique".
Dan Ar Braz a consacré son premier disque "Douar nevez" à cette légende qu'il illustre de façon magistrale.
L'excellent groupe "Sonerien Du" a également sorti un disque en 1984 "Roue Marc'h" qui raconte d'autres légendes sur le même thème transmises par Yann Brékilien.






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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 20:51

Dans un post pécédent, je vous ai présenté deux disques du groupe Glaz.

Grâce au magasin Liégeois "Ludos" www.ludos.be/ j'ai enfin pu me procurer le troisième : "Ar Gest".

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Ce disque sorti en 1995 est en fait le deuxième du groupe toujours formé de Yann Honoré, Yves Ribis, Nathalie Brignonen, Ronan Le Bars, Jean-Claude Normant et Jean-Christophe Boccou.
Deuxième opus donc d'une excellente production de rock breton.
Ici pas de morceaux traditionnels mais des compositions des divers membres du groupe, principalement du bassiste Yann Honoré.

Même recettes pour confectionner ce disque : la voix superbe de Nathalie tantôt puissante, tantôt émouvante.
Cette voix qui vient se superposer sur des mélodies bien ciselées interprétées par cinq musiciens qui rivalisent de talent et d'ingéniosité.
A noter aussi que tous les morceaux durent 4 minutes minimum ce qui permet aux musiciens de bien s'exprimer faisant ça et là l'un ou l'autre solo.

"Run" qui débute le cd est une chanson composée par Yann Honoré chantée en anglais et en breton (ce qui est une des habitudes de Glaz).
Bonnes sonorités de guitares et de drums qui sont très présents.
On entend également un peu de violon dans ce titre.

Le titre "November" (aussi de Yann Honoré) est un peu plus calme et on admire une fois encore la voix de Nathalie. Bravo à Ronan pour les passages d'uilleann pipe !
"Suleiman" est une jolie chanson dont la musique me fait un peu penser à "Marv Pontkalleg".
Cette fois, Ronan le Bars joue de la cornemuse écossaise.



Nathalie chante "Roanez ar Bleizh" en duo avec Jean-Claude Normant sublime aux claviers.
Les improvisations de Ronan le Bars font penser à des airs traditionnels.
"Aita" est un autre morceau écrit par Yann Honoré qui nous rappelle qu'il sait très bien jouer de la bombarde. Dans ce titre, claviers, guitares et batterie s'en donnent à coeur joie.
Et Ronan prouve une fois de plus que les possibilités de variations sont très vastes à l'uilleann pipe.

"Deweziou Goanw" est une composition de Ronan bien secondé par les claviers de Jean-Claude. Il y a beaucoup de recherche dans ce morceau assez lent.

Composé par Yves et Yann, "Heol" est une chanson partiellement douce et planante dont le rythme s'accélère par moment ou son des whistles.
De la guitare acoustique dans "Sacred River" écrit par Yves et Jean-Christophe qui est remarquable aux percussions dans ce titre aux couleurs orientales.

Beaucoup de bonnes basses et des vocaux bien harmonisés dans "The window of Orient".
"Mestr an Noz" est une chanson vraiment très rock où la cornemuse parvient à se frayer un chemin entre les claviers, drums et autres guitares électriques.

Enfin,"The Healing" pour terminer, un autre texte en anglais sur un rythme de ballade et qui se termine en forme de slip-jig.
Avec des whistles et des sonorités qui font un peu penser aux Corrs.

Vous l'aurez compris, "Ar Gest" est pour moi un tout bon disque également.

En 1996, Glaz produira encore un album de la même veine : "Holen ar Bed"...

 

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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 22:09

Franzozig

 


En Bretagne, Tri Yann est un groupe mythique !
Jean-Louis Jossic, Jean Chocun et Jean-Paul Corbineau (les trois "Jean" de Nantes) ont déjà plus de trente ans de carrière derrière eux.
Fan depuis les années '70, j'ai toujours admiré leurs grandes qualités vocales.
Avec sa très belle voix, Jean-paul Corbineau aurait largement pu chanter en solo.
Il y a beaucoup de recherches au niveau musical.
Une grande variété aussi dans les instruments utilisés et donc dans les sonorités qu'on entend sur leurs disques (cromornes, flûtes, claviers, violons ,guitares, plsaltérions...)
Jean-Louis Jossic a toujours fait beaucoup de recherches au niveau du contexte historique des chansons.
Cette musique, cocktail détonnant de rock celto-médiéval a déjà enchanté plusieurs générations d'amateurs de chansons en Français.
Puisque Tri Yann représente principalement la partie non bretonnante de la Bretagne.

Tri Yann se revendique avant tout comme un groupe de scène.
Pour les avoir vus à trois ou quatre reprises, c'est vrai qu'ils s'y entendent pour mettre de l'ambiance en concert.

En musique traditionnelle, le kan ha diskan (chant et déchant) est un genre très apprécié.
La technique du "tuilage" de ce style de chants à répondre est très entraînante.
Le premier chanteur chante la première strophe et le second chanteur chante la fin de celle-ci à l'unisson. Puis le second chanteur chante la deuxième strophe et le premier le rejoint sur la fin de la phrase.
Cela permet donc de chanter très longtemps.

Autre caractéristique, ces chants sont toujours sur des musiques très rythmées (gavottes, dans plinn ou autres dans fisel) des danses bien "martelées" qui font le bonheur de tout les amateurs de Fest Noz (fêtes de nuit).
Les soeurs Goadec (qui étaient trois) ou les frères Morvan sont des spécialistes du genre.
D'autres chanteurs comme Raymond Riou et Jean-Pierre le Cam (du groupe Sonerien Du) ou Erik Marchand, Yann-Fanch kemener, Jean-Jacques Hasold (Stivell) m'ont vraiment fait apprécier ce genre musical.

J'avais un peu déploré que les Tri Yann avec leurs possibilités vocales ne se lancent pas dans ce kan ha diskan.
En 1983, il y a eu un titre "Aventurou Marian" (sur l'album "Café du bon coin") qui était chanté dans ce style.
Il fallut attendre 1999 avec le spectacle "Bretagnes à Bercy" pour les apprécier de nouveau en "chant et déchant".

Sur la vidéo de "Franzozig" on peut en plus admirer l'habileté des danseurs de Kerlen Pondi
Du grand art !


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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 13:30

Frères de harpes


A la fin des années '70, un ami rentré de Perros Guirec m'avait ramené un vinyl du groupe An Triskell : "Kroaz Hent ".
Ce disque fut une belle découverte pour moi.
L'occasion, après Stivell, de découvrir d'autres musiciens qui jouaient de la harpe celtique.
Hervé et Pol Quefféléant frères jumeaux et virtuoses de la harpe n'en étaient pas à leur coup d'essai avec ce disque.
Kroaz Hent (la croisée des chemins) était déjà leur cinquième disque.
Ayant démarré leur carrière à 15 ans, les deux frères de Brest vont écouter une série d'artistes et faire l'apprentissage de nombreux styles musicaux.
En cotoyant les Dubliners, Planxty, Clannad,  Les Chieftains, Alan Stivell, les soeurs Goadec...ils vont se forger toute une série d'expériences celtiques qui enrichiront leur bagage musical.
Plus tard, grâce à René Abjean, ils découvriront la polyphonie galloise ansi que le répertoire classique du harpiste O' Carolan.

En plus de la harpe, Hervé Quefféléant joue aussi de le flûte irlandaise (whistle) et du banjo.
Pol Quefféléant joue également de la guitare acoustique.

Donc des musiciens très talentueux qui au même titre que Kirjuhel, Myrdhin, Marianig Lar'hantec ont emboîté le pas de Stivell pour rendre à la harpe celtique ses lettres de noblesse.
Au passage, une pensée pour Kristen Noguès qui vient de nous quitter et faisait partie de cette génération de pionniers.

En créant le groupe "An Triskell" au début des années '70 les frères Quefféléant vont faire découvrir une musique à la fois subtile et raffinée.
J'ai toujours beaucoup apprécié le mélange de sonorités de leurs harpes cordées nylon ou métal.
An Triskell (symbole celtique ternaire des trois éléments : l'eau, la terre, le feu) deviendra "Triskell" dans les années '80.
Le groupe a toujours gardé une sonorité acoustique ou semi-acoustique.
Une musique de harpes accompagnées de flûte,bombarde, cornemuse, violon, claviers.Avec de temps à autre l'apport d'une guitare électrique, d'une basse ou d'une batterie.

A ce jour, Triskell compte une bonne quinzaine de cd auxquels il faut ajouter une dizaine de participations discographiques pour Pol et Hervé qui ont beaucoup diversifié leurs expériences musicales durant leur carrière.



Trois disques ont d'avantage retenu mon attention.
En 2003, le cd "Telenn Vor" (la harpe de mer) marque leur imprégnation de la mer et de leur ville natale de Brest.
Ce dernières années, Triskell est stabilisé autour de Pol et Hervé, de Patrick Audouin (claviers et guitares) de Mickaël Cozien (cornemuse écossaise).
Des musiciens invités comme Jacky Thomas, Jean-Marc le Sieur, Xavier Lecomte,Céline Destruaut et Ewenn Quefféléant complètent la formation.

Une atmosphère très calme dans ce disque, très mélodieuse aussi.

Avec une série de titres intéressants comme la composition "Telenn Vor" où les harpes se mélangent harmonieusement aux cornemuses et whistles.
Remarquable violon de Xavier Lecomte dans le titre "Carolan's welcome".
"Planxty sweeny" me fait penser à "Give me your hand" un autre titre irlandais.
"Chall ha dichall " (flux et reflux) jolie version mais différente de celle qui était parue en 1976 sous le même titre.
Enfin "Aran" qui est une suite écossaise où se succèdent une berçeuse et un traditionnel des îles Hébrides.Morceau dans lequel le cistre de Jean-Marc le Sieur et le bodhran d'Ewen Queffeleant font merveille.



En 1997, sortie de l'album "Daou".
Un disque très éclectique au niveau de son contenu.
Des morceaux plus rock comme "The black bird", de la poésie comme "Ar men du" du kan à diskan ou même un morceau du folklore Japonais !

Sur ce disque, Hervé,Pol, Mickaël et Patrick sont rejoints par toute une série d'invités.
Entre autre Bernard Quillien le brillant sonneur de bombarde du groupe "Bleizi Ruz". Michel Santangeli (batterie) et jacky Thomas  (basse) qui avaient accompagné Alan Stivell dans  les années '70.  Puis Gweltaz Ar Fur, un chanteur actif lui aussi dans les années '70 et qui maintenant exploite deux librairies "Ar bed Keltiek" à Brest et à Quimper.

Sur une musique de sa composition, Hervé Quefféléant chante "Ar Men Du", un poème de Pierre-Jakez Helias.
les mots irrationnels de ce texte sont très biens mis en valeur par la guitare de Patrick Audouin.
La chorale "Mouez Ar Mor" interprète avec grande maîtrise "Spered Santel" un cantique arrangé par René Abjean.
Une particularité de "Triskell" est d'interpréter de temps en temps un morceau japonais.
On en retrouve quelques-uns répartis au long de leurs albums.
Alain Kervern est le beau-frère de Pol et Hervé. Ce professeur de Japonais a fait découvrir certains rapprochements entre la musique du Japon et la musique celtique.
C'est lui qui chante "Hamabe Nouta".
Autre grand moment de ce cd "Soudard Conlie", chanté en kan ha diskan (chant et déchant) par Hervé et Gweltaz Ar Fur. Une chanson sur l'armée de Bretagne en 1870 dont la mélodie est ensuite reprise par les harpes, guitares, cornemuse et bombarde.
"My Bonnie Moorhen" est une suite écossaise dans laquelle nos deux harpeurs s'en donnent à coeur joie.
"Daou" est un disque vraiment intéressant et varié.



En 1991 parution de l'Albatros Fou".
Réalisé avec le chanteur Gilles Servat ce disque est tout simplement unique !
Gweltaz Ar Fur le qualifie même de "flamboyant" !

En plus des quatre membres du groupe, de nouveau une série de musiciens comme Jean-Christophe Spinosi (violon), Dan Ar Braz (guitares), Patrig Molard (pipes), Bernard Quillien (whistle,bombarde)...qui apportent tout leur talent à ce disque.
A l'exception de deux titres traditionnnels, toutes les musiques de ce cd ont été composées par Pol ou Hervé Quefféléant. Toutes les paroles ont été écrites par Gilles Servat.



Une magnifique collaboration qui a débouché sur une série de chansons remarquables.
Comme "Yawankiz ma bro" ou "La route de Kemper" dans lesquelles le banjo et les guitares ont une sonorité Country.
"Où vont les baisers" est un très beau texte bien mis en valeur par les claviers, le violon et le contrebasse.
On apprécie une fois encore la voix grave de Gilles servat dans "Les joues de Lorient", chanson qui rend hommage au festival Interceltique.
Un autre grand classique est la chanson "Eleanor" que Gilles avait écrite sur la musique d'O'Carolan. La voix de Gilles plus les deux harpes, c'est magique !
Le dernier titre "For Jim McGloughlin" (The foggy dew) rend hommage aux héros de la révolution irlandaise.
Sur un arrangement spécial de Patrick Audouin, Gilles interprète ce chant avec grande maitrise. Gilles Servat a complété le texte avec un couplet personnel qui rend la chanson plus universelle encore.

L'Albatros Fou, un très grand moment de musique Bretonne !


 


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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 21:03

Rock bleu-vert

Bleu-vert se dit Glaz en breton.

Mariage du rock (bleu ?) à la tradition (verte ?).

Je l’ignore, mais en tout cas une union parfaitement réussie !

Fondé en 1991 par le bassiste Yann Honoré et le guitariste Yves Ribis, Glaz va très vite se tailler une place de choix sur la scène bretonne.

Il faut dire qu’ils ont du répondant avec des gars comme Jean-Claude Normant (claviers), Gérard Macé (batterie) et Ronan Le Bars (uilleann pipe).

Avec en plus la voix magnifique de Nathalie Brignonen.

glaz1.jpg

Leur démarche musicale se veut à la fois bretonne et rock.

Leur répertoire s’inspirera donc de la musique traditionnelle mais également de la créativité de ses membres.

A partir de 1992, Glaz va se produire sur la scène bretonne et internationale.

Festival inter-celtique de Lorient, Concours de musique celtique à Galway (Irlande), Festival de Glastonbury (Angleterre), Festival de Cornouaille à Quimper… 

Autant d’expériences qui les positionnent au top des groupes bretons durant les années ’90.

Et bien entendu dans l’intervalle ils vont enregistrer des albums.

En 1993 le groupe sort son premier disque « Glaz ».


Jean-Christophe Boccou a remplacé Gérard Macé à la batterie, les autres musiciens sont restés.

La pochette est très originale avec les très belles illustrations mythologiques de Albert Pennec et Pascal Moguérou.


 


« Tro ha tro » le premier morceau va rapidement devenir un succès.

Composé par Yann Honoré ce titre rock donne de suite le ton.

Beaucoup de basses dans ce morceau et la voix superbe de Nathalie en breton et en anglais…un vrai bijou !

Inspiré par le Barzaz Breiz (recueil de chansons bretonnes) le titre « Mazhin » va plus encore vers le rock.

A écouter pour ses changements de rythme et le son des pipes.

« Wisdom » est une composition de Jean-Claude Normant qui chante ce titre.

Les claviers y sont fabuleux et la batterie n’est pas en reste non plus.

Que dire des improvisations de Ronan Le Bars à l’uilleann pipe.

« Dagda » laisse une large place aux distorsions de la guitare électrique.

Ce titre prend un moment la forme d’un reel.

Dans « Sail Away » (encore une compo.de Yann Honoré) , Nathalie chante dans un style un peu blues un beau texte en anglais.

A noter que Soig Siberil (guitare acoustique) et Kristen Nogues (harpe) sont invités sur ce titre.

On peut également y apprécier un dialogue entre les pipes et la guitare d’Yves Ribis. 

Dans l’instrumental « Nerdud » Yves Ribis et sa guitare converse avec la cornemuse écossaise de Ronan.

Au niveau sonorité, ça me fait invariablement penser à un autre duo breton, Dan Ar Braz et Patrig Mollard.

Autre morceau traditionnel, « An heni a garan » (celui que j’aime) fait apprécier encore plus la voix de Nathalie toute teintée d’émotion.

 

 

 

La qualité des arrangements vocaux (qu’on remarque encore dans un titre comme « Nostalgia ») est aussi une force du groupe.

D’autres titres comme « Walk on » (ah l’uilleann pipe quel bonheur !),  « Aquilonia » , « Piw a varn » ou « Bzh fusion » démontrent encore plus les qualités rythmiques de Glaz qui tant aux claviers, qu’à la basse, à la batterie ou à la guitare est servi par des musiciens remarquables.

Quand en plus, un gars comme Ronan le Bars (qui s’illustrera plus tard avec l’Héritage des Celtes) vient y ajouter toute sa virtuosité…il ne faut pas s’étonner que ce disque soit excellent.

 


En 1995, Glaz enregistre son deuxième cd « Ar Gest » avec la même équipe de musiciens.

Au moment de publier cet article, je n'avais pas encore ce disque.

L'ayant enfin trouvé, je le présente dans mon article Glaz (2)    

 



En 1996, troisième disque « Holen ar Bed » (le sel de la terre)



Loïc Bléjean à remplacé Ronan le Bars aux whistles et uilleann pipe.

Mais il n’y a aucune différence tant ce musicien est un virtuose, aussi doué que son prédécesseur.

Ce disque est un peu plus traditionnel que le premier et je trouve que les pipes y sont encore plus présentes.

Quelques invités aussi sur ce disque : Goulven Henaff, Lionel Guyader, Yann Cariou, Frédéric Samezun et Christian Belhomme.

Tout ce beau monde pour neuf titres de toute beauté.

« Pontkalleg » un traditionnel breton chanté avec une grande maîtrise par Nathalie Brignonen.

Pipes et bombarde viennent souligner l’émotion de la mélodie.

 

 

 

Beaucoup de basses dans le morceau « Ar Rannou » composé par Yann Honoré.

« An dud ar vor » écrit sur un traditionnel irlandais est en deux parties.

Une plus soft avec la voix et le piano, l’autre franchement rock avec la basse qui semble « chanter » elle aussi.

Dans « An amzer dremenet » la cornemuse écossaise rivalise avec les basses et la batterie.

Ce titre devient un moment un reel avant de revenir au rythme original.

« An Durzhunel » est un instrumental avec la low whistle en solo.

Jean-Claude Normant fait preuve de grande ingéniosité au niveau de l’utilisation de ses claviers.

Autre classique du répertoire breton, « Silvestrig » est interprété de deux manières différentes. une plus légère où guitare et claviers sont un peu « en suspension » et l’autre plus rythmée sous forme de gigue avec l’uilleann pipe et la guitare électrique.

L’instrumental « Sailing to Galway » est un traditionnel irlandais.

Violon, pipes et caisse claire s’en donnent à cœur joie, bien soutenus par les autres instruments.

Dans « pa oan o pourmen » Nathalie débute à capella de façon remarquable.

Les autres la rejoignent progressivement.

Le dernier titre « Holen ar Bed » laisse une place importante aux instruments à vent.

Bombarde, flûte et uilleann pipe entourent la voix de Nathalie dans une chanson assez rythmée.

 

 

 

Ce titre sera hélas le dernier du groupe puisque qu’ils ont décidé de se séparer après 1996.

C’est très regrettable car avec Glaz, la Bretagne avait trouvé un groupe à la fois moderne et très encré dans la tradition.

Galz était une sorte de pendant breton à des groupes comme Clannad ou Les Corrs en Irlande et Capercaillie ou Run Rig en Ecosse.

Heureusement leurs cd subsistent !

 

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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 11:13

L’imagination au pouvoir


Depuis sa  « re-création » au début des années ’50, la harpe celtique a attiré beaucoup de musiciens.

Sous l’impulsion d’Alan Stivell la passion pour cet instrument a « contaminé » de très nombreux artistes.

Depuis les années ’70,  Myrdhin,  Pol et Hervé Queffeleant (du groupe Triskell),  Kristen Noguès,  Mairianig Lar’hantec,  Kirjuhel ont caressé de leurs doigts experts les cordes de nylon ou de métal de ces fabuleux instruments.

Trasmettant le virus à d’autres générations dont font partie Cécile Korbell, Marie Jean, Dominig Bouchaud,  Jakez François, Christine Mérienne et Elisa Vellianti (du groupe Sedrenn).

Il s sont très nombreux en Bretagne ou allieurs à perpétuer la tradition.

Gwenaël Kerléo est de ceux-là.

Elle raconte que, étant petite, ses parents lui faisaient écouter du Stivell pour s’endormir.

Est-ce cela qui fut à l’origine de sa passion pour la harpe ?

Toujours est-il qu’elle se met très tôt à la musique.

Elle sera l’élève de Hervé Queffeleant puis appronfondira son écolage au conservatoire avec Muriel Chamard.

Après avoir terminé ses études en 1992 elle forme le duo « An Delenn » avec une amie violoniste et donne quelques concerts.

Plus tard elle enregistre une première cassette dans laquelle elle joue des airs traditionnels et quelques compositions personnelles.


A partir de 1994, elle donne ses premiers concerts en solo.

Dès ce moment, la jeune femme privilégie la création.

En 1996, elle sort son premier disque « Terre Celte ».

Xavier Leconte (violon), Mikael Cozien (cornemuse), Fabrice Humeau (whistles) et Yves Loréc (percussions) l’accompagnent de façon très douce.

Soutenant à merveille la harpe en apportant ça et là leur petite touche personnelle.

Le disque se vend à 10.000 exemplaires !

Le jeu tout en douceur de Gwenaël nous plonge dans une musique qui est à la fois envoûtante mais qui tient en éveil.

Car toutes ses compositions font preuve d’une très grande imagination musicale.

Des titres comme « Tears of Willow », « L’appel de l’Océan », « The soul release » sont très évocateurs à ce sujet.

Dans « Dawning » Gwénaël Kerléo fait aussi apprécier sa voix qui est très douce.

Un disque très mélodieux !

En 1999, elle se plonge peu à peu dans l’univers du jazz.

Forte de ces nouvelles expériences, elle sort en 2000 son deuxième cd « Chemin de brume ».

Quatre nouveaux accompagnateurs pour ce disque où se mélangent des sonorités de guitare (Sébastien Martres) de saxophone (François Martres) d’accordéon (Jérôme Soulas) et de percussions (Yves-Marie Berthou).

De très bons musiciens qui soutiennent la harpiste en ajoutant de temps à autre des improvisations un peu jazz.

Outre la reprise de « Soul release » il y a dans cet album quelques petits bijoux comme « Elle dormait », « Tu me diras » ou le splendide « « Une histoire ».

Ce titre est tellement beau qu’on aurait envie d’y ajouter des paroles pour pouvoir le chanter !

Dans sa façon de composer, Gwenaël raconte qu’elle met parfois bout à bout une série d’extraits musicaux qui lui viennent à l’esprit.

On remarque ça dans une série de titres.

Le rythme est parfois lent puis il s’accélère puis se calme à nouveau.

Parfois un thème musical très simple puis qui se développe petit à petit au gré de l’imaginaire de l’artiste.

Du début à la fin, « Chemin de brume » est un disque captivant.

Devenue professionnelle depuis 2000, la jeune femme va augmenter le nombre de ses concerts faisant découvrir son talent au public italien.

En 2003, elle sort son troisième album « Yelen ».


Cette suite musicale de 15 titres est une composition en trois tableaux pour harpe celtique et voix.

En effet, dans certains morceaux, Gwenaël accompagne la harpe de sa voix douce et profonde.

Ce n’est jamais évident de produire un cd dans lequel on entend qu’un seul instrument.

En 1985, Alan Stivell avait enregistré « Harpes du Nouvel Age » un disque dans lequel on entendait que des harpes celtiques (mais il y en avait parfois plusieurs).

En Bretagne il y a aussi Didier Squiban qui sort d’excellents disques seul au piano.

Il y en a d’autres aussi...

Mais je trouve que c’est toujours une performance de faire ce genre de chose.

Et Gwenaël Kerléo y parvient avec beaucoup de maîtrise.

Grâce à sa douceur et sa subtilité elle fait de « Yelen » un disque plein de nuances dans lequel on ne s’ennuie jamais.

Comme dans ses autres disques des rythmes plus lents font place aux plus rapides.

Des morceaux semblent se construirent progressivement.

« Kenunanet », « Gwriziou » et « Dousaat » sont parmi mes titres préférés.

A présent, la notoriété de Gwenaël a largement dépassé les frontières de Bretagne puisqu’elle donne de plus en plus de concerts à l’étranger.

Les publics de Suisse, d’ Italie, d’Allemagne et de Hongrie ont déjà pu l’applaudir.

Gwenaël Kerléo s’est même produite en Russie !

Si vous aimez la harpe celtique, si vous aimez les musiques pleines de couleurs... suivez donc les chemins de brume...

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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 20:33

De cordes en cordes

En 1994, Peter Gabriel invite le harpeur breton Myrdhin à venir enregistrer avec le Sénégalais  Baaba Maal au studio Realworld.

En 1995 il lui demande de devenir membre du groupe « Afro Celts Sound System » aux côtés de Kauw Cissokho, N’Faly Kouyaté, James Mc Nelly et Simmon Emerson.

Nominé en 2000 au Grammy Awards, ce groupe est plusieurs fois disque d’or en Irlande.

La musique d’Afro Celts est une fusion des musiques traditionnelles celtiques et africaines avec des sonorités actuelles.

Ainsi, synthés, processeurs... se mélangent aux basses, guitares électriques, percussions et aussi aux koras, harpes celtiques ou uilleann pipes.

Un mélange très étonnant !

Mais Myrdhin, ce n’est pas seulement cela.

Né en 1950, Rémi Chauvet est originaire de Dinan en Haute-Bretagne.

Il apprend le piano à l’âge de 7 ans et est d’abord influencé par la musique classique et par le jazz.

A 14 ans, il va s’orienter vers la musique traditionnelle bretonne.

Au début des annés ’50, Jord Cochevelou (père d’Alan Stivell) recrée la harpe celtique instrument qui fera de nombreux émules en Bretagne puis en dehors de celle-ci.

Rémi Chauvet est de ceux-là.

En 1970, il prend le pseudonyme de « Myrdhin » et commence sa carrière professionnelle

A ses débuts, il accompagne entre autre la poétesse Angèle Vannier.

Il est lauréat de Jeunesses Musicales à paris en 1977.

Outre la musique traditionnelle, Myrdhin va aussi composer ses propres musiques inspirées par la culture celte.

Il formera un trio « An Delen Dir » avec le flûtiste Pol Huellou.

Et jouera aussi avec le percussionniste David Hopkins.

Pour jouer, Myrdhin pince les cordes de ses harpes qui sont cordées en bronze ou en acier.

Les cordes en métal sont à la fois plus sonores et vibrent plus que les cordes en nylon.

Il enregistre également avec Zil sa compagne (également harpeuse) dans le « Duo Ars Celtica ».

Celte convaincu, il a un jour déclaré : «  être celte, c’est privilégier l’irrationnel, l’inconscient, le relatif, l’illimité ».

En  1984, il crée les « Rencontres Internationales de la Harpe Celtique » à Dinan, véritable festival européen de la harpe.

Très éclectique, Myrdhin compose aussi pour le cinéma et est également écrivain et poète.

Parrallèlement à sa carrière de musicien, Myrdhin est Druide du collège druidique d’Hyperborée.

Il déclare : « les druides d’aujourd’hui témoignent de la spiritualité occidentale pré-chrétienne. Ils témoignent qu’on peut conjuger nature et culture, penser fabuleusement plutôt que rationnellement, qu’on peut préférer le relatif à l’absolu, l’abstrait au réalisme... ».

La musique de Myrdhin colle assez bien à tout ce qui précède.

Depuis 1971, Myrrdhin a déjà enregistré 28 albums (y compris ceux avec Afro Celts).

En ce qui me concerne, j’ai seulement deux de ses cd, je me limiterai donc à parler de ceux-là.

Le disque « Harpe Celtique » sort en 1992.

Notre barde y est accompagné dans certains titres par Zil à la harpe irlandaise et par Pol Huellou aux flûtes.

La musique de ce disque uniquement instrumental est très douce et très envoûtante.

Il y a des traditionnels et des compositions.

« An Cailin Rua », « War hentou Gwervaen », « Suite Gaélique » et « Ar Baradoz » sont parmi mes préférés.

L’album « Hapsody » est le premier du Duo Ars Celtica.

Myrdhin et ses harpes au son métallique dialogue avec Zil dont les harpes sont cordées boyaux.

Sonorités qui se marient et s’enrichissent avec ça et là d’autres instruments comme le violon la basse ou le saxophone qui viennent en soutien.

Quelques titres très mélodieux dans cet opus comme « Kevin », « Ballynure » ou « Hep Mal ».

A noter qu’on les entend aussi chanter et réciter dans le morceau « « Gwenlan ».

La musique de Myrdhin est vraiment source d’imaginaire, de rêverie.

Le métaphysique n’est pas loin.

Il y a dans ces disques toute une ambiance de légendes et de personnages merveilleux.

 

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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 14:54

La part de l’ange

Une des caractéristiques principales de la musique celtique est sa diversité.

C’est en Bretagne que cette diversité est la plus marquée.

Depuis plusieurs décennies une multitude d’artistes en tous genres s’efforcent de créer dans toutes les directions pour notre plus grand plaisir.

Louis-Jacques Suignard est de ceux-là.

Louis-Jacques Suignard a d’abord pratiqué le chant traditionnel durant un certain nombre d’années.

S’inscrivant et remportant toute une série de concours car il était doué.

En 2001, il gagne le Trophée Création (Kan ar Bobl).

 Il veut cependant aller au-delà de la tradition et compose de plus en plus ses propres chansons.

En 2004, il enregistre l’album «  Lodenn An Ael » (La part de l’ange) édité par Coop Breizh.

A la fois auteur et compositeur, il chante en Breton avec une étonnante maîtrise les 13 titres de ce disque.

Pour le réaliser, Louis-Jacques Suignard s’est entouré d’une solide équipe de musiciens :

Patrick Boileau (batterie, percussions)

Hilaire Rama (basse)

Jean-Michel Veillon (flûtes)

Bernard Le Dreau (saxophones)

Ronan Le Bars (uilleann pipes)

Claude Ziegler (guitares)

Ludo Mesnil (guitare électrique)

Nicolas Quemener (guitare acoustique)

JC Normand (claviers)

Eric Goellaen (accordéons)

Philippe Bizais (piano).

Soit une série de musiciens très connus sur la scène bretonne (certains ont travaillé avec Gilles Servat ).

« Suignard » ça fait un peu penser à swing...

Et c’est vrai que ce terme convient très bien à ce cd.

Tant il y a une ambiance agréable dans ce disque très varié.

D’une plage à l’autre Louis-Jacques alterne des chansons plus rock ou plus jazz avec des airs plus doux.

Il y a vraiment toute une série de couleurs dans ce disque.

« A bep eil » une chanson bien rythmée suivie de « ar wagennou dre zindan » sur un rythme plus lent harmonisé par les pipes et le piano.

Le piano de Philippe Bizais qui revient sur « Bered seiz Gwenc’lan » est une pure merveille.

Il faut dire que (pour l’avoir vu sur scène et souvent écouté ) ce pianiste au style tout en souplesse est un terrible accompagnateur !

Etonnant aussi ce titre « Bro an eoged » chanté à capella dans lequel Louis-Jacques Suignard fait apprécier tout le registre de ses possibilités vocales.

Et les titres qui s’enchainent comme « Ar miz trist » avec les très belles notes de saxophone.

Comme « Ar gazeg » ou Louis-Jacques semble improviser avec sa voix.

Dans « An tri bleiz » Jean-Michel Veillon joue de la flûte de façon très audacieuse.

L’avant dernier titre « Lodenn an Ael » laisse une large place aux guitares acoustiques sur une très jolie musique qui change de rythme.

Enfin retour au piani-voix sur « Plik ha plik » pour une dernière chanson à la fois émouvante et calme. Belle musique qui fait un peu penser à « Maro ma mestrez ».

Le disque est fini... il n’y a plus qu’à le ré-écouter !

 

    

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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 22:52

Tel est le titre de ce premier cd paru chez Coop Breizh.

Nolwenn Korbell, qu'il ne faut pas confondre avec Nolwen (qui chante « Sel Marin ») ni avec Nolwenn Leroy (de la Starac.) est une chanteuse bretonne de grand talent.

Originaire de Rennes où elle a suivi des cours d'art dramatique, Nolwenn a rapidement su qu'elle se dirigerait vers les « planches ».

Comédienne au théatre, elle a également fait du cinéma et de la télévision.

Comme elle chante également depuis qu'elle est toute jeune, elle s'est depuis quelques années, lancée dans la chanson.

A raison car elle possède une très jolie voix.

Doublée de grandes qualités d'interprétation car son registre est très varié et on sent qu'elle « vit » très fort ce qu'elle chante.

Rapidement, Nolwenn Korbell va se faire remarquer sur la scène bretonne.

En 2002, elle participe au concert des « Tombées de la Nuit » à Rennes en compagnie d'autres chanteurs bretons comme Gilles Servat, Melaine Favennec, Marthe Vassallo...

En 2004 elle est invitée à la fête de la St.Patrick à Paris-Bercy.

En 2005, Gilles Servat lui propose de chanter en duo sur deux titres de son nouvel album...

Elle enregistre « N'eo ket echu » en 2003.

Auteur-compositeur, elle signe la plupart des titres de ce disque vraiment étonnant.

Six musiciens l'entourent sur ce premier album :

Frédérique Lory : piano,

Tangui le Doré  (Diaouled ar Menez, Menestra...) : basses,

Itud le Doré  (Menestra) : dabourka, caisses claires,

Antonin Volson : percussions,

Hugo le Hénan : marimbas,

Sylvain Barou : bansouri, flûte chinoise.

Mais tous ces musiciens ne jouent pas nécessairement en même temps.

On entend plûtot piano et percussions ou piano et basses... ou rien qu'un instrument.

C'est donc assez dépouillé mais suffisant pour mettre en valeur les mots et les intonnations de Nolwen.

Toutes les chansons sont en Breton sauf « Y Byd Newydd » qui est en Gallois.

Ayant vécu une dizaine d'années au Pays de Galles, Nolwenn Korbell a eu l'occasion d'apprendre cette langue qui a des racines communes avec la langue bretonne.

Même pour ceux qui ne comprennent pas le breton, c'est agréable à écouter car il y a une grande musicalité dans ces paroles.

En lisant les traductions des textes on est aussi charmé par la poésie de ceux-ci.

Vraiment un cd envoûtant qui par moments swingue comme du jazz très bien harmonisé par Frédérique Lory qui est une pianiste de très grand talent.


Alors, laissez-vous donc envoûter par le charme et la voix de Nolwenn Korbell en écoutant des titres comme « Ur wech e vo » ou « Deuit ganin-me »... vous ne le regretterez pas !

Vous pouvez  vous procurer les disques de Nolwenn (un nouveau cd vient de sortir en 2006) chez Coop Breizh ( à Spezet).


En Belgique, à Liège, il y a aussi « Ludos » un comptoir très sympa où l'on trouve toute une série de produits bretons et notamment d'excellents cds.
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  • : Musique Celtique : ma Passion
  • Musique Celtique : ma Passion
  • : La musique celtique est ma Passion. Alan Stivell, Donal Lunny, Andy Irvine, Gilles Servat, Claude Besson, John Doyle, Christy Moore, Kevin Burke, Gabriel Yacoub, Tri Yann, Karan Casey, Tannahill Weavers, Dan Ar Braz, Ossian ,Silly Wizard,Capercaillie, Solas, Lunasa, Dervish, Altan, Old Blind Dogs,Fairport Convention, Clannad,The High Kings, Davy Spillane, Cormac Breatnach, John Mc Sherry, Michael Mc Goldrick, Tony MacManus, William Jackson, Phil Cunningham, Tim Edey, Steven Cooney, Liam O' Flynn, Julie Fowlis,Cécile Corbel, Gwenael Kerleo...
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